Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique Mandeville

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Sorel-Tracy

Période :

  • Sylvicole supérieur tardif ( 650 à 450 AA)

Thématique :

  • Patrimoine autochtone (Patrimoine amérindien)
  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Non applicable

Carte

Description

Le site archéologique Mandeville contient les vestiges d'un petit village semi-permanent horticole d'Iroquoiens du Saint-Laurent occupé brièvement vers 1500 de notre ère. Le site, qui fait partie d'une propriété résidentielle privée, est aménagé en surface et boisé. Situé sur la première terrasse sablonneuse surplombant la rive ouest de la rivière Richelieu, il se trouve à huit kilomètres en amont de la confluence de cette rivière avec le fleuve Saint-Laurent. Le site archéologique Mandeville est inclus dans la ville de Sorel-Tracy.

Ce bien est classé site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1975-03-11
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique Mandeville présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le site rappelle la présence des Iroquoiens du Saint-Laurent entre les régions de Montréal et de Québec. Jacques Cartier (1491-1557) relate l'existence de deux sous-ensembles culturellement apparentés, la province de Canada (région de Québec) et celle de Hochelaga (région de Montréal), mais il demeure peu éloquent sur la région intermédiaire. Ce village est compris dans une troisième province iroquoienne, celle de Maisouna, centrée dans la région du lac Saint-Pierre. Il est occupé entre 1450 et 1550 de notre ère (Sylvicole supérieur récent). Cependant, ces groupes amérindiens étaient déjà disparus lors de la visite de Samuel de Champlain (vers 1570-1635) en 1603. Ce site est donc un témoin exceptionnel de la présence de ces groupes.

Le site archéologique Mandeville présente également un intérêt patrimonial pour ses valeurs archéologique et scientifique. Il constitue un lieu-clé pour l'étude des villages iroquoiens horticoles. Le village occupe une situation stratégique. En effet, son implantation sur une terrasse sablonneuse en bordure de la rivière Richelieu laisse entendre qu'il est occupé à longueur d'année. Ce site a fait l'objet de nombreuses campagnes de fouilles qui ont mis au jour, entre autres, des vestiges de maisons longues, des sépultures, des traces de foyers, nombre d'artefacts et d'écofacts issus de la culture du tabac, du maïs et des haricots, de la fabrication de pipes à fumer et de poteries ainsi que de la préparation des aliments. Les recherches menées sur ce site sont ainsi essentielles à la compréhension de ce type d'établissement et des diverses activités qui y sont menées par ses habitants ainsi qu'à l'identification de la période durant laquelle il a été occupé. La majeure partie du site demeure intacte rendant ainsi son potentiel de recherche extrêmement élevé. Ce site est donc d'une grande importance pour la poursuite de la connaissance sur la préhistoire au Québec.

Le site archéologique Mandeville présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à sa représentativité comme village iroquoien semi-permanent horticole et comme témoin des modes de vie qui y sont associés. Les habitants du site Mandeville, au nombre estimé à 200, vivent à l'intérieur d'au moins quatre maisons longues mesurant en moyenne 32 mètres sur 7 mètres. Construites à partir d'une structure de perches de bois, ces habitations comportent au centre un alignement de foyers autour desquels se concentrent les activités domestiques. Le village est structuré et aménagé en fonction notamment des maisonnées, du dépotoir, des aires de travail, des champs cultivés et du cimetière. Les inhumations, au nombre de neuf, sont individuelles ou doubles. L'horticulture (maïs, haricot, courge et tournesol) constitue la base de l'alimentation, tandis que la chasse, la pêche et la cueillette de plantes sauvages complètent la diète des villageois. Les villageois s'adonnent également à la culture du tabac et à la fabrication de pipes à fumer en terre cuite. Ces produits servent à alimenter les réseaux d'échanges avec d'autres groupes amérindiens. L'artisanat local est aussi marqué par une importante production de vases en céramique finement décorés. Bien que le site Mandeville ait été occupé sur une base annuelle, il semble n'avoir perduré qu'une dizaine d'années. L'épuisement des ressources locales (terres arables, bois de chauffage, gibier, etc.) semble être la principale raison ayant mené à déménager le village en un autre lieu. Présentant davantage d'affinités avec les villages de la région de Québec, notamment en raison de sa petite taille et de l'absence de palissade entourant l'établissement, le site Mandeville montre un faciès régional particulier.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site archéologique Mandeville liés à ses valeur historique, archéologique et scientifique comprennent, notamment :
- sa situation sur une terrasse sablonneuse en bordure de la rivière Richelieu, à huit kilomètres en amont de la confluence de cette rivière avec le fleuve Saint-Laurent;
- la portion résiduelle du site archéologique composée de niveaux de sol, d'objets et de structures toujours enfouis.

