Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Transept Sud de l'Église-de-Saint-Jacques

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Transept Sud de l'Église-Saint-Jacques

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1889 – 1891 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (2)

Images

Carte

Description

Le transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques est la façade d'un bras du segment transversal d'un ancien lieu de culte de confession catholique construit de 1889 à 1891. Le transept sud et le clocher, en pierre grise, sont les seules parties qui subsistent de cet édifice démoli en 1975. Ces éléments s'intègrent aujourd'hui au pavillon Judith-Jasmin de l'Université du Québec à Montréal, un bâtiment moderne en brique rouge élevé en 1979. Un petit terrain gazonné et planté de quelques arbres matures sépare le bâtiment de la voie publique. Le transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques est situé rue Sainte-Catherine Est, au coeur de l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il bénéficie d'une aire de protection, qui comprend un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1973-09-11
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1975-06-09

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

Le transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cet élément de l'église témoigne de la création du diocèse de Montréal. En 1820, Jean-Jacques Lartigue (1777-1806) est nommé évêque auxiliaire de Québec à Montréal. Deux ans plus tard, il permet la construction d'un évêché et d'une église sur un terrain du faubourg Saint-Laurent. Érigé en 1828, le lieu de culte est le premier à occuper cet emplacement. Le nouveau siège de l'épiscopat, qui avait jusqu'alors logé dans l'église Notre-Dame et la chapelle de l'Hôtel-Dieu, est consacré sous le vocable de Saint-Jacques-le-Majeur. Rome reconnaît officiellement le diocèse de Montréal en 1836, et l'église devient cathédrale. Incendiée en 1852, la cathédrale est remplacée par un deuxième édifice, élevé de 1855 à 1857 sur les mêmes fondations. Les plans sont de John Ostell (1813-1892), un architecte bien connu de la grande région montréalaise. Ce bâtiment est aussi la proie des flammes en 1858. La façade occidentale incluant le clocher et une partie de la maçonnerie est cependant intégrée à un troisième lieu de culte, bâti de 1858 à 1860 par l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888). La cathédrale devient une église paroissiale en 1866, après le déménagement de l'évêché dans l'ouest de la ville sous l'égide de Mgr Ignace Bourget (1799-1885). Le transept est construit de 1889 à 1891 pour agrandir l'église. Sa façade sud rappelle l'évolution du diocèse de Montréal au cours du XIXe siècle ainsi que la croissance démographique de la paroisse de Saint-Jacques durant le dernier quart du XIXe siècle.

Le transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le néogothique, style romantique qui préconise un retour à l'architecture médiévale, apparaît au Canada au début des années 1820 et est surtout prisé par la population d'origine britannique. Il est utilisé dans l'architecture catholique principalement au milieu du XIXe siècle. Le transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques, élevé d'après les plans de Joseph Venne (1858-1925), architecte de la firme Perrault et Mesnard de Montréal, en est une illustration notamment par ses ouvertures à arc brisé, son portail à voussures composé de deux portes en bois sculptées ainsi que d'un tympan à motifs quadrilobés couronné d'un gâble richement ornementé, la rosace et les tourelles surmontées de pinacles. Le transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques rappelle donc cette église néogothique aujourd'hui disparue.

Le transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques présente en outre un intérêt pour sa valeur pour l'histoire de la conservation du patrimoine bâti au Québec. Classé en 1973, il s'agit de l'un des premiers biens à obtenir ce statut en vertu de la Loi sur les biens culturels, adoptée en 1972 en remplacement de la Loi des monuments historiques. De plus, l'intégration de cette structure ancienne à un édifice moderne est un geste précurseur dans l'histoire de la conservation architecturale au Québec. Cette réalisation des bureaux d'architectes Dimitri Dimakopoulos et associés et Jodoin, Lamarre, Pratte et associés a été récompensée par le prix d'excellence de l'Ordre des architectes du Québec en 1980.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la situation rue Sainte-Catherine;
- l'intégration à un édifice moderne;
- les matériaux, dont la pierre de taille et la pierre à bossages;
- les ouvertures, dont le portail à voussures (composé de deux portes en bois sculptées à imposte, d'un linteau orné de masques en bas-relief ainsi que d'un tympan à motifs quadrilobés surmonté d'un gâble richement ornementé), la rosace inscrite dans un arc brisé et les fenêtres à arc brisé;
- l'ornementation, dont les tourelles, les contreforts, les arcatures trilobées ou cintrées, les colonnettes (certaines engagées), les motifs quadrilobés, les pinacles, les denticules et les fleurons.

