Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Thomas-Brunet

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1834 – (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (5)

Images

Carte

Description

La maison Thomas-Brunet est une maison de ferme construite en 1834 et agrandie en 1928. Son corps principal en pierre, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants droits flanqué de murs coupe-feu et percé de lucarnes. Une annexe en pierre à un étage et demi (1928) en forme de « Y » et pourvue de deux tourelles d'angle est greffée à l'arrière du corps principal, une annexe en bois à un étage (entre 1919 et 1928) servant de solarium est greffée au côté ouest et une annexe en bois à un étage (entre 1969 et 1980) servant de portique est greffée au côté est. La propriété, en bordure du lac des Deux Montagnes et au coeur d'un paysage rural, est intégrée au parc-nature du Cap-Saint-Jacques, dans l'arrondissement municipal de Pierrefonds-Roxboro de la ville de Montréal.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment ainsi qu'à une partie du terrain sur lequel il s'élève.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Montréal) 2008-06-16
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

La maison Thomas-Brunet présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cette ancienne maison de ferme témoigne de la fonction agricole qui avait cours sur son terrain pendant environ deux siècles. En effet, la censive dont elle faisait anciennement partie est concédée par les Sulpiciens entre 1748 et 1755. Elle continue à être exploitée, par des cultivateurs au siècle suivant et par un gentilhomme fermier au début du XXe siècle, jusqu'à ce qu'elle serve exclusivement de résidence principale dans les années 1950. La longue occupation du site par trois générations d'une même famille de cultivateurs, les Brunet, rappelle la donation, mode de transmission du patrimoine familial qui était assorti de nombreuses obligations pour les légataires envers les donateurs et qui s'exerçait traditionnellement en milieu rural. Cette façon de faire avait pour objet de leur assurer une retraite convenable et pouvait notamment inclure une pension viagère et la permission d'utiliser des lieux et des équipements de la ferme. Par ailleurs, la valeur historique de la maison Thomas-Brunet repose aussi sur sa représentativité comme résidence bourgeoise de villégiature tenue par un gentilhomme fermer. L'achat de la propriété en 1919 par le manufacturier James Bowman Peck (mort en 1955) et les agrandissements importants faits en 1928, selon les plans d'un architecte, témoignent d'une pratique de l'époque propre à de riches bourgeois venus de la ville. Ils choisissent d'aménager leur résidence secondaire de villégiature en milieu rural et de conserver la vocation fermière des lieux pour leur plaisir. Pour ces gentilshommes fermiers, le travail de la ferme, devenu secondaire, est assuré le reste du temps par des employés locataires qu'ils engagent.

La maison Thomas-Brunet présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Érigé en 1834, le corps principal est représentatif de l'architecture résidentielle de la fin du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe siècle en milieu rural à Montréal, influencée entre autres par la maison d'inspiration française. Dans ce cas-ci, ses caractéristiques s'incarnent notamment dans son corps rectangulaire en moellons, son toit à deux versants droits et par ses murs pignons découverts flanqués de souches de cheminées doubles reliées par un muret. L'adaptation progressive des maisons de ferme aux nouveaux besoins de l'époque et à certaines influences stylistiques se reflète dans la disposition symétrique et régulière des ouvertures de la façade avant et dans les larmiers saillants recouvrant anciennement une galerie sur sa largeur. Les agrandissements datant de 1928 sont conçus dans une architecture régionaliste inspirée du bâtiment existant. L'architecte y ajoute en plus des éléments inspirés des châteaux français, notamment les deux tourelles recouvertes d'un toit conique. Par l'unité des formes et des matériaux, l'ensemble témoigne d'une intégration harmonieuse à une architecture traditionnelle.

La maison Thomas-Brunet présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Le site a conservé son caractère champêtre par ses sentiers en terre et ses espaces verts gazonnés et boisés d'arbres. De sa situation sur le cap Saint-Jacques, la propriété entretient un lien visuel avec le lac des Deux Montagnes d'un côté et la rivière des Prairies de l'autre. Cet environnement rappelle sa fonction agricole et sa fonction de villégiature d'origine.

