Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Sites archéologiques de la Pointe-à-John

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site archéologique de la Falaise et Lavoie

Région administrative :

  • Côte-Nord

Municipalité :

  • Les Bergeronnes

Période :

  • Archaïque récent (5 500 à 3 000 AA)
  • Sylvicole moyen ancien (2 400 à 1 500 AA)

Thématique :

  • Patrimoine autochtone (Patrimoine amérindien)

Usage :

  • Non applicable

Images

Carte

Description

Les sites archéologiques de la Pointe-à-John comptent deux établissements préhistoriques amérindiens axés sur l'exploitation des ressources maritimes et occupés périodiquement depuis 5500 ans avant aujourd'hui (AA) jusqu'au XVIIIe siècle. Ce lieu qui couvre une superficie de 81 100 mètres carrés. Le premier, le site de la Falaise, s'étend sur environ 4 000 mètres carrés en bordure du fleuve et est localisé sur une vaste terrasse alluviale s'élevant à 10 mètres au-dessus du niveau marin actuel. Le second, le site Lavoie, occupe une superficie de 3 750 mètres carrés sur une seconde terrasse alluviale d'une altitude de 18 mètres et à une distance d'environ 160 mètres du rivage. Le premier site est recouvert d'un boisé, tandis que le second occupe un terrain aménagé. Ils se situent sur la pointe à John, bordée par le fleuve Saint-Laurent et la baie des Grandes Bergeronnes, dans la municipalité des Bergeronnes.

Ces biens sont classés site patrimonial. Des sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1983-07-13
 

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Valeur patrimoniale

Les sites archéologiques de la Pointe-à-John présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur historique. Ces deux sites permettent l'étude des modes de vie associés aux activités de subsistance et aux schèmes d'établissement de ces occupations amérindiennes. Leur situation stratégique, en bordure et à proximité du fleuve Saint-Laurent, assure un accès aux riches ressources maritimes qui ont constitué la base de l'alimentation des groupes amérindiens ayant fréquenté ces sites. Le site Lavoie, occupé vers 5550 ans avant aujourd'hui (AA), et le site de la Falaise, fréquenté entre 2400 et 1500 ans AA, sont des établissements à l'économie orientée vers l'exploitation des ressources marines, en l'occurrence le phoque. Outre cet animal, diverses espèces d'oiseaux, de poissons et d'autres mammifères marins et terrestres ont servi de nourriture d'appoint aux Autochtones qui s'y sont installés. D'une part, l'économie de subsistance démontre une adaptation marquée de ces groupes à l'écosystème marin. D'autre part, l'étude des schèmes d'établissement indique que les sites étaient occupés de manière saisonnière, vraisemblablement depuis la fin de l'hiver jusqu'à l'automne, quoique des occupations pendant la saison très froide soient aussi envisageables. Le fleuve, voie de communication majeure au cours de la préhistoire, donne accès à d'autres routes fluviales, notamment la rivière Saguenay, permettant de pénétrer facilement à l'intérieur des terres septentrionales. Contrairement au site de la Falaise, le site Lavoie n'est pas installé au bord du fleuve, mais un peu en retrait, contre une butte rocheuse qui le protège des vents dominants. Les deux établissements ont livré des structures domestiques constituées de surfaces de gravillons bien délimitées marquant possiblement l'emplacement de foyers, de sols d'habitation ou d'aires de séchage de la viande. Surtout observés sur les sites de la côte atlantique, ces aménagements indiquent vraisemblablement des relations entretenues avec des groupes de cette région, favorisées par la position stratégique du lieu. Quant à l'étude de la provenance de la pierre utilisée pour l'outillage, elle démontre une propension vers l'emploi de matériaux d'origine plus septentrionale, indice de l'existence de réseaux d'échanges étendus vers le Nord. Soulignons de même que le site de la Falaise est aussi occupé, plus modestement, à la période historique. Utilisé comme lieu de halte de courte durée durant les XVIIe et XVIIIe siècles, il s'agirait d'occupations amérindiennes ayant adopté des éléments de la culture matérielle européenne.

Les sites archéologiques de la Pointe-à-John présentent un intérêt patrimonial pour leurs valeurs archéologique et scientifique. Les deux sites sont les premiers à avoir fait l'objet de fouilles importantes dans la Haute-Côte-Nord et à avoir documenté la chasse au phoque chez les Amérindiens. Ils constituent donc des jalons importants pour la compréhension de la préhistoire de cette région. De plus, les recherches menées sont parmi les premières au Québec à faire appel à une équipe multidisciplinaire alliant archéologie et sciences naturelles (géomorphologie, pédologie, zooarchéologie, etc.).

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques des sites archéologiques de la Pointe-à-John liés à leurs valeurs historique, archéologique et scientifique comprennent, entre autres :
- l'emplacement des sites sur la pointe à John et leur relation avec le fleuve Saint-Laurent et la baie des Grandes Bergeronnes;
- la situation du site Lavoie adossé à une butte rocheuse;
- les terrasses alluviales;
- la portion résiduelle des sites renfermant des contextes archéologiques propices à la recherche et à l'interprétation du lieu.

