Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Collection d'objets Robert-Lionel-Séguin

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Éléments associés

Personnes associées (1)

Description

La collection d'objets Robert-Lionel-Séguin est un ensemble de 22 804 biens mobiliers qui témoignent de la vie au Québec avant l'urbanisation et l'industrialisation. La collection comprend plus précisément 417 éléments de bâtiments ou de structures; 1106 pièces d'ameublement (dont des accessoires de maison, des appareils d'éclairage, de la literie et du mobilier); 3286 objets personnels (comme des chaussures, des accessoires vestimentaires, des objets de toilette, des parures et des vêtements de dessus); 4936 objets et équipements pour les matériaux (notamment pour l'agriculture, la foresterie, la préparation et la conservation des aliments ainsi que le travail du bois, du textile et du métal); 1183 objets de science et de technologie (liés, entre autres, à la mécanique, à la médecine et à la mesure du temps); 724 objets liés à la communication écrite, visuelle et sonore; 646 objets liés à la distribution et au transport (comme des paniers, des boîtes, des traîneaux, des carrioles, des raquettes et des éléments d'attelage); 4728 objets liés aux arts, à la religion et aux échanges (notamment des estampes, des images religieuses, des chapelets et des pièces de monnaie); 2935 objets de récréation (dont des jeux, des jouets et des pièces d'équipement sportif); et 2836 objets sans classification (à usage multiple ou sans fonction connue). La collection comprend aussi sept bâtiments, soit une maison construite en 1854, deux laiteries, un séchoir à maïs, une baraque à foin, une écurie à encorbellement et une porcherie à toit de chaume.

Ces biens sont classés objets patrimoniaux.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2018-03-15
Prise d'effet : 2016-03-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement prorogé, 2017-03-09
  • Avis d'intention de classement, 2016-03-09
 

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Valeur patrimoniale

La collection d'objets présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association à Robert-Lionel Séguin (1920-1982), historien, ethnologue et muséologue, considéré comme le premier spécialiste de la culture matérielle québécoise. Séguin commence sa carrière professionnelle comme archiviste pour le bureau du protonotaire de la Cour supérieure du district de Montréal, puis travaille au Musée du Québec et au Musée national de l'homme, à Ottawa. Il obtient un doctorat en histoire de l'Université Laval, en 1961, auquel il ajoutera un premier doctorat en ethnologie de la Sorbonne, en 1972, puis un second de l'Université de Strasbourg, en 1981. À partir de 1966, il enseigne le folklore matériel à l'Université Laval, puis, à compter de 1969, en civilisation traditionnelle à l'Université de Montréal. En 1971, il obtient un poste de professeur d'ethnologie québécoise à l'Université du Québec à Trois-Rivières et y fonde le Centre de documentation en civilisation traditionnelle. Il effectue ses derniers travaux à l'Université Laval à titre de chercheur invité, à compter de 1981, au Centre d'études sur la langue, les arts et traditions populaires des francophones en Amérique du Nord. Grand collectionneur, Séguin accumule, au cours de sa carrière, des archives, des livres et des milliers d'objets qui témoignent de la vie des habitants avant l'urbanisation et l'industrialisation. Il organise des dizaines d'expositions au Québec et en France, le plus souvent à partir de sa collection personnelle. Il est l'un des premiers à utiliser l'objet matériel comme source historique; Séguin considérait les objets de sa collection comme des « archives figurées » et il leur a consacré de nombreuses publications. La collection d'objets constitue donc l'un des plus importants témoins des travaux de Séguin. Les objets, les archives et la bibliothèque sont complémentaires.

