Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Signature du traité de Paris

Type :

Événement

Date :

  • 1763‑02‑10

Période historique :

  • Le Régime britannique (1760 à 1867)

Thème commémoratif :

  • Défense
  • Gouvernance

Éléments associés

Événements associés (1)

Personnes associées (1)

Images

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

Haut de la page

Synthèse

Le 10 février 1763, la signature du traité de Paris met fin à la guerre de Sept Ans, un conflit qui oppose depuis 1756 les royaumes de France et de Grande-Bretagne, ainsi que leurs alliés, non seulement en Europe, mais en Amérique du Nord, sur l'océan Atlantique, en Afrique occidentale et aux Indes. Fruit de longues négociations, ce document engendre d'importantes transformations politiques, économiques et sociales à travers le monde, particulièrement en Amérique du Nord.

Les négociations de paix s'amorcent au printemps 1761, alors que le roi de Grande-Bretagne George III, monté sur le trône l'année précédente, envisage de mettre un terme à la guerre. Victorieux sur le plan militaire, les Britanniques n'ont ni les moyens, ni la volonté de réclamer la cession de tous les territoires qu'ils occupent. Dans ce contexte, le gouvernement du premier ministre John Stuart recherche l'atteinte d'un compromis basé sur un meilleur équilibre entre les puissances européennes. Du côté de la France, le secrétaire d'État à la Guerre Étienne François de Choiseul considère, compte tenu des dernières défaites militaires subies par les troupes de Louis XIV, céder le Canada si la Guadeloupe et les pêcheries de Terre-Neuve sont conservées. L'entrée dans le conflit de l'Espagne au côté de la France en janvier 1762 a pour effet de remanier les enjeux territoriaux. Lors des négociations préliminaires tenues à Fontainebleau le 3 novembre 1762, le royaume de Charles III obtient de son allié français la Louisiane, en compensation des pertes subies durant le conflit.

Le traité de Paris est signé à l'hôtel du diplomate britannique John Russell en 1763. L'entente, rédigée en français entre la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne, comprend 30 articles qui consacrent d'importants gains britanniques. Toutes les possessions françaises en Inde, sauf quelques comptoirs, sont abandonnées au profit de la Grande-Bretagne. La France donne à cette dernière tous ses territoires américains à l'est du Mississippi, mais conserve les îles Saint-Pierre et Miquelon ainsi qu'un droit limité de pêche dans le golfe du Saint-Laurent. Elle garde aussi ses lucratives possessions antillaises. L'Espagne cède quant à elle la Floride aux Britanniques pour récupérer La Havane.

Pour les Canadiens, la ratification du traité de Paris confirme le changement de régime. Le traité offre toutefois des garanties aux habitants, telles que la liberté de professer la religion catholique dans le respect des lois britanniques et le droit de jouir et de disposer de leurs biens. Ceux qui désirent rentrer en France auront 18 mois pour le faire. Le 7 octobre 1763 est déclarée la Proclamation royale qui définit les structures administratives de la colonie britannique, désormais désignée sous le nom de Province de Québec. Un nouveau découpage territorial circonscrit les Canadiens autour de la vallée du Saint-Laurent.

La signature du traité de Paris a aussi des répercussions ailleurs en Amérique du Nord. Une coalition de peuples autochtones menés par le chef outaouais Pontiac se rebelle contre la Grande-Bretagne en mai 1763, pour récupérer leurs territoires cédés à cette dernière. Cette révolte se solde par la défaite de Pontiac en 1766. La fin des hostilités amène également la Grande-Bretagne à imposer diverses taxes aux Treize colonies afin de recouvrer une partie des sommes investies dans l'effort de guerre. Ces taxes provoquent le mécontentement des colons américains, alimentant leur désir d'être représentés politiquement, et conduisent ultimement à la Déclaration d'indépendance des États-Unis.

Le traité de Paris de 1763 sème les germes de profondes transformations. La confirmation de la conquête de la Nouvelle-France, plus particulièrement du Canada, bouleverse les institutions et la structure sociale de l'ancienne colonie française. Les nouveaux administrateurs britanniques devront toutefois composer avec une population francophone majoritaire qui n'entend pas renier ses origines.

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • CALLOWAY, Colin. The scratch of a pen : 1763 and the transformation of North America. New York, Oxford University Press, 2005. 219 p.
  • DE WAELE, Michel. « Guerre et paix en Europe, conquête et cession en Nouvelle-France ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 11-14.
  • FRÉGAULT, Guy. La Guerre de la Conquête. Montréal, Fides, 2009. 514 p.
  • GOUGH, Barry. British Mercantile Interests in the Making of the Peace of Paris - 1763. Lewinston (NY), E. Mellen Press, 1992. 156 p.
  • IMBEAULT, Sophie, dir., Denis VAUGEOIS, dir. et Laurent VEYSSIÈRE. 1763 : la traité de Paris bouleverse l'Amérique. Québec, Septentrion, 2013. 420 p.
  • JENNINGS, Francis, dir. The History and culture of Iroquois diplomacy : an interdisciplinary guide to the treaties of the Six Nations and their league. Syracuse (NY), Syracuse University Press, 1985. 278 p.
  • SAWAYA, Jean-Pierre. « Les Amérindiens et le traité de Paris ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 27-29.
  • VAUGEOIS, Denis. « Un traité aux répercussions continentales ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 4-7.
  • s.a. Le traité de Paris de 1763 en bref. Québec, Septentrion, 2014. 157 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013