Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église Sainte-Marguerite-Marie

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Magog

Date :

  • 1949 – 1950 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la modernité
  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

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Personnes associées (2)

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

L'église Sainte-Marguerite-Marie est un lieu de culte de tradition catholique érigé en 1949 et 1950. L'édifice en pierre de taille à bossage présente un plan composé d'une nef rectangulaire et d'un choeur plus étroit terminé par un chevet plat. Le bâtiment est coiffé d'un toit plat en cuivre. Sa façade en saillie, plus étroite que la nef, est encadrée par deux tours-clochers de plan carré surmontées d'un dôme au profil bas ainsi que d'une croix. La façade est percée d'une fenêtre rectangulaire de grande dimension à larges croisées. Le baptistère de forme carrée est adossé au mur latéral nord de la nef. La sacristie en pierre, coiffée d'un toit à croupes, est construite à l'angle nord-est du lieu de culte. L'église Sainte-Marguerite-Marie est implantée légèrement en retrait de la voie publique, sur un terrain au relief peu accusé et planté d'arbres matures. Elle se situe au coeur du quartier des Tisserands, dans la ville de Magog.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Magog) 2008-10-20
 

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Valeur patrimoniale

L'église Sainte-Marguerite-Marie présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte témoigne d'une époque de transition dans l'architecture religieuse catholique du Québec. Cette période de changement commence à se manifester au cours des années 1920. L'édifice présente plusieurs éléments qui illustrent la persistance de la tradition comme l'articulation longitudinale de la nef et du choeur, les deux tours-clochers massives encadrant la façade symétrique et l'utilisation d'un parement en pierre à bossage. Cette église montre aussi l'influence grandissante de l'architecture moderne, notamment par son toit plat et les volumes bien distincts des parties de l'édifice remplissant diverses fonctions. De plus, le lieu de culte possède des traits de l'Art déco. Ce mouvement apparaît vers 1925 et devient populaire en France, aux États-Unis et au Québec dans les années 1930. L'Art déco se caractérise, entre autres, par la verticalité de certains éléments marqués par des dégradés et des retraits ainsi que par l'ornementation épurée et composée de motifs géométriques. L'église Sainte-Marguerite-Marie se rattache à ce style par la prédominance de la ligne verticale et les formes orthogonales, par les gradins successifs de la partie supérieure des tours ainsi que par les motifs ornementaux en losange et à chevrons.

L'église Sainte-Marguerite-Marie présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec les architectes Joseph-Aimé Poulin (décédé en 1950) et Albert Poulin (né en 1915). Joseph-Aimé Poulin fait son apprentissage auprès de Louis-Napoléon Audet (1881-1971) entre 1918 et 1924. Il réalise plus d'une dizaine d'églises du diocèse de Sherbrooke, de 1924 jusqu'à son décès. Son fils Albert étudie l'architecture à ses côtés et reçoit son diplôme en 1942. Père et fils s'associent ensuite et conçoivent notamment trois lieux de culte. Après la mort de son père, Albert Poulin pratique seul, à l'exception de brèves associations avec les architectes Roger Couture, Jean-Paul Audet et Denis Tremblay. L'église Sainte-Marguerite-Marie est le dernier lieu de culte conçu conjointement par Joseph-Aimé et Albert Poulin. Elle rappelle l'importance de ces architectes dans le paysage bâti de la région, où se trouve une forte proportion de leur production.

L'église Sainte-Marguerite-Marie présente également un intérêt pour sa valeur historique comme témoin de la croissance démographique importante que connaît le quartier des Tisserands au cours de la première moitié du XXe siècle. À partir de la fin du XVIIIe siècle, le territoire de Magog commence à accueillir une population permanente, principalement originaire des États-Unis et de foi protestante. À cette communauté anglophone se greffe un groupe d'Irlandais qui fonde une première mission catholique en 1861. Celle-ci est érigée en paroisse 25 ans plus tard. Dès les années 1880, l'implantation de la première imprimerie de coton au Canada et l'installation d'usines de filature participent au développement économique de la localité. La population croît très rapidement, notamment avec l'arrivée massive d'ouvriers canadiens-français de foi catholique, qui s'installent à proximité de la filature. En 1921, le tiers de la population de la ville de Magog habite à proximité de l'usine et réclame la fondation d'une nouvelle paroisse. Cette demande est acceptée et une première église temporaire en bois est érigée la même année. La manufacture emploie près de 2000 personnes au milieu du XXe siècle et continue à stimuler la croissance démographique de la paroisse. Celle-ci se dote du lieu de culte actuel en 1949 et 1950. L'église Sainte-Marguerite-Marie rappelle donc la présence d'une importante population ouvrière francophone et catholique dans ce secteur de la ville dans la première moitié du XXe siècle.