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Informations historiques

Le transept sud de l'Église-de-Saint-Jacques, aujourd'hui intégré au pavillon Judith-Jasmin de l'Université du Québec à Montréal, est érigé de 1889 à 1891. Trois églises ont occupé successivement cet emplacement.

En 1820, Jean-Jacques Lartigue (1777-1806) est nommé évêque auxiliaire de Québec à Montréal. Deux ans plus tard, il permet la construction d'un évêché et d'une église sur un terrain du faubourg Saint-Laurent. Érigé en 1828, le lieu de culte est le premier à occuper cet emplacement. Le nouveau siège de l'épiscopat, qui avait jusqu'alors logé dans l'église Notre-Dame et la chapelle de l'Hôtel-Dieu, est consacré sous le vocable de Saint-Jacques-le-Majeur. Rome reconnaît officiellement le diocèse de Montréal en 1836, et l'église devient cathédrale.

La cathédrale est complètement rasée par l'incendie du faubourg Saint-Laurent en 1852. Elle est remplacée par un deuxième édifice, élevé de 1855 à 1857 sur les mêmes fondations. Les plans sont de John Ostell (1813-1892), un architecte bien connu de la grande région montréalaise. En 1858, à peine un an après la fin des travaux, le bâtiment est aussi la proie des flammes. La façade occidentale incluant le clocher et une partie de la maçonnerie sont cependant intégrées à un troisième lieu de culte, construit de 1858 à 1860 par l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888). La cathédrale devient une église paroissiale en 1866, après le déménagement de l'évêché dans l'ouest de la ville sous l'égide de Mgr Ignace Bourget (1799-1885).

Victor Bourgeau est de nouveau engagé, en 1876, pour ajouter une flèche au clocher. Quatre ans plus tard, il conçoit la nouvelle sacristie de même que la chapelle du Sacré-Coeur. Le nombre toujours croissant de paroissiens exige l'agrandissement de l'église. En 1888, les travaux de construction du transept sont amorcés selon les plans de Joseph Venne (1858-1925), du bureau d'architectes Perrault et Mesnard de Montréal.

À la suite de la baisse marquée de la pratique religieuse amorcée dans les années 1960, l'Université du Québec à Montréal acquiert le bâtiment en 1973 pour construire le pavillon Judith-Jasmin.

Le transept sud et le clocher de l'Église-de-Saint-Jacques sont classés en 1973. Ils bénéficient d'une aire de protection depuis 1975, année de la démolition de l'église. Les éléments classés sont intégrés à un édifice moderne. Cette réalisation des bureaux d'architectes Dimitri Dimakopoulos et associés et Jodoin, Lamarre, Pratte et associés a été récompensée par le prix d'excellence de l'Ordre des architectes du Québec en 1980.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 455, rue Sainte-Catherine Est

Latitude :

  • 45° 30' 51.8"

Longitude :

  • -73° 33' 38.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Cité de Montréal (quartier Saint-Jacques) Absent 822-1 (1266)

Code Borden

BjFj-111      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BRUNELLE-LAVOIE, Louise, Alain GELLY et Corneliu KIRJAN. La passion du patrimoine. La Commission des biens culturels du Québec 1922-1994. Sillery, Septentrion, 1995. 300 p.
  • DROUIN, Martin. Le combat du patrimoine à Montréal (1973-2003). Patrimoine urbain. Québec, Presses de l'Université du Québec, 2005. 386 p.
  • GAUTHIER, Raymonde. « Clocher et transept sud de l'église Saint-Jacques ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 89-90.
  • GAUTHIER, Raymonde. Construire une église au Québec. L'architecture religieuse avant 1939. Montréal, Libre Expression, 1994. 245 p.
  • LACHAPELLE, Jacques et Caroline TANGUAY. Îlot du Terminus Voyageur: espoirs et déceptions dans la création d'un centre-ville est. Analyse historique et morphologique de l'îlot Voyageur et de son quartier. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005. 42 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Les églises du Québec : un patrimoine à réinventer. Québec, Les Presses de l'Université du Québec, 2005. 434 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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