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Informations historiques

Le Sylvicole supérieur (1000 à 400 ans avant aujourd'hui [AA]) est la dernière période de la préhistoire amérindienne dans le Nord-Est américain et précède la venue des premiers Européens. À cette époque, la vallée laurentienne est le territoire privilégié des Iroquoiens du Saint-Laurent, Amérindiens d'un même groupe linguistique ayant adopté des traits culturels communs, dont la sédentarisation et l'horticulture. Les Iroquoiens du Saint-Laurent forment en soi un ensemble culturel distinct qui est lui-même divisé en différents sous-groupes ou provinces. Les écrits de Jacques Cartier (1491-1557) relatent le cadre géopolitique de l'époque et notent l'existence de deux provinces, l'une dans la région de Québec, nommée Canada, l'autre dans la région de Montréal, nommée Hochelaga. Or, ils restent plutôt silencieux au sujet de la vaste zone comprise entre ces deux ensembles et l'archéologie est ici le principal moyen pour documenter l'occupation humaine de ce territoire. Le site Mandeville, daté entre 1450 et 1550 de notre ère, est compris dans la période du Sylvicole supérieur récent (650-450 ans AA) qui est caractérisée entre autres par une production céramique typique où la décoration géométrique cède parfois la place à des représentations humaines ou rappelant la forme d'un épi de maïs.

Le modèle ethnohistorique des Hurons est habituellement employé pour décrire la culture des Iroquoiens du Saint-Laurent. L'horticulture est à la base de l'économie de subsistance qui est complétée par les denrées provenant de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Le maïs, les haricots, les courges et le tournesol sont cultivés par les femmes, responsables de l'économie domestique. Les activités cynégétiques et halieutiques, comme les échanges avec les autres groupes, sont l'apanage des hommes qui se réservent alors l'économie extérieure. Les villages, habités à longueur d'année, sont composés de maisons longues à l'intérieur desquelles vivent plusieurs familles. Les femmes de la maison longue sont toutes parentes et vivent avec leurs maris qui eux viennent de clans distincts (système matrilocal). C'est également par la mère que se transmet la lignée familiale (système matrilinéaire). Les villages iroquoiens sont semi-permanents car après une période de dix à vingt ans environ, notamment lorsque la terre des champs est épuisée, ils sont déménagés un peu plus loin.

Le site Mandeville n'est pas enceint d'une palissade de pieux de bois et est considéré comme un village de petite taille. Les maisons longues comportent une série de foyers alignés en leur centre autour desquels se concentrent les activités domestiques. La production artisanale est dominée par la fabrication d'objets en céramique, en l'occurrence des vases et des pipes à fumer en terre cuite. Réservé à l'univers masculin, le tabac semble avoir surtout été consommé durant l'hiver, selon les dires de Cartier, et pouvait revêtir une importante connotation symbolique et rituelle. L'importante quantité de pipes mises au jour et la qualité de la production, présentant souvent une figuration humaine ou animale, illustrent bien l'importance du tabagisme sur le site Mandeville. Cette plante étant très prisée à l'époque, il n'est pas impossible que le site ait acquis un statut particulier par sa production de tabac et de pipes, possiblement devenus des biens d'échanges. Ce site et les quelques autres de la région occupaient une province iroquoienne intermédiaire entre Québec (Canada) et Montréal (Hochelaga) nommée Maisouna. La petite taille relative du site Mandeville et l'absence d'enceinte palissadée semblent toutefois démontrer des affinités culturelles plus profondes avec les Iroquoiens de l'est que ceux de l'ouest.

Découvert en 1961, le site fait l'objet de cinq saisons de fouilles entre 1969 et 1975 ainsi que d'une dernière en 1985.

Le site archéologique Mandeville est classé en 1975. Il fait partie d'une propriété privée.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Pierre-De Saurel

Municipalité :

  • Sorel-Tracy

Adresse :

  • 13500, chemin Saint-Roch

Lieux-dits :

  • Tracy

Latitude :

  • 45° 59' 10.312"

Longitude :

  • -73° 8' 52.805"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Richelieu Paroisse de Saint-Joseph Absent 109-5 ptie

Code Borden

CaFg-1      

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Références

Notices bibliographiques :

  • CHAPDELAINE, Claude. Étude de la variabilité culturelle des Iroquoiens du Saint-Laurent d'après le site préhistorique Mandeville à Tracy. Université de Montréal, 1988. s.p.
  • CHAPDELAINE, Claude. Le site Mandeville à Tracy : variabilité culturelle des Iroquoiens du Saint-Laurent. Signes des Amériques, 7. Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, 1989. 295 p.
  • CHAPDELAINE, Claude. « Site archéologique Mandeville ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 245-247.
  • CHAPDELAINE, Claude. « The Mandeville Site: A Small Iroquoian Village And A Large Smoking Pipe Collection - An Interpretation ». HAYES III, C. F., dir. Proceedings of the 1989 Smoking Pipe Conference. Research Records, 22. Rochester, Rochester Museum and Science Center, 1992, p. 31-40.
  • GIROUARD, Laurent. « Un site iroquoien sur la rivière Richelieu, CaFg-1 ». Recherches amérindiennes au Québec. Vol. 2, no 1 (1972), p. 50-54.
  • LALIBERTÉ, Marcel. Mandeville, site archéologique préhistorique. Dossier, 2. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1975. 33 p.
  • LAROCQUE, Robert. Paléoanthropologie de certains Iroquoiens préhistoriques du Québec. Université de Montréal, 1982. 158 p.
  • TREMBLAY, Roland et al. Les Iroquoiens du Saint-Laurent : peuple du maïs. Montréal, Les Éditions de l'Homme / Pointe-à-Callière, Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, 2006. 139 p.

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