Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Date :

  • 1965 – 1966 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la modernité
  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Monuments et lieux commémoratifs)
  • Services et institutions (Chapelles de cimetière et charniers)

Éléments associés

Personnes associées (11)

Inventaires associés (1)

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Carte

Description

Le mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières est un bâtiment religieux de tradition catholique érigé en 1965 et 1966. Cette structure en béton, inspirée par l'expressionnisme formel, présente un plan irrégulier. Elle est composée de deux parties, soit le mausolée proprement dit et une chapelle funéraire. De plan semi-ovale, le mausolée est bas, refermé et surmonté d'un toit irrégulier à deux versants. La chapelle, de forme semi-conique, est percée à sa base de larges ouvertures non cloisonnées. Le mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières est situé au centre du cimetière Saint-Michel, dans la ville de Trois-Rivières.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est aussi cité immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2009-09-17
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Trois-Rivières) 2007-09-17
 

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Valeur patrimoniale

Le mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment est représentatif de l'influence de l'expressionnisme formel sur l'architecture religieuse québécoise dans la deuxième moitié du XXe siècle. L'expressionnisme formel s'inscrit dans le mouvement moderne, qui marque une rupture avec les styles historiques par l'utilisation de nouveaux matériaux comme le verre, le béton ou l'acier et par la mise en valeur des formes pures. Ce courant émerge au Québec au cours des années 1960, à la fin de la période moderne en architecture. Il met de l'avant la dimension plastique et sculpturale des bâtiments par ses volumes et ses textures. Le mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières, érigé en 1965 et 1966, témoigne de ces principes. Le monument de plan irrégulier est entièrement fait de béton armé, présent sous des aspects variés. Les formes de la structure sont empreintes d'un symbolisme propre aux fonctions de chacune de ses parties. La chapelle évoque l'ascension des âmes par son volume en demi-cône élancé. La base ouverte sur deux côtés permet une libre circulation entre l'intérieur et l'extérieur. Le mausolée, qui jouxte la chapelle, présente un profil plus bas. Ses murs, essentiellement percés de soupiraux, sont beaucoup moins ouverts que ceux de la chapelle, afin de rappeler le repos des corps en terre. La valeur architecturale du mausolée repose aussi sur son association avec l'architecte Jean-Claude Leclerc (né en 1934). Lors d'un séjour en Europe, Leclerc effectue une tournée des principales oeuvres de Le Corbusier (1887-1965) et travaille dans le bureau du chef d'atelier de ce dernier, André Wogenscky (1916-2004). Cette expérience influence ses créations, particulièrement entre 1964 et 1967, période où il est associé avec l'architecte Roger Villemure. La plupart des bâtiments qu'il conçoit se trouvent en Mauricie. À partir de 1972, il consacre sa carrière à l'enseignement en devenant directeur de l'École d'architecture de l'Université Laval, puis professeur. Le mausolée rappelle sa contribution au paysage moderne mauricien.

Le mausolée présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce lieu de mémoire abrite les dépouilles des évêques du diocèse de Trois-Rivières, auparavant inhumés au sous-sol de la cathédrale de l'Assomption. L'aménagement de deux salles communautaires dans les années 1960 oblige la translation des corps. Le mausolée, situé dans le cimetière Saint-Michel, compte huit emplacements. Il comprend les sépultures de Mgr Thomas Cooke (1792-1870), premier évêque du diocèse nommé en 1852, ainsi que ses successeurs, Mgr Louis-François Richer dit Laflèche (1818-1898), Mgr François-Xavier Cloutier (1848-1934), Mgr Alfred-Odilon Comtois (1876-1945) et Mgr Georges-Léon Pelletier (1904-1987). Les restes de 45 autres personnes, également ensevelies sous la cathédrale, ont été enterrés en périphérie du monument. Parmi celles-ci se trouvent des évêques auxiliaires, des prêtres et quelques laïcs importants. Au fil des ans, les corps de 22 prêtres ont été mis en terre à leurs côtés. Le bâtiment est l'un des rares mausolées construits au Québec au XXe siècle et le seul mausolée extérieur connu réservé à des religieux.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- le volume, dont la chapelle en forme de demi-cône élancé, la sacristie hors oeuvre, la plate-forme en porte-à-faux, le mausolée de plan semi-ovale coiffé d'un toit irrégulier à deux versants, les murs inclinés ainsi que la juxtaposition d'éléments courbes et rectilignes;
- les matériaux, dont le béton, le verre, le bois ainsi que le métal des éléments ornementaux et architecturaux;
- les ouvertures, dont la verrière, la petite baie carrée, les ouvertures non cloisonnées (une à arc segmentaire), les baies, les soupiraux ainsi que la percée entre les deux parties;
- l'ornementation simple, dont les gargouilles, les poutres et les supports apparents, les textures lisses ou marquées par le décoffrage ainsi que l'inscription « Fais briller sur eux la lumière éternelle »;
- l'autel, l'ambon, les bancs et les tombeaux.

