Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Routhier

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Basile-Routhier

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • après 1754 – avant 1782 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (3)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

La maison Routhier est une ancienne maison de ferme d'inspiration française érigée entre 1755 et 1781 et allongée vers l'est au tournant du XIXe siècle. Le bâtiment en bois, bas et peu dégagé du sol, présente un plan rectangulaire à un étage et demi. Il est coiffé d'un toit aigu à croupes d'où émerge, sur la ligne faîtière, une large souche de cheminée légèrement décentrée. La maison occupe le centre d'un terrain couvert d'arbres matures. La maison Routhier se situe dans l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1956-12-06
 

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Valeur patrimoniale

La maison Routhier présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La résidence constitue un exemple représentatif de maison de ferme d'inspiration française du XVIIIe siècle. La demeure illustre le savoir-faire architectural des maîtres artisans de cette époque. Le carré est bas et peu dégagé du sol. Les murs, couverts de planches verticales sur les longs-pans et de bardeaux de cèdre sur les petits pans, présentent un fruit (diminution d'épaisseur des murs, plus larges à la base, l'inclinaison portant sur la face extérieure et la face intérieure restant verticale) qui les rend plus résistants aux vents et contribue à supporter le poids de la toiture. Le toit aigu à croupes est couvert de bardeaux de cèdre et percé dans l'axe faîtier par une imposante cheminée légèrement décentrée. La charpente se compose de fermes à entraits retroussés et comporte toujours en son centre les chevrons d'arêtier de l'ancienne croupe. La maison est conçue pour répondre aux rigueurs du climat par son orientation et par la distribution de ses ouvertures. Ainsi, elle est orientée dans un axe est-ouest afin qu'un petit pan, aveugle et couvert de bardeaux de cèdre, affronte le vent du nord-est. La charpente du corps de logis initial est en pièce sur pièce et assemblée à queue d'aronde, alors que celle de l'allonge, greffée à l'est au tournant du XIXe siècle, est faite de madriers empilés et assemblée à queue d'aronde et à coulisse. L'agrandissement longitudinal reflète une pratique courante dans ce type d'habitation, qui s'adapte aux nouveaux besoins des occupants.

La maison Routhier présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'habitation est située dans l'une des premières seigneuries de la Nouvelle-France, la seigneurie de Gaudarville, concédée en 1652 à Louis de Lauson (mort en 1659) par son père Jean (1584-1666), et témoigne du passé agricole de Sainte-Foy. Construite entre 1755 et 1781 par Pierre Belleau dit Larose (mort en 1788), elle s'élève à une centaine de mètres au sud du chemin Sainte-Foy, alors bordé par plusieurs fermes. Cette route avait été tracée dans son segment est par l'ingénieur et arpenteur Jean Bourdon (vers 1601-1668) et prolongée vers l'ouest dans la seconde moitié du XVIIe siècle. La maison, aujourd'hui entourée par un développement résidentiel, évoque la pérennité de la vocation agricole de Sainte-Foy, vocation qui s'est maintenue jusqu'au milieu du XXe siècle. Habitée durant plus de 150 ans par la famille Routhier, elle est aujourd'hui l'une des rares maisons de ferme à subsister dans ce secteur de la ville de Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de la maison Routhier liées à ses valeurs architecturale et historique= comprennent, notamment :
- son orientation dans un axe est-ouest, l'entrée étant du côté sud;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le carré bas et peu dégagé du sol ainsi que le toit aigu à croupes;
- ses matériaux, dont structure de bois formant un fruit et reposant sur une sole, le revêtement peint en blanc fait de planches verticales pour les longs-pans et de bardeaux de cèdre pour les petits pans, la couverture de bardeaux de cèdre, les fondations de pierre et la cheminée de pierre soulignée par un cordon;
- la charpente en pièce sur pièce assemblée à queue d'aronde de la partie initiale et celle en madriers empilés sur l'épaisseur assemblée à queue d'aronde et à coulisse de l'allonge;
- la charpente du toit, dont les chevrons, les entraits retroussés, les faux entraits, les poinçons, les pannes, les liens de faîtage ainsi que les chevrons d'arêtier de l'ancienne croupe toujours présents au centre;
- ses ouvertures, dont la porte d'entrée à quatre panneaux de la façade sud, les fenêtres à battants à petits carreaux, les lucarnes à croupe garnies de fenêtres à petits carreaux, les chambranles en bois moulurés et les contrevents;
- ses éléments intérieurs, dont la large cheminée en moellons avec piédroits et linteau en pierre de taille, les poutres apparentes du plafond et les murs enduits de plâtre sur lattes;
- l'implantation de la résidence, à une centaine de mètres au sud du chemin Sainte-Foy, au centre d'un terrain couvert d'arbres matures.

