Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de la Maison-Brossard

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Brossard

Date :

  • 1784 – 1803 (Construction)

Période :

  • Le Régime britannique (1760 à 1867)

Thématique :

  • Patrimoine agricole

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (6)

Personnes associées (6)

Description

Le site patrimonial de la Maison-Brossard est une ancienne propriété agricole comprenant une résidence, une laiterie, une grange-étable, un poulailler, un garage et des latrines. La maison en pierres des champs grossièrement équarries, construite entre 1784 et 1803, présente un plan rectangulaire à un étage et un toit à deux versants à forte pente à larmiers retroussés et couvert de tôle. Une souche de cheminée en pierre s'élève à chaque extrémité du faîte. Le bâtiment est doté de fenêtres rectangulaires à battants comptant 12 carreaux ainsi que d'une porte pleine en bois protégée par une contre-porte en planches verticales et précédée d'un petit perron en bois. Une cuisine d'été est construite contre le mur pignon nord-est de la résidence, en retrait de la façade de celle-ci. Cette annexe érigée au XIXe siècle présente aussi un plan rectangulaire à un étage et demi coiffé d'un toit à deux versants retroussés et couvert de tôle. Faite de bois, la structure est posée sur des fondations en pierres des champs grossièrement équarries.

La laiterie, probablement bâtie au tournant du XIXe siècle, est un bâtiment de petites dimensions en pierre des champs et coiffé d'un toit à deux versants couvert de tôle. Elle présente quelques petites ouvertures et une porte pleine en planches. La grange-étable, le poulailler, le garage et les latrines sont des bâtiments rectangulaires couverts de planches verticales. Ils sont surmontés d'un toit en tôle : à versants droits pour le poulailler et la laiterie, en appentis pour les latrines et brisé « en dos d'âne » pour la grange-étable.

L'ensemble est implanté en retrait de la voie publique, sur un vaste terrain de près de 16 000 mètres carrés. Ce terrain plat, largement gazonné et planté d'arbres adultes et d'arbustes, est notamment bordé à l'ouest par une voie ferrée, au sud par le chemin des Prairies, et au nord et à l'est par des bâtiments résidentiels récents. La propriété est située dans la ville de Brossard.

Ce bien est classé site patrimonial. La protection s'applique au terrain et à l'enveloppe extérieure des bâtiments qui y sont érigés. La maison Brossard, incluant la cuisine d'été, est classée immeuble patrimonial, et cette protection s'applique tant aux éléments intérieurs qu'extérieurs du bâtiment.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-07-09

