Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Usine Goodyear

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1913 – (Construction)
  • 1940 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Fabriques de caoutchouc)

Éléments associés

Groupes associés (4)

Inventaires associés (1)

Images

Description

L'usine Goodyear est complexe industriel, comprenant des bâtiments datant de 1913, qui a abrité une industrie spécialisée dans le caoutchouc dont les activités dans le parc industriel Saint-Malo à Québec ont débuté en 1947, pour cesser en 2012. Certaines parties de l'usine ont été utilisées à partir de 1913 pour l'entretien et la réparation de matériel roulant, puis pour la fabrication de cartouches. À partir de 1947, on y a produit, entre autres, des semelles et des talons pour chaussures ainsi que des pièces moulées pour l'industrie de l'automobile. Les bâtiments, présentement inoccupés, sont construits sur un vaste terrain du parc industriel, dans la Basse-Ville de Québec. Ce terrain est bordé par le boulevard Charest au sud et par les chemins de fer Québec-Gatineau Inc. au nord.

L'usine Goodyear occupe un peu plus de dix bâtiments de différentes superficies, jouxtés les uns aux autres. L'ensemble forme un « L » et les bâtiments couvrent environ 22 500 m2 de terrain (150 m x 150 m). Au fil des agrandissements, les constructeurs ont respecté les gabarits des constructions déjà en place et ont utilisé sensiblement les mêmes matériaux. Construits en briques rouges, les différents bâtiments ont tous des toits plats. Sur toutes les faces et aux différentes élévations des bâtiments, la majorité des grandes fenêtres ont été obstruées par un matériau contrastant, parfois opaque, d'autres fois semi-transparent, ce qui permet d'identifier les ouvertures originales. Au rez-de-chaussée, sauf pour de rares exceptions, de petites fenêtres ont été percées dans le matériau. Même si les nombreuses fenêtres, placées de façon symétrique, créent une illusion d'étages multiples, en réalité l'usine n'a qu'un étage, le plafond étant surélevé dans les aires de production. Trois grandes portes ont été aménagées pour la réception et l'expédition de la marchandise, l'une du côté ouest et les deux autres, du côté nord. Toutes les ouvertures sont numérotées de 1 à 14, le bureau étant le numéro 1.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

En 1913, peu après que le train soit arrivé sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent et ait commencé à desservir la ville de Québec, la compagnie ferroviaire National Transcontinental (Canadien National) construit deux grands bâtiments rectangulaires, dans le quartier Saint-Malo, pour y faire l'entretien et la réparation du matériel roulant.

En 1940, le ministère de la Défense nationale doit augmenter sa production en munitions pour les besoins de la guerre. L'Arsenal de Québec, sur la côte du Palais, ne suffisant plus, le Ministère achète les bâtiments du Canadien National pour y installer l'Arsenal de Saint-Malo. Situé à proximité d'une main-d'oeuvre abondante, ce site est relié aux chemins de fer, utiles pour l'approvisionnement et l'expédition. La construction de nouveaux bâtiments fait plus que tripler la superficie de l'ensemble. L'usine se spécialise dans la fabrication des parties constituantes de la cartouche 303, sauf la matière explosive. En plus de l'usine de munitions, on retrouve une fonderie, un laminoir, une fabrique d'outils, des ateliers de mécanique, une menuiserie pour la production de boîtes. Les activités cessent toutefois à la fin de la guerre.

En 1946, le Commissariat de l'Industrie de la Cité de Québec délimite huit zones industrielles situées le long des voies ferrées. Dans une stratégie de lutte au chômage, la ville de Québec acquiert, entre autres, la zone du parc Saint-Malo du gouvernement fédéral et en fait la promotion. L'atout principal réside dans l'abondance de l'électricité et ses prix avantageux. De plus, avec la Banque industrielle du Canada, la ville aide les entreprises à obtenir des prêts.

La compagnie américaine The Goodyear Tire and Rubber Company, implantée au Québec depuis 1926, dans une usine à Saint-Hyacinthe, fabriquant du matériel pour pneus, des boyaux, des courroies transporteuses et des produits industriels, ouvre une deuxième usine en sol québécois en 1947. Elle achète, au coût de 300 000 $, la plus grande partie de l'ancienne usine de fabrication de munitions situées dans le parc Saint-Malo. La même année, la General Electric (aujourd'hui fermée) acquiert, au coût de 90 000 $, la partie la plus à l'est des bâtiments. Ceux-ci sont séparés de ceux de Goodyear par un étroit espace libre le long du mur est, tout en y étant jouxtés par deux petits bâtiments, fermant ainsi l'espace libre du côté sud.

Goodyear réaménage ses espaces nouvellement acquis pour y fabriquer des produits de caoutchouc pour l'industrie de la chaussure, des rouleaux d'essoreuse, des garnitures d'amiante, des roues de poussette d'enfant et des produits moulés sur commande. En 1975, The Goodyear Tire and Rubber Company of Canada Limited devient Goodyear Canada Inc. L'usine de Québec devance la concurrence en 1977, en mettant en place une nouvelle presse de moulage à injection pour la fabrication de coussinets de caoutchouc. Vers 1982, l'usine fabrique des produits destinés aux domaines automobiles, industriels et récréatifs et des butoirs de quai pour le canal de Panama, la Thaïlande et l'Amérique du Sud.

Avant la fermeture de l'usine, les bureaux occupaient la portion avant des bâtiments, tandis que les sections à l'arrière des bureaux abritaient les activités de production. Dans le bâtiment au plafond surélevé et situé du côté nord de l'ensemble on retrouvait le mélangeur à caoutchouc de marque Banbury.

En 2007, le Groupe Carlyle acquiert la division des produits d'ingénierie de Goodyear. Il opère plus de 30 usines dans le monde, dont celle de Québec, sous sa nouvelle bannière Veyance Technologies. L'usine, spécialisée dans la production de pièces moulées de caoutchouc pour le secteur automobile, emploie une centaine de personnes. À l'automne 2012, la compagnie, victime du ralentissement dans le domaine automobile et de la crise économique de 2008, vend son carnet de commandes à la BRC Rubber and Plastics, une compagnie d'Indiana et l'usine de Québec ferme ses portes.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

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Références

Notices bibliographiques :

  • THÉRIAULT, Antonin. L'arsenal de Québec 1880-1945. Québec, 1947. 166 p.
  • VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l'Université Laval, 2008. 2523 p.
  • VIOLETTE, Brigitte. « Plus qu'une participation à l'effort de guerre : les travailleuses de l'Arsenal ». Cap-aux-Diamants. No 95 (2008), p. 10-15.

Multimédias disponibles en ligne :

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