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Casgrain, Thérèse

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Synthèse

Née le 10 juillet 1896 à Montréal, Thérèse Casgrain est la fille de Rodolphe Forget, homme politique et homme d'affaires, et de Blanche MacDonald.

De 1905 à 1914, Thérèse Casgrain fréquente le pensionnat des Dames du Sacré-Coeur du Sault-au-Récollet (Montréal). Par la suite, elle souhaite entreprendre des études en droit à l'université, mais se bute au refus de son père.

Thérèse Casgrain est une des principales figures de la lutte pour l'obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises. En 1922, elle participe à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin et y occupe la charge de vice-présidente. En 1929, elle accède à la présidence de l'organisme, devenu la Ligue des droits de la femme, et conserve ce poste jusqu'en 1941. Au cours des années 1930, elle est au coeur des campagnes visant à promouvoir la lutte pour le suffrage et l'avancement des droits des femmes en général, notamment à travers son émission de radio, Fémina. En 1938, alors qu'elle est vice-présidente du Club des femmes libérales du Canada, elle mène une grande délégation féminine au congrès du Parti libéral du Québec et parvient, après presque deux décennies d'échecs et de revers, à faire ajouter le suffrage féminin au programme électoral du parti. En 1940, l'Assemblée législative de la province de Québec adopte le projet de loi accordant le droit de vote et le droit d'éligibilité aux femmes québécoises. Thérèse Casgrain est alors reconnue comme la principale artisane de cette victoire.

Après cette réussite, Thérèse Casgrain poursuit son travail pour l'égalité tant juridique que sociale des femmes en usant de son influence et de ses relations dans les milieux politiques. Par exemple, en 1945, alors qu'elle copréside le Service aux consommateurs, organe de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, elle parvient à faire renverser une décision qui aurait permis aux pères de famille québécois de toucher des allocations familiales qui, ailleurs au Canada, sont destinées aux mères. En 1961, elle fonde la section québécoise de la Voix des femmes, un organisme féminin luttant contre l'armement nucléaire. Cinq ans plus tard, afin de coordonner les associations féminines à l'échelle nationale dans un cadre non confessionnel, elle veille à la fondation de la Fédération des femmes du Québec.

En plus de s'impliquer dans diverses initiatives citoyennes, Thérèse Casgrain est également présente en politique active. En 1942, elle est candidate libérale indépendante lors d'une élection partielle dans la circonscription fédérale de Charlevoix-Saguenay, mais ne parvient pas à convaincre les électeurs. Quatre ans plus tard, elle se joint à la Fédération du Commonwealth coopératif, appelé plus tard le Parti social démocratique, puis le Nouveau Parti démocratique. En 1948, elle est élue vice-présidente du Conseil national de ce parti, puis de 1951 à 1957, elle agit comme chef de l'aile québécoise. Elle brigue les suffrages à six reprises pour ce parti, mais ne parvient pas à être élue. En 1970, elle est nommée au Sénat canadien. Son passage au Parlement est de courte durée, puisqu'elle est nommée alors qu'elle est à quelques mois d'avoir atteint l'âge de retraite obligatoire des sénateurs. Elle parvient néanmoins à faire bouger plusieurs dossiers qui concernent la condition féminine, notamment sur la question des droits des femmes autochtones.

Elle a publié Une femme chez les hommes (1971).

Elle est décédée à Montréal le 3 novembre 1981. Elle est inhumée dans la même ville, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Elle avait épousé à Montréal, en 1916, Pierre-François Casgrain, avocat, fils de François Casgrain, médecin, et de Marie-Hélène-Adèle Berthelot.

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Références

Notices bibliographiques :

  • BAILLARGEON, Denyse. Brève histoire des femmes au Québec. Montréal, Boréal, 2012. 281 p.
  • Collectif Clio. L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, le jour, 1992. 646 p.
  • DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
  • FORGET, Nicolle. Thérèse Casgrain : la gauchiste au collier de perles. Montréal, Fides, 2013. 534 p.
  • Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

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