Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Pichet

Type :

Patrimoine mobilier (Bien archéologique)

Autre(s) nom(s) :

  • Pot à bec verseur

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • après 1805 – avant 1840 (Production)
  • après 1834 – avant 1844 (Contexte archéologique)
  • 1849‑04‑25 – (Incendie)
  • 2017 – (Découverte)

Période :

  • Le Régime britannique (1760 à 1867)

Thématique :

  • Patrimoine alimentaire

Classification :

  • Bien archéologique > Outils et équipement pour les matériaux > Alimentation : service et consommation des aliments > Service et consommation des boissons

Éléments associés

Inventaires associés (1)

Description

Le pichet est un récipient lié à l'alimentation datant du premier tiers du XIXe siècle. Complet, le pichet en terre cuite fine blanche est composé de 27 fragments. Il est en forme de baril à panse ovoïde sans col avec un décor de larges bandes horizontales en creux. Le pichet repose sur un pied annulaire et son fond plat est en retrait. L'ouverture, circulaire, comporte un rebord droit à lèvre arrondie et un bec verseur à décor moulé en relief à motif végétal et volutes. Le pichet possède une anse de forme simple en « C » ou « oreille » comportant un décor à double sillon avec une extrémité à motif végétal. L'objet mesure 14,8 cm de hauteur, 18,5 cm de longueur et 13 cm de largeur.

Provenance archéologique :

  • BjFj-4 > Opération 30 > Sous-opération G > Lot 25 > Numéro de catalogue 1700

Site de provenance :

  • Place d'Youville : Lieu de fondation de Montréal

Contexte archéologique :

  • Cave
  • Cellier
  • Dépotoir
  • Marché

Fonctions / usages :

Le pichet est un récipient lié à l'alimentation utilisé pour transverser et servir des liquides.

Lieu de production :

  • Europe > Royaume-Uni

Type de fabrication :

Semi-industriel

Technique de fabrication :

  • Tourné
  • Moulé
  • Assemblé
  • Collé
  • Tournassé
  • Cuit
  • Glaçure par immersion

Matériaux :

  • Céramique - terre cuite fine (Blanche)
  • Céramique - terre cuite fine (Glaçure bleutée)

Technique de décoration :

  • Guilloché

Motif décoratif :

  • Linéaire
  • Végétal
  • Volute

Dimensions :

  • Diamètre de la base (Mesurée / intégral) : 8,8 centimètre(s)
  • Diamètre extérieur, Ouverture (Mesurée / intégral) : 9 centimètre(s)
  • Diamètre extérieur, Panse (Mesurée / intégral) : 13 centimètre(s)
  • Hauteur, Bande (Mesurée / intégral) : 2,1 centimètre(s)
  • Hauteur, Bec verseur (Mesurée / intégral) : 14,8 centimètre(s)
  • Longueur, Anse (Mesurée / intégral) : 18,5 centimètre(s)

Intégrité :

Objet complet constitué de plusieurs fragments recollés ou non (75% et plus de l'objet)

Nombre de biens :

1

Nombre de fragments :

27

Numéro de l'objet :

  • CARQ : 44
  • Numéro archéologique : BjFj-4-30G25-1700
  • Numéro précédent : BjFj-4-1700

Discipline :

  • Archéologie historique

Altérations :

  • Tache (Séjour dans la terre) : Un peu partout
    Présence de plusieurs taches sur la surface
     

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Le pichet en terre cuite fine blanche est fabriqué entre 1805 et 1840 au Royaume-Uni. Le pichet est tourné. Lorsque ce dernier est à l'état dit cuir, le fond est tournassé et le décor de bandes est réalisé au tour à guillocher. Le bec verseur et l'anse sont moulés, puis collés au pichet. L'objet ainsi assemblé est cuit une première fois, puis il est trempé dans la glaçure pour finalement être cuit une dernière fois. Cette glaçure comporte une certaine quantité de cobalt, donnant ainsi une teinte bleutée à certains endroits sur l'objet. Les pichets en terre cuite fine en forme de baril à panse ovoïde comme celui-ci sont généralement retrouvés au XVIIIe siècle et au premier tiers du XIXe siècle.

De la fin du XVIIIe siècle jusqu'au XXe siècle, les diverses terres cuites fines « blanches » à pâtes non vitrifiées, sans décor, simples et les plus abordables du marché sont dénommées « CC » par les potiers et les marchands. À cette époque, l'un des facteurs qui influencent le plus le prix d'une céramique est son type de décor, spécialement son degré de complexité, son mode d'application et le moment auquel il est appliqué. Bien que ce pichet comporte un décor guilloché à motif de bandes, celui-ci est bien une céramique « CC » selon les critères de l'époque, puisque son décor est réalisé avant la première cuisson et qu'il est relativement simple à réaliser. Son coût de production reste ainsi bas.

