Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Calvaire de Saint-Augustin

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Saint-Augustin

Date :

  • vers 1899 –  (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Calvaires, croix de chemin et chemins de croix)

Éléments associés

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Description

Le calvaire de Saint-Augustin est un monument religieux de tradition catholique. Érigé vers 1899, il se compose d'une croix en fer forgé, de statues en bois du Christ et de la Vierge ainsi que d'une représentation en ciment de saint Jean. L'ensemble est abrité sous un édicule en tôle coiffé d'un toit à deux versants à larmiers retroussés. Il est implanté sur un terrain au relief peu accusé, dans le cimetière paroissial de la municipalité de Saint-Augustin.

Ce bien est cité immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Saint-Augustin) 2006-12-18
 

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Valeur patrimoniale

Le calvaire de Saint-Augustin présente un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Il témoigne du courant de dévotion envers les images du Christ souffrant ou mort. L'intérêt grandissant des fidèles pour les expressions dramatiques de la Passion, de la crucifixion, de l'« Ecce Homo » et de la « Pietà » suscite l'érection de nombreux calvaires extérieurs à partir de la fin du Régime français. Ceux-ci se substituent parfois aux croix de chemin simples ou aux croix avec instruments de la Passion à partir des années 1850. Ils sont souvent utilisés pour la prière et le recueillement, notamment lors de certaines fêtes. Le Christ en croix y est représenté dans certains cas avec d'autres personnages liés à la crucifixion. Le calvaire de Saint-Augustin est érigé vers 1899 sur la propriété de la veuve d'Eugène Roy. Celle-ci recueille des fonds dans le diocèse pour faire élever le monument. Il est considéré comme un gage de protection et comme un acte de réparation pour les blasphèmes proférés dans les chantiers de la rivière Péribonka. Le monument comporte à l'origine les sculptures en bois représentant le Christ en croix et la Vierge. En 1939, une statue de saint Jean en ciment y est ajoutée. Ce calvaire évoque d'anciennes dévotions populaires et constitue un élément significatif du patrimoine religieux québécois.

Le calvaire de Saint-Augustin présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Il est constitué d'un Christ et d'une Vierge réalisés vers 1899 par Henri Angers (1870-1963). Celui-ci compte parmi les derniers statuaires traditionnels du Québec. Angers est formé par le sculpteur Louis Jobin (1845-1928). Il va parfaire sa formation durant deux ans à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers, en Belgique. L'artiste revient au Québec en 1897. Il est l'auteur de nombreuses statues et pièces de mobilier destinées aux églises catholiques. Les oeuvres du calvaire de Saint-Augustin s'inscrivent dans sa production à son retour d'Europe. Elles sont taillées dans un seul morceau de bois, à l'exception des bras du Christ. L'intérieur de la Vierge a été évidé afin d'éviter les fissures. La croix en métal est vraisemblablement réalisée en 1899 par le forgeron Cyrice Dufour. En outre, la représentation en ciment de saint Jean est fabriquée par Petrucci et Carli. Elle rappelle la place croissante occupée par les grands ateliers dans la production statuaire au Québec au cours des premières décennies du XXe siècle.

Le calvaire de Saint-Augustin présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il témoigne de l'histoire de la pointe Taillon. L'endroit, situé à l'embouchure de la rivière Péribonka, est occupé à partir de la dernière décennie du XIXe siècle par quelques agriculteurs. La propriété où s'élève le calvaire est acquise en 1905 par Paul-Auguste Normand. Ce Français met sur pied une ferme modèle, pour laquelle il obtient divers prix. L'ensemble passe ensuite entre les mains d'Auguste Gagné, maire et préfet de comté. En 1926, la fermeture des vannes de la nouvelle centrale électrique d'Isle-Maligne entraîne l'inondation des meilleures terres des environs. Les habitants du village de Jeanne-d'Arc, sur la pointe Taillon, sont alors forcés à quitter les lieux. Joseph Boulianne, alors propriétaire du calvaire, s'établit à Saint-Augustin et y installe les statues. En 1950, elles sont placées dans le cimetière paroissial. L'ensemble rappelle les origines de la pointe Taillon et la tragédie vécue par la population en 1926.