Source : Ville de Montréal, 2009.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Thomas-Brunet liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- le volume du corps principal, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le solage dégagé, le toit à deux versants droits, les murs à pignons découverts soutenus par des corbeaux en pierre ainsi que les souches de cheminées doubles reliées par un muret;
- les matériaux, dont la maçonnerie de moellons grossièrement équarris, la couverture en ardoise, les avant-toits en cuivre, ainsi que les ouvertures en bois;
- les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à battants et à petits carreaux, les lucarnes à pignon, les chambranles et les soupiraux;
- les esses retenant les poutres du plafond du rez-de-chaussée;
- les deux pierres taillées, l'une portant le millésime « 1834 » et les initiales « C. B. » et l'autre portant le millésime « 1928 »;
- les composantes spécifiques du corps secondaire en forme de « Y », dont les deux tourelles (l'une polygonale et l'autre circulaire) surmontées d'un toit conique recouvert de cuivre, la maçonnerie de moellons grossièrement équarris, la couverture en ardoise, les avant-toits en cuivre, les murs à pignons découverts soutenus par des corbeaux en pierre et les souches de cheminée doubles reliées par un muret;
- les composantes de l'annexe servant de solarium, puis de bibliothèque, dont la couverture en ardoise et le parement en planches à la verticale;
- les composantes de l'annexe servant de portique, dont la couverture en ardoise et le parement en planches à la verticale;
- la situation en bordure du lac des Deux Montagnes;
- l'implantation de la maison en retrait de la voie publique;
- le vaste terrain, dont les arbres et le sentier en terre menant à la maison.

Haut de la page

Informations historiques

La maison Thomas-Brunet est construite en 1834 sur un terrain situé sur le cap Saint-Jacques, en bordure du lac des Deux Montagnes. Les premières terres de ce secteur autrefois appelé la côte Sainte-Geneviève sont concédées au début du XVIIIe siècle par les Sulpiciens, seigneurs de l'île. En 1828, après une série de transactions, Thomas Brunet (1798-1872) et sa femme, Marguerite Poudrette, obtiennent par donation une terre sur laquelle s'élève déjà une maison. Six ans plus tard, les nouveaux propriétaires remplacent la maison existante par une maison en pierre plus imposante. Elle est construite par le prolifique maçon Charles Brunet (1794-1859), bâtisseur de plusieurs maisons semblables en pierre sur l'île de Montréal, l'île Jésus et l'île Bizard au début du XIXe siècle (Charles Brunet et Thomas Brunet ne partagent pas de lien de parenté). En 1858, Thomas Brunet lègue sa terre et ses biens à son fils Théophile. Ce cycle de donation se perpétue au sein de la famille Brunet jusqu'en 1910.

Le site est transformé en un domaine de villégiature agricole et est utilisé comme second lieu de résidence lorsque James Bowman Peck (mort en 1955), alors vice-président de la compagnie Peck Rolling Mills (il devient président en 1925), acquiert la propriété en 1919. Contrairement aux propriétaires précédents, ce riche manufacturier de clous et gentilhomme fermier considère la ferme et l'agriculture comme des agréments plutôt que comme un travail de subsistance. En 1928, Peck met en oeuvre un chantier d'agrandissement qui adjoint deux annexes importantes à la maison originale. Les nouvelles constructions, inspirées d'un courant régionaliste et des châteaux français, sont érigées selon les plans de son frère, l'architecte Hugh Adderley Peck (1888-1945). Les successeurs de James Bowman Peck vendent le domaine en 1955 et la propriété passe ensuite entre les mains de la congrégation des Soeurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie de 1969 à 1980. Rachetée par la Communauté urbaine de Montréal (CUM) et intégrée au parc-nature du Cap-Saint-Jacques, la propriété revient à la Ville de Montréal en 2002. Il y a quelques années la résidence était louée pour y accueillir des évènements et des espaces de bureaux.

La maison Thomas-Brunet est citée en 2008.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Pierrefonds-Roxboro

Adresse :

  • 187, chemin du Cap-Saint-Jacques

Localisation informelle :

La maison est intégrée au Parc-nature du Cap-Saint-Jacques.

Latitude :

  • 45° 28' 16.6"

Longitude :

  • -73° 56' 13.5"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 977 296 Ptie

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • CARON, Denise. La maison Thomas-Brunet. Montréal, Ville de Montréal, 2008. 101 p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture rurale. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 13. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1986. 421 p.
  • Ville de Montréal. Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine. Bureau du patrimoine et toponymie. Analyse de la valeur patrimoniale de la maison Thomas-Brunet. Montréal, Ville de Montréal, 2008. 47 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013