Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site du patrimoine du Mont-Royal

Images

Carte

Description

Le site du patrimoine du Mont-Royal est un territoire urbain et naturel d'une superficie d'environ 6 653 000 mètres carrés. Son périmètre englobe une portion des flancs et l'un des trois sommets du mont Royal. Il est situé au sud-est de l'île de Montréal. Ce périmètre de forme irrégulière est délimité par l'avenue de l'Esplanade et la rue Saint-Urbain à l'est, l'avenue des Pins, la rue Sherbrooke et l'avenue du Docteur-Penfield au sud, la limite de la ville de Westmount et l'avenue Oakland à l'ouest, la rue Jean-Brillant, l'avenue Swail, l'avenue Louis-Colin, le boulevard Édouard-Montpetit, l'avenue Ellendale, le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, l'avenue Darlington, l'avenue Willowdale, la rue Vincent-D'Indy, la voie Camillien-Houde et l'avenue du Mont-Royal au nord.

Le site du patrimoine du Mont-Royal est un lieu emblématique du territoire montréalais. Il comprend notamment des éléments naturels, paysagers, urbanistiques, architecturaux, archéologiques et artistiques, de même que des centaines de monuments commémoratifs et d'oeuvres d'art public. Le site renferme plusieurs espaces verts, dont le parc du Mont-Royal et le cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Sur ses flancs, il est ceinturé par des bâtiments aux fonctions résidentielles et institutionnelles, dont des complexes hospitaliers, deux campus, des maisons d'enseignement, des lieux de culte et des cimetières, de luxueuses résidences bourgeoises, parmi lesquelles certaines du Mille carré doré, et des équipements publics. Construits du XIXe siècle à nos jours, ces bâtiments présentent une grande diversité stylistique.

Ce bien est cité site patrimonial. Plusieurs sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Montréal) 1987-12-15
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le site du patrimoine du Mont-Royal présente un intérêt pour sa valeur historique. Fréquenté par les Amérindiens il y a environ 4000 ou 5000 ans, le mont Royal est ainsi nommé en 1535 par le navigateur Jacques Cartier (1491-1557). À partir de 1663, d'abord en raison de l'activité de colonisation des Sulpiciens, la montagne devient le coeur d'un espace agricole prospère. La croissance de Montréal et les mutations de l'économie au cours du XIXe siècle transforment cependant son environnement. Dans le mouvement de villégiature et d'hygiène publique, des villas sont construites et des cimetières sont aménagés. Aussi, certains établissements liés au culte, au savoir et à la santé s'y installent. En 1876, le parc du Mont-Royal, oeuvre de Frederick Law Olmsted (1822-1903), architecte paysagiste, est inauguré. Au cours du XXe siècle, les institutions entourant la montagne prennent de l'expansion.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère et emblématique. Il est un repère géographique majeur du paysage montréalais. Émergeant d'une vaste plaine, l'unique montagne de l'île de Montréal domine la ville. Une grande variété de végétaux, des sentiers et des escaliers permettent aux citadins de prendre contact avec la nature dans un milieu urbain. C'est là que se trouve la croix du mont Royal, indissociable de son paysage, comme le dôme de l'oratoire Saint-Joseph et la tour de l'Université de Montréal. Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges fait aussi partie de cet espace naturel, tout comme le parc du Mont-Royal, un héritage du courant pittoresque du XIXe siècle. La périphérie de la montagne est caractérisée par la présence de grands terrains occupés par des hôpitaux, des maisons d'enseignement, des lieux de culte et des équipements publics. La montagne porte les marques de l'aménagement en terrasse de ses flancs. Elle offre de magnifiques percées visuelles sur la ville et ses alentours. C'est à la fois un territoire d'évasion, un sujet prisé par les peintres, un lieu de pèlerinage, une montagne nécropole ainsi qu'un hôte de l'élite et d'institutions importantes. Le mont Royal symbolise en même temps la nature, le sacré, le prestige et commémore plusieurs personnages et événements de l'histoire de la ville de Montréal et du Québec.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Celle-ci est caractérisée par sa diversité stylistique ainsi que par plusieurs oeuvres anciennes et modernes d'architectes de renom. Le paysage architectural du site se distingue principalement par sa concentration d'ensembles institutionnels liés à la santé et au savoir. Il compte de grands complexes hospitaliers érigés à partir de 1858, dont l'Hôtel-Dieu (hôpital couvent), le Royal Victoria (hôpital pavillonnaire) et l'Hôpital Général (hôpital gratte-ciel). Il comprend aussi deux campus, soit l'Université McGill (campus pavillonnaire) et l'Université de Montréal (plan compact), ainsi que plusieurs maisons d'enseignement illustrant l'architecture scolaire des XIXe et XXe siècles. Le territoire possède également de luxueuses résidences bourgeoises, des éléments marquants du génie civil, dont le réservoir McTavish, et des édifices religieux comme l'oratoire Saint-Joseph. Plusieurs de ces bâtiments jouent un rôle exceptionnel dans le paysage urbain et constituent des points de repère de la ville.