La collection d'objets Robert-Lionel-Séguin présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Constituée de 22 804 biens, dont sept petits bâtiments, la collection illustre divers aspects et moments de la vie rurale traditionnelle au Québec, des débuts de la colonie jusqu'au milieu des années 1950. Ces objets sont notamment associés aux travaux domestiques, agricoles et forestiers, aux activités de chasse et de pêche ainsi qu'à la fabrication d'objets variés. L'ensemble compte aussi, entre autres, des instruments de musique, des jeux et d'autres divertissements, des pièces d'art populaire, du mobilier, des objets liés à l'alimentation, des textiles et des vêtements, de même que des moyens de transport, comme des traîneaux, des carrioles et des embarcations diverses. La majorité de ces objets sont de facture artisanale et certains d'entre eux présentent des variantes formelles illustrant l'évolution des savoir-faire. La collection se distingue par son unicité, sa globalité et son homogénéité, découlant de sa constitution par un seul individu, qui a choisi soigneusement chaque objet dans le contexte d'une démarche scientifique, et ce, sur une période de 30 ans. Par ailleurs, il s'agit vraisemblablement de la collection la mieux documentée du Québec, les archives personnelles de Séguin contenant des renseignements sur la provenance et sur l'usage, des détails historiques ou relatifs à d'autres aspects de bon nombre des objets qui constituent cet ensemble exceptionnel. La collection d'objets Robert-Lionel-Séguin est à l'origine de la création, en 1991, du Musée des arts et traditions populaires (devenu le Musée québécois de culture populaire). Elle constitue l'une des collections de référence en ethnologie au Québec et au Canada.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2018.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la collection d'objets Robert-Lionel-Séguin liés à ses valeurs historique et ethnologique comprennent, notamment :
- les 22 804 biens composant l'ensemble;
- les matériaux, dont le bois (naturel, vernis ou peint; de différentes essences, dont l'érable, le cèdre, le frêne et le pin), les autres matériaux d'origine végétale (dont le chaume, le coton, le liège, le papier et le carton), les matériaux d'origine animale (dont la laine, la peau, le cuir, le crin et la fourrure), le métal (dont le fer, le fer nickelé, le laiton, le cuivre, l'acier et la fonte), les matériaux artistiques (dont la peinture à l'huile, l'acrylique, le fusain, le pastel, l'encre et la mine de plomb), la céramique, le verre, l'émail, le caoutchouc et les cheveux;
- les sept bâtiments de petites dimensions, soit une maison, deux laiteries, un séchoir à maïs, une baraque à foin, une écurie et une porcherie;
- les 417 éléments de bâtiments ou de structures, dont la quincaillerie d'architecture et les éléments de clôture;
- les 1106 pièces d'ameublement, dont les armoires, les buffets, les tables, les chaises et les bancs, les tablettes, les mouchettes, les lampes à godet, les poêles à bois, les tapis, les catalognes, courtepointes et couvertures;
- les 3286 objets personnels, dont les jupes, les pantalons, les bottes, les bas, les guêtres, les ceintures fléchées, les bonnets, les cols, les bracelets et les broches;
- les 4936 objets et équipements pour les matériaux, dont les auges, les carcans et les colliers pour les animaux, les charrues à rouelles et les charrues à âge, les presses à paille, les brosses d'horloger, les maillets et marteaux, les pinces à glace, les couteaux, les scies, les vilebrequins, les appelants, les pièges, les pinceaux, les formes pour le travail du cuir, les outils pour le travail du métal, les outils pour le travail du textile, les moules à bougies, les épluche-pommes, les mains à patates, les moules à sucre, les cruches, les plats de service, les barattes et les moules à beurre;
- les 1183 objets liés à la science et à la technologie, dont le marche-à-terre, les harpons, les cornes, les poires et mesures à poudre, les plombs et les cartouches de fusil, les boîtes, les bouteilles (notamment de médicaments), les hachettes, les horloges, les montres, les balances, les compas, les pièces d'éolienne et les clés;
- les 724 objets liés à la communication écrite, visuelle et sonore, dont les crayons, les plumes, les encriers, les disques 78 tours, les grelots, les appareils photographiques, les instruments de musique anciens ainsi que les caractères et pochoirs d'imprimerie;
- les 646 objets liés à la distribution et au transport, dont les paniers, les boîtes, les rames, les bouées, les bateaux à rames, les éléments d'attelage, les traîneaux, les carrioles, les charrettes, les raquettes, les brouettes et les porte-seaux;
- les 4728 objets de communication liés aux arts, aux échanges et à la religion, dont les bibelots, les figurines, les ornements, les dessins, les estampes, les ¿uvres sur toile, les images, les ouvrages mortuaires, les ouvrages en bouteille, les billets, les pièces de monnaie, les timbres, les affiches publicitaires, les porte-cierge, les images religieuses, les portes de tabernacle, les boîtes à missel, les chapelets, les crucifix, les croix et les médailles;
- les 2935 objets de récréation, dont les raquettes à neige, les patins, les crampons à glace, les gants, les bâtons, les figurines, les billes, les toupies, les damiers, les chevaux à roulettes ou à bascule, les masques et les crécelles;
- les 2836 objets sans classification, soit des objets à usage multiple ou sans fonction connue, ainsi que des restes d'objets.

