Assiette
Type :
Patrimoine mobilier (Bien archéologique)
Autre(s) nom(s) :
- Assiette plate
Région administrative :
- Montréal
Municipalité :
- Montréal
Date :
- après 1820 – avant 1842 (Production)
- après 1834 – avant 1844 (Contexte archéologique)
- 1849‑04‑25 – (Incendie)
- 2017 – (Découverte)
Période :
- Le Régime britannique (1760 à 1867)
Thématique :
- Patrimoine alimentaire
Classification :
- Bien archéologique > Outils et équipement pour les matériaux > Alimentation : service et consommation des aliments > Récipients à manger
Éléments associés
Inventaires associés (1)
Description
L'assiette est un objet lié à l'alimentation datant du deuxième quart du XIXe siècle. Incomplète, l'assiette circulaire en terre cuite fine blanche est composée de 54 fragments. Le marli est concave, légèrement oblique et à rebord à contour cranté. Le bouge évasé est peu profond et légèrement concave. Le centre de l'assiette est plat et comporte des traces d'utilisation. Le fond repose sur un petit pied annulaire arrondi. Un décor imprimé en bleu orne l'intérieur de l'assiette, soit un paysage exotique ou animalier au centre ainsi qu'un décor floral sur le bouge et le marli. L'objet a une hauteur de 2,6 cm et un diamètre de 25,5 cm.
Provenance archéologique :
- BjFj-4 > Opération 30 > Sous-opération F > Lot 41 > Numéro de catalogue 1587
Site de provenance :
- Place d'Youville : Lieu de fondation de Montréal
Contexte archéologique :
- Cave
- Cellier
- Dépotoir
- Marché
Fonctions / usages :
L'assiette est un récipient peu profond utilisé pour la consommation d'aliments solides variés lors de la prise d'un repas.
Lieu de production :
- Europe > Royaume-Uni > Angleterre
Type de fabrication :
Semi-industriel
Technique de fabrication :
- Moulé
- Cuit
- Glaçure par immersion
Matériaux :
- Céramique - terre cuite fine (Blanche)
- Céramique - terre cuite fine (Glaçure bleutée)
Technique de décoration :
- Imprimé
Motif décoratif :
- Animal
- Anthropomorphe
- Fleur
- Floral
- Paysage
Dimensions :
- Diamètre extérieur (Mesurée / intégral) : 25,5 centimètre(s)
- Hauteur (Mesurée / intégral) : 2,6 centimètre(s)
Intégrité :
Objet complet constitué de plusieurs fragments recollés ou non (75% et plus de l'objet)
Nombre de biens :
1
Nombre de fragments :
54
Numéro de l'objet :
- CARQ : 44
- Numéro archéologique : BjFj-4-30F41-1587
- Numéro précédent : BjFj-4-1587
- Numéro précédent : BjFj-4-30G23
- Numéro précédent : BjFj-4-30F32
- Numéro précédent : BjFj-4-30F41
Discipline :
- Archéologie historique
Altérations :
-
• Rayure d'ustensile de table (Utilisation normale) : Centre de l'assiette
Le centre de l'assiette comporte des rainures ou entailles superficielles réparties aléatoirement. Celles-ci sont produites lors de l'utilisation normale de l'objet durant une longue période où des ustensiles comme des couteaux ont raillé le centre de l'assiette lors des repas
Statuts
| Statut | Catégorie | Autorité | Date |
|---|---|---|---|
| Inventorié | -- | ||
Informations historiques
L'assiette en terre cuite fine blanche est moulée en Angleterre entre 1820 et 1842. Cette assiette présente un décor exotique connu traditionnellement sous le nom « Dromedary ». L'absence de marque au revers de l'assiette ne permet pas d'attribuer un lieu de production à l'objet, et plusieurs manufactures utilisent ce motif au cours de la première moitié du XIXe siècle. Ce décor est inspiré de la gravure « Arabian Camel » réalisée par James Tookey (actif entre 1800 et 1830) d'après le dessin de Julius Ibbetson (1759-1817). Cette illustration apparait dans le premier volume « A Cabinet of Quadrupeds » de John Church publié en 1805. Populaires entre 1820 et 1842, les scènes « exotiques » sont caractérisées par des motifs d'animaux, d'architectures et de personnages orientaux. Ces scènes sont fréquemment inspirées, voire copiées, d'illustrations imprimées. Cet engouement pour les scènes exotiques survient au début du XIXe siècle avec la colonisation de l'Inde et d'autres contrées lointaines ainsi que par la diffusion de nombreux journaux de voyage écrits par des touristes de la haute société britannique. Le « Copyright Act 1842 », une nouvelle loi sur le droit d'auteur adoptée par le parlement du Royaume-Uni, met un terme aux reproductions sans limites des œuvres imprimées par les centres potiers. C'est la fin des motifs paysagés dits « Vues américaines », « Vues britanniques » et « Exotiques » inspirées des gravures imprimées.
