Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Dispensaire de La Corne

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Dispensaire de la garde

Région administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

Municipalité :

  • La Corne

Date :

  • vers 1940 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)
  • Services et institutions (Hôpitaux et autres institutions de soins de santé)

Éléments associés

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Comprend :

Autres biens associés :

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Personnes associées (2)

Carte

Description

Le dispensaire de La Corne est un bâtiment construit en 1940 pour servir de résidence privée et de clinique médicale. Il est composé d'un corps principal de plan rectangulaire à un étage et demi coiffé d'un toit à deux versants droits. Une véranda rectangulaire surmontée d'un toit à croupe longe la façade. Une annexe d'un étage est disposée en retour d'équerre à l'arrière du bâtiment. Un garage attaché est implanté en retrait. L'annexe et le garage, coiffés de toits à deux versants droits, sont reliés par un passage couvert. L'ensemble est doté d'un parement léger de couleur claire. Le bâtiment est implanté en retrait de la voie publique, sur un terrain au relief peu accusé, essentiellement gazonné et bordé d'arbustes, dans le noyau villageois de la municipalité de La Corne.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur du bâtiment, ainsi qu'au terrain sur lequel il s'élève.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-10-22
Prise d'effet : 2019-10-26

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2019-09-12
  • Proposition de statut national, 2018-04-11
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (La Corne) 1993-01-11
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 2003-06-09
 

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Valeur patrimoniale

Le dispensaire de La Corne présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le dispensaire de La Corne est établi dans le contexte de la colonisation de l'Abitibi-Témiscamingue, au moment de la grande dépression. Le gouvernement et le clergé prônent alors l'établissement de familles sur des terres agricoles en région éloignée. Pour donner des soins médicaux à ces populations, des dispensaires sont mis en place. Le Service médical aux colons est créé en 1936 pour financer et administrer le réseau de dispensaires. D'abord sous la responsabilité du ministère de la Colonisation, il devient, à partir de 1943, une division du ministère de la Santé et s'étend à la grandeur du Québec. Entre 1932 et 1962, plus de 100 dispensaires sont établis dans différentes régions du Québec. Celui de La Corne compte parmi la cinquantaine d'établissements du genre implantés dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue. Il est probablement construit en 1940 pour l'infirmière Gertrude Duchemin (1910-1990), installée temporairement dans la chapelle-école du lieu depuis 1936. L'État fournit aux infirmières le logement, l'entretien et un moyen de transport, puisqu'elles doivent se déplacer sur de vastes territoires. Disponible en tout temps, l'infirmière de colonie a des fonctions diversifiées couvrant toutes les disciplines médicales, de la psychologie à la pédiatrie, en passant par la chirurgie et l'obstétrique. Elle doit appliquer les principes généraux d'hygiène publique, surveiller et contrer l'éclosion de maladies contagieuses et superviser la santé dans les écoles. Elle doit même à l'occasion faire des embaumements et soigner des animaux. La fonction d'infirmière de colonie, qui doit être provisoire, s'avère souvent permanente. Ainsi, de nombreuses infirmières de colonie s'enracinent dans leur milieu de travail. Gertrude Duchemin prodigue des soins dans le dispensaire de La Corne jusqu'en 1976, puis y réside jusqu'à la fin de sa vie. Le dispensaire de La Corne rappelle la contribution de Gertrude Duchemin et de centaines d'autres infirmières à la mise en application des politiques de santé publique en territoire de colonisation.

Le dispensaire présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment en bois, construit d'après les exigences du Service médical aux colons, s'inspire de l'architecture des maisons de colonisation érigées au cours des années 1930 dans les régions en développement. Cette architecture se caractérise par sa simplicité, tant dans les formes que dans l'ornementation, ainsi que par le recours à des matériaux standardisés. Le dispensaire de La Corne, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants droits et est doté d'une véranda en façade. Une annexe d'un étage est disposée à l'arrière en retour d'équerre. Un garage est implanté en retrait par rapport au bâtiment. Le dispensaire servait à la fois de cabinet de consultation et de résidence pour l'infirmière. Au rez-de-chaussée, une salle d'attente et un cabinet étaient aménagés d'un côté du passage et de l'escalier central, tandis que la cuisine et le salon étaient aménagés de l'autre côté. L'étage supérieur comptait trois chambres et une salle de bain. Le bâtiment a conservé ses divisions d'origine. Il témoigne du partage entre les espaces privés et professionnels d'un dispensaire et, par conséquent, du mode de vie d'une infirmière de colonie. Il s'agit de l'exemple le mieux préservé de dispensaire au Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2020.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du dispensaire de La Corne liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son implantation en retrait de la voie publique, sur un terrain au relief peu accusé, essentiellement gazonné et bordé d'arbustes, dans le noyau villageois de la municipalité de La Corne;
- son volume, dont le corps principal de plan rectangulaire à un étage et demi coiffé d'un toit à deux versants droits, la véranda de plan rectangulaire surmontée d'un toit à croupes longeant la façade, l'annexe rectangulaire à un étage et à toit à deux versants droits disposée en retour d'équerre à l'arrière de la maison, le garage de plan rectangulaire à un étage et à toit à deux versants droits disposé en retrait du corps principal, et le passage couvert reliant l'annexe arrière et le garage;
- les matériaux, dont le bardeau d'asphalte de la toiture, le parement léger de couleur claire, le bois de la charpente, des portes et des chambranles, ainsi que la brique de la souche de cheminée;
- les ouvertures, dont les portes en bois à panneaux et à vitrage, la porte de garage, la fenestration abondante de la véranda, les fenêtres rectangulaires (certaines jumelées ou groupées par trois sur l'annexe, le passage couvert et le garage), les soupiraux;
- l'aménagement intérieur, dont les divisions d'origine, la salle d'attente et le cabinet de consultation d'un côté du rez-de-chaussée, la cuisine et le salon de l'autre côté, et l'étage supérieur divisé en trois chambres et une salle de bain;
- le mobilier intégré et le décor architectural, dont les revêtements en lambris de bois peints des murs et du plafond de la véranda, l'escalier central et les armoires du cabinet médical et de la cuisine.

