Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Johan-Beetz

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Château Johan-Beetz

Région administrative :

  • Côte-Nord

Municipalité :

  • Baie-Johan-Beetz

Date :

  • 1899 (Construction)

Période :

  • Le Québec moderne (1867 à 1960)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Hôtels)
  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Groupes associés (3)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

La maison Johan-Beetz est une demeure rurale d'inspiration Second Empire construite en 1899. Le corps de logis rectangulaire à deux étages, lambrissé de planches, est coiffé d'un toit mansardé rouge à quatre versants. La résidence est ceinturée sur trois côtés par une galerie protégée d'un avant-toit. Elle possède une annexe latérale qui reprend la forme du corps de logis et sur laquelle s'adosse un appentis. La maison Johan-Beetz est sise sur un promontoire rocheux s'avançant dans le golfe du Saint-Laurent, à l'embouchure de la rivière Piashti, dans la municipalité de Baie-Johan-Beetz.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de l'immeuble, et pas au terrain.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1979-10-12

Catégories de conservation

  • 1 - Extérieur exceptionnel
  • 4 - Intérieur exceptionnel
 

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Valeur patrimoniale

La maison Johan-Beetz présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec Johan Beetz (1874-1949). L'apport de ce dernier au développement socioéconomique de la localité et à celui de la Côte-Nord est considérable. Aristocrate belge, Beetz immigre au Québec en 1897 et s'installe à Piastre Baie (aujourd'hui Baie-Johan-Beetz), où il a déjà acquis une propriété. Possédant une formation en sciences naturelles et en médecine, Beetz constate dès son arrivée le fort potentiel économique de la région pour le commerce des fourrures. Il achète d'abord à prix élevé les peaux de renard des trappeurs et entre ainsi en concurrence avec la Compagnie de la Baie d'Hudson. À partir de 1903, il se lance dans l'élevage des renards et fait figure de pionnier. À la suite de recherches, d'expérimentations et de croisements, il fixe la race du renard argenté. Il s'associe en 1910 à Révillon et Frères, une maison parisienne ayant établi un réseau de postes de traite sur la Côte-Nord. Beetz quitte Piastre Baie en 1922 pour la banlieue montréalaise. Son livre intitulé « L'indispensable à l'éleveur de renards argentés » est publié en 1931 et renferme les connaissances qu'il a acquises dans ce domaine au fil des ans. En 1968, Piastre Baie est constituée en municipalité et adopte le toponyme de Baie-Johan-Beetz. Ainsi, la maison témoigne de l'apport de cet homme d'exception à la région de la Côte-Nord ainsi qu'aux sciences naturelles.

La maison Johan-Beetz présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Construite en 1899, la résidence s'inspire du style Second Empire. Ce style d'origine française devient populaire sous le règne de l'empereur Napoléon III (1808-1873), notamment avec la construction du Nouveau Louvre, de 1852 à 1857. Introduit d'abord en Angleterre et aux États-Unis, où il connaît une grande vogue, il apparaît au Canada à la fin des années 1860. Abondamment utilisé pour les édifices publics, il est également employé en architecture domestique, et ce, jusqu'au début du XXe siècle. La maison Johan-Beetz est représentative de ce style notamment par le toit mansardé à quatre versants, la composition symétrique de la façade et l'ordonnance des ouvertures ainsi que par l'axe central formé par l'entrée principale surmontée d'une grande lucarne formant pignon. L'ornementation contribue au prestige associé au style Second Empire avec, entre autres, les frises dentelées ornant la ligne de brisis et les pignons des lucarnes, les chambranles en bois et le garde-corps de la galerie en bois ouvragé. La demeure se distingue par son architecture élaborée et exprime ainsi la notoriété et l'aisance de son propriétaire.

La maison Johan-Beetz présente aussi un intérêt patrimonial pour la valeur architecturale et artistique de son intérieur. Le décor, qui se distingue par sa qualité et son originalité, se compose notamment de motifs floraux et animaliers peints à l'huile par Johan Beetz sur des panneaux de porte ainsi que de papier peint imitant un lambris d'appui. Des menuiseries ornementales (chambranles, plinthes, cimaises, moulures de plafond) et un escalier d'apparat s'ajoutent. Les plafonds en bois en planches à couvre-joint témoignent d'une manière de bâtir caractéristique de la seconde moitié du XIXe siècle. La richesse de cet intérieur reflète à la fois l'origine sociale de son propriétaire et ses intérêts.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Johan-Beetz liés à ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- sa situation sur un promontoire s'avançant dans le golfe du Saint-Laurent, à l'embouchure de la rivière Piashti;
- ses éléments rattachés au style Second Empire, dont le corps de logis rectangulaire au toit mansardé à quatre versants, la composition régulière et symétrique de la façade ainsi que l'axe central constitué par l'entrée principale surmontée d'une grande lucarne formant pignon;
- ses matériaux, dont le lambris extérieur en planches à feuillure et la couverture en bardeaux de cèdre;
- ses ouvertures, dont la porte d'entrée à deux vantaux avec son vitrage en forme d'arc brisé, les fenêtres rectangulaires en bois à grands carreaux et les lucarnes à pignon sur trois versants;
- ses éléments décoratifs, dont la frise dentelée ornant la ligne de brisis et les lucarnes, les planches cornières, les chambranles en bois menuisé et la lucarne centrale (dont la fenêtre aux petits-bois formant des arcs brisés);
- la polychromie de l'ensemble des composantes;
- les souches de cheminée symétriques;
- la galerie ceinturant la maison sur trois côtés, comprenant un avant-toit couvert de tôle en plaques et un garde-corps en bois ouvragé;
- le trottoir en bois terminé par un escalier à deux volées menant à la porte arrière;
- l'annexe de plan rectangulaire située dans le prolongement longitudinal de la maison, à toit mansardé et à demi croupe percé de lucarnes, avec l'appentis appuyé sur sa façade latérale;
- son décor intérieur peint à l'huile, particulièrement les motifs floraux et animaliers ornant certains panneaux de porte et portions de mur;
- les éléments de finition, dont le lambris de bois des murs, le papier peint imitant un lambris d'appui et les plafonds en planches à couvre-joint;
- la menuiserie architecturale, dont les chambranles, les plinthes, les cimaises et les moulures de plafond;
- l'escalier d'apparat, avec les balustres tournés, les poteaux de départ tournés et richement ornés ainsi que le limon au motif de vagues.