Durant la première moitié du XIXe siècle, les assiettes plates ont un diamètre compris entre 23 cm et 27 cm. Il s'agit d'assiettes de neuf ou dix pouces de diamètre avec un bouge peu profond servant à la consommation individuelle d'aliments solides lors de repas. Ces assiettes correspondent aux plus grands formats disponibles sur le marché de l'époque. Lors de repas formels avec plusieurs dimensions d'assiette, l'assiette plate est celle utilisée pour le service principal. Les traces d'ustensiles visibles au centre de l'assiette, similaires à celles laissées par des couteaux, témoignent de son utilisation.
L'assiette a été mise au jour en 2017 sur le site archéologique de la place D'Youville, à Montréal. À son inauguration en 1834, le marché Sainte-Anne offre en location plusieurs espaces. Le rez-de-chaussée loge des bouchers, des poissonniers et des vendeurs de volailles, alors que les portiques abritent des regrattiers ambulants. L'étage supérieur accueille des rassemblements ponctuels et des organisations diverses. L'étage inférieur est constitué de 28 celliers accessibles seulement de l'extérieur par des escaliers qui y descendent depuis la rue. Ce sont des espaces commerciaux loués à l'année ou au mois. En dix ans, ils hébergent des poissonniers et des vendeurs de denrées diverses, mais également de nombreux locataires éphémères de métiers et d'occupations variés, tels des cantiniers, des apothicaires et des artisans. Les archives judiciaires démontrent également que ces celliers abritent, à certaines occasions, des bordels et des débits de boisson illégaux.
L'assiette provient de la cave des celliers de la section nord de l'aile ouest du premier marché Sainte-Anne (1834-1844). Sous les décombres du Parlement incendié le 25 avril 1849, plusieurs monticules de déchets ont été localisés par les archéologues le long des murs entre les piliers ou contreforts soutenant les planchers des celliers du marché. Ces monticules ont révélé une importante quantité d'artéfacts complets après remontage qui aurait été jetée dans les caves par les trappes des planchers avant 1844 ou 1849. Étant donné leur position stratigraphique et l'absence d'altération par le feu, ces artéfacts sont associés à la période d'occupation des celliers par divers locataires du premier marché.
Évaluation d'inventaire
Numérisation de la collection archéologique de référence du Québec (2016 - ) Société du musée d'archéologie et d'histoire de Montréal Pointe-à-Callière
L'assiette a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle est associée aux caves situées sous les celliers du premier marché Sainte-Anne (1834-1844). L'objet offre également un bon exemple de vaisselle de table disponible au Québec au cours du deuxième quart du XIXe siècle. L'assiette présente aussi un intérêt en raison de son décor et de sa forme.
Emplacement
Region administrative :
- Montréal
MRC :
- Montréal
Municipalité :
- Montréal
Arrondissement municipal :
- Ville-Marie
Localisation informelle :
Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Code Borden
| BjFj-4 |
Références
Notices bibliographiques :
- COYSH, A. W. et R. K. HENRYWOOD. The Dictionary of Blue and White Printed Pottery, 1780-1880. Vol. 2. England, Antique Collectors' Club Ltd, 2001. 239 p.
- DUGUAY, Geneviève et Mario SAVARD. La fonction commerciale de Place-Royale entre 1820 et 1860. Patrimoine, série Dossiers, 68. Québec, Publications du Québec, 1990. 363 p.
- Ethnoscop inc. Fouilles, sondages et surveillance archéologique sur la Place d'Youville Ouest, site du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni (BjFj-4). Rapport de recherche archéologique [document inédit], Pointe-à-Callière/MCCQ/Ville de Montréal, 2018. 78 p.
- GIGNAC, François et Hendrik VAN GIJSEGHEM. « Une occupation domestique au parlement de la province du Canada, à Montréal, 1844-1849 ». Archéologiques. No 35 (2022), p. 19-36.
- LABONTÉ-LECLERC, Mélissa et Delphine LÉOUFFRE. « Whiteware ». MÉTREAU, Laetitia, dir. Identifier la céramique au Québec. Cahiers d'archéologie du CÉLAT, 41. Québec, CÉLAT, 2016, p. 237-244.
- Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal. Montréal capitale : l’exceptionnelle histoire du site archéologique du marché Sainte-Anne et du parlement de la province du Canada. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2021. 236 p.
- SAMFORD, Patricia. « Response to a Market: Dating English Underglaze Transfer-Printed Wares ». Historical Archaeology. Vol. 31, no 2 (1997), p. 1-30.
