Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Ancienne centrale de la Chute-Burroughs

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Stanstead-Est

Date :

  • 1929 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Installations électriques > Centrales hydroélectiques)

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Description

Le site patrimonial de l'Ancienne-Centrale-Hydroélectrique-de-la-Chute—Burroughs est une installation de production d'énergie construite en 1929. L'ensemble comprend la centrale hydroélectrique ainsi que les vestiges d'un canal de fuite. La centrale hydroélectrique se compose d'un volume de plan presque carré d'un seul niveau coiffé d'un toit plat. Sa partie inférieure, comprenant les vannes, est en béton et la portion supérieure, composée d'une charpente en acier permettant des ouvertures abondantes de grandes dimensions, possède des murs massifs en brique d'argile. Les élévations extérieures comportent des ornements d'inspiration Art déco formés par les motifs géométriques en relief (chevrons, zigzags, losanges, corniche à denticules) de la brique de trois teintes différentes. L'ancienne centrale hydroélectrique de la Chute—Burroughs se situe dans un secteur boisé, près d'une chute naturelle de 55,17 m de hauteur sur la rivière Niger, à proximité de l'intersection des routes 141 et 143 dans la municipalité de Stanstead—Est.

Le site patrimonial de l'Ancienne-Centrale-Hydroélectrique-de-la-Chute-Burroughs est cité en 2021.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Stanstead-Est) 2021-04-06
 
Inventorié --
 

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Valeur patrimoniale

« Le site patrimonial de l'Ancienne-Centrale-Hydroélectrique-de-la Chute-Burroughs présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme témoin de l'histoire de l'électricité au Québec. Établie près d'une chute qui aurait actionné des moulins vers le tournant du XIXe siècle, la centrale hydroélectrique est mise en service en 1930 par la Southern Canada Power Co. Cette petite centrale de 1,6 MW, autrefois reliée à un barrage en amont de la rivière Niger par une conduite forcée, s'ajoute à d'autres installations plus puissantes de la Compagnie. Elle permet à l'entreprise d'augmenter sa production et de se positionner dans la région afin de développer son secteur industriel. Cette centrale hydroélectrique témoigne de l'importante contribution de cette compagnie dans l'électrification et le développement économique des municipalités du sud du Québec

Le site patrimonial de l'Ancienne-Centrale-Hydroélectrique-de-la Chute-Burroughs présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. Plusieurs des équipements d'origine de la centrale hydroélectrique mise en service en 1930 subsistent : le groupe turbine-alternateur à axe horizontal doté d'une turbine de type Francis, des équipements électriques, le pont roulant, le canal de fuite. Le site demeure, malgré le démantèlement de sa conduite forcée en bois et en acier qui était enfouie et de sa cheminée d'équilibre, un bon témoin des différentes technologies en matière d'hydroélectricité et est représentatif des aménagements hydroélectriques du début du XXe siècle, reflet du savoir-faire des ingénieurs et des ouvriers impliqués dans ce type de chantier.

Le site patrimonial de l'Ancienne-Centrale-Hydroélectrique-de-la Chute-Burroughs présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La centrale avec son parement en brique prend l'aspect des usines qui se multiplient dans le paysage québécois au début du XXe siècle. Elle est érigée en 1929 selon les plans des architectes montréalais Harold Edgar Shorey (1886—1971) et Samuel Douglas Ritchie (1887—1959). La centrale s'inscrit dans le courant rationaliste qui préconise l'expression de la structure et des éléments constructifs au détriment du décor ajouté, tout en possédant des éléments propres à l'architecture Art déco qui caractérisent certains édifices industriels des années 1920 et 1930. La centrale hydroélectrique de la Chute Burroughs s'inscrit dans ce courant notamment par son volume simple à toit plat, sa charpente en acier permettant des ouvertures abondantes de grandes dimensions et ses murs massifs en brique d'argile. La centrale comporte au demeurant des éléments d'inspiration Art déco formés à partir de son matériau principal. Ainsi, le bâtiment de la centrale se distingue des bâtiments rationalistes habituels par le traitement de la brique formant des motifs géométriques (chevrons, zigzags, losanges, bandeaux corniche à denticules). Des jeux de reliefs et de couleurs avec les trois teintes de briques ornent ses façades. Évocatrice de l'architecture industrielle de son temps, la centrale hydroélectrique de la Chute Burroughs a conservé à ce jour son aspect d'origine. »

