Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Jasmin, Judith

Type :

Personne

Date :

  • 1916‑07‑19 – 1972‑10‑20

Occupation :

  • Journaliste

Images

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Personnage historique Ministre de la Culture et des Communications 2021-03-08
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Née le 19 juillet 1916 à Terrebonne, Judith Jasmin est la fille d'Amédée Jasmin, notaire, et de Rosaria Desjarlais, secrétaire.

Judith Jasmin part vivre en France avec sa famille au début des années 1920. Elle fait ses études primaires en France, puis fréquente pendant deux ans le Lycée des jeunes filles de Versailles. Elle revient au Québec en 1932 et termine ses études classiques au Collège Marguerite-Bourgeoys de Montréal.

Au début de sa vie professionnelle, elle se consacre d'abord au théâtre. À 22 ans, elle devient l'une des vedettes les plus appréciées de la radio grâce à son rôle dans le radioroman La Pension Velder de Robert Choquette. Au milieu des années 1940, Judith Jasmin devient la première réalisatrice d'émissions radiophoniques au réseau français de Radio-Canada.

Au printemps 1947, elle entre au Service international de la Société Radio-Canada, ce qui marque le début de sa carrière journalistique. Elle passe à la télévision en 1952 et contribue à mettre sur pied avec son collègue René Lévesque le premier service de reportages francophones du réseau d'État. Elle est notamment remarquée à la barre des émissions d'affaires publiques. À compter de 1957, elle devient grand reporter et continue de réaliser des reportages tant sur la scène nationale qu'internationale. Elle parcourt le monde et effectue des entrevues avec les plus grands artistes et écrivains des années 1950 et 1960, en plus de plusieurs chefs d'État, dont certaines des figures les plus controversées de l'époque. Elle est reconnue comme faisant preuve d'une grande rigueur journalistique de même que pour la pertinence de ses reportages et l'habileté avec laquelle elle conduit ses entrevues.

Pionnière du journalisme télévisé au Québec, elle devient la première femme québécoise et canadienne à faire du journalisme politique et international de même que la première correspondante de la Société Radio-Canada à l'étranger. De 1966 à 1968, elle œuvre en effet à New York à titre de correspondante du réseau d'État à l'Organisation des Nations Unies, puis est en poste à Washington de 1968 à 1970.

Femme d'action et d'esprit, Judith Jasmin devient aussi une figure du féminisme du milieu du XXe siècle. Dès les années 1950, elle est une personnalité féminine populaire, notamment pour ses discours encourageant à repenser la place et l'influence des femmes dans la société. Les idées qu'elle formule sont d'ailleurs reprises par les féministes des décennies suivantes et demeurent au cœur des débats entourant l'égalité des sexes.

Judith Jasmin est aussi engagée dans la création en 1961 du Mouvement laïque de langue française, dont l'objectif est de promouvoir la laïcité des institutions politiques québécoises. Elle appuie aussi le mouvement écologiste émergent et le pacifisme. Elle supporte également le mouvement antiraciste.

Convaincue du rôle que peut jouer l'information dans l'éducation des masses et du vecteur de changement social qu'elle peut représenter, Judith Jasmin est reconnue par ses pairs comme une « éveilleuse de consciences ». Dès les années 1950, et tout au long de sa carrière, elle utilise en effet son pouvoir d'influence pour mobiliser l'opinion publique autour des grands enjeux sociaux et politiques de son temps.

Judith Jasmin reçoit plusieurs honneurs qui couronnent sa carrière journalistique. En 1972, elle est récipiendaire de la plus haute distinction du journalisme québécois, le prix Olivar-Asselin. De plus, en hommage à sa carrière d'exception, le prix Judith-Jasmin est créé en 1975 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Ce prix est décerné annuellement aux meilleurs reportages de la presse écrite et électronique québécoise.

Elle est décédée le 20 octobre 1972 à Montréal. Elle est inhumée au cimetière de Ville Saint-Laurent.

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Intérêt patrimonial

Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:

« Judith Jasmin est une figure marquante du journalisme. Après avoir été comédienne, critique de théâtre et réalisatrice d'émissions radiophoniques, elle entre comme journaliste au Service international de Radio-Canada en 1947. Elle passe à la télévision en 1952 et contribue à la naissance du premier service de reportages francophones du réseau d'État. Elle est notamment remarquée à la barre des émissions d'affaires publiques. À compter de 1957, elle devient grande reporter, effectue des entrevues avec des personnalités internationales et réalise des reportages sur des enjeux de société. En 1966, elle devient correspondante de Radio-Canada aux Nations Unies, puis en 1968, correspondante pour la radio de Radio-Canada à Washington. Pionnière du journalisme électronique, Judith Jasmin est la première femme québécoise et canadienne à faire des reportages politiques et internationaux et la première correspondante de Radio-Canada à l'étranger. Vedette de la télévision, elle est aussi une éveilleuse de consciences qui milite pour les droits des femmes et qui participe aux mouvements en faveur de la laïcité, de l'écologie, du pacifisme et de l'antiracisme. Sa carrière journalistique est couronnée de plusieurs honneurs, dont la plus haute distinction du journalisme québécois, le prix Olivar-Asselin, en 1972. Son nom étant associé à l'excellence journalistique, le prix Judith-Jasmin est créé en 1975 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et est remis annuellement aux meilleurs reportages de la presse écrite et électronique. Judith Jasmin demeure une référence dans le monde de l'information. »

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Références

Notices bibliographiques :

  • BEAUCHAMP, Colette. Judith Jasmin. De feu et de flamme. Montréal, Boréal, 1992. 426 p.
  • MALTAIS, Robert. « Judith Jasmin ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/judith-jasmin

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