Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Mine Lac d'amiante

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • LAB Chrysotile
  • Mine Black Lake

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Joseph-de-Coleraine

Date :

  • 1955 – 1958 (Construction)
  • 1958 – 2012 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Production et extraction de richesses naturelles (Extraction minière: minéraux non métalliques)

Éléments associés

Événements associés (1)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'ancienne mine Lac d'amiante est située dans la municipalité de Thetford Mines, plus précisément à Saint-Joseph-de-Coleraine. La vue plongeante sur cette immense mine était différente en 1947, puisque c'était le site naturel d'un lac, le lac Noir. Les montagnes très boisées et l'ombre des arbres rendaient presque noire l'eau de ce lac, d'où l'origine de son nom. À la suite d'une série de forages, on cerne le potentiel en amiante du site, une bonne partie se trouvant sous le lac Noir. De ce fait, de 1955 à 1959 le lac est dragué et la compagnie Lake Asbestos of Quebec Ltd commence sa production le 22 juin 1958 dans des installations des plus modernes. En moins de vingt ans, cette nouvelle compagnie est devenue le deuxième plus important producteur de fibre d'amiante du monde occidental.

Fermée depuis 2012, cette mine possède en 2014 presque tous les bâtiments ayant servi à l'exploitation. Tout d'abord, il y a le moulin auquel est annexé le séchoir. Ce complexe est le plus grand du site. Il est recouvert de panneaux d'amiante-ciment. Des convoyeurs relient ce complexe aux quais d'embarquement. Anciennement, un convoyeur partait aussi vers la réserve de pierre séchée, qui était située sur un talus, derrière le séchoir, mais ceux-ci ont été démantelés en 2013. À l'intérieur du moulin se trouvent les ateliers de menuiserie, de mécanique et de ferblanterie. Tout juste à l'extérieur se trouve l'atelier d'électricité. Un garage de grande taille a été construit afin d'accueillir les camions 100 tonnes, en 1970. On retrouve toujours l'ancien garage situé en face de celui-ci. Vers le nord, on peut voir les deux bâtiments des concasseurs. Le premier produit des morceaux de 7 pieds et le deuxième de 4 pieds et moins. Les morceaux plus gros que le volume de chaque concasseur sont dynamités une fois supplémentaire. Plusieurs petits bâtiments qui contenaient des ateliers se trouvent aussi sur le site : dans le carottier recouvert en bardeaux d'amiante-ciment de forme rectangulaire, les carottes étaient analysées. Enfin, le bâtiment administratif est situé à l'entrée du site.

On retrouve aussi sur le site une halde de résidus miniers ainsi que plusieurs autres haldes de pierre stérile. Celles-ci portent différents noms tels que la halde de Kaiser, du Pont, des 3 Monts et des Épinettes. Sur la halde de résidus miniers, deux convoyeurs parallèles existaient. Cependant, ceux-ci ont été démantelés et il ne reste que quelques fondations. Il subsiste toutefois le troisième convoyeur qui servait de « sortie de secours » en cas de bris sur un des convoyeurs principaux. Les convoyeurs sont recouverts en panneaux d'amiante-ciment.

Le site contient aussi une énorme excavation, comptant deux puits d'exploitation. Cette particularité est due à la présence d'une masse importante de pierre stérile séparant les deux sites exploitables. Depuis la fin des opérations, les deux puits se remplissent d'eau. Selon la norme, ils ont été creusés par gradins d'une hauteur de 15 mètres. En 2014, les puits sont partiellement remplis d'eau. Le plus grand puits mesure approximativement 1,5 par 1,3 km. Sa profondeur de 423,7 mètres est exceptionnelle. Son eau turquoise provient de la pluie et des nappes phréatiques. Avec un fond clair, l'eau paraît turquoise, car elle renvoie les longueurs d'ondes bleues et vert pâle de la lumière solaire. La partie sud de l'excavation s'est affaissée ainsi que la partie nord-est occasionnant la fermeture de la route 112. En 2009, le belvédère touristique installé sur cette portion de la route a aussi dû être fermé en raison de cet affaissement. Le plus petit puits mesure environ 625 par 550 mètres et est beaucoup moins profond que le premier. Il est alimenté par une chute d'eau. En 2015, une voie de contournement de la route 112 sera ouverte à l'ouest des installations, sur les terrains de la mine. Aujourd'hui, une carrière de granit concassé pour la construction est en opération sur le site.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Dès 1883, les premiers propriétaires du site de la mine Lac d'amiante est la famille King. En décembre 1894, celle-ci aliène toutes ses propriétés du comté de Mégantic en faveur de la King Brothers Co. Or, la compagnie est dissoute en 1933 en négligeant de nommer un titulaire pour la partie de ses terrains non vendue et non fusionnée à l'Asbestos Corporation. Cesdits lots deviennent ainsi propriété de la couronne. Dès 1948, Albion T. Ward amorce la prospection de ces « immeubles sans maître » selon l'expression légale. De 1948 à 1952, il s'assure même la propriété de la plupart des lots avoisinants.