Le site patrimonial de l'ancienne centrale hydroélectrique de la Chute-Burroughs présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Le site est marqué par la présence de la chute Burroughs, d'une hauteur de 55,17 m, faisant partie de la rivière Niger. L'emplacement, qui est en grande partie boisé, comporte également plusieurs types de peuplements forestiers cédrière, prucheraie, érablière, grands pins plantés de long du chemin d'accès. Bref, ce site d'une grande beauté constitue un cadre d'intérêt pour les amants de la nature. »

Source : Municipalité de Stanstead-Est, 2021

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de l'Ancienne-Centrale-Hydroélectrique-de-la-Chute-Burroughs comprennent, notamment :
« - La présence de la rivière Niger et de la chute Burroughs de 55,17 m de hauteur;
- Les sections boisées, dont la vieille forêt de pruche dans la partie nord du site;
- Le chemin bordé de pins matures à l'entrée du site qui longe la rivière et qui atteint la centrale dans la partie basse du site;
- Le volume de la centrale, dont le plan presque carré, l'élévation d'un seul niveau au—dessus d'un soubassement, le toit plat;
- Les matériaux de la centrale, dont le béton des fondations, la structure d'acier laissée apparente à l'intérieur, l'acier des ouvertures, la brique d'argile de trois teintes différentes composant les murs selon un appareil dit américain;
- Les ouvertures, dont les hautes fenêtres industrielles de forme rectangulaire munies d'appuis en ardoise, la porte d'entrée principale en bois à double vantail orné de caissons à motifs octogonaux;
- L'ornementation, dont les jeux de briques polychromes (beige, rouge et brun) en relief formant des motifs géométriques (chevrons, zigzags, losanges, bandeaux) et la corniche à denticules en brique;
- L'équipement hydroélectrique se trouvant à l'intérieur de la centrale, dont le groupe turbine-alternateur à axe horizontal doté d'une turbine de type Francis et les autres équipements électriques toujours en place;
- Le pont roulant intérieur;
- Les vestiges du canal de fuite. »

Source : Municipalité de Stanstead-Est, 2021

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Informations historiques

« Le site patrimonial de l'Ancienne—Centrale—Hydroélectrique—de—la—Chute—Burroughs, situé dans la municipalité de Stanstead—Est, est établi près d'une chute de la rivière Niger qui, d'après certaines découvertes archéologiques, aurait été fréquentée par des populations autochtones depuis aussi loin qu'entre 2000 et 5000 ans avant notre ère.

Cette même chute aurait actionné des moulins vers le tournant du XIXe siècle. En effet, Stephen Burroughs (vers 1765—1840), homme controversé, faux—monnayeur et escroc d'origine américaine, aurait été le premier à s'installer dans le secteur et à exploiter le potentiel hydraulique de la chute à qui on lui donne son nom (Burroughs' FalIs).

Tout au long du XlXe siècle et au début du XXe siècle, le site passe entre plusieurs mains alors que l'agriculture et l'exploitation forestière constituent la base de l'économie du nord du canton de Stanstead. En 1854, on retrouve à proximité du site un moulin à scie, une boutique de forge, un pont et des bâtiments de ferme. Juste en haut de la chute, plus précisément sur le lot 1160, une maison est construite entre 1883 et 1906 et est accompagnée d'une grange-étable.

À partir de 1914, la Southern Canada Power Co (SCP) acquiert plusieurs réseaux municipaux d'électricité et prend le contrôle d'un ensemble de compagnies dont certaines sont établies dans la région depuis la fin du XIXe siècle. En 1920, elle possède ou exploite une douzaine de compagnies actives en Estrie. La création d'un réseau de distribution de l'électricité intégré par la Southern Canada Power Co permet à la région de développer son secteur industriel. Cette compagnie achète le site de la chute Burroughs en 1923 dans le but d'en exploiter le potentiel hydroélectrique.

En 1929, la SCP fait construire un barrage, une conduite forcée dotée d'une cheminée d'équilibre, une centrale hydroélectrique, un canal de fuite et un poste de transformation près de la chute Burroughs. Cette installation électrique de 1,6 MW est mise en service dès janvier 1930. La maison qui se trouvait sur le site est conservée et déplacée afin de dégager l'espace nécessaire au poste de transformation. Elle est ensuite utilisée pour loger les opérateurs de la centrale. La grange est aussi préservée et sert de
garage ainsi que d'entrepôt.

La construction de cette petite centrale revêt une importance stratégique pour la Southern Canada Power Company Limited qui voulait se rapprocher du développement industriel de Rock Island situé à plus de 100 km de la centrale de la Chute—Hemming. De plus, cette nouvelle centrale permettait aussi de
sécuriser le réseau du sud advenant un problème de distribution d'électricité.