Le pichet est un récipient de service utilisé à table pour transvaser et servir des liquides comme les boissons non alcoolisées et alcoolisées. Trouvé sur le site du marché Sainte-Anne et considérant son faible coût, ce pichet a pu servir comme vaisselle dans une cantine, un bar ou un restaurant établis au marché. En raison de sa date de production, ce pichet peut également être un objet de seconde main invendu par l'un des regrattiers du marché.

Le pichet a été mis au jour en 2017 sur le site archéologique de la Place D'Youville, à Montréal. À son inauguration en 1834, le marché Sainte-Anne offre en location plusieurs espaces. Le rez-de-chaussée loge des bouchers, poissonniers et vendeurs de volailles, alors que les portiques abritent des regrattiers ambulants. L'étage supérieur accueille des rassemblements ponctuels et des organisations diverses. L'étage inférieur est constitué de 28 celliers accessibles seulement de l'extérieur par des escaliers qui y descendent depuis la rue. Ce sont des espaces commerciaux loués à l'année ou au mois. En dix ans, ils hébergent des poissonniers et des vendeurs de denrées diverses, mais également de nombreux locataires éphémères de métiers et d'occupations variés, tels des cantiniers, des apothicaires et des artisans. Les archives judiciaires démontrent également que ces celliers abritent, à certaines occasions, des bordels et des débits de boisson illégaux.

Le pichet provient de la cave des celliers de l'aile ouest, du côté sud du premier marché Sainte-Anne (1834-1844). Sous les décombres du parlement incendié le 25 avril 1849, plusieurs monticules de déchets ont été localisés par les archéologues le long des murs entre les piliers ou contreforts soutenant les planchers des celliers du marché. Ces monticules ont révélé une importante quantité d'artéfacts complets qui auraient été jetés dans les caves par les trappes des planchers des celliers avant 1844 ou 1849. Étant donné leur position stratigraphique et l'absence d'altération par le feu, ces artéfacts sont associés à la période d'occupation des celliers par divers locataires du premier marché. Le pichet a été restauré entre 2017 et 2023.

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Évaluation d'inventaire

  • Numérisation de la collection archéologique de référence du Québec (2016 - )
    Société du musée d'archéologie et d'histoire de Montréal Pointe-à-Callière


  • Le pichet a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il est associé aux caves situées sous les celliers du premier marché Sainte-Anne (1834-1844). De plus, l'objet constitue un bon exemple de vaisselle de service disponible au Québec durant le premier tiers du XIXe siècle. Le pichet présente aussi un intérêt en raison de sa forme et de son décor.

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    Emplacement

    Region administrative :

    • Montréal

    MRC :

    • Montréal

    Municipalité :

    • Montréal

    Arrondissement municipal :

    • Ville-Marie

    Localisation informelle :

    Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

    Code Borden

    BjFj-4      

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    Références

    Notices bibliographiques :

    • Ethnoscop inc. Fouilles, sondages et surveillance archéologique sur la Place d'Youville Ouest, site du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni (BjFj-4). Rapport de recherche archéologique [document inédit], Pointe-à-Callière/MCCQ/Ville de Montréal, 2018. 78 p.
    • GAUVIN, Robert. Guide des céramiques selon la nomenclature en vigueur à Parcs Canada - Région du Québec. Québec, Parcs Canada, 1995. 215 p.
    • GIGNAC, François et Hendrik VAN GIJSEGHEM. « Une occupation domestique au parlement de la province du Canada, à Montréal, 1844-1849 ». Archéologiques. No 35 (2022), p. 19-36.
    • HENRYWOOD, R. K. An illustrated guide to British jugs : from medieval times to the twentieth century. Shrewsbury, Swan Hill Press, 1997. 256 p.
    • LABONTÉ-LECLERC, Mélissa et Delphine LÉOUFFRE. « Whiteware ». MÉTREAU, Laetitia, dir. Identifier la céramique au Québec. Cahiers d'archéologie du CÉLAT, 41. Québec, CÉLAT, 2016, p. 237-244.
    • MILLER, George L. « A Revised Set of CC Index Values for Classification and Economic Scaling of English Ceramics from 1787 to 1880 ». Historical Archaeology. Vol. 25, no 1 (1991), p. 1-25.
    • Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal. Montréal capitale : l’exceptionnelle histoire du site archéologique du marché Sainte-Anne et du parlement de la province du Canada. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2021. 236 p.

    Multimédias disponibles en ligne :

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