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Informations historiques

Le dispensaire de La Corne fait partie d'un réseau de dispensaires mis en place par le Service médical aux colons. En effet, durant la crise économique des années 1930, l'État met en place des politiques pour favoriser la colonisation agricole des régions du Québec, telles que la Mauricie, le Lac-Saint-Jean, la Gaspésie, le Témiscamingue et l'Abitibi. C'est dans ce contexte qu'en 1935, une vingtaine de familles venues de différents endroits au Québec, mais notamment du comté de Nicolet s'établissent sur le territoire du canton de La Corne, à mi-chemin entre Amos et Val d'Or. Dès leur arrivée, les colons de La Corne, comme toutes les populations des établissements récents, réclament des services religieux et médicaux.

Pour diverses raisons, notamment les contraintes budgétaires, l'État préfère envoyer des infirmières plutôt que des médecins dans ces régions éloignées. Un réseau de plus d'une centaine de postes de soins, appelés dispensaires, desservis par des infirmières forme le Service médical aux colons (SMC). L'État fournit aux infirmières le logement, l'entretien et un moyen de transport, puisqu'elles doivent se déplacer sur de vastes territoires. Disponible en tout temps, l'infirmière de colonie a des fonctions diversifiées couvrant toutes les disciplines médicales, de la psychologie à la pédiatrie, en passant par la chirurgie et l'obstétrique. Elle doit appliquer les principes généraux d'hygiène publique, surveiller et contrer l'éclosion de maladies contagieuses et superviser la santé dans les écoles. Elle doit même à l'occasion faire des embaumements et soigner des animaux. La fonction d'infirmière de colonie, qui doit être provisoire, s'avère souvent permanente. Ainsi, de nombreuses infirmières de colonie s'enracinent dans leur milieu de travail.

L'abbé Henri Richard, curé résident de Saint-Benoit-de-La-Corne, fait ériger une chapelle-école dans laquelle s'installera aussi temporairement Gertrude Duchemin (1910-1990), nommée au poste d'infirmière de colonie ouvert à La Corne en décembre 1936. Née à Saint-Tite, Duchemin fait ses études d'infirmière à l'hôpital Saint-Joseph de Lachine de 1929 à 1932. Au moment où elle arrive à La Corne, la population du comté de Vassan compte alors environ 700 personnes disséminées sur un territoire de plus de 40 kilomètres carrés. Le bâtiment multifonctionnel où elle réside d'abord accueille au rez-de-chaussée le presbytère, l'école et le logement de l'institutrice ainsi que le dispensaire et le logement de l'infirmière, tandis que l'étage supérieur sert d'église paroissiale.

Le ministère de la santé acquiert en septembre 1940 un terrain appartenant à Néré Morin afin d'y faire construire le dispensaire. Celui-ci est probablement construit avant la fin de l'année 1940 par l'entrepreneur Jean Dumais d'après les exigences du Service médical aux colons. Le bâtiment sert à la fois de cabinet de consultation et de résidence. Il présente, au rez-de-chaussée, une salle d'attente et un cabinet, de même qu'une cuisine et un salon, alors que l'étage comporte trois chambres et une salle de bain.

En 1962, le SMC est aboli comme division du ministère de la santé. Toutefois, les infirmières, bien intégrées à leur collectivité, continuent de pratiquer leur profession et sont intégrées à la division des unités sanitaires, qui sera elle-même abolie en 1972 à la suite des travaux de la commission Castonguay-Nepveu. Gertrude Duchemin reste en fonction jusqu'en décembre 1976. À sa retraite, elle devient propriétaire de son dispensaire et y habite jusqu'à son décès en 1990.

Le dispensaire est cité en 1993. Il est ouvert au public en 1997 comme lieu d'interprétation de la vie des infirmières de colonie de l'Abitibi. Il est désigné lieu historique national du Canada en 2004.

Le dispensaire de La Corne est classé en 2020, en même temps que la collection d'objets du dispensaire ainsi que le fonds Gertrude Duchemin.

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Emplacement

Region administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

MRC :

  • Abitibi

Municipalité :

  • La Corne

Adresse :

  • 339, route 111

Latitude :

  • 48° 21' 22.7"

Longitude :

  • -77° 59' 45.6"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 581 914

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • s.a. L'infirmière Gertrude Duchemin et le Dispensaire de La Corne, Abitibi. Pré-projet d'animation d'un lieu historique. s.l. s.é., 1990. s.p.
  • VINCENT, Odette. Histoire de l'Abitibi-Témiscamingue. Les Régions du Québec. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995. 763 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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