Source : Ville de Magog, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église Sainte-Marguerite-Marie liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire et d'un choeur plus étroit terminé par un chevet plat, le soubassement surhaussé, le toit plat, le baptistère de plan carré adossé au mur latéral nord de la nef et coiffé d'un dôme polygonal ainsi que les bureaux de plan carré et à toit plat encadrant la nef près du choeur;
- les matériaux, dont le parement en pierre à bossage, la couverture en cuivre ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en cuivre, en pierre de taille lisse ou en bois;
- les composantes de la façade symétrique en saillie plus étroite que la nef, dont les deux tours-clochers latérales (dotées de gradins dans la partie supérieure, de portails composés d'une porte à panneaux et d'une imposte à carreaux, d'ouvertures à arc en mitre, d'ouvertures rectangulaires étroites, de bandeaux ainsi que de motifs en losange et à chevrons) coiffées d'un dôme polygonal à profil bas et d'une croix, le portail principal (composé d'une porte à panneaux à double vantail, d'une imposte à carreaux et d'un entablement portant l'inscription « A sainte Marguerite-Marie »), l'ouverture rectangulaire de grande dimension à larges croisées ainsi que la corniche à motifs géométriques;
- les composantes des longs pans et du choeur, dont les saillies dotées d'étroites fenêtres rectangulaires et surmontées d'un fronton, les ouvertures rectangulaires de grande dimension dotées de vitraux, les fenêtres rectangulaires à guillotine groupées par trois, les fenêtres rectangulaires à guillotine du soubassement, les bandeaux ainsi que les motifs en losange et rectangulaires;
- la sacristie construite à l'angle nord-est du lieu de culte, dont l'élévation de deux étages, le toit à croupes à profil bas, les fenêtres rectangulaires à guillotine et la corniche à motifs géométriques;
- son implantation légèrement en retrait de la voie publique, sur un terrain au relief peu accusé et planté d'arbres matures, au coeur du quartier des Tisserands.

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Informations historiques

L'église Sainte-Marguerite-Marie est érigée sur le territoire de la deuxième paroisse catholique créée à Magog. Le peuplement permanent de la localité et des environs s'amorce dans la dernière décennie du XVIIIe siècle, avec l'établissement d'une population originaire des États-Unis et de foi protestante. À cette communauté anglophone se greffe un groupe d'Irlandais qui fonde une première mission catholique en 1861. Celle-ci, dédiée à Saint-Patrice, est érigée en paroisse 25 ans plus tard. À partir de la fin des années 1880, une première imprimerie de coton au Canada, puis une filature, intégrées en 1905 dans le consortium de la Dominion Textile, deviennent le principal moteur du développement économique de la localité.

De nombreux travailleurs canadiens-français s'installent à partir du début du XXe siècle à proximité de leur lieu de travail. En 1921, le tiers de la population habite aux environs de l'usine. La paroisse de Sainte-Marguerite-Marie est donc fondée et un premier lieu de culte en bois est construit pour mieux desservir cette population.

La population de la paroisse continue de croître jusqu'au milieu du XXe siècle, en raison de l'expansion de la Dominion Textile. En 1945, le conseil de fabrique décide de l'érection d'une nouvelle église. Elle remplace le lieu de culte temporaire construit 24 ans plus tôt. Le conseil fait appel aux architectes Joseph-Aimé Poulin (décédé pendant la construction de l'église) et son fils Albert Poulin (né en 1915). Tous deux conçoivent plusieurs édifices religieux, principalement dans le diocèse de Sherbrooke, au milieu du XXe siècle. Leurs plans et devis sont retenus en 1946. En 1947, compte tenu des coûts élevés, le projet est suspendu. En effet, l'évêque de Sherbrooke annonce qu'il ne permet pas la construction d'une nouvelle église dans la paroisse de Sainte-Marguerite-Marie avant un an ou deux.

Les travaux commencent finalement en 1949, sous la direction de l'entrepreneur général Cabana Construction. La première messe dans la nouvelle église Sainte-Marguerite-Marie est célébrée en septembre 1950. L'aménagement intérieur en fait une des églises les plus progressistes du Québec dans sa façon de rapprocher les fidèles de l'autel. La nef très large présente une pente qui descend vers le choeur. Plusieurs autres éléments, dont le plafond à caissons, la fenestration et l'ornementation, contribuent à unir la nef et le choeur.

En 2000, les fenêtres et les portes de l'édifice sont réparées. L'année suivante, des travaux de maçonnerie sont effectués autour des clochers. En 2007, la diminution des paroissiens et le manque de revenus pour assurer son entretien obligent le conseil de fabrique de la paroisse à se départir de l'immeuble.

L'église Sainte-Marguerite-Marie est citée en 2008. Elle est vendue à la Ville de Magog la même année. L'ancien lieu de culte abrite la bibliothèque municipale depuis 2011.

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Memphrémagog

Municipalité :

  • Magog

Adresse :

  • rue Saint-Patrice Est

Latitude :

45° 15' 50.3"

Longitude :

-72° 8' 16.7"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 143 349

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BERGERON, Claude. Architecture des églises du Québec : 1940-1985. Québec, Presses de l'Université Laval, 1987. 383 p.
  • LING, Patricia et Arthur W. LING. Souvenirs historiques. Magog, Comité du cinquantenaire de la paroisse Saint-Patrice, 1936. 67 p.
  • ROY, Alain R. Magog et ses rues. Magog, Société d'histoire de Magog, 1997. 103 p.
  • s.a. Magog: cent ans et plus d'histoire. Magog, Éditions Orford, 1988. 256 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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