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Informations historiques

Le mausolée des Évêques se situe dans le diocèse de Trois-Rivières. Ce dernier est fondé en 1852, lors d'un démembrement du diocèse de Québec. De 1854 à 1858, la cathédrale de l'Assomption est érigée. Le sous-sol de l'église sert de crypte. Plusieurs évêques, prêtres et religieux ainsi que quelques laïcs importants de la région y sont ensevelis.

En 1964, des travaux de restauration sont effectués à la cathédrale de l'Assomption. Deux salles communautaires sont aménagées au sous-sol, à l'emplacement de la crypte, nécessitant la translation des restes. Mgr Georges-Léon Pelletier (1904-1987) décide alors de faire ériger un mausolée dans le cimetière Saint-Michel pour accueillir les sépultures déplacées. Cette décision coïncide avec des travaux de réaménagement, qui prévoient la construction de monuments au centre du terrain. Le mausolée, qui comprend une chapelle funéraire extérieure de soixante places, est alors conçu par la firme Leclerc et Villemure.

Jean-Claude Leclerc (né en 1934) termine ses études en 1958. Il ouvre son propre bureau et engage le dessinateur Victor Pinheiro au début de la décennie 1960. L'année suivante, il s'associe avec l'architecte Roger Villemure. Lerclerc est inspiré par l'oeuvre tardive de Le Corbusier (1887-1965), qui se caractérise par ses formes expressives. Il travaille avec le chef d'atelier de ce dernier, André Wogenscky (1916-2004), lors d'un séjour en Europe. Cette influence se reflète dans ses créations, particulièrement entre 1964 et 1967.

La construction du mausolée débute à l'automne 1965 et se termine au printemps suivant. Les corps sont exhumés de la crypte, identifiés et inhumés dans leur nouveau lieu de sépulture à l'été 1966. Le mausolée abrite les sépultures de Mgr Thomas Cooke (1792-1870), premier évêque du diocèse nommé en 1852, ainsi que de ses successeurs, Mgr Louis-François Richer dit Laflèche (1818-1898), Mgr François-Xavier Cloutier (1848-1934), Mgr Alfred-Odilon Comtois (1876-1945). Les restes de 45 autres personnes, également ensevelies sous la cathédrale, sont enterrés en périphérie du monument. Parmi celles-ci se trouvent des évêques auxiliaires, des prêtres et quelques laïcs importants, dont le juge Dominique Mondelet (1798-1863), le seigneur Joseph-Michel Boucher de Niverville (1808-1870) et son fils, Louis-Charles Boucher de Niverville (1825-1869), avocat, maire et député. Le monument funéraire est inauguré au printemps 1967. Le calvaire, visible à travers une percée de la structure, est installé en 1968.

Au fil des ans, les corps de 22 prêtres sont mis en terre autour du mausolée. Mgr Georges-Léon Pelletier repose auprès de ses prédécesseurs, à l'intérieur du monument qu'il a fait construire.

Le mausolée des Évêques-de-Trois-Rivières est cité en 2007. Il est classé en 2009.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Trois-Rivières

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Adresse :

  • 3400, boulevard des Forges

Localisation informelle :

Situé dans le cimetière Saint-Michel.

Latitude :

46° 21' 8.93"

Longitude :

-72° 34' 29.72"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 535 384

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Chaîne de titres

Date Type d'aliénation De À
Autre Fabrique de la paroisse de l'Immaculée-Conception

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Documents

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Références

Notices bibliographiques :

  • Patri-Arch. Le mausolée des évêques de Trois-Rivières : Rapport d'évaluation patrimoniale. Québec, ministère de la Culture et des Communications, 2007. 104 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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