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Informations historiques

La maison Routhier est érigée sur une terre que Pierre Belleau dit Larose (mort en 1788) a reçue de son père en 1755. L'habitation est située dans l'une des premières seigneuries de la Nouvelle-France, la seigneurie de Gaudarville, concédée en 1652 à Louis de Lauson (mort en 1659) par son père Jean (1584-1666). Construite entre 1755 et 1781, elle s'élève à une centaine de mètres au sud du chemin Sainte-Foy, alors bordé par plusieurs fermes. Cette route avait été tracée dans son segment est par l'ingénieur et arpenteur Jean Bourdon (vers 1601-1668) et prolongée vers l'ouest dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

À l'époque de sa construction, la maison comprend deux pièces au rez-de-chaussée. Celle du côté est de la cheminée où se situe le foyer sert de cuisine ainsi que de lieu d'entreposage, de fabrication et de réparation d'outils. Elle comporte notamment une table pliante, des seaux, des barils, des ustensiles de cuisine et des objets divers, dont des outils pour le travail du bois et pour la réparation du matériel agricole. Elle est aussi dotée d'un accès aux combles qui servent de grenier ainsi qu'au remisage des meubles et à l'entreposage d'aliments tels le lard salé, le beurre et le saindoux. La pièce du côté ouest de la cheminée est utilisée pour dormir et manger. Chauffée par un petit poêle, elle loge entre autres une table et six chaises, un buffet, des coffres, un miroir et un lit.

En 1796, Angélique Belleau dit Larose (1774-1852), fille de Pierre, épouse Antoine Routhier (1765-1837), cultivateur et capitaine de milice. Le couple prend alors possession de la maison. Au tournant du XIXe siècle, Antoine Routhier fait allonger le corps de logis vers l'est. Des lucarnes seront ajoutées au XIXe ou au XXe siècle.

C'est au cours des années 1940 que l'environnement de la maison, dont la vocation agricole perdure depuis le XVIIIe siècle, est modifié de manière irréversible. Le développement résidentiel entraîne, en effet, la disparition progressive des fermes dans ce secteur de la ville de Sainte-Foy.

La maison Routhier est classée en 1956. En 1957, elle est acquise de la famille Routhier par la Commission des monuments historiques. Cette dernière la restaure en 1960. Le fournil en bois et le four à pain en pierre des champs, situés en face de la maison, sont alors reconstitués à partir d'une photographie datant de la fin du XIXe siècle. De 1961 à 1975, la maison Routhier est utilisée à des fins socioculturelles par la Ville de Sainte-Foy. Elle loge le Centre d'arts textiles à partir de 1976. Le gouvernement du Québec cède la propriété à la Ville de Sainte-Foy en 1982. Aujourd'hui, elle est la propriété de la Ville de Québec, qui continue à l'utiliser à des fins communautaires.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • Sainte-Foy - Sillery

Adresse :

  • 3325, rue Rochambeau

Lieux-dits :

  • Sainte-Foy

Latitude :

46° 46' 7.5"

Longitude :

-71° 19' 11.4"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 662 833

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CHASSÉ, Béatrice. « Maison Basile-Routhier ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 233.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • FORTIER, Yvan. Trois habitations rurales du XVIIIe siècle à Sainte-Foy : étude sur le terrain et documents notariés. Université Laval, 1979. 369 p.
  • FORTIN, Christian, Jean-Marie LEBEL et Michel LESSARD. Sainte-Foy, l'art de vivre en banlieue au Québec : du temps des seigneuries à l'aurore du XXIe siècle. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2001. 415 p.

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