Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Grange Lajoie

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Grange Ernest-Lajoie

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Saint-Urbain

Thématique :

  • Patrimoine agricole

Usage :

  • Production et extraction de richesses naturelles (Granges, granges-étables et étables)

Éléments associés

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

La grange Lajoie est un bâtiment agricole probablement érigé dans la seconde moitié du XIXe siècle. La construction en bois, de plan rectangulaire allongé à un étage et demi, est coiffée d'un toit à deux versants droits couvert de chaume. Une annexe semblable mais plus petite est disposée contre le mur pignon ouest. La grange Lajoie est située près de la route, sur une terre agricole dans la municipalité de Saint-Urbain.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La grange Lajoie bénéficie d'une aire de protection.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

1 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois, pièce sur pièce

Annexes :

  • Porcherie

Saillies :

  • Garnaud
  • Pont d'accès à la batterie
  • Tambour

Élévations :

  • Façade arrière : Bois (Structure apparente)
  • Toutes les façades : Bois (Planche verticale)
  • Façade avant : Bois (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Chaume

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif, à battants
  • bois massif, avec sous-porte

Fenêtre(s) :

  • carrée, Fixe

Éléments architecturaux :

  • Chambranle

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1975-01-08
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1975-07-07
 

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Valeur patrimoniale

La grange Lajoie présente un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Le toit de chaume de ce bâtiment agricole illustre un savoir-faire traditionnel autrefois répandu. Sous le Régime français, de nombreuses maisons rurales et leurs dépendances sont ainsi couvertes. Ce revêtement très économique met à profit la paille de blé ou de seigle, ou encore certaines espèces indigènes poussant sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Entre 1760 et la fin du XIXe siècle, cette technique tend à disparaître. Plusieurs facteurs expliquent l'abandon du chaume, dont la production industrielle de matériaux comme la tôle ou le bardeau, la culture de nouvelles variétés de céréales à tige moins longue portant plus de grains et l'introduction d'un outillage agricole qui accélère la récolte mais brise la paille. De plus, la technique ne permet de couvrir convenablement que les toits à deux versants droits à pente prononcée. Elle est donc peu à peu délaissée lorsque d'autres formes de toits de grange apparaissent, telles que le « dos d'âne » dégageant plus d'espace dans les combles pour engranger le fourrage et les grains. Le chaume continue toutefois d'être utilisé sur les bâtiments agricoles de certaines régions, notamment près du lac Saint-Pierre et dans Charlevoix, jusque dans la première moitié du XXe siècle. Dans Charlevoix, la méthode employée diffère de celle du reste du Québec, entre autres par la façon de finir le faîtage. Elle aurait été répandue par des immigrants d'origine germanique établis dans la région à la fin du XVIIIe siècle, à la suite de la guerre de l'Indépendance américaine (1775-1783). Probablement érigée dans la seconde moitié du XIXe siècle, la grange Lajoie rappelle par sa couverture de chaume l'influence de savoir-faire étrangers sur les techniques traditionnelles. Elle constitue par ailleurs un des rares exemples d'usage de ce matériau subsistant au Québec.

