Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Conan, Laure

Type :

Personne (Femme)

Autre(s) nom(s) :

  • Angers, Félicité
  • Angers, Marie-Louise-Félicité

Date :

  • 1845‑01‑09 – 1924‑06‑06

Occupation :

  • Auteur

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (2)

Images

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Personnage historique Ministre de la Culture et des Communications 2021-03-08
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Née le 9 janvier 1845 à La Malbaie, Félicité Angers est la fille d'Élie Angers, forgeron, et de Marie Perron.

De 1859 à 1862, Félicité Angers effectue des études auprès des Ursulines de Québec, où elle se distingue par ses talents littéraires. Elle est d'ailleurs inscrite à la classe supérieure réservée aux élèves les plus douées en 1862. Ses récits intimistes, qui mettent en avant des thématiques historiques et religieuses, retiennent l'attention de l'abbé George-Louis Lemoine (1816-1890), aumônier des Ursulines, qui apprécie grandement les textes de la jeune femme.

Aux côtés de ses frères Charles et Élie, Félicité Angers côtoie au tournant des années 1880 certains intellectuels de son époque, notamment le futur historien Thomas Chapais et l'abbé Paul Bruchési, qui deviennent ses principaux protecteurs.

À 33 ans, Félicité Angers publie son premier texte, Un amour vrai, une nouvelle qui paraît en feuilleton dans la Revue de Montréal en 1878 et en 1879. L'écrivaine adopte dès lors le pseudonyme de Laure Conan.

Au cours des années 1880, Laure Conan devient la première femme du Canada français à gagner sa vie grâce à la littérature. Elle produit d'ailleurs à un rythme soutenu de nombreuses œuvres littéraires à partir de cette période.

C'est à cette époque que paraît son œuvre phare, Angéline de Montbrun, publiée d'abord en feuilleton dans la Revue canadienne en 1881 et en 1882. Le succès qu'elle rencontre alors pousse Laure Conan à envisager la publication de ce roman sous forme de livre, projet pour lequel elle cherche conseil auprès de l'abbé Bruchési. Ce dernier la recommande à l'abbé Henri-Raymond Casgrain, historien et auteur, qui s'emploie à la faire connaître. Veillant aux intérêts de l'écrivaine, il parvient à faire éditer et publier son roman en livre en 1884.

Vers le milieu des années 1880, Laure Conan délaisse le genre intimiste au profit du roman historique et du genre biographique, avant d'entamer une carrière journalistique dans les années 1890. De 1894 à 1898, Laure Conan dirige la revue Voix du Précieux Sang à Saint-Hyacinthe. Elle y publie 90 articles, dont la plupart sont des biographies religieuses que l'on retrouve dans son livre Physionomies de saints, publié en 1913. Puis, après avoir livré plusieurs nouvelles biographies dans la revue des dominicains de Saint-Hyacinthe, Laure Conan les rassemble et publie Silhouettes canadiennes en 1917, brossant les portraits de grandes figures canadiennes-françaises. Elle revient par la suite progressivement au récit intimiste, caractéristique à la fois du début et de la fin de sa carrière.

Tout en œuvrant dans le domaine journalistique, Laure Conan publie plusieurs de ses œuvres les plus marquantes au tournant du XXe siècle, notamment À l'œuvre et à l'épreuve (1891), L'oublié (1902) et La sève immortelle (1925), qui paraît après sa mort. Elle remporte quelques prix et distinctions, dont l'ordre des Palmes académiques que lui décerne le gouvernement français en 1898 pour À l'œuvre et à l'épreuve et le prix Montyon de l'Académie française en 1903 pour L'oublié.

Elle est décédée le 6 juin 1924 à l'Hôtel-Dieu de Québec. Elle est inhumée dans le cimetière de La Malbaie.

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Intérêt patrimonial

Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:

« Félicité Angers, dite Laure Conan, est considérée comme étant la première femme d'expression francophone à avoir mené une carrière dans le domaine de la littérature au Québec et au Canada. Sa première nouvelle, Un amour vrai, paraît en feuilleton dans la Revue de Montréal en 1878 et en 1879. Félicité Angers adopte dès lors le pseudonyme de Laure Conan. Vivant dans une situation financière précaire, l'auteure choisit de gagner sa vie en écrivant. En 1882, elle publie en feuilleton son œuvre phare, Angéline de Montbrun, un roman psychologique précurseur, qui est imprimé en livre en 1884. À compter de ce moment, Laure Conan produit des œuvres littéraires à un rythme soutenu, dont À l'œuvre et à l'épreuve (1891), L'oublié (1902) et La sève immortelle (1925). L'auteure innove par ailleurs en campant des personnages féminins forts dans ses récits, une nouveauté pour la société patriarcale de l'époque. Si le récit intimiste caractérise le début et la fin de sa carrière, elle se distingue également dans le roman historique et le genre biographique, publiant de nombreuses biographies religieuses et plusieurs portraits de grandes figures historiques. Laure Conan entame aussi une carrière de journaliste dans les années 1890. Elle signe près de 200 articles dans plusieurs revues et journaux. Elle a reçu des distinctions prestigieuses pendant sa vie, telles que l'ordre des Palmes académiques du gouvernement français en 1898 et le prix Montyon de l'Académie française en 1903. »

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Références

Notices bibliographiques :

  • BRUNET, Manon. « Angers, Félicité, dite Laure Conan ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • POULIN, Gabrielle. « Félicité Angers (Laure Conan) ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/felicite-angers-laure-conan

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