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2019-07-25
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de la Maison-Brossard présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La maison Brossard s'élève sur une propriété concédée d'abord en 1717 à François Bisaillon. En 1743, sa nièce Marie-Marguerite Bisaillon et son époux Claude Brossard, en raison d'une donation entre vifs, deviennent propriétaires du lieu. L'actuelle maison en pierre est construite entre 1784 et 1803 pour la famille de leur fils cadet, Louis Brossard (vers 1760 – 1829), et de sa femme, Marie-Josephe Brosseau, en remplacement d'une première demeure en pieux sur pieux élevée en 1743 ou 1744. La résidence est ensuite habitée jusqu'en 1998 par des générations successives de la famille Brossard. Le site patrimonial de la Maison-Brossard témoigne ainsi de la présence de cette famille et de son rôle dans la seigneurie de la Prairie-de-la-Madeleine et de la ville de Brossard.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. La résidence constitue un exemple de maison rurale d'inspiration française, comme en témoignent son corps de logis en pierres des champs, son toit à deux versants, ses cheminées en pierre disposées dans les murs pignons, ses ouvertures distribuées de manière asymétrique et l'absence de lucarnes. Très peu de modifications ont été apportées à la résidence au fil du temps. La cuisine d'été, construite contre le mur pignon nord-est de la maison, est un ajout du XIXe siècle. Cette annexe possède des caractéristiques formelles similaires à celles du corps de logis, dont le plan rectangulaire, le toit à deux versants légèrement retroussés et des ouvertures rectangulaires disposées de manière asymétrique. La laiterie en pierre date vraisemblablement de la même époque que la maison. Elle est caractérisée par ses murs épais en maçonnerie de pierre et par son carré bas de petites dimensions. La grange-étable, le poulailler et les latrines, plus récents, présentent des caractéristiques répandues pour ce genre de dépendances, soit des plans rectangulaires simples, des murs en planches verticales, des toits couverts de tôle et un nombre restreint d'ouvertures. La grange-étable se distingue par son toit brisé dit « en dos d'âne », permettant de dégager plus d'espace à l'étage pour l'entreposage du foin. Le garage, construit en 1936, reprend ce plan rectangulaire, le toit à deux versants droits et les murs en planches verticales, et se distingue par sa grande porte à double vantail.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur ethnologique. Les dépendances sont représentatives des divers types de bâtiments associés au mode de vie rural. La laiterie de ferme est un petit bâtiment qui sert à l'entreposage du lait et d'autres denrées périssables. Une petite fenêtre est souvent percée dans l'un des côtés pour permettre l'aération et ainsi éviter le développement d'humidité ou de moisissures. Peu de bâtiments construits pour remplir cette fonction essentielle dans les fermes d'autrefois subsistent aujourd'hui. L'ensemble formé par la résidence et ses dépendances témoigne du mode de vie d'une famille d'agriculteurs des XIXe et XXe siècles.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur paysagère. Le terrain plat de grandes dimensions, largement gazonné et planté d'arbres adultes et d'arbustes, la maison et les dépendances érigées à proximité de celle-ci rappellent la vocation agricole du secteur du chemin des Prairies, qui s'est urbanisé et densifié à partir du milieu du XXe siècle. Par ailleurs, l'implantation de la maison, dont la façade est tournée vers l'est plutôt que vers la voie publique, au sud du terrain, rappelle le découpage ancien des lots disposés dans l'axe est-ouest dans la seigneurie de la Prairie-de-la-Madeleine.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2020.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de la Maison-Brossard liés à ses valeurs historique, architecturale, ethnologique et paysagère comprennent, notamment:
- son aménagement sur un vaste terrain plat de près de 16 000 mètres carrés, largement gazonné et planté d'arbres adultes et d'arbustes, en bordure du chemin des Prairies, au cœur de la ville de Brossard;
- la présence de la maison dotée d'une cuisine d'été et de dépendances comprenant une laiterie, une grange-étable, un poulailler, un garage et des latrines;
- les caractéristiques du corps de logis de la maison Brossard, dont l'implantation perpendiculaire au chemin des Prairies avec la façade tournée vers l'est, le plan rectangulaire à un étage coiffé d'un toit à deux versants à forte pente, les murs en maçonnerie de pierres des champs grossièrement équarries, la couverture en tôle, les fenêtres rectangulaires en bois, à battants, à 12 carreaux et à contrefenêtres, la porte en bois à panneaux, à vitrage et à imposte vitrée protégée par une contre-porte à deux battants en planches verticales, les chambranles en bois, les soupiraux, les souches de cheminées en pierre disposées à chaque extrémité du toit, les esses, l'inscription « IHS » dans le crépi au-dessus de la porte, le petit perron en bois;
- les caractéristiques de la cuisine d'été, dont son adossement au mur pignon nord-est de la résidence, son implantation en retrait de la façade de celle-ci, son plan rectangulaire à un étage et demi, son toit à deux versants légèrement retroussés et couvert de tôle, les fondations en pierres des champs grossièrement équarries, les parements en planches verticales, les fenêtres rectangulaires en bois, à grands carreaux et disposées de manière asymétrique, la porte en bois, pleine et à panneaux, la souche de cheminée en brique à l'extrémité nord du faîte et le petit perron en bois;
- les caractéristiques de la laiterie, dont l'implantation en face de la cuisine d'été, le plan rectangulaire à un étage, le toit à deux versants droits et couvert de tôle, les murs en maçonnerie de pierres des champs, les ouvertures rectangulaires de petites dimensions protégées par des contrevents en planches et la porte en planches verticales;
- les caractéristiques de la grange-étable, dont son implantation à l'arrière de la résidence, son plan rectangulaire à deux étages, le toit brisé dit « en dos d'âne » et couvert de tôle, les murs en planches verticales, les ouvertures peu nombreuses et la porte à glissière de grandes dimensions;
- les caractéristiques du poulailler, dont son implantation à l'est de la résidence, son plan rectangulaire à un étage, le toit à deux versants et couvert de tôle, les murs en planches verticales, les ouvertures concentrées du côté sud du bâtiment (dont des fenêtres rectangulaires à carreaux et des portes en planches verticales);
- les caractéristiques des latrines doubles, dont l'implantation adjacente à l'arrière du poulailler, le plan carré, le toit en appentis et couvert de tôle, les murs en planches verticales et la porte en planches;
- les caractéristiques du garage, dont son plan rectangulaire à un étage, le toit à deux versants droits et couvert de tôle, les murs aveugles en planches verticales, la grande porte à double vantail et en planches verticales.