Le site présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Il recèle des sites archéologiques qui documentent l'occupation de ce territoire, dont une carrière de pierre de la période préhistorique, des sépultures amérindiennes de même que le site de la Villa Rosemount. La montagne contient aussi un fort potentiel archéologique.

Source : Ville de Montréal, 2007.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site du patrimoine du Mont-Royal liés à ses valeurs historique, paysagère, emblématique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- les caractéristiques de l'intérêt stratégique du lieu, dont la situation au sud-est de l'île de Montréal;
- les caractéristiques de l'occupation humaine du lieu, dont les sites archéologiques amérindiens et les sites archéologiques euroquébécois;
- les composantes naturelles, dont la silhouette dominante de la montagne émergeant au sein de la métropole, l'important couvert végétal, le parc du Mont-Royal aménagé par Olmsted, le lac aux Castors, les phénomènes géologiques, les sentiers sinueux parcourant la montagne, les vues panoramiques et les milieux forestiers;
- le cimetière Notre-Dame-des-Neiges comprenant certains aménagements d'inspiration française, dont la grille orthogonale de certaines allées et les alignements de grands arbres;
- les éléments architecturaux et urbanistiques, dont la présence de grandes institutions et de quartiers résidentiels en périphérie, les aménagements en terrasses sur les flancs de la montagne, le belvédère Camilien-Houde et la croix du mont Royal;
- l'architecture hospitalière, dont l'Hôpital Hôtel-Dieu, l'Hôpital Royal Victoria, l'Hôpital Général de Montréal et l'Hôpital Shriners;
- l'architecture institutionnelle, dont l'Université McGill, l'Université de Montréal, le collège Jean-de-Brébeuf, l'ancien Séminaire de philosophie et le collège Notre-Dame;
- l'architecture religieuse, dont les bâtiments et structures du cimetière Notre-Dame-des-Neiges (pavillon administratif, porte d'accueil, charnier collectif, chapelle de la Résurrection) et l'Oratoire Saint-Joseph (crypte, basilique avec dôme, chapelle primitive);
- l'architecture rurale, dont la maison Jarry-dit-Henrichon et la ferme Sous-les-Noyers;
- l'architecture de villégiature bourgeoise, dont la villa Terra Nova et la maison Smith;
- l'architecture bourgeoise, dont la maison Duggan, la maison en rangée Rupert, la villa Ravenscrag, la villa Trafalgar Lodge, la maison Ernest-Cormier, les appartements Trafalgar et Gleneagles et certaines maisons du Mille carré doré;
- les ouvrages de génie civil, dont le réservoir et l'usine de pompage McTavish, les réservoirs de la Montagne et de Côte-des-Neiges ainsi que le tunnel ferroviaire;
- l'architecture récréative, dont le chalet du mont Royal et le pavillon du Lac-aux-Castors.

Haut de la page

Informations historiques

Le site du patrimoine du Mont-Royal est depuis longtemps l'objet d'une occupation humaine. En effet, il y a 4 000 ou 5 000 ans, les Amérindiens le fréquentent. En 1535, le navigateur Jacques Cartier (1491-1557) lui donne le nom de mont Royal.

En 1642, Ville-Marie est fondée par un groupe dirigé par Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676) et Jeanne Mance (1606-1673). Dès l'année suivante, une relation étroite se tisse entre la montagne et les colons. En effet, pour remercier la Providence d'avoir épargné les habitations d'une inondation, Maisonneuve fait ériger une croix sur la montagne.

En 1663, les prêtres de Saint-Sulpice deviennent seigneurs de l'île de Montréal. Ils établissent leur domaine au pied de la montagne, qui devient le coeur d'un espace agricole prospère pendant près de deux siècles.

Au cours du XIXe siècle, la croissance accélérée de Montréal et les mutations de l'économie transforment l'environnement de la montagne. Certains fiefs sont lotis et des résidences bourgeoises sont construites, alors que le phénomène de la villégiature se développe. De plus, certains établissements s'installent sur les flancs du mont Royal. L'Université McGill est créée en 1837, et l'Hôtel-Dieu est construit entre 1858 et 1861.

Le milieu du XIXe siècle voit aussi naître une préoccupation croissante pour l'hygiène publique. De nouveaux cimetières sont aménagés hors de la ville, notamment sur la montagne, dont celui de Notre-Dame-des-Neiges en 1854. Cette époque correspond aussi à la construction des premiers réservoirs d'eau potable dans le sol de la montagne.

