Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Édifice de la British and Canadian School
  • Édifice des Nouilles Wing Ltée
  • Maison Wing

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1826 – 1827 (Construction)

Usage :

  • Services et institutions (Écoles primaires et secondaires)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Groupes associés (1)

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Personnes associées (2)

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Images

Carte

Description

L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal est un ancien établissement scolaire érigé en 1826 et en 1827, puis agrandi à plusieurs reprises. Le bâtiment en maçonnerie de pierre présente un plan rectangulaire et s'élève sur quatre étages, incluant le toit en fausse mansarde percé de lucarnes à pignon. Ses façades comportent des fenêtres rectangulaires à guillotine généralement réparties de manière régulière. Les arêtes de l'édifice sont soulignées de chaînes d'angle, et un bandeau en pierre ceinture le bâtiment à mi-hauteur des murs. Ces éléments, de même que les chambranles et de faux linteaux retroussés sur la façade ouest, sont peints en rouge. Une enseigne rouge et jaune au néon, portant l'inscription « Wing's Nouilles chinoises » et une autre en caractères chinois, surplombe l'entrée nord. Deux annexes à parement de brique prolongent l'édifice à l'arrière. L'une d'elles, d'un étage et de plan presque carré, abrite l'entrée principale. L'autre annexe, presqu'aussi vaste que le corps principal, est disposée perpendiculairement à celui-ci et est constituée d'un volume rectangulaire à quatre étages surmonté d'un toit plat. Elle est dotée de grandes ouvertures fermées entre autres par des blocs de verre. L'inscription « Wings » est peinte en blanc sur la brique entre les fenêtres des troisième et quatrième étages de cette section, du côté ouest. Un quai de chargement couvert d'aluminium relie cette annexe au bâtiment voisin. L'édifice est implanté en bordure de la voie publique, à l'intersection des rues Côté et De La Gauchetière Ouest, sur un terrain en pente descendante vers le sud. Il est situé au cœur du Quartier chinois, dans l'arrondissement Ville-Marie de la Ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique uniquement à l'enveloppe extérieure du bâtiment, qui fait en outre partie du site patrimonial du Noyau-du-Quartier-Chinois, également classé.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2023-07-20
Prise d'effet : 2022-01-21

Catégories de conservation

  • 1 - Extérieur exceptionnel

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2022-01-21
  • Proposition de statut national
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2023-07-20

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2022-01-21
 
Délimitation Situé dans une aire de protection Ministre de la Culture et des Communications

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il est construit en 1826 et en 1827 par l'entrepreneur John Redpath pour la Société d'école britannique et canadienne. Cet établissement scolaire est fondé en 1822 par un groupe de Montréalais anglophones et francophones qui se sont inspirés du modèle de la British and Foreign School Society de Londres. La Société d'école britannique et canadienne propose une éducation aux garçons et aux filles des milieux populaires dans un cadre non confessionnel. L'enseignement met à profit le système du monitorat. L'école est intégrée dans le système éducatif confessionnel en 1866, lorsqu'elle est acquise par la Commission scolaire protestante de Montréal. Elle ferme ses portes au tournant des années 1890. L'édifice est témoin des transformations découlant de l'industrialisation du faubourg et de l'établissement d'un grand nombre d'immigrants, notamment d'origine chinoise, à partir de la fin du XIXe siècle. À partir de 1894, il est utilisé par de nombreuses entreprises à des fins manufacturières et industrielles. Au milieu des années 1960, il est acquis par la famille Lee et est occupé pendant plusieurs décennies par Nouilles Wing ltée, une entreprise emblématique de la communauté chinoise montréalaise;

L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Il s'agit de l'un des seuls témoins subsistants au Québec des réalisations de l'architecte James O'Donnell, dont la basilique Notre-Dame de Montréal est l'œuvre majeure. Ce bâtiment serait aussi le plus ancien conçu spécifiquement pour servir d'école à subsister à Montréal, et l'un des plus anciens au Québec. Par ailleurs, il est représentatif de l'architecture institutionnelle d'inspiration classique du premier tiers du XIXe siècle. En outre, il s'agit vraisemblablement du bâtiment le plus ancien de son quadrilatère et très probablement l'un des plus anciens du Quartier chinois de Montréal. Le bâtiment a connu plusieurs campagnes de modifications, de réaménagements et d'agrandissements au cours de son histoire, et ce, pour mieux répondre aux besoins scolaires, puis à ceux des différentes entreprises manufacturières qui l'ont occupé;

L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur emblématique. Il est visuellement associé depuis le milieu des années 1960 au Quartier chinois, dans lequel il est situé. Ce lien est notamment créé par les couleurs et les caractères chinois sur son enseigne au néon ainsi que par l'ajout d'éléments évoquant l'architecture chinoise, tels que les linteaux retroussés de la façade ouest et les rehauts de peinture rouge. Pour les membres de la communauté chinoise, cet édifice est aussi un symbole du succès commercial de la famille Lee, établie au Québec dès la fin du XIXe siècle;

L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur sociale. Déjà associé aux efforts de conservation du secteur au tournant des années 1980, il est redevenu en 2021 un symbole des efforts de préservation du Quartier chinois de Montréal. La perception de menaces sur le secteur a donné lieu à une importante mobilisation citoyenne qui a entraîné le classement de cet immeuble et du site patrimonial du Noyau-du-Quartier-Chinois, dont l'ancienne école fait partie.

