Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial du Bois-de-Saraguay

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Arrondissement naturel du Bois-de-Saraguay
  • Forêt de Saraguay

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (1)

Carte

Description

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est un territoire fortement boisé, en milieu urbain, d'une superficie d'environ 97 hectares. Les limites du site regroupent quatre parties distinctes et discontinues aux périmètres irréguliers. La première correspond à l'île aux Chats. Les deuxième et troisième parties, situées entre la rivière des Prairies et le boulevard Gouin Ouest, forment le secteur des anciens domaines. La quatrième, au sud du même boulevard, est constituée d'un vaste secteur boisé, souvent appelé la forêt intérieure, et d'un secteur résidentiel. Le site patrimonial est délimité en partie par la rivière des Prairies, le boulevard Gouin Ouest, l'avenue Joseph-Saucier, l'avenue Jean-Bourdon et une voie ferrée.

Le Bois-de-Saraguay est un secteur au relief relativement plat. Son territoire est ponctué de petites élévations et de dépressions. Le site est traversé par un ruisseau se jetant dans la rivière des Prairies. Le ruisseau forme des secteurs marécageux dans les zones où le relief est plus bas. La forêt formant le site patrimonial est essentiellement composée de feuillus. Des érablières, des frênaies, des peupleraies et des chênaies constituent les principaux peuplements forestiers s'y retrouvant. On y compte plusieurs arbres centenaires de grandes dimensions. De plus, la forêt comprend des plantes désignées comme vulnérables, vulnérables à la récolte ou encore susceptibles d'être désignées comme menacées ou vulnérables.

Le site comprend diverses traces d'occupation, notamment dans les secteurs des anciens domaines où se trouve la maison du chauffeur de l'ancien domaine Ogilvie. Érigé vers 1931, le bâtiment en pierre présente un plan rectangulaire et une élévation d'un étage et demi. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits et flanqué d'une tour surmontée d'un toit conique. Le secteur situé au nord du boulevard Gouin présente des plantes horticoles provenant des anciens aménagements paysagers. Celui situé au sud de ce même boulevard comprend deux anciens chemins privés toujours apparents ainsi que plusieurs alignements de pierres témoignant des anciennes limites de lots agricoles.

Le Bois-de-Saraguay comprend un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Ce site (BjFk-8) correspond aux limites du Bois-de-Saraguay, à l'exclusion du secteur résidentiel.

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est situé dans le nord-ouest de l'île de Montréal, en bordure de la rivière des Prairies, dans l'arrondissement municipal d'Ahuntsic-Cartierville de la ville de Montréal. La majeure partie du site correspond au parc-nature du Bois-de-Saraguay.

Ce territoire est déclaré site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Déclaration Site patrimonial Gouvernement du Québec 1981-11-06
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay présente un intérêt pour sa valeur paysagère liée à la préservation d'un important secteur boisé sur le territoire urbanisé de l'île de Montréal. Ce secteur boisé porte les traces de la longue histoire qui a façonné son visage actuel. Les terres de ce secteur situé à proximité de la rivière des Prairies sont concédées entre 1717 et 1725. L'endroit est nommé côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Contrairement aux autres concessions riveraines de l'île, le front de ces lots est situé vers l'intérieur des terres, le long du chemin de la côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Graduellement, les terres de la côte Saint-Louis sont défrichées pour qu'on y pratique l'agriculture. La portion arrière des lots, qui correspond au site patrimonial du Bois-de-Saraguay, demeure cependant boisée et sert de réserve forestière aux agriculteurs pendant de nombreuses années. À partir du dernier quart du XIXe siècle, certaines terres sont rachetées par des familles de notables afin de créer des domaines de villégiature. Les secteurs boisés sont notamment utilisés pour des activités équestres comme la chasse à courre. Les activités équestres et agricoles du secteur prennent fin vers le milieu du XXe siècle. Un projet résidentiel se met en branle à cette époque. Il est cependant abandonné en 1962 après des travaux de canalisation qui ont remodelé le réseau hydrographique du secteur. Les secteurs défrichés se reboisent graduellement par la suite. Dans le Bois-de-Saraguay, le couvert végétal est prédominant, comme il l'était au XVIIIe siècle. Plusieurs activités s'y étant déroulées ont également inscrit leurs marques dans le paysage. Des alignements de pierres et des sections épierrées évoquent les activités agricoles, tandis que le chemin du Polo ainsi que les vestiges possibles d'un ancien point d'eau circulaire et d'un bassin de nettoyage rappellent la pratique d'activités équestres. La maison du chauffeur du domaine Ogilvie s'intègre de façon harmonieuse à son environnement naturel et évoque l'aménagement des anciens domaines du site patrimonial. Des vestiges des aménagements paysagers, d'un ancien jardin et des résidences démolies témoignent de l'intérêt archéologique du lieu. Le Bois-de-Saraguay est par ailleurs un site archéologique, à l'exclusion du secteur résidentiel. Il rappelle les fonctions particulières qui ont façonné cet environnement naturel, et le fait qu'il fasse partie d'un parc-nature assure sa pérennité.