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Informations historiques

La collection d'objets a été constituée par Robert-Lionel Séguin (1920-1982), historien, ethnologue et muséologue généralement considéré comme le premier ethnohistorien de la culture matérielle québécoise.

Né à Rigaud, Séguin commence sa carrière professionnelle en 1946 comme archiviste pour le bureau du protonotaire de la Cour supérieure du district de Montréal, puis travaille au Musée du Québec et au Musée national de l'homme, à Ottawa. Il obtient un doctorat en histoire de l'Université Laval en 1961, auquel il ajoutera un doctorat en ethnologie de la Sorbonne en 1972 et de l'Université de Strasbourg en 1981.

À partir de 1966, il enseigne à l'université, d'abord en folklore matériel à l'Université Laval, puis, à compter de 1969, en civilisation traditionnelle à l'Université de Montréal. En 1971, il obtient un poste de professeur d'ethnologie québécoise à l'Université du Québec à Trois-Rivières et y fonde le Centre de documentation en civilisation traditionnelle. Il effectue ses derniers travaux à l'Université Laval à titre de chercheur invité, à compter de 1981, au Centre d'études sur la langue, les arts et traditions populaires des francophones en Amérique du Nord.

Grand collectionneur, Séguin accumule, au cours de sa carrière, des archives, des livres et des milliers d'objets qui témoignent de la vie des habitants avant l'urbanisation et l'industrialisation. Il organise des dizaines d'expositions au Québec et en France, le plus souvent à partir de sa collection personnelle. Il est l'un des premiers à utiliser l'objet matériel comme source historique; Séguin considérait les objets de sa collection comme des « archives figurées » et il leur a consacré de nombreuses publications.

Sa collection est constituée d'une grande variété d'objets, notamment associés aux travaux domestiques, artisanaux, agricoles et forestiers, aux activités de chasse et de pêche ainsi qu'à la fabrication d'objets variés. L'ensemble compte aussi, entre autres, des instruments de musique, des jeux et d'autres divertissements, des pièces d'art populaire, du mobilier, des objets reliés à l'alimentation, des textiles et des vêtements, des objets religieux, de même que des moyens de transport, comme des traîneaux, des carrioles et des embarcations diverses. La majorité de ces objets sont de facture artisanale et présentent des variantes formelles illustrant l'évolution des savoir-faire.

En 1983, après le décès de Séguin, l'Université du Québec à Trois-Rivières acquiert sa collection d'objets comptant 22 804 biens, dont sept petits bâtiments. Cet ensemble est à l'origine de la création, en 1991, du Musée des arts et traditions populaires (devenu le Musée québécois de culture populaire).

La collection d'objets Robert-Lionel-Séguin est classée en 2018, en même temps que sa bibliothèque.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Trois-Rivières

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Adresse :

  • 200, rue Laviolette

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLANGER, Diane. « Robert-Lionel Séguin, révélateur de la civilisation traditionnelle des Québécois ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/
  • BERGERON, Yves. « Robert-Lionel Séguin (1920-1982): Une triple trajectoire ». Ethnologie. Vol. 26, no 2 (2004), p. 107-138.
  • BOUCHARD, René, dir. La vie quotidienne au Québec : histoire, métiers, techniques et traditions. Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1983. 395 p.
  • BROUILLARD, Marcel. L'homme aux trésors : Robert-Lionel Séguin. Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1996. 205 p.
  • DUPONT, Jean-Claude. « Robert-Lionel Séguin, travailleur scientifique ». Les Cahiers des Dix. No 43 (1983), p. 20-25.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. L'équipement aratoire et horticole du Québec ancien, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Montréal, Guérin littérature, 1989. s.p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. La civilisation traditionnelle de l'habitant aux 17e et 18e siècles. Fonds matériel. Montréal, Fides, 1973. 701 p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. Le costume civil en Nouvelle-France. Ottawa, Musée national du Canada, 1968. 330 p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. Les divertissements en Nouvelle-France. Ottawa, Musée national du Canada, 1968. 79 p.

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