Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Moulin de La Doré

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Moulin à eau Audet-dit-Lapointe
  • Moulin Audet-dit-Lapointe
  • Moulin des Pionniers
  • Moulin des Poirier
  • Moulin Notre-Dame-de-la-Doré

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • La Doré

Date :

  • 1904 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Scieries)
  • Transport, communication et services publics (Installations électriques)

Éléments associés

Personnes associées (2)

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Description

Le moulin de La Doré est une scierie hydraulique construite en 1904. De plan rectangulaire, ce bâtiment en bois de deux étages et demi est coiffé d'un toit à deux versants droits. Une annexe en appentis est adossée au mur arrière et un petit bâtiment sur pilotis d'un étage et demi lui est relié par une courte passerelle. Ce moulin est situé dans un secteur boisé, au-dessus d'un rapide de la rivière aux Saumons, à moins d'un kilomètre de l'entrée est du noyau villageois de la municipalité de La Doré.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1982-07-21

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 1978-10-28
 

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Valeur patrimoniale

Le moulin de La Doré présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale reposant sur sa représentativité en tant que moulin à scie hydraulique. À partir du milieu du XIXe siècle, plusieurs de ces moulins sont construits dans les régions nouvellement ouvertes à la colonisation, comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Situés près d'un cours d'eau qui fournit l'énergie nécessaire aux mécanismes, leur utilisation première est le sciage du bois, bien que d'autres activités puissent s'y greffer. La structure simple du moulin de La Doré, en bordure de la rivière aux Saumons, est caractéristique de ce type de bâtiments : charpente en bois, plan rectangulaire, élévation de deux étages et demi, toit à deux versants droits couvert en bardeaux de cèdre. Le sous-sol abrite la chambre des turbines, tandis que le rez-de-chaussée renferme la machinerie. Un atelier de réparations et une remise à bois occupent l'appentis à l'arrière. Un petit bâtiment sur pilotis, qui reprend en plus petit la forme du moulin, lui est relié par une courte passerelle. Malgré la vulnérabilité de son matériau, le moulin de La Doré a été en activité pendant plus de 70 ans.

Le moulin de La Doré présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce moulin témoigne de la colonisation du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Lorsqu'un noyau de peuplement se forme, un entrepreneur y installe généralement un moulin à scie, qui permet aux colons de produire les matériaux nécessaires à la construction de leur habitation à partir du bois coupé lors du défrichement de leur terre. Les deux premiers moulins de La Doré ont ainsi pour fonction de répondre aux besoins des pionniers. En 1904, Télesphore Demers acquiert le second, le démolit et construit le moulin actuel, pour en faire une petite industrie de bois de sciage. Le moulin demeure néanmoins au service de la population jusqu'en 1958. À partir de 1908, le propriétaire offre même aux habitants des environs la possibilité de faire moudre le grain destiné aux animaux. En 1920, l'ajout d'une génératrice permet l'électrification de tout le village et participe ainsi directement à sa modernisation. La moulange et la génératrice, toujours en état de marche, sont deux éléments caractéristiques de cette période.

Le moulin de La Doré présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. Ce moulin à scie possède toujours ses mécanismes ainsi qu'une conduite d'eau en bois, un élément aujourd'hui plutôt rare au Québec. Maintenus dans l'état de 1920, le moulin et ses mécanismes permettent ainsi de connaître les technologies utilisées dans les scieries québécoises au début du XXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du moulin de La Doré liés à ses valeurs architecturale, historique et technologique incluent, notamment :
- la conduite d'eau en bois, les mécanismes (rouage en bois, engrenage en bois, turbines) et les machines fixes (dégauchisseuses, grande scie et chariot baladeur, moulin à bardeaux);
- la génératrice et la moulange;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi et le toit à deux versants droits;
- les matériaux, dont la charpente en bois, le parement en planches verticales et la couverture en bardeaux de cèdre;
- les ouvertures, dont certaines portes aux angles supérieurs tronqués, la large porte à deux vantaux en bois à croix de Saint-André, la grande porte coulissante et les fenêtres à grands carreaux;
- l'appentis en bois à l'arrière du corps de bâtiment, comprenant un atelier de réparations et une remise à bois;
- le petit bâtiment sur pilotis de plan rectangulaire, à un étage et demi, coiffé d'un toit à deux versants droits, relié au corps de bâtiment par une courte passerelle et servant de dépôt pour la sciure.

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Informations historiques

Le moulin de La Doré est construit en 1904, sur l'emplacement de deux moulins antérieurs. Le premier a été incendié en 1899 et le second est démantelé en 1904 pour bâtir le moulin actuel selon les exigences de son nouveau propriétaire, Télesphore Demers. Ce dernier en fait une petite industrie de bois de sciage et modernise les installations, ce qui lui permet d'utiliser davantage le potentiel hydraulique de la rivière. Il connaît déjà ce type d'entreprise puisque sa famille possède un moulin dans la Beauce et qu'il exploite une scierie à Saint-Hilaire-de-Dorset. C'est d'ailleurs la difficulté à s'approvisionner en bois dans ce secteur qui l'amène à acquérir le moulin de La Doré.

Au fil du temps, des améliorations sont apportées. À partir de 1908, par exemple, Télesphore Demers offre aux habitants du village la possibilité de faire moudre le grain destiné aux animaux. En 1912, le premier barrage en bois est remplacé par un ouvrage en pierre et en béton, alors qu'une conduite d'eau en bois de pin gris et de tremble se substitue à l'ancienne dalle ouverte. Trois nouvelles turbines sont également installées. En 1920, l'ajout d'une génératrice permet l'électrification de tout le village et participe ainsi directement à sa modernisation.

La famille Demers administre le moulin durant 47 ans. En 1951, le fils de Télesphore Demers vend la petite entreprise à son beau-frère, Joseph Poirier. Afin d'assurer la survie de l'entreprise, Poirier concentre la production. En 1958, la moulange cesse de fonctionner et le moulin n'est plus utilisé que pour le sciage du bois. Deux ans plus tard, la famille Poirier installe une machine pour fabriquer des boîtes à bleuets.

À partir de 1976, le moulin de La Doré cesse ses activités, le moulin à eau ne parvenant plus à suivre ses concurrents convertis aux nouvelles technologies.

En 1977, la Corporation du moulin à eau de la rivière aux Saumons prend en charge sa mise en valeur, et des travaux de restauration sont amorcés dès l'année suivante.

Le moulin de La Doré est reconnu en 1978, puis classé en 1982. Devenu un centre d'interprétation connu sous le nom de Moulin des Pionniers, il est maintenant ouvert au public. Ses mécanismes sont de nouveau en marche et des animateurs y font la démonstration des techniques de sciage utilisées au début du XXe siècle.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Le Domaine-du-Roy

Municipalité :

  • La Doré

Adresse :

  • 3951, rue des Peupliers

Latitude :

  • 48° 41' 51.031"

Longitude :

  • -72° 38' 42.173"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Lac-Saint-Jean-Ouest Canton de Dufferin Absent 1-B-2 rang VI

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • MARTIN, Jean. « Moulin Audet-dit-Lapointe ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 468.
  • TREMBLAY, Gilbert. Le Moulin des Pionniers de La Doré, une histoire à suivre.... La Doré, Corporation du moulin à eau de la rivière aux Saumons, 2000. 72 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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