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay présente également un intérêt pour sa valeur paysagère puisqu'il constitue une zone forestière unique. Le Bois-de-Saraguay comporte une importante variété d'espèces floristiques, dont certaines sont désignées comme vulnérables, vulnérables à la récolte ou encore susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables. La forêt est composée de plusieurs peuplements forestiers, dont des érablières, des frênaies, des peupleraies et des chênaies. La présence de l'érable noir et du caryer cordiforme ou du caryer ovale dans les érablières à sucre constitue un phénomène plutôt rare qui contribue à la qualité remarquable de cet écosystème forestier. Plusieurs arbres centenaires se trouvent également sur le site. Le Bois-de-Saraguay est traversé par un ruisseau qui forme, en raison de la topographie du site, des marécages. La flore de certains secteurs témoigne aussi de l'occupation des lieux. Les zones qui ont été utilisées pour la culture ou le pâturage au cours du XIXe siècle sont recouvertes de peuplements forestiers plus jeunes composés d'essences différentes des secteurs plus matures. Sur les anciens domaines de villégiature se trouvent également des plantes horticoles témoignant de la présence d'anciens aménagements paysagers. Le Bois-de-Saraguay se distingue par la diversité végétale qui contribue à l'intérêt paysager. Il est considéré comme la forêt la mieux préservée de l'île de Montréal.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Bois-de-Saraguay liés ses valeurs paysagère incluent, notamment :
- la situation en bordure de la rivière des Prairies;
- la superficie d'environ 97 hectares divisée en quatre parties (île aux Chats, secteur des anciens domaines, forêt intérieure, secteur résidentiel);
- la présence dominante de l'érablière à érable à sucre dans les zones les mieux drainées et de l'érablière argentée dans les zones humides;
- le ruisseau;
- la présence de 257 espèces végétales vasculaires recensées, 20 désignées comme vulnérables (érable noir), vulnérables à la récolte (asaret du Canada, uvulaire à grandes fleurs et matteuccie fougère-à-l'autruche) ou encore susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables (caryer ovale, noyer cendré et staphylier à trois folioles);
- la variété écologique (milieu forestier, clairière, zones marécageuses, rivage, île) et la richesse faunique, dont 82 espèces d'oiseaux, sept espèces d'amphibiens, quatre espèces de chauves-souris (dont une espèce à statut précaire), trois espèces de reptiles (dont une espèce à statut précaire) et de nombreux mammifères comme le renard roux, le raton laveur, la moufette rayée, l'écureuil roux et l'écureuil gris;
- la maison du chauffeur en pierre (plan rectangulaire à un étage et demi, toit à deux versants droits, tour à toit conique, garage à trois portes);
- les traces du chemin menant de la maison du chauffeur à l'emplacement de l'ancienne demeure et le ponceau en pierre;
- le chemin du Polo et le chemin Paton;
- les plantes horticoles introduites (hémérocalles, narcisses et scilles de Sibérie) rappelant les différents aménagements paysagers des anciens domaines.

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Informations historiques

Le Bois-de-Saraguay est situé en bordure de la rivière des Prairies, un cours d'eau fréquenté depuis des millénaires par les Amérindiens. À l'époque de la Nouvelle-France, le Bois-de-Saraguay fait partie du territoire de la seigneurie de l'Île-de-Montréal, acquise en 1663 par le Séminaire de Saint-Sulpice à Paris.

Les terres de ce secteur sont finalement concédées entre 1717 et 1725. L'endroit prend le nom de côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Les terres sont découpées selon le système parcellaire du régime seigneurial, c'est-à-dire en lots étroits et profonds. Contrairement aux autres lots situés le long de la rivière des Prairies, les concessions riveraines de cette côte sont desservies par un chemin situé à l'intérieur des terres.

Graduellement, les terres sont défrichées pour qu'on y pratique l'agriculture. La portion arrière des lots, qui correspond au site patrimonial du Bois-de-Saraguay, demeure cependant boisée. Les agriculteurs effectuent selon toute vraisemblance des coupes sélectives afin d'obtenir du bois de chauffage ou du bois de construction.

