Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Manoir Rioux-Belzile

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Neiges

Date :

  • 1790 – (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (4)

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Carte

Description

Le manoir Rioux-Belzile est une résidence en bois construite en 1790 et probablement agrandie vers 1835. La maison présente un plan rectangulaire à un étage et demi et est coiffée d'un toit à deux versants à larmiers retroussés. Le manoir Rioux-Belzile est situé sur le chemin de la Grève-Rioux, à proximité du fleuve Saint-Laurent, dans la municipalité de Notre-Dame-des-Neiges.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment. Le manoir Rioux-Belzile est également compris dans un site patrimonial cité.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Notre-Dame-des-Neiges) 2007-08-13
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Notre-Dame-des-Neiges) 2011-01-10
 

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Valeur patrimoniale

Le manoir Rioux-Belzile présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Il constitue un exemple représentatif de l'architecture domestique québécoise de la première moitié du XIXe siècle. À cette époque, de nouvelles théories esthétiques et de nouveaux styles sont introduits au Québec, notamment par les architectes et les entrepreneurs britanniques. Le manoir Rioux-Belzile est construit en 1790 et est probablement agrandi vers 1835. Il présente plusieurs caractéristiques illustrant la persistance des modèles élaborés au XVIIIe siècle, dont son plan rectangulaire allongé aux fondations peu dégagées du sol. La disposition irrégulière des ouvertures en façade suggère l'allongement du carré d'origine. Le manoir est néanmoins coiffé d'un toit à deux versants dotés de larmiers débordant, un élément inspiré du mouvement pittoresque et très répandu dans l'architecture domestique du XIXe siècle. Les larmiers adoptent une forme cintrée, une caractéristique architecturale se retrouvant principalement dans l'est du Québec. Les deux fausses cheminées disposées aux extrémités du toit rappellent la recherche de symétrie caractéristique de l'architecture d'inspiration classique. Le manoir Rioux-Belzile témoigne ainsi des différentes tendances qui coexistent et qui marquent l'architecture bourgeoise durant la première moitié du XIXe siècle.

Le manoir Rioux-Belzile présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il est l'un des rares témoins de l'occupation du territoire riverain de ce secteur au XVIIIe siècle. Jean Rioux (1652-1710) échange en 1696 sa terre de l'île d'Orléans contre la seigneurie de Trois-Pistoles. Il établit son domaine à l'anse Rioux. En 1790, le manoir Rioux-Belzile est construit par les descendants du seigneur. À l'époque, la zone littorale constitue le principal secteur de peuplement. La situation change au début du XIXe siècle. La population de Trois-Pistoles connaît un essor remarquable, passant de 200 habitants en 1790 à 1 700 en 1831. Les nouvelles familles s'établissent alors plutôt sur le plateau sud, qui domine la rive accidentée. Une église est construite dans ce nouveau noyau villageois et un chemin y est tracé en 1843. La zone du littoral est abandonnée progressivement. Le manoir Rioux-Belzile demeure la propriété des descendants du seigneur Jean Rioux jusqu'en 1919. Il rappelle l'emplacement du noyau initial de développement du secteur, sur le bord du fleuve Saint-Laurent.

Source : Municipalité de Notre-Dame-des-Neiges, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du manoir Rioux-Belzile liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son implantation en retrait de la voie publique, à l'anse Rioux, près de la rive du fleuve Saint-Laurent;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi et la toiture à deux versants à larmiers cintrés;
- les matériaux, dont les fondations en pierre, le parement de planches horizontales ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois;
- les ouvertures, dont la disposition irrégulière des ouvertures, les fenêtres rectangulaires à battants et à carreaux ainsi que les portes en bois à panneaux;
- l'ornementation sobre, constituée principalement des planches cornières et des chambranles;
- la souche de cheminée en pierre décentrée et les fausses cheminées situées aux extrémités du faîte.

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Informations historiques

Le manoir Rioux-Belzile est implanté sur un territoire dont l'occupation permanente remonte à la fin du XVIIe siècle, lors de l'établissement du seigneur Jean Rioux (1652-1710). En 1696, Rioux échange sa terre de l'île d'Orléans contre la seigneurie de Trois-Pistoles, qui appartient à Charles Denys de Vitré (1645-1703). Rioux est le premier seigneur à occuper le territoire de cette seigneurie et à tenter de la mettre en valeur. Son fils aîné, Nicolas (1680-1756), prend la relève à son décès.

Le domaine seigneurial est situé à l'anse Rioux, en bordure du fleuve Saint-Laurent. En 1723, il comprend un manoir en bois, une grange, une étable, une écurie, un moulin à farine ainsi qu'une chapelle. La seigneurie ne compte alors aucun censitaire. Le peuplement se fait graduellement au cours des décennies suivantes. En 1790, le premier noyau de peuplement compte 200 habitants qui sont répartis sur la zone littorale. La colonisation s'accélère au début du XIXe siècle. L'augmentation démographique des paroisses situées à l'ouest entraîne l'installation de nombreux habitants dans le secteur. La seigneurie de Trois-Pistoles connaît alors un essor remarquable, atteignant 1 700 habitants en 1831. Les nouvelles familles s'établissent plutôt sur le plateau sud, qui domine la rive accidentée du fleuve. La requête demandant la construction d'une nouvelle église est acceptée en 1842. L'année suivante, un nouveau chemin est tracé sur le plateau. Un noyau villageois s'y forme et plusieurs habitations riveraines sont déplacées.

Au milieu du XIXe siècle, Ignace Rioux (1782-1864), rentier, habite le manoir de l'anse Rioux avec son fils aîné, Joseph (1817-vers 1905), coseigneur de l'endroit. Après l'abolition du régime seigneurial, les possessions sont partagées entre les nombreux héritiers. Benjamin Rioux (1833-1915), cultivateur, hérite du manoir paternel en 1887. Il y habite avec frère Joseph et son fils Élisée. Ce dernier hérite à son tour du manoir et vend la propriété en 1919. Elle passe aux mains des familles Bélanger et Belzile de Trois-Pistoles.

Pendant les premières décennies du XXe siècle, la maison est occupée pendant la saison estivale par le journaliste Olivar Asselin (1874-1937).

Le manoir Rioux-Belzile est cité en 2007. Il est compris dans un site patrimonial cité depuis 2011.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Les Basques

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Neiges

Adresse :

  • 18, chemin de la Grève-Rioux

Lieux-dits :

  • Trois-Pistoles

Localisation informelle :

Le long de l'ancien chemin du Roi

Latitude :

  • 48° 7' 21.0"

Longitude :

  • -69° 12' 8.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Témiscouata Paroisse de Notre-Dame-des-Neiges-des-Trois-Pistoles Absent 283 ptie
289 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • FORTIN, Jean-Charles, dir. Histoire du Bas-Saint-Laurent. Institut québécois de recherche sur la culture. Montmagny, Éditions Marquis, 1993. 860 p.
  • MATHIEU, Jacques. L'occupation des terres dans la vallée du Saint-Laurent. Les aveux et dénombrements 1723-1745. Sillery, Éditions Septentrion, 1991. 415 p.
  • RIOUX, Emmanuel. Histoire de Trois-Pistoles, 1697-1997. Trois-Pistoles, Centre d'édition des Basques / Société historique de Trois-Pistoles, 1997. 694 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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