Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Le Château-Monsarrat

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Château Monsarrat
  • Stoneleigh

Région administrative :

  • Outaouais

Municipalité :

  • Gatineau

Date :

  • vers 1930 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Personnes associées (7)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le Château-Monsarrat est une résidence bourgeoise d'inspiration néo-Tudor construite vers 1930. Cette demeure en pierre de plan irrégulier, à deux étages et demi, est coiffée d'un toit aux angles multiples en tuiles d'ardoise. Le volume comprend notamment des décrochements, des fenêtres en saillie, des gâbles, des souches de cheminée hautes et massives ainsi que différentes ailes. Le Château-Monsarrat est situé en marge du centre-ville, dans un quartier résidentiel du secteur de Hull de la ville de Gatineau.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

Plan au sol :

Irrégulier

Nombre d'étages :

2 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois
  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Autre

Saillies :

  • Avant-corps
  • Baie en saillie
  • Cheminée
  • Contrefort
  • Escalier
  • Oriel
  • Porche

Élévations :

  • Toutes les façades : Pierre (À bossages)

Toit :

  • Forme : En pavillon
    Matériau : Ardoise

Porte principale :

  • bois massif

Fenêtre(s) :

  • cintrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux

Lucarne(s) :

  • À croupe
  • À fenêtre pendante
  • Lucarne-pignon

Éléments architecturaux :

  • Amortissement
  • Applique
  • Chaîne d'angle

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Gatineau) 1998-05-05
 

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Valeur patrimoniale

Le Château-Monsarrat présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La résidence est construite sur une partie des anciens lots ayant appartenu, au XIXe siècle, à deux familles fondatrices de Hull : les Wright et les Moore. En effet, ces familles possédaient de grandes terres où était érigée leur ferme respective. L'actuel domaine de la ferme Moore rappelle cette occupation. Au cours du XXe siècle, une portion de ces anciennes terres est acquise par Robert Gordon Stewart (1880-1941), un riche entrepreneur en construction originaire d'Ottawa, ancien lieutenant-colonel de l'armée canadienne. Ce dernier y construit, vers 1930, une imposante demeure et nomme son domaine « Stoneleigh ». Entre 1956 et 1958, la résidence est habitée par Nicholas John Turney Monsarrat (1910-1979), un célèbre écrivain anglais. Puis, au cours des années 1960, c'est le président des magasins d'alimentation Loeb IGA, Jules Loeb, également maire du Canton de Hull-Sud entre 1961 et 1963 et important collectionneur d'oeuvres d'art canadien, qui occupe la résidence. Ainsi, l'histoire du site et du Château-Monsarrat est associée à plusieurs personnages qui ont marqué l'histoire locale.

Le Château-Monsarrat présente aussi un intérêt patrimonial sur sa valeur architecturale. La demeure possède une architecture d'influence néo-Tudor. Ce style s'inspire de l'architecture traditionnelle anglaise et écossaise, plus précisément celle des manoirs et des fermes de l'époque Tudor, une période du XVIe siècle correspondant aux règnes d'Henry VIII (1491-1547) et d'Elizabeth I (1533-1603). Le style néo-Tudor est en vogue au Québec entre 1900 et 1940 grâce notamment, aux architectes de souche britannique qui effectuent un retour aux sources. Le Château-Monsarrat se rattache à ce style entre autres par son corps de logis massif au plan libre, ses matériaux traditionnels comme la pierre et les tuiles d'ardoise, les souches de cheminée hautes et imposantes, et la présence de gâbles et de fenêtres à meneaux en pierre. Le Château-Monsarrat présente une composition pittoresque peu commune dans le paysage du secteur de Hull. La valeur architecturale du Château-Monsarrat repose en outre sur la notoriété de son architecte. La résidence de Robert Gordon Stewart est construite d'après les plans d'Edgar Lewis Horwood (1868-1957) vers 1930. Originaire du pays de Galles, Horwood est élevé à Somerset, un comté du sud-ouest de l'Angleterre. Son père émigre en Amérique du Nord en 1876. Il fonde une entreprise de vitraux à Ogdensburg, dans l'État de New York, et aussi à Prescott, dans la province de l'Ontario. En 1894, Edgar Lewis Horwood s'installe à Ottawa comme architecte. Il est reçu membre de l'Association des architectes de l'Ontario en 1907 et s'associe, la même année, à Lawrence Fennings Taylor, un ancien architecte en chef au département des Travaux publics. Horwood occupera également cette fonction de 1914 à 1918. Au cours de sa carrière, il conçoit plusieurs bâtiments importants, dont la Carnegie Library, sur la rue Metcalfe à Ottawa (1906, démolie), l'agrandissement du Lisgar Collegiate Institute sur la rue Lisgar à Ottawa (1907) et l'édifice des douanes de Montréal (1912-1914) complété sous sa direction comme architecte en chef des Travaux publics.