À partir de 1870, la montagne est rattrapée par l'urbanisation. Pour préserver ce lieu, le conseil municipal de Montréal achète des terrains en 1872 et mandate Frederick Law Olmsted (1822-1903), architecte paysagiste, pour aménager le parc du Mont-Royal. Les travaux s'échelonnent entre 1874 et 1877; le parc est inauguré en 1876. Il s'agit là du premier geste de protection d'un paysage patrimonial au Québec.

Entre 1880 et 1930, la vocation institutionnelle des flancs du mont Royal se consolide. De nouveaux pavillons de l'Université McGill sont érigés et les hôpitaux Royal Victoria et Shriners sont inaugurés en 1893 et 1925. Sur le versant nord, le collège Jean-de-Brébeuf est construit en 1928. Le mont Royal accueille aussi d'importants monuments commémoratifs, dont celui de George-Étienne Cartier (1919) et la croix rappelant le geste de Maisonneuve (1924).

Pendant cette période, le mont Royal devient aussi le théâtre d'activités récréatives et de manifestations populaires. Il est parcouru par les raquetteurs et sert aux défilés militaires, aux expositions et à divers rassemblements. En 1873, le premier terrain de golf au Canada y est aménagé. Conséquence de cette affluence, un funiculaire est mis en service en 1885, et un belvédère est construit en 1906.

Entre 1930 et 1980, la montagne est complètement ceinturée par le tissu urbain. L'expansion des institutions se poursuit, notamment avec l'achèvement des bâtiments originaux de l'Université de Montréal et de l'oratoire Saint-Joseph. Sur la montagne, des équipements récréatifs sont aussi érigés, dont le pavillon du Lac-aux-Castors.

Les années 1980 amènent avec elles des projets controversés. Le mont Royal est alors convoité par des promoteurs. Certains projets sont contestés par des groupes de défense du patrimoine, dont les Amis de la montagne, organisme créé en 1982, et le Centre de la montagne fondé en 1987.

Le site du patrimoine du Mont-Royal est constitué en 1987. En 2005, l'arrondissement historique et naturel du Mont-Royal est décrété. Il couvre sensiblement la même aire que le site du patrimoine.

Le site du patrimoine du Mont-Royal est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Au même moment, l'arrondissement historique et naturel du Mont-Royal est devenu un site patrimonial déclaré.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Latitude :

45° 30' 12.0"

Longitude :

-73° 36' 11.0"

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • Beaupré et Michaud, architectes. Site du patrimoine du Mont Royal: principes et critères de restauration, d'insertion et d'intervention. Montréal, Beaupré et Michaud, architectes, 1989. 113 p.
  • BURGESS, Joanne et Claire POITRAS. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique et naturel du Mont-Royal. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2005. 264 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. L'avenir du Mont Royal: rapport: analyse et recommandations présentées à Mme Diane Lemieux, ministre d'État à la Culture et aux Communications. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2002. s.p.
  • DEBARBIEUX, Bernard. « Le Mont Royal, court essai de géographie historique et culturelle ». BRYANT, Christopher R., dir. et Claude MANZAGOL. Montréal 2001: visages et défis d'une métropole. Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1998, p. 295-301.
  • FOISY, Oswald et Peter JACOBS. Les quatre saisons du Mont-Royal. Montréal, Méridien, 2000. 140 p.
  • Groupe d'intervention urbaine de Montréal. La montagne en question. Montréal, Groupe d'intervention urbaine de Montréal, 1988. s.p.
  • JACOBS, Peter. Paysages en devenir: le Mont Royal. Montréal, Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, 1989. 111 p.
  • LINTEAU, Paul-André. Histoire de Montréal depuis la Confédération. Montréal, Les Éditions du Boréal, 2000. 627 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 6. Montréal, Éditions du Méridien, 1995. 552 p.
  • Québec (Province). Ministère de la Culture et des Communications. Direction régionale de Montréal. Le mont Royal: un arrondissement historique et naturel à préserver. Montréal, ministère de la Culture et des Communications, 2003. 8 p.
  • ROBERT, Jean-Claude. Atlas historique de Montréal. Montréal, Art global / Libre expression, 1994. 167 p.
  • Ville de Montréal. Constitution du site du patrimoine du Mont-Royal. Notes explicatives. Montréal, Service de l'habitation et du développement urbain, 1987. s.p.
  • Ville de Montréal. Plan de mise en valeur du Mont Royal. Montréal, Ville de Montréal, 1992. s.p.
  • Ville de Montréal. Plan préliminaire de mise en valeur du Mont Royal. Montréal, Ville de Montréal, 1990. 43 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013