Vers le début du XIXe siècle, les activités agricoles atteignent la zone sud du site patrimonial du Bois-de-Saraguay. Certains secteurs, encore aujourd'hui délimités par des alignements de pierres, auraient également servi de pâturage.

À partir du dernier quart du XIXe siècle, les secteurs situés en bordure de la rivière des Prairies deviennent des lieux de villégiature prisés par les familles de notables de Montréal, dont les MacDougall, les Gault, les MacLennan, les Hooper et les Ogilvie. La plupart de leurs résidences étaient toutefois situées en dehors des limites du site patrimonial du Bois-de-Saraguay. La forêt située au sud est utilisée par les différentes familles pour des activités équestres comme la chasse à courre et le polo.

En 1914, le village de Saraguay est créé. Pendant l'entre-deux-guerres, les résidences d'été de l'endroit deviennent des résidences permanentes et Saraguay se transforme en une banlieue cossue.

Les familles de l'endroit continuent d'y pratiquer des activités équestres jusque dans les années 1940-1950. Les activités agricoles dans le secteur prennent également fin à cette époque.

Au milieu des années 1950, un projet immobilier visant le Bois-de-Saraguay voit le jour. Finalement abandonné en 1962, après la mise en place de certaines infrastructures, ce projet a laissé des traces visibles, notamment des bornes-fontaines et un fossé de canalisation.

Au cours des années 1960, des communautés religieuses s'établissent à Saraguay en rachetant les domaines de certaines familles anglophones, dont la congrégation de Sainte-Croix et les S¿urs de Sainte-Marcelline.

En 1974, plusieurs familles vendent leur propriété du Bois-de-Saraguay à un promoteur immobilier. Un projet de lotissement est publié en 1977. Un groupe s'organise alors pour s'opposer au projet de développement immobilier à haute densité. Parallèlement, un autre mouvement citoyen se crée pour demander la préservation intégrale du bois de Saraguay sous la forme d'un parc. L'endroit est alors perçu comme un secteur forestier très ancien, représentatif de la végétation précoloniale.

En 1981, le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est déclaré par le gouvernement du Québec. Ce dernier alloue des fonds à la Communauté urbaine de Montréal afin qu'elle rachète des terrains pour y créer un parc. Le parc régional du Bois-de-Saraguay (aussi connu sous le nom de parc-nature du Bois-de-Saraguay) est ainsi constitué en 1984.

À partir de la fin des années 1980, un quartier résidentiel est érigé dans la portion est du site patrimonial. D'autres secteurs ont fait l'objet d'interventions de reboisement planifiées destinées à les renaturaliser.

En 2011, la Ville annonce que le parc sera aménagé et ouvert au public. Le parc-nature est finalement ouvert au public en 2016. Il compte environ 1,8 km de sentier.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ahuntsic-Cartierville

Adresse :

  • boulevard Gouin Ouest

Lieux-dits :

  • Saraguay

Latitude :

45° 30' 52.9"

Longitude :

-73° 44' 33.5"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 900 494
  • Lot 1 900 850
  • Lot 1 900 909
  • Lot 1 902 513
  • Lot 1 902 579
  • Lot 1 902 580
  • Lot 1 902 581
  • Lot 1 902 582
  • Lot 1 902 594
  • Lot 1 902 595 Ptie
  • Lot 1 902 617
  • Lot 1 902 627
  • Lot 1 902 630
  • Lot 1 902 634
  • Lot 1 902 635
  • Lot 1 902 638
  • Lot 1 902 639
  • Lot 1 902 641
  • Lot 1 902 643
  • Lot 1 902 644
  • Lot 1 902 645
  • Lot 1 902 648
  • Lot 1 902 649
  • Lot 1 902 650
  • Lot 190 646
  • Lot 2 338 082
  • Lot 4 269 031
  • Lot 4 269 032

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Documents

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BONHOMME, Jean-Pierre. « Des forêts dans l'île ». La Presse, 16 juillet 1978, p. A-7.
  • BOUCHARD, André et Gérald DOMON. La végétation et l'aménagement du parc régional du Bois-de-Saraguay. Montréal, Ville de Montréal, jardin botanique de Montréal et Service des travaux publics, 1981. 96 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991. 565 p.
  • LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial du Bois-de-Saraguay. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 61 p.
  • s.a. « La CUM veut araser le manoir Ogilvy ». Le Devoir, 21 juillet 1984, s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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