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Informations historiques

La maison Johan-Beetz porte le nom d'un aristocrate belge qui a immigré au Canada en 1897. Johan Beetz (1874-1949) s'établit à Piastre Baie, un lieu fréquenté dès 1850 par des pêcheurs de la rive sud du fleuve Saint-Laurent et des îles de la Madeleine. Il s'installe sur une propriété acquise avant son départ de Belgique, qui comprend une modeste maison en bois sise sur un promontoire s'avançant dans le golfe du Saint-Laurent, à l'embouchure de la rivière Piashti. Possédant une formation en sciences naturelles ainsi qu'en médecine, Beetz constate dès son arrivée le fort potentiel économique de la région pour le commerce des fourrures. Il achète d'abord à prix élevé les peaux de renard des trappeurs et entre ainsi en concurrence avec la Compagnie de la Baie d'Hudson.

En 1899, Beetz déplace sa petite maison près de la rivière et l'utilise désormais comme glacière. À l'emplacement laissé vacant, il fait construire une imposante demeure d'inspiration Second Empire et y exerce ses talents de peintre et de dessinateur en réalisant des décors floraux et animaliers sur des panneaux de porte et des portions de mur. Au cours des années, Beetz construit d'autres bâtiments sur son terrain, dont un kiosque faisant face au golfe du Saint-Laurent, un lavoir, un poulailler et un laboratoire où il pratique des vivisections et empaille des animaux. Il développe d'ailleurs un procédé de naturalisation.

En 1903, Beetz se lance dans l'élevage des renards, faisant ainsi figure de pionnier dans ce domaine. À la suite de recherches, d'expérimentations et de croisements, il fixe la race du renard argenté. À partir de 1910, il s'associe à Révillon et Frères, une maison de fourrures parisienne qui a établi un réseau de postes de traite sur la Côte-Nord.

Grâce à ses activités, Beetz occupe une place importante dans la communauté de Piastre Baie, où il agit même comme médecin. Les habitants, qui le respectent et l'estiment, manifestent rapidement le souhait que leur village soit nommé en son honneur. Beetz quitte la localité en 1922 pour s'établir à Saint-Laurent, alors une banlieue de Montréal. Il poursuit néanmoins l'élevage des renards dans la région de Vaudreuil-Dorion pendant quelques années. En 1924, le gouvernement belge lui décerne l'Ordre de Léopold II afin de reconnaître l'oeuvre qu'il a accomplie dans son pays d'adoption. En 1931, la librairie Beauchemin édite son ouvrage intitulé « L'indispensable à l'éleveur de renards argentés ». En 1968, Piastre Baie est constituée en municipalité et adopte le toponyme de Baie-Johan-Beetz.

La maison Johan-Beetz est désignée par les habitants de la Basse-Côte-Nord comme « le château ». Elle était autrefois dotée d'une grande galerie à l'étage supérieur et la plupart de ses dépendances sont aujourd'hui disparues, à l'exception de l'ancien laboratoire.

La maison Johan-Beetz est classée en 1979. Elle est incluse en 1984 dans la réserve du parc national de l'Archipel-de-Mingan. De nos jours, elle est utilisée comme lieu d'hébergement par la pourvoirie Baie-Johan-Beetz.

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Emplacement

Region administrative :

  • Côte-Nord

MRC :

  • Minganie

Municipalité :

  • Baie-Johan-Beetz

Adresse :

  • 15, route 138

Latitude :

  • 50° 17' 20.116"

Longitude :

  • -62° 48' 20.819"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 356 382

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Références

Notices bibliographiques :

  • BEETZ, Henry et Jeannette BEETZ. La merveilleuse aventure de Johan Beetz. Montréal, Leméac, 1977. 222 p.
  • CHOUINARD, Yvan. Château Johan Beetz. Dossier préliminaire. Québec, Direction générale du patrimoine, 1975. s.p.
  • CHOUINARD, Yvan. « Maison Johan-Beetz ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 486-487.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DUHAMEL, Alain. « Au pays de la Côte-Nord. Le 'Château' de Johan Beetz ». Le Devoir, 9 mai 1977, s.p.
  • PARISÉ, Robert. Géants de la Côte-Nord. Québec, Garneau, 1974. 141 p.
  • ROUILLARD, Eugène. La Côte Nord du Saint-Laurent et le Labrador Canadien. Québec, Typ. Laflamme & Proulx, 1908. 188 p.
  • SAINT-HILAIRE, Gaston. La maison Johan Beetz: un monument historique. Côte-Nord, Ministère des Affaires culturelles, Direction de la Côte-Nord, s.d. s.p.

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