Haut de la page

Informations historiques

Le site patrimonial de la Maison-Brossard se trouve sur le territoire de l'ancienne seigneurie de La Prairie-de-la-Madeleine, concédée en 1647 à la Compagnie de Jésus. En 1672, les terres de la côte des Prairies, longeant la rivière Saint-Jacques, commencent à être habitées. Le premier occupant du site actuel de la maison Brossard est François Bisaillon, à qui les Jésuites concèdent un prolongement de sa terre. Cette propriété fait alors 2 arpents de front sur 20 arpents de profondeur.

Sans enfant à l'aube de la soixantaine, François Bisaillon fait une donation entre vifs en 1743. Les donataires, qui obtiennent alors la propriété, sont Claude Brossard et son épouse, Marie-Marguerite Bisaillon, nièce de François. Ils font ériger rapidement, vers 1743 ou 1744, une maison en pieux sur pieux de 36 pieds sur 20 pieds. Cette demeure et le terrain sont cédés à Louis Brossard (vers 1760 – 1829), fils cadet de Claude et de Marguerite, au moment de son mariage en 1784.

La maison actuelle, en pierre, a remplacé le bâtiment de bois avant 1803, comme en témoigne l'inventaire après décès de Marie-Josephe Brosseau, première épouse de Louis Brossard. La vaste résidence en pierre fait 34 pieds sur 32 pieds, a 2 cheminées et est divisée en 4 pièces. La laiterie, aussi en pierre, est probablement de la même époque que la maison. Les bâtiments sont faits en pierres grossièrement équarries qui proviennent probablement des environs.

Une cuisine d'été est érigée contre le mur pignon nord-est de la résidence au cours du XIXe siècle. Ses fondations sont possiblement faites en partie de la pierre récupérée lors du percement des ouvertures dans le mur de la résidence pour prévoir l'accès à cette annexe. Les coyaux, donnant un profil de toit aux versants légèrement retroussés, sont vraisemblablement aussi des ajouts du XIXe siècle.

En 1851, la compagnie Champlain and St. Lawrence Railroad exproprie une petite partie du lot, à l'ouest.

Diverses modifications sont apportées au cours des années 1930, dont l'installation de l'électricité dans la résidence et la construction du garage en 1936 pour abriter la voiture d'Alexandre Brossard (1877 – 1963). C'est ce dernier qui vend l'essentiel de ses terres en 1961, conséquence de la construction du pont Champlain et de la perte progressive de la vocation agricole du secteur. Il ne conserve que le lot actuel, à l'ouest de cette propriété, où se trouvent la maison et les bâtiments secondaires, soit le garage, la grange-étable, le poulailler, la laiterie et les latrines.

L'électricité demeure la seule commodité moderne de la maison. Au tournant du XXIe siècle, la résidence n'a toujours ni eau courante ni salle de bain. Elle est habitée par des membres de la famille Brossard jusqu'en 1998. Cette famille est propriétaire encore aujourd'hui.

Le site patrimonial de la Maison-Brossard est classé en 2020. La maison Brossard est classée immeuble patrimonial au même moment.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Longueuil

Municipalité :

  • Brossard

Adresse :

  • 4240, chemin des Prairies

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 223 089

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013