Source: Ministère de la Culture et des Communications, 2023.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal liés à ses valeurs historique, architecturale, emblématique et sociale comprennent, notamment :
- sa situation au cœur du Quartier chinois, dans l'arrondissement Ville-Marie de la ville de Montréal, et son implantation en bordure de la voie publique;
- son volume imposant, dont le plan rectangulaire, l'élévation de quatre étages incluant le toit en fausse mansarde percé de lucarnes à pignon;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre calcaire, constituée de pierre de taille sur les façades nord et ouest, les ornements en pierre et les fenêtres en bois;
- les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à guillotine à douze carreaux généralement disposées régulièrement, à l'exception de certaines ouvertures sur le mur sud;
- la travée est du mur nord, séparée visuellement du reste du mur par des pierres peintes en rouge, percée d'un portail rectangulaire et encadrée de corbeaux en pierre sous la fausse mansarde;
- l'ornementation, dont le bandeau ceinturant le bâtiment à mi-hauteur des murs, les chaînes d'angles et les chambranles en pierre (certains décorés de carrés aux deux étages inférieurs);
- les éléments évoquant l'architecture chinoise, dont l'enseigne lumineuse rouge et jaune, les faux linteaux retroussés, les rehauts de peinture rouge et les tuiles de la toiture d'une des annexes;
- la petite annexe logeant l'entrée principale, dont son volume presque carré d'un étage coiffé d'un toit plat et le parement en brique;
- la grande annexe perpendiculaire au corps principal, dont son volume rectangulaire de quatre étages coiffé d'un toit plat, le parement en brique rouge, les larges fenêtres rectangulaires (certaines fermées par des blocs de verre) et l'inscription « WING'S » sur la façade ouest.

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Informations historiques

L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal est construit en 1826 et en 1827 par l'entrepreneur John Redpath (1796-1869) pour la Société d'école britannique et canadienne, aussi connue sous le nom de la British and Canadian School Society. Cet établissement scolaire est fondé en 1822 par un groupe de montréalais anglophones et francophones, parmi lesquels figurent Louis-Joseph Papineau (1786-1871) et George William Grant (1782-1848) en tant que vice-présidents. Le groupe s'inspire du modèle de la British and Foreign School Society de Londres et propose une éducation aux garçons et aux filles des milieux populaires dans un cadre non confessionnel, ce qui est unique au Canada à l'époque. L'enseignement met à profit le système du monitorat, c'est-à-dire que des professeurs enseignent aux élèves les plus avancés (ou « moniteurs »), qui à leur tour enseignent aux plus jeunes.

En 1826, grâce à des dons et à des subventions gouvernementales, la société achète un terrain à l'intersection des rues De La Gauchetière et Côté, dans le faubourg Saint-Laurent. Durant l'été, l'architecte James O'Donnell (1774-1830) conçoit gratuitement les plans d'un nouveau bâtiment qui accueillera l'école. Ce dernier travaille à l'époque sur la basilique Notre-Dame de Montréal, considérée comme son œuvre majeure. L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal est par ailleurs, avec la basilique, l'un des seuls témoins subsistants au Québec des réalisations de l'architecte. À l'origine, le bâtiment est coiffé d'un toit à croupes couronné d'un lanterneau central. Il peut recevoir environ 400 garçons et 200 filles, et est également conçu pour loger un enseignant.

L'école est intégrée dans le système éducatif confessionnel en 1866, lorsqu'elle est acquise par la Commission scolaire protestante de Montréal. Peu après, les combles sont réaménagés et l'édifice est doté d'un toit en fausse mansarde. Une travée est également ajoutée à l'extrémité est du bâtiment au début des années 1870.

L'école ferme ses portes au tournant des années 1890. L'édifice est témoin des transformations du faubourg qui s'industrialise et qui accueille un plus grand nombre d'immigrants, notamment d'origine chinoise, à compter de la fin du XIXe siècle. Il est utilisé à partir de 1894 par de nombreuses entreprises à des fins manufacturières et industrielles, notamment des compagnies d'importation et de production alimentaire, l'industrie du tabac et des imprimeries. Plusieurs modifications et agrandissements sont effectués sur le bâtiment afin de l'adapter à ses diverses fonctions. La grande annexe arrière prend ses dimensions actuelles avant 1940.

À partir de 1963, l'édifice est la propriété de la famille Lee, d'origine cantonaise et immigrée au Canada à la fin du XIXe siècle. L'entreprise familiale, Nouilles Wing ltée, est l'une des plus emblématiques de la communauté chinoise montréalaise. L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal est par ailleurs visuellement associé au Quartier chinois par ses éléments évoquant l'architecture chinoise, ajoutés au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, et par sa célèbre enseigne au néon. L'édifice est également un symbole du succès commercial acquis par la famille Lee au fil des décennies. Son usine, qui produit entre autres des nouilles et des sauces, se distingue aussi par la production de biscuits de fortune aux messages bilingues, chose unique en Amérique du Nord.

Déjà associé aux efforts de conservation du secteur au tournant des années 1980, le bâtiment est redevenu, en 2021, un symbole des efforts de préservation du Quartier chinois de Montréal. La perception de menaces sur le secteur a donné lieu à une importante mobilisation citoyenne.

L'édifice de l'École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal est classé en 2022, en même temps que le site patrimonial du Noyau-du-Quartier-Chinois, dont il fait également partie.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 1009, rue Côté
  • 120, rue De La Gauchetière Ouest

Latitude :

  • 45° 30' 22.975"

Longitude :

  • -73° 33' 40.194"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 179 551

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Références

Notices bibliographiques :

  • MACLEOD, Roderick Charles et Mary Anne POUTANEN. « “Proper Objects of This Institution”: Working Families, Children, and the British & Canadian School in Nineteenth-Century Montreal ». Historical Studies in Education / Revue d’histoire de l’éducation. Vol. 20, no 2 (2002), p. 22-54.

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