Source : Ville de Gatineau, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du Château-Monsarrat liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en bordure d'une rue, sur un terrain paysager, dans un quartier résidentiel du secteur de Hull de la ville de Gatineau;
- son volume, dont le plan irrégulier, l'élévation de deux étages et demi, le toit aux angles multiples, les gâbles en encorbellement ainsi que le porche;
- les matériaux, dont la pierre du corps de logis, des cheminées et de certains éléments ornementaux, la couverture en tuiles d'ardoise, le bois des ouvertures et de certains éléments ornementaux;
- les ouvertures, dont les baies en saillies, les lucarnes, les portes en bois massif, les fenêtres losangées, à meneaux de plomb et à verre biseautés, les appuis et les chambranles des fenêtres;
- les éléments ornementaux, dont les créneaux et les contreforts
- les hautes souches de cheminée;
- l'annexe, avec ses pignons et ses ouvertures cintrées.

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Informations historiques

La colonisation du canton de Hull s'amorce dès le début du XIXe siècle. Deux familles fondatrices de Hull, les Wright et les Moore, sont propriétaires d'un vaste domaine au cours du XIXe siècle sur lequel est érigée leur ferme. L'actuel domaine de la ferme Moore rappelle cette occupation. Une partie de ces anciennes terres est acquise en 1929 par Robert Gordon Stewart (1880-1941), un riche entrepreneur en construction originaire d'Ottawa, ancien lieutenant-colonel de l'armée canadienne. Celui-ci fait construire vers 1930 une imposante demeure d'inspiration néo-Tudor et désigne l'ensemble de son domaine sous le nom de « Stoneleigh ». Il confie le soin de dresser les plans de sa résidence à Edgar Lewis Horwood (1868-1957), un architecte originaire du pays de Galles. Le père d'Edgar Lewis Horwood émigre en Amérique du Nord en 1876 et fonde une entreprise de vitraux établie à Ogdensburg, dans l'État de New York, et à Prescott, dans la province de l'Ontario. Sa femme et ses enfants le rejoignent en 1884. Dix ans plus tard, Edgar Lewis Horwood s'installe à Ottawa comme architecte; il est alors âgé de vingt-six ans. Il est reçu membre de l'Association des architectes de l'Ontario en 1907 et s'associe, la même année, à Lawrence Fennings Taylor, un ancien architecte en chef au département des Travaux publics. Horwood occupe lui-même cette fonction de 1914 à 1918. Au cours de sa carrière, il conçoit plusieurs bâtiments importants dont la Carnegie Library sur la rue Metcalfe à Ottawa (1906, démolie), l'agrandissement du Lisgar Collegiate Institute sur la rue Lisgar à Ottawa (1907) et l'édifice des douanes de Montréal (1912-1914) complété sous sa direction comme architecte en chef des Travaux publics.

À la mort de Robert Gordon Stewart en 1941, son épouse Elbertha Jane Sharpe hérite de la maison et du domaine. Elle l'habite plusieurs années avant de la céder à ses filles Shirley et Phyllis. Ces dernières se départissent de la propriété en 1954. Deux ans plus tard, elle est acquise par l'écrivain anglais Nicholas John Turney Monsarrat (1910-1979), célèbre auteur du roman intitulé « La mer cruelle ». Arrivé à Ottawa en 1953 à titre d'officier d'information britannique, Monsarrat n'habite la riche demeure que deux ans. En 1958, il cède la propriété à Fay Zelikovitz, épouse de Jules Loeb. Celui-ci a été président des magasins Loeb IGA et maire du canton de Hull-Sud entre 1961 et 1963. Le couple Loeb est notamment reconnu pour son importante collection d'oeuvres d'art canadien.

En 1974, la propriété est acquise par la compagnie Goldlist Construction Ltd. La compagnie assume les frais des installations sanitaires du secteur et procède à un lotissement domiciliaire à proximité de l'ancienne demeure de Stewart. Dès 1976, le promoteur transforme la résidence, devenue le Château-Monsarrat, en centre récréatif communautaire pour les copropriétaires établis à proximité. Le centre est alors géré par une association récréative à but non lucratif nommée « Les Jardins du Château ». En 1981, l'association adopte un nouveau nom : « Les Jardins de la Montagne inc. ».

Le Château-Monsarrat, devenu lieu de réception et centre récréatif, est cité en 1998.

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Emplacement

Region administrative :

  • Outaouais

MRC :

  • Gatineau

Municipalité :

  • Gatineau

Adresse :

  • 100, rue du Château

Lieux-dits :

  • Hull

Latitude :

  • 45° 25' 12.0"

Longitude :

  • -75° 45' 36.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Hull Canton de Hull Rang 3 8A-35

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Références

Notices bibliographiques :

  • BERGERON, Claude. Architectures du XXe siècle au Québec. Montréal / Québec, Les Éditions du Méridien / Musée de la civilisation, 1989. 271 p.
  • BRAULT, Lucien. Hull 1800-1950. Ottawa, Les Éditions de l'Université d'Ottawa, 1950. 262 p.
  • CARPENTIER, Paul. Deux siècles de développement à Hull. Hull, Écomusée de Hull, 2000. 132 p.
  • MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. L'architecture de Montréal : guide des styles et des bâtiments. Montréal, Méridien, 1990. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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