En 1949, Ward commence à transiger avec la United Asbestos Co. et en 1953, il lui cède toutes ses propriétés. La même année la United conclut une entente semblable avec l'Asbestos Development ltd, avec la Cie minière du Lac Noir et avec l'Asbestos Corporation ltd. De sorte que, finalement assurée de la propriété absolue, la United soumet dès 1953 au lieutenant-gouverneur en conseil, un plan de déplacement du Lac Noir en vue de l'exploitation éventuelle du gisement. Entre-temps, l'American Smelting and Refining Co., ayant obtenu de la United les résultats de ses relevés géologiques, crée une filiale qui doit éventuellement être chargée de l'exploitation du gisement, la Lake Asbestos of Quebec ltd. Selon l'entente, les profits de l'exploitation seront partagés avec la United. En 1954, cette dernière cède toutefois tous ses droits et terrains miniers à la Lake Asbestos, qui dès l'année suivante fait approuver par les autorités son plan de déplacement du lac, de la rivière et de la route provinciale nº1.

L'approbation obtenue, le processus est amorcé en 1955 et se poursuit jusqu'en 1959. La compagnie Construction Aggregate Corporation a pour mandat de retirer la boue et l'eau du lac par dragage hydraulique. Le tout est pompé jusqu'à un bassin de déposition situé à environ 5 km du lac. Pendant quatre ans, cette compagnie aspire grâce à sa drague baptisée « Fleur de Lys », plus de 30 millions de mètres cubes de boue recouverts de 15 mètres d'eau en moyenne. De plus, le cours de la rivière Bécancour, qui se déverse dans le lac, est détourné et des barrages sont construits pour retenir les eaux et les diriger vers un nouveau lac artificiel, le petit Lac à la Truite. Le chemin de fer et la route nationale sont aussi réinstallés à environ 2 km et demi de leur ancien site.

Parallèlement, un moulin est construit, pouvant traiter plus de 5 000 tonnes de minerai par jour, au coût de 7 700 000 $. Les installations de la nouvelle compagnie sont, dès le départ, des plus modernes et profitent des plus récentes améliorations techniques d'usinage et d'antipollution. Pour rendre opérationnelle cette mine, 32 000 000 $ sont nécessaires. L'expérience administrative et de mise en marché de ses premiers dirigeants et de la compagnie mère lui permettent de connaître une croissance exceptionnellement rapide. Entre 1958 et 1979 près de 60 millions de tonnes de minerai sont extraites. Le 31 juillet 1973, la mine Lac d'amiante annonce par ailleurs une entente de principe avec la mine National visant l'achat des actifs de cette dernière.

Dans les années 80, le secteur de l'amiante est affecté par la récession économique et la campagne de dénigrement de l'amiante. Dans le but de gérer cette problématique, l'industrie de l'amiante connaît une rationalisation des opérations dans la région. Le 1er juillet 1986, débute les opérations de la société en commandite LAB Chrysotile, pour permettre une relance de l'industrie minière. Celle-ci vise la gestion et l'exploitation de trois compagnies, dont la Lac d'amiante du Québec ltée (dont le nom est francisé dans les années 1970). La Lac d'amiante a été la dernière mine d'amiante en activité dans la région avant sa fermeture en 2012 due au retrait de ses subventions.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Les Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Joseph-de-Coleraine

Adresse :

  • route 112

Localisation informelle :

L'entrée de la mine est sur l'ancienne route 112 au nord de Saint-Joseph-de-Coleraine.

Latitude :

46° 1' 48.82"

Longitude :

-71° 22' 4.39"

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Références

Notices bibliographiques :

  • GAUDARD, Serge. Voyage au coeur des Appalaches : guide des curiosités minérales de la MRC de l'Amiante. Thetford Mines, Musée minéralogique et minier de Thetford Mines, 1993. 178 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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