Assiette creuse
Type :
Patrimoine mobilier (Bien archéologique)
Autre(s) nom(s) :
- Assiette
- Assiette à potage
- Assiette à soupe
- Assiette potagère
Région administrative :
- Montréal
Municipalité :
- Montréal
Date :
- après 1811 – avant 1846 (Production)
- après 1820 – avant 1840 (Typologie)
- après 1834 – avant 1844 (Contexte archéologique)
- 1849‑04‑25 – (Incendie)
- 2011 – (Découverte)
Période :
- Le Régime britannique (1760 à 1867)
Thématique :
- Patrimoine alimentaire
Classification :
- Bien archéologique > Outils et équipement pour les matériaux > Alimentation : service et consommation des aliments > Récipients à manger
Groupes associés (1)
- Enoch Wood and Sons - Fabricant(e)
Inventaires associés (1)
Description
L'assiette creuse est un objet lié à l'alimentation datant de la première moitié du XIXe siècle. Incomplète, cette grande assiette circulaire en terre cuite fine blanche est composée de 14 fragments. Elle possède un marli oblique et concave à motif moulé « Edge » dont le rebord ondulé est moulé à motif « Fish Scale and Feathers ». Des traces de trépieds de type « patte de coq » y sont également visibles. Le bouge évasé est profond et légèrement concave. Le centre de l'assiette est plat et comporte des traces d'utilisation. L'inscription « WOOD » est estampée en creux sous le fond, qui est supporté par un pied fraisé double. L'objet a un diamètre estimé de 25,6 cm et une hauteur de 3,2 cm.
Provenance archéologique :
- BjFj-4 > Opération 20 > Sous-opération D > Lot 6 > Numéro de catalogue 327
Site de provenance :
- Place d'Youville : Lieu de fondation de Montréal
Contexte archéologique :
- Cave
- Cellier
- Dépotoir
- Marché
Fonctions / usages :
L'assiette creuse est un récipient au bouge profond utilisé pour la consommation d'aliments liquides à semi-liquides variés lors de la prise d'un repas.
Lieu de production :
- Europe > Royaume-Uni > Angleterre > Staffordshire > Stoke-on-Trent > Burslem
Type de fabrication :
Semi-industriel
Technique de fabrication :
- Moulé
- Cuit
- Glaçure par immersion
Matériaux :
- Céramique - terre cuite fine (Blanche)
- Céramique - terre cuite fine (Glaçure bleutée)
Inscription :
Inscription estampée en creux à l'horizontale, sur le fond: (symbole) / WOOD.
Dimensions :
- Diamètre extérieur (Estimée / intégral) : 25,6 centimètre(s)
- Hauteur (Mesurée / intégral) : 3,2 centimètre(s)
Intégrité :
Objet incomplet constitué de plusieurs fragments recollés ou non (25% à 75% de l'objet)
Nombre de biens :
1
Nombre de fragments :
14
Numéro de l'objet :
- CARQ : 44
- Numéro archéologique : BjFj-4-20D6-327
- Numéro précédent : BjFj-4-327
Discipline :
- Archéologie historique
Altérations :
-
• Rayure d'ustensile de table (Utilisation normale) : Centre de l'assiette
Le centre de l'assiette comporte de nombreuses rainures ou entailles superficielles réparties aléatoirement. Celles-ci sont produites lors de l'utilisation normale de l'objet durant une longue période où des ustensiles comme des couteaux ont raillé le centre de l'assiette lors des repas -
• Trace de pernette (Contact avec pernette) : Dos et face du marli
Trace de trépied de type « patte-de-coq » sur le dessus et le dessous du marli. Ces traces sont créées lors de la fabrication de l'objet. Présence de trois points sur le dos du marli et un point sur la face du marli -
• Tache (Séjour dans la terre) : Un peu partout
Présence de plusieurs taches sur la face et le dos de l'objets
Statuts
| Statut | Catégorie | Autorité | Date |
|---|---|---|---|
| Inventorié | -- | ||
Informations historiques
L'assiette creuse en terre cuite fine est fabriquée entre 1818 et 1846 à Burslem par la firme Enoch Wood and Sons, située dans la région du Staffordshire, en Angleterre. L'assiette est moulée, estampée de la marque du fabricant et cuite. Elle est ensuite trempée dans la glaçure, puis recuite en cazette à l'aide d'un trépied de type « patte de coq » laissant des traces caractéristiques sur le marli sous forme de petits points sans glaçure. Cette glaçure comporte une certaine quantité de cobalt, donnant ainsi une teinte bleutée à certains endroits. L'assiette comporte sur son marli un décor « Edge » embossé à motif écaille de poisson et plume « Fish Scale and Feathers », un motif produit spécialement durant les années 1820 et 1830. Cependant, il est peu fréquent de retrouver ce motif sans couleur, tel que celui sur cette assiette. De la fin du XVIIIe siècle jusqu'au XXe siècle, les diverses terres cuites fines « blanches » à pâtes non vitrifiées, sans décor, simples et les plus abordables du marché sont dénommées « CC » par les potiers et les marchands. À cette époque, l'un des facteurs influençant le plus le prix d'une céramique est son type de décor, spécialement son degré de complexité, son mode d'application et le moment auquel il est appliqué. Bien que cette assiette soit décorée, celle-ci est bien une céramique « CC » selon les critères de l'époque, puisque son décor est réalisé à même l'objet au moment du façonnage. Son coût de production reste ainsi bas.