La grange Lajoie présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment est représentatif des granges-étables construites au Québec au XIXe siècle. Après 1800, les bâtiments-blocs qui regroupent sous un même toit la grange, incluant batterie et fenil, ainsi que l'étable et occasionnellement l'écurie, la porcherie et la bergerie, se répandent. La grange Lajoie témoigne de cette organisation, notamment par son plan rectangulaire allongé. La partie est servait d'étable, comme l'indiquent les portes étroites et la présence de fenêtres laissant pénétrer la lumière. La grange, située dans la partie ouest, ne comporte aucune fenêtre, mais comprend plusieurs portes très larges permettant d'engranger le fourrage, elles-mêmes percées d'ouvertures plus petites favorisant l'aération. Une entrée donne accès au second niveau et signale l'utilisation des combles de l'étable comme batterie ou fenil. Les sections de murs en pièce sur pièce assemblées à tenons en coulisse ou à mi-bois ainsi que celles en planches verticales illustrent différents usages du bois dans les bâtiments agricoles. La grange Lajoie constitue donc un exemple représentatif de l'évolution des dépendances agricoles et de la persistance des techniques de construction traditionnelles jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la grange Lajoie liés à ses valeurs ethnologique et architecturale comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan rectangulaire allongé à un étage et demi, le toit à deux versants droits interrompu sur un long-pan par une entrée coiffée d'un toit en appentis donnant accès au second niveau et l'annexe semblable mais plus petite disposée contre le mur pignon ouest;
- les matériaux, dont les fondations en pierre, les murs en pièce sur pièce (certaines sections assemblées à tenons en coulisse et d'autres à mi-bois) ou en planches verticales ainsi que le toit en chaume;
- les ouvertures, dont les portes à double vantail de la grange percées d'ouvertures rectangulaires plus petites, les portes à claire-voie percées d'étroites ouvertures verticales et les petites fenêtres carrées à quatre carreaux;
- les composantes de l'annexe, dont la fenêtre d'aération du pignon et les poutres soutenant le plancher de l'étage aux extrémités visibles à l'extérieur;
- les rampes d'accès en pierre recouvertes de terre (une complétée par une passerelle en bois).

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Informations historiques

La grange Lajoie aurait été construite dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle constitue un exemple des granges-étables de cette époque. Les bâtiments-blocs qui regroupent sous un même toit la grange, incluant batterie et fenil, ainsi que l'étable et occasionnellement l'écurie, la porcherie et la bergerie, se répandent après 1800. Ces constructions adoptent généralement un plan rectangulaire allongé et le niveau supérieur sert souvent de fenil.

La grange Lajoie possède un toit de chaume, qui caractérise de nombreuses maisons rurales et leurs dépendances sous le Régime français. Ce matériau très économique met à profit la paille de blé ou de seigle, ou encore certaines espèces indigènes poussant sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Après 1760, cette technique tend à disparaître. Plusieurs facteurs expliquent l'abandon du chaume, dont la production industrielle de matériaux comme la tôle ou le bardeau, la culture de nouvelles variétés de céréales à tige moins longue et l'amélioration de l'outillage agricole qui accélère la récolte mais brise la paille. Le chaume est toutefois utilisé sur les dépendances agricoles de certaines régions, notamment près du lac Saint-Pierre et dans Charlevoix, jusque dans la première moitié du XXe siècle. Dans Charlevoix, la méthode employée aurait été influencée par le savoir-faire des immigrants d'origine germanique établis dans la région à la fin du XVIIIe siècle, à la suite de la guerre de l'Indépendance américaine (1775-1783).

La grange Lajoie est classée en 1975 avec une autre grange aujourd'hui disparue. Elle bénéficie aussi d'une aire de protection depuis 1975. En 2000, le toit de chaume est refait.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Charlevoix

Municipalité :

  • Saint-Urbain

Adresse :

  • 231, rang Saint-Jean-Baptiste

Lieux-dits :

  • Saint-Urbain-de-Charlevoix

Latitude :

  • 47° 36' 50.58"

Longitude :

  • -70° 29' 10.38"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Charlevoix No 2 Paroisse de Saint-Urbain Absent 96
97
98

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Références

Notices bibliographiques :

  • Centre documentaire en civilisation traditionnelle. Le travail du chaume dans la région du lac St-Pierre. Les Archives d'ethnologie, 2. Montréal, Les Presses de l'université du Québec, 1978. 182 p.
  • LEBREUX, Jean-Louis. Charlevoix: architecture rurale traditionnelle. La Malbaie, Héritage Charlevoix, 2001. 114 p.
  • LÉONIDOFF, Georges-Pierre. « Bâtiments Ernest-Lajoie (grange-étable) ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 344.
  • RASTOUL, Pierre. Le toit de chaume au Québec. Québec, s.n., s.d. 210 p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. Les granges du Québec du XVIIe au XIXe siècle. Ottawa, Ministère du Nord canadien et des ressources nationales, 1963. 128 p.
  • THIBAULT, Marie-Thérèse. Monuments et sites historiques du Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. 250 p.
  • TREMBLAY, Raynold. Un pays à bâtir: Saint-Urbain-en-Charlevoix. Québec, Éditions La Liberté, 1977. 308 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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