Avec la nationalisation du réseau hydroélectrique du Québec en 1963, la centrale devient la propriété d'Hydro—Québec. Dans les années 1980, plusieurs installations sont démantelées, dont la grange.

En 2010, un important bris survient dans la conduite forcée entraînant l'arrêt définitif de la production d'électricité. Entre 2014 et 2016 la cheminée d'équilibre de même que la conduite forcée sont démantelées.

En 2020, la municipalité de Stanstead—Est se porte acquéreur du site à des fins récréotouristiques. »

Source: Municipalité de Stanstead-Est, 2021

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Coaticook

Municipalité :

  • Stanstead-Est

Localisation informelle :

Situé sur la rivière Niger, près du croisement des routes 143 et 141

Latitude :

  • 45° 8' 46.0"

Longitude :

  • -72° 1' 5.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 416 389 Ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • AECOM. Inventaire du patrimoine bâti et technologique: centrale de la Chute-Burrough. Rapport présenté à Hydro-Québecs. s.l. 2011. 104 p.
  • Archéotec inc. Démantèlement de la conduite d’amenée et du poste de la Chute-Burroughs: étude de potentiel du site. Rapport présenté pour Hydro-Québec. s.l. 2016. 35 p.
  • BOURASSA, Paul. « Héros et malfaiteur ». Cap-aux-Diamants. No 21 (1990), p. 84.
  • BURROUGHS, Stephen. Memoirs of the notorious Stephen Burroughs: containing many incidents in the life of this wonderful man, never before published. New York, Cornish, Lamport & Co., 1852. 299 p.
  • Commission de toponymie du Québec. « Rivière Niger ». Commission de toponymie du Québec. Commission de toponymie [En ligne]. http:/ /ww.toponymie.gouv.gc.ca/ctltoposweb/Fiche.asnx?no_sep=44094
  • DAY, Catherine Matilda. History of the Eastern Townships, Province of Quebec, Dominion of Canada: Civil and Descriptive. Montréal, John Lovell, 1869. 475 p.
  • FERLAND, Gilbert. « The History of Stanstead-Est ». Société d'histoire de Coaticook. Le Courant [En ligne]. http://societehistoirecoaticook.ca/fr/le_courant/articles/history_of_stanstead_east
  • GRAILLON, Éric. Reconnaissance archéologique réalisée sur le territoire de la MRC de Coaticook à l’été 2017. Rapport final. s.l. 1997. 125 p.
  • Grand conseil de la nation Waban-Aki. Bureau du Ndakina. Étude de potentiel archéologique sur la rivière Niger.. s.l. 2020. 54 p.
  • HUBBARD, Benjamin F. Forests and Clearings: The History of Stanstead County, Province of Quebec, with Sketches of more than Five Hundred Families. Montréal, Lovell Printing and Publishing Company, 1874. 367 p.
  • Hydro-Québec Production. Initiation aux systèmes d’une centrale. Manuel de l’apprenant. s.l. 2003. s.p.
  • KESTEMAN, Jean-Pierre. Histoire des Cantons de l’Est. Sainte-Foy, Institut québécois de recherche sur la culture, 1998. 829 p.
  • L'usine à histoire(s) et Un musée dans votre entrée. Rapport de caractérisation de la rivière Niger. Québec, 2019. 57 p.
  • LAPERRIÈRE, Guy. Les Cantons-de-l’Est. Quéebc, Presses de l’université LavaI, 2009. 197 p.
  • LITTLE, John Irving. « American Sinner/Canadian Saint? The Further Adventures of the Notorious Stephen Burroughs, 1799-1840 ». Journal of the Early Republic. Vol. 27, no 2 (2007), p. 203-231.
  • Musée d’histoire de Sherbrooke. Collection d’images numérisées [En Ligne]. https:/ /www.histoiresherbrooke.ca/
  • s.a. « Découverte qui indiquerait l’existence de faux monnayeurs dans les Cantons de l’Est en 1800 ». La Tribune, 5 avril 1967, p. 3.
  • s.a. « L’Estrie prise d’assaut par les archéologues ». Société Radio-Canada. Radio-Canada.ca [En ligne]. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1248199/estrie-fouilles-archeologiques-brompton-east-angus-coaticook-eric-graillon
  • s.a. « Southern Canada Power ». s.a. Wikipedia. L'encyclopédie libre [En ligne]. https://fr.wikipedia.org/wiki/Southern_Canada Power
  • Soeur Marguerite-Marie. Les Ursulines des Trois-Rivières depuis leur établissement jusqu'à nos jours. Trois-Rivières, P. V. Ayotte, 1888. s.p.

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