Source : Municipalité de Saint-Augustin, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du calvaire de Saint-Augustin liés à ses valeurs historique, ethnologique et artistique comprennent, notamment :
- son implantation sur un terrain au relief peu accusé, dans le cimetière paroissial;
- la sculpture en bois du Christ en croix, dont le rendu réaliste de l'anatomie, la tête penchée sur l'épaule gauche, les yeux fermés, les pieds cloués côte à côte sur le « suppedanum » (support sous les pieds), le traitement du « perizonium » ajusté autour de la taille et noué du côté droit;
- la sculpture en bois évidée de la Vierge, dont sa disposition à la droite du Christ, le traitement réaliste de la physionomie et des drapés ainsi que les mains jointes au niveau de la taille;
- la statue en ciment de saint Jean, dont sa disposition à la gauche du Christ, la base, le traitement réaliste de la physionomie et des drapés ainsi que les mains jointes au niveau de la poitrine;
- la croix en fer forgé;
- l'édicule, dont le plan carré, le toit à deux versants à larmiers retroussés, l'ouverture sur un côté et la corniche curviligne.

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Informations historiques

Le calvaire de Saint-Augustin est d'abord érigé sur la pointe Taillon, un territoire situé à l'embouchure de la rivière Péribonka. Plusieurs chantiers d'exploitation forestière sont établis dans le secteur. Quelques agriculteurs occupent aussi l'endroit à partir de la dernière décennie du XIXe siècle. La veuve d'Eugène Roy s'y installe avec ses fils en 1897. Elle recueille des fonds dans le diocèse pour faire élever un calvaire. Celui-ci représente un gage de protection pour sa terre et un acte de réparation pour les blasphèmes proférés dans les chantiers. Vers 1899, Henri Angers (1870-1963), statuaire de Québec, réalise le Christ en croix et la Vierge. Le forgeron Cyrice Dufour fabrique la croix métallique sur laquelle est fixé le corpus. En juillet 1900, les pièces sont bénies par l'évêque.

En 1905, la propriété où s'élève le calvaire est acquise par Paul-Auguste Normand. Ce Français y met sur pied une ferme modèle, pour laquelle il obtient divers prix. L'ensemble passe en 1909 entre les mains d'Auguste Gagné, maire et préfet de comté. Il le revend par la suite à Joseph Boulianne, avec l'obligation de conserver le calvaire.

En 1926, la fermeture des vannes de la nouvelle centrale électrique d'Isle-Maligne entraîne l'inondation des meilleures terres des environs. Les habitants du village de Jeanne-d'Arc, sur la pointe Taillon, sont forcés de quitter les lieux. Joseph Boulianne s'établit à Saint-Augustin. Il emporte les statues du calvaire et les offre à la fabrique. Celle-ci les dispose alors sous un édicule placé en face de l'église. Une représentation de saint Jean, fabriquée en ciment dans l'atelier Petrucci et Carli, complète le monument en 1939.

En 1950, les statues sont installées à l'emplacement actuel, dans le cimetière paroissial. À l'origine polychromes, les sculptures sont alors peintes en blanc. Six ans plus tard, la croix se renverse et le bas des jambes du Christ est brisé. Un nouveau joint est fait et les pièces sont chevillées.

Le calvaire de Saint-Augustin est cité en 2006.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Maria-Chapdelaine

Municipalité :

  • Saint-Augustin

Lieux-dits :

  • Canton Dalmas
  • Saint-Augustin-Saguenay

Latitude :

48° 48' 14.8"

Longitude :

-71° 56' 39.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Lac-Saint-Jean-Ouest Canton de Dalmas Rang 5 40

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Références

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013