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Informations historiques

Le site Lavoie est occupé pendant la période dite de l'Archaïque récent, période comprise entre 5500 à 3000 ans avant aujourd'hui (AA). Cette époque est caractérisée par une présence des groupes autochtones dans toutes les régions du Québec. Cette expansion de l'occupation humaine est aussi accompagnée d'une hausse démographique tandis que l'écosystème devient plus stable et adopte l'aspect qu'on lui connaît à ce jour. Les groupes amérindiens de la Haute-Côte-Nord semblent emprunter les traits de deux grandes traditions de cette période, soit l'Archaïque laurentien et l'Archaïque maritime. La première marque les sites de la vallée du Saint-Laurent et se reconnaît entre autres par un outillage caractéristique en pierre et en os et une économie de subsistance axée sur la pêche et la chasse aux mammifères terrestres. Quant à l'Archaïque maritime, ce vocable répond aux sites localisés près d'une source d'eau salée comme le fleuve l'est à cette hauteur. L'économie est ainsi adaptée à l'exploitation des ressources marines, en l'occurrence la chasse aux mammifères marins. Il est à noter que ces deux faciès culturels présentent des points communs tels que l'emploi de couteaux semi-circulaires et des pratiques funéraires élaborées comprenant offrandes et ocre rouge. Les habitants du site Lavoie seraient des groupes ayant un faciès laurentien mais adapté à un environnement maritime.

La principale occupation du site de la Falaise se situe dans la période dite du Sylvicole moyen ancien (2400 à 1500 ans AA). Reconnue par le décor typique des poteries mises au jour sur le site, cette période est caractérisée justement par une certaine standardisation dans la fabrication et la décoration des objets en céramique. Toutefois, le site de la Falaise compte aussi des pots façonnés plus grossièrement pouvant correspondre à une imitation de ces poteries de meilleure facture. L'origine des sources de matières premières lithiques (outils en pierre taillée) est orientée principalement vers le nord, laissant supposer que les groupes amérindiens connaissaient bien ces territoires ou encore qu'ils s'approvisionnaient par l'intermédiaire des réseaux d'échanges.

Sur chacun des sites, l'exploitation du phoque est dominante, bien que d'autres espèces animales, marines ou terrestres viennent compléter le menu. Les structures domestiques retrouvées sur les établissements font foi d'un aménagement particulier se traduisant par de gravillons récoltés sur la berge du fleuve et transportés sur le site pour en recouvrir des surfaces bien délimitées. Ce trait culturel, également caractéristique des sites archéologiques de la côte atlantique, démontre peut-être l'existence de certains liens entre les groupes humains de ces deux territoires.

À la période historique, le site de la Falaise connaît une seconde occupation, probablement celle d'Amérindiens ayant adopté des éléments de la culture matérielle européenne. Ainsi, aux XVIIe et XVIIIe siècles, cette petite halte aurait été occupée pendant une courte durée au printemps ou à l'automne.

Les sites de la Pointe-à-John sont découverts en 1973 et en 1974 lors d'un programme d'inventaire des sites de la Côte-Nord.

Les sites archéologiques sont classés en 1983. La même année débute une série de campagnes de fouilles réalisées par des chercheurs universitaires. Servant de lieu de formation pratique pour des étudiants en archéologie du Québec et d'ailleurs, ces recherches ont positionné la Haute-Côte-Nord comme territoire riche en patrimoine archéologique, ouvrant la voie vers l'étude de nombreux autres sites de la région. En 1995, le Centre Archéo Topo est inauguré à proximité du périmètre classé et le site de la Falaise fait l'objet d'un nouveau programme de recherches qui perdure jusqu'en 2001.

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Emplacement

Region administrative :

  • Côte-Nord

MRC :

  • La Haute-Côte-Nord

Municipalité :

  • Les Bergeronnes

Adresse :

  • rue de la Mer

Lieux-dits :

  • Grandes-Bergeronnes

Latitude :

  • 48° 13' 48.6"

Longitude :

  • -69° 33' 1.9"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Saguenay Canton de Bergeronnes Rang 1 A-2-1 ptie du rang 1
A-2-10 ptie du rang 1
A-2-11 du Rang I
A-2-4 du rang 1

Code Borden

DbEj-11 DbEj-13 DbEj-21  

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GAUTHIER, Denis. « Ouverture d'un centre d'archéologie aux Bergeronnes ». Le Soleil, 30 mai 1995, p. A4.
  • LEBEL, Serge et Gilles TASSÉ. Fouille du site de la falaise, DbEj-13, aux Grandes-Bergeronnes, comté de Saguenay. s.l. Ministère des Affaires culturelles, 1987. 80 p.
  • MOREAU, Jean-François. « Sites archéologiques DbEj-11 (site Lavoie) et DbEj-13 (site de la Falaise) ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 476-478.
  • PLOURDE, Michel. 8000 ans de paléohistoire. Synthèse des recherches archéologiques menées dans l'aire de coordination du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent. Québec, Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent / Parcs Canada, 2003. 419 p.
  • PLUMET, Patrick et al. Le site Lavoie (DbEj-11) : l'archaïque aux Grandes-Bergeronnes, Haute Côte-Nord du Saint-Laurent, Québec. Paléo-Québec, 20. Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, 1993. 179 p.
  • s.a. « Grandes-Bergeronnes. Un centre d'interprétation archéologique ». Le Soleil, 8 juin 1995, p. A4.

Multimédias disponibles en ligne :

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