Les assiettes creuses sont utilisées pour la consommation d'aliments liquides ou semi-liquides comme les potages ou les aliments en sauce tels les ragouts. Les traces de couteau visibles au centre de l'objet témoignent d'ailleurs de son utilisation. Trouvée sur le site du marché Sainte-Anne et considérant son faible coût, cette assiette a pu servir comme vaisselle dans une cantine, un bar ou un restaurant établis au marché. En raison de sa date de production et de son degré d'utilisation, cette assiette peut également être un objet de seconde main invendu par l'un des regrattiers du marché.
L'assiette creuse a été mise au jour en 2011 sur le site archéologique de la Place D'Youville, à Montréal. À son inauguration en 1834, le marché Sainte-Anne offre en location plusieurs espaces. Le rez-de-chaussée loge des bouchers, poissonniers et vendeurs de volailles, alors que les portiques abritent des regrattiers ambulants. L'étage supérieur accueille des rassemblements ponctuels et des organisations diverses. L'étage inférieur est constitué de 28 celliers accessibles seulement de l'extérieur par des escaliers qui y descendent depuis la rue. Ce sont des espaces commerciaux loués à l'année ou au mois. En dix ans, ils hébergent des poissonniers et des vendeurs de denrées diverses, mais également de nombreux locataires éphémères de métiers et d'occupations variés, tels des cantiniers, des apothicaires et des artisans. Les archives judiciaires démontrent également que ces celliers abritent, à certaines occasions, des bordels et des débits de boisson illégaux.
L'assiette provient de la cave des celliers du corps central, côté nord du premier marché Sainte-Anne (1834-1844). Sous les décombres du parlement incendié le 25 avril 1849, plusieurs monticules de déchets ont été localisés par les archéologues le long des murs entre les piliers ou contreforts soutenant les planchers des celliers du marché. Ces monticules ont révélé une importante quantité d'artéfacts complets qui auraient été jetés dans les caves par les trappes des planchers des celliers avant 1844 ou 1849. Étant donné leur position stratigraphique et l'absence d'altération par le feu, ces artéfacts sont associés à la période d'occupation des celliers par divers locataires du premier marché.
Évaluation d'inventaire
Numérisation de la collection archéologique de référence du Québec (2016 - ) Société du musée d'archéologie et d'histoire de Montréal Pointe-à-Callière
L'assiette creuse a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle est associée aux caves situées sous les celliers du premier marché Sainte-Anne (1834-1844). L'objet constitue également un bon exemple de vaisselle de table disponible au Québec durant la première moitié du XIXe siècle. L'assiette creuse présente aussi un intérêt en raison du décor ornant son marli.
Emplacement
Region administrative :
- Montréal
MRC :
- Montréal
Municipalité :
- Montréal
Arrondissement municipal :
- Ville-Marie
Localisation informelle :
Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Code Borden
| BjFj-4 |
Références
Notices bibliographiques :
- Ethnoscop inc. Marché Sainte-Anne/Parlement du Canada-Uni, Montréal (BjFj-4). Fouilles archéologiques, 2011. Rapport de recherche archéologique [document inédit], Quartier international/Pointe-à-Callière/Ville de Montréal/MCCCF, 2012. 90 p.
- GAUVIN, Robert. Guide des céramiques selon la nomenclature en vigueur à Parcs Canada - Région du Québec. Québec, Parcs Canada, 1995. 215 p.
- GIGNAC, François et Hendrik VAN GIJSEGHEM. « Une occupation domestique au parlement de la province du Canada, à Montréal, 1844-1849 ». Archéologiques. No 35 (2022), p. 19-36.
- GODDEN, Geoffrey A. Encyclopaedia of British Pottery and Porcelain Marks. London, Herbert Jenkins, 1964. 765 p.
- HUNTER JR., Robert R. et George L. MILLER. « English Shell-edged Earthenware ». The Magazine Antiques. Vol. 145, no 2 (1994), p. 432-443.
- LABONTÉ-LECLERC, Mélissa et Delphine LÉOUFFRE. « Whiteware ». MÉTREAU, Laetitia, dir. Identifier la céramique au Québec. Cahiers d'archéologie du CÉLAT, 41. Québec, CÉLAT, 2016, p. 237-244.
- MILLER, George L. « A Revised Set of CC Index Values for Classification and Economic Scaling of English Ceramics from 1787 to 1880 ». Historical Archaeology. Vol. 25, no 1 (1991), p. 1-25.
- Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal. Montréal capitale : l’exceptionnelle histoire du site archéologique du marché Sainte-Anne et du parlement de la province du Canada. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2021. 236 p.
