Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Épave du Machault

Type :

Patrimoine mobilier (Bien archéologique)

Région administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Pointe-à-la-Croix

Date :

  • 1757 (Construction)
  • 1760‑07‑08 (Sabordage)
  • 1969 (Découverte)
  • 1969 – 1972 (Intervention archéologique)

Période :

  • Le Régime français (1534 à 1760)

Thématique :

  • Patrimoine maritime et fluvial

Classification :

  • Bien archéologique > Objets de distribution et de transport > Transport nautique : bateau > Frégate
  • Bien archéologique > Objets de distribution et de transport > Transport nautique : fonction > Militaire
  • Bien archéologique > Objets de distribution et de transport > Transport nautique : mode de propulsion > Voiles

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Description

L'épave du Machault est le vestige d'une frégate française construite en 1757 et coulée le 8 juillet 1760. Une partie du navire et des artéfacts est exposée au Lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche à Pointe-à-la-Croix. D'autres éléments architecturaux et matériels sont entreposés dans les locaux de Parcs Canada à Ottawa. Plusieurs vestiges architecturaux et mobiliers sont néanmoins toujours en place. La principale composante visible du site du Machault est la carlingue, qui a été exposée sur une longueur de 3 mètres. À l'avant du navire, une dizaine de couples, ou membrures assemblées, s'étendent de 8 à 9 mètres à chaque côté de la carlingue. Les vestiges gisent entre 2,5 et 8 mètres de profondeur, dans la rivière Ristigouche, vis-à-vis de la municipalité de Pointe-à-la-Croix en Gaspésie.

Provenance archéologique :

  • DaDq-3

Contexte archéologique :

  • Épave

Lieu de production :

  • Europe > France > Bayonne

Type de fabrication :

Artisanal

Matériaux :

  • Matières organiques - solides fibreux (Bois)

Dimensions :

  • Hauteur : 5,5 mètre(s)
  • Largeur : 11,1 mètre(s)
  • Longueur : 41,1 mètre(s)

Intégrité :

Objet incomplet (25% à 75% de l'objet)

Nombre de biens :

1

Numéro de l'objet :

  • Numéro Parcs Canada : 2M
  • Numéro Parcs Canada : 10G

Discipline :

  • Archéologie historique

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

L'épave du Machault est celle d'une frégate corsaire construite en 1757 à Bayonne par le charpentier Jean Hargous et l'architecte royal Geoffroy. Le Machault est ensuite vendu à deux reprises, la seconde fois à Pierre Desclaux, associé du munitionnaire du Canada Joseph Cadet. La frégate est armée en 1760 à Bordeaux pour l'expédition de ravitaillement et de sauvetage de la Nouvelle-France, au nom des armateurs Lamalétie et Latuilière. Le Machault assure l'escorte militaire d'une escadre comportant le Bienfaisant, le Marquis de Malauze, le Fidélité, l'Aurore et le Soleil, cinq navires marchands transportant 400 hommes de troupe et 2 000 tonneaux de vivres et munitions.

Deux jours après avoir appareillé, le Soleil et l'Aurore sont coulés par les Britanniques. Peu de temps après, le Fidélité est emporté dans une tempête. Les navires restants atteignent le golfe du Saint-Laurent à la mi-mai. Apprenant que les navires anglais ayant hiverné à Louisbourg les attendent, François Chénard De la Giraudais, capitaine du Machault, ignore les ordres de se rendre en Louisiane en cas de blocage du fleuve par les Anglais et tente plutôt de les déjouer en se dirigeant vers la baie des Chaleurs, où une résistance acadienne et micmaque s'organise. Avec les Acadiens et les Micmacs, les effectifs français s'élèvent à près de 800 hommes, appuyés par 56 canons. Si l'escadre du Machault ne compte plus que deux navires marchands et la frégate, elle est complétée par une vingtaine de petites embarcations françaises et acadiennes. Ces éléments sont unis sous une commande coordonnée, des batteries sont installées au sol, les trois bâtiments sont mis à l'ancre à travers la Ristigouche, et les Français attendent l'arrivée des navires britanniques.

Le 3 juillet 1760, les navires britanniques pénètrent dans l'estuaire de la Ristigouche et de violents combats s'engagent sur terre et sur mer. L'escadre britannique du capitaine John Byron est composée de trois vaisseaux de ligne et de trois frégates, pour une force de près de 1850 hommes et 256 canons. Après cinq jours de bombardement, le 8 juillet, la cale du Machault prend l'eau et les munitions manquent. Le commandant français ordonne de saborder le Machault et le Bienfaisant, pour éviter que les Britanniques ne prennent possession des vivres et des munitions restantes. Le Marquis de Malauze, affecté comme ponton des prisonniers anglais, est brûlé et coulé peu de temps après par les Britanniques, après avoir libéré les hommes. Ses navires perdus, la résistance française s'effondre et les embarcations acadiennes ne peuvent qu'assurer la fuite de plusieurs matelots et soldats.

Des travaux archéologiques sont réalisés sur la Ristigouche à partir de 1966 par la Direction des parcs nationaux du Canada. En 1969, l'épave du Machault est localisée à l'aide d'une prospection au magnétomètre sur la glace, en même temps que celle du Bienfaisant. Le Machault est privilégié pour les travaux archéologiques en raison de son meilleur état de conservation et de sa fonction militaire. Des fouilles importantes y sont réalisées de 1969 à 1972, les premières fouilles subaquatiques d'envergure au Canada.

L'intention de Parcs Canada durant ces fouilles n'est pas de réaliser une reconstitution complète du navire mais d'obtenir un échantillonnage représentatif de la structure de l'épave et de la cargaison. Les éléments architecturaux remontés sont l'étrave, le gouvernail, une section centrale de carène, et une partie du gréement. L'importante collection d'objets mise au jour livre de précieuses informations sur les outils, les marchandises transportées, le ravitaillement en chaussures, les différentes catégories d'armes et sur le verre et la céramique importés.
Le mobilier forme une collection de référence archéologique importante pour le Régime français, appuyée par plusieurs études spécialisées depuis 1972 et une thèse doctorale en 2009. Les vestiges architecturaux font l'objet d'un mémoire de maîtrise en 2015.

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Emplacement

Region administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

MRC :

  • Avignon

Municipalité :

  • Pointe-à-la-Croix

Code Borden

DaDq-3      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BEATTIE, Judith et Bernard POTHIER. La bataille de la Ristigouche. Ottawa, Parcs Canada, 1996. 48 p.
  • DAGNEAU, Charles. Lieu historique national du Canada de la Bataille-de-la-Ristigouche : recherches archéologiques subaquatiques 2010. Ottawa, Parcs Canada, 2011. 46 p.
    • L'image intitulée Épave du Machault. Plan schématique de fouille. dans l'onglet Images en fait partie.
    • L'image intitulée Épave du Machault. Croquis des structures visibles restantes. dans l'onglet Images en fait partie.
  • GAUMOND, Michel. Documentation sur le naufrage de Restigouche, DaDq-3 et DaDq-5. s.l. s.d. 122 p.
  • GAUTHIER-BÉRUBÉ, Marijo. L'épave du Machault, 1760 : entre tradition et innovation. Université de Montréal, 2015. 223 p.
  • WADELL, Peter et Walter ZACHARCHUK. Le recouvrement du Machault, une frégate française du XVIIIe siècle. s.l. Parcs Canada, 1984. 74 p.

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