Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Épave du Bienfaisant

Type :

Patrimoine mobilier (Bien archéologique)

Région administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Pointe-à-la-Croix

Date :

  • vers 1750 (Construction)
  • 1760‑07‑08 (Sabordage)
  • 1969 (Découverte)
  • 2010 (Intervention archéologique)

Période :

  • Le Régime français (1534 à 1760)

Thématique :

  • Patrimoine maritime et fluvial

Classification :

  • Bien archéologique > Objets de distribution et de transport > Transport nautique : bateau
  • Bien archéologique > Objets de distribution et de transport > Transport nautique : fonction > Militaire
  • Bien archéologique > Objets de distribution et de transport > Transport nautique : fonction > Transport de marchandises
  • Bien archéologique > Objets de distribution et de transport > Transport nautique : fonction > Transport de passagers
  • Bien archéologique > Objets de distribution et de transport > Transport nautique : mode de propulsion > Voiles

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Images

Description

L'épave du Bienfaisant est le vestige d'un navire marchand français coulé le 8 juillet 1760. Le site, d'environ 20 mètres de longueur et 8 mètres de largeur, comprend des éléments architecturaux en chêne émergeant d'environ 30 à 50 centimètres des sédiments. Trois alignements sont observables sous l'eau. Le premier, à l'ouest, est composé d'une suite d'environ sept couples. La section du centre montre une longue pièce de renfort interne, deux planches adjacentes de vaigrage, une dizaine de couples et une membrure transversale. La troisième section, à l'est, présente 14 membrures associées à trois planches de vaigrage, sur deux desquelles ont été observés des gournables et des trous de clous. Un quatrième alignement est visible sur les relevés du sonar à balayage circulaire, mais sa nature exacte n'est pas connue. L'épave du Bienfaisant repose dans la rivière Ristigouche, au sud-ouest de la pointe de la Mission, dans la municipalité de Pointe-à-la-Croix, à une profondeur d'environ 3 mètres.

Provenance archéologique :

  • DaDq-6

Contexte archéologique :

  • Épave

Lieu de production :

  • Europe > France

Type de fabrication :

Artisanal

Matériaux :

  • Matières organiques - solides fibreux (Bois)

Intégrité :

Objet incomplet (25% à 75% de l'objet)

Nombre de biens :

1

Numéro de l'objet :

  • Numéro de pièce : 1M

Discipline :

  • Archéologie historique

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Le Bienfaisant est un navire marchand en bois de 320 tonneaux vraisemblablement construit en France vers le milieu du XVIIIe siècle. Il fait partie en 1760 de l'expédition de ravitaillement et de sauvetage de la Nouvelle-France des armateurs Lamalétie et Latuilière. Cette escadre se compose du Bienfaisant, du Marquis de Malauze, du Fidélité, de l'Aurore et du Soleil, cinq navires marchands transportant 400 hommes de troupe et 2000 tonneaux de vivres et de munitions, escortés par la frégate le Machault.

Deux jours après avoir appareillé, le Soleil et l'Aurore sont coulés par les Britanniques. Peu de temps après, le Fidélité est emporté dans une tempête. Les navires restants atteignent le golfe du Saint-Laurent à la mi-mai. Apprenant que les navires anglais ayant hiverné à Louisbourg les attendent, François Chénard De la Giraudais, capitaine du Machault, ignore les ordres de se rendre en Louisiane en cas de blocage du fleuve par les Anglais et tente plutôt de les déjouer en se dirigeant vers la baie des Chaleurs, où une résistance acadienne et micmaque s'organise. Avec les Acadiens et les Micmacs, les effectifs français s'élèvent à près de 800 hommes, appuyés par 56 canons. Si l'escadre du Machault ne compte plus que deux navires marchands et la frégate, elle est complétée par une vingtaine de petites embarcations françaises et acadiennes. Ces éléments sont unis sous une commande coordonnée, des batteries sont installées au sol, les trois bâtiments sont mis à l'ancre à travers la Ristigouche, et les Français attendent l'arrivée des navires britanniques.

Le 3 juillet 1760, les navires britanniques pénètrent dans l'estuaire de la Ristigouche et de violents combats s'engagent sur terre et sur mer. L'escadre britannique du capitaine John Byron est composée de trois vaisseaux de ligne et de trois frégates, pour une force de près de 1850 hommes et 256 canons. Après cinq jours de bombardement, le 8 juillet, la cale du Machault prend l'eau et les munitions manquent. Le commandant français ordonne de saborder le Machault et le Bienfaisant, pour éviter que les Britanniques ne prennent possession des vivres et des munitions restantes. Le Marquis de Malauze, affecté comme ponton des prisonniers anglais, est brûlé et coulé peu de temps après par les Britanniques, après avoir libéré les hommes. Ses navires perdus, la résistance française s'effondre et les embarcations acadiennes ne peuvent qu'assurer la fuite de plusieurs matelots et soldats.

Des travaux archéologiques sont réalisés sur la Ristigouche à partir de 1966 par la Direction des Parcs nationaux. En 1969, l'épave du Bienfaisant est découverte par prospection au magnétomètre. Des vestiges architecturaux et un gouvernail indiquent la présence d'un navire de grande taille. L'épave du Machault est découverte en même temps. La fouille du Machault est privilégiée en raison de son meilleur état de conservation et de sa fonction militaire. Le site du Bienfaisant reste donc intouché.
En 1999, pendant les travaux de surveillance réalisés par le Service d'archéologie subaquatique de Parcs Canada, les archéologues observent sur le site de l'épave du Bienfaisant un alignement de membrures qui émergent des sédiments de 30 à 50 centimètres de hauteur, sur une distance de 25 mètres. De nouveaux travaux de surveillance sont effectués en 2010 avec cette fois des moyens plus adéquats. L'épave du Bienfaisant est documentée et cartographiée pour la première fois. Trois alignements de pièces architecturales sont observés sous l'eau et un quatrième est visible sur les relevés du sonar à balayage.

L'organisation des vestiges semble similaire à celle du Machault. La coque du navire est ouverte sur la longueur et les vestiges, aplatis par un éclatement rapide, auraient ensuite été ensevelis et ainsi protégés par les sédiments. Une violente explosion documentée au moment du sabordage du navire pourrait en être responsable et expliquerait aussi les membrures brisées.

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Emplacement

Region administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

MRC :

  • Avignon

Municipalité :

  • Pointe-à-la-Croix

Code Borden

DaDq-6      

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Références

Notices bibliographiques :

  • DAGNEAU, Charles. Lieu historique national du Canada de la Bataille-de-la-Ristigouche : recherches archéologiques subaquatiques 2010. Ottawa, Parcs Canada, 2011. 46 p.
  • WADELL, Peter et Walter ZACHARCHUK. Le recouvrement du Machault, une frégate française du XVIIIe siècle. s.l. Parcs Canada, 1984. 74 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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