Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de l'Ancienne-Mine-Lamaque

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Cité de l'Or
  • Site historique de l'Ancienne-Mine-Lamaque

Région administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

Municipalité :

  • Val-d'Or

Date :

  • après 1934 – avant 1938 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (8)

Groupes associés (3)

Personnes associées (4)

Images

Carte

Description

Le site patrimonial de l'Ancienne-Mine-Lamaque est un ensemble industriel lié à l'extraction et au traitement de minerai érigé à partir de 1934. Le périmètre irrégulier du site inclut notamment la sécherie, les structures de chevalement de puits, la salle du treuil, la réserve à minerai, le laboratoire ainsi que le bureau principal. Il comprend également les vestiges de l'usine de traitement, du château d'eau et d'autres bâtiments secondaires. Les édifices présentent des plans simples, rectangulaires ou en « L ». Érigés avec des charpentes métalliques ou en bois ou encore construits en béton, ils sont pour la plupart dotés d'un parement en papier brique. L'ensemble s'élève à proximité du site patrimonial du Village-Minier-de-Bourlamaque, également classé, sur un terrain dégagé au relief peu accusé, dans un secteur ancien de la ville de Val-d'Or.

Ce bien est classé site patrimonial. La Cité de l'Or est également citée site patrimonial. La protection s'applique aux bâtiments, aux structures, aux vestiges ainsi qu'à la surface du terrain.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2010-07-08
 
Citation Site patrimonial Municipalité (Val-d'Or) 2008-09-15
 

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Valeur patrimoniale

Le site présente un intérêt pour sa valeur historique. L'ensemble industriel de la mine Lamaque a joué un rôle majeur dans le développement de l'Abitibi. La région, difficilement accessible jusqu'au début du XXe siècle, est alors peu peuplée. Néanmoins, de nombreux prospecteurs sillonnent le secteur de la faille de Cadillac, une formation géologique très riche en gisements d'or, de cuivre, de zinc et autres métaux non ferreux. En 1923, le prospecteur Robert C. Clark, accompagné du guide algonquin Gabriel Commandant (1891-1967), découvre une veine d'or dans le canton de Bourlamaque. Le groupe minier Lamaque Gold Mines Limited est formé en 1932 pour exploiter ce gisement. La compagnie construit les édifices nécessaires aux activités de la mine de 1934 à 1938. Elle crée, de plus, la première municipalité de La Vallée-de-l'Or. Le village de Bourlamaque, destiné à loger les cadres, les techniciens et une partie des ouvriers, est en effet constitué le 20 avril 1934. À côté naît Val-d'Or, dont l'origine et le développement rapide sont aussi liés à la croissance de la mine. Cette dernière est l'une des plus anciennes du secteur, qui connaît un véritable boum minier au cours des années 1930. Sa mise en exploitation joue un rôle crucial dans le développement de la région, notamment en créant de nombreux emplois. Elle favorise également l'aménagement de voies ferrées et de routes ainsi que l'établissement du réseau électrique. Dès 1938, la Lamaque est reconnue comme la plus riche mine aurifère québécoise, tant pour l'envergure de ses gisements que pour sa production. Elle se distinguera également par sa durée d'exploitation, s'étendant sur une cinquantaine d'années. Ce site constitue donc un témoin privilégié du rôle déterminant de l'Abitibi dans l'industrie minière québécoise.

Le site présente également un intérêt pour ses valeurs architecturale et historique comme exemple représentatif des sites miniers de la première moitié du XXe siècle. Les édifices témoignent des différentes activités d'une mine et de son organisation spatiale. La sécherie servait à la préparation des mineurs au début et à la fin de leur quart de travail. Les chevalements marquent l'entrée des puits d'extraction. Leur haute structure signale la présence de la mine dans le paysage. Le double chevalement des puits 6 et 7 est, par ailleurs, rare au pays. La salle du treuil permettait de descendre ou de remonter les hommes, les matériaux et le minerai. La réserve à minerai assurait la poursuite de la transformation en cas de bris du treuil. Dans le laboratoire, des échantillons de roches étaient analysés afin de déterminer leur teneur en minerai ou d'identifier de nouvelles zones d'extraction. Le bureau principal logeait au rez-de-chaussée les dirigeants de la mine, tandis qu'à l'étage se trouvaient les services d'arpentage, de géologie et d'ingénierie. Les vestiges de l'usine de traitement du minerai rappellent l'importance de cette activité pour la mine Lamaque, où était également traité le minerai d'autres exploitations de la région. Par ailleurs, ces édifices renseignent sur les modes de construction utilisés au cours des années 1930 pour les structures et les bâtiments industriels. Les constructions à charpente métallique ou en bois ou encore fabriquées en béton présentent des volumes simples et sans ornements, à l'exception du bureau principal, néanmoins très sobre. Dans de nombreuses mines, les équipements de surface ont été transformés, au fil du temps et de l'évolution des technologies, et ont été souvent été détruits à l'arrêt de la production. À Val-d'Or, l'action du milieu a permis la conservation de structures et de vestiges évocateurs. Le site patrimonial constitue donc un exemple remarquable d'un ensemble minier des années 1930, tout en évoquant le quotidien des travailleurs.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2010.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de l'Ancienne-Mine-Lamaque liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- l'implantation sur un terrain dégagé au relief peu accusé, à proximité du site patrimonial du Village-Minier-de-Bourlamaque, également classé;
- les caractéristiques de la sécherie, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit à deux versants droits, les saillies en appentis ou à toit plat, la couverture en bardeau d'asphalte, le parement en papier brique ainsi que les larges fenêtres à carreaux;
- les caractéristiques du double chevalement des puits 6 et 7, dont la structure à gradins de plus de 40 mètres de hauteur, les toits à deux versants droits, en appentis ou plats, la charpente en fer à croix de Saint-André et à poinçons, le parement en papier brique ainsi que les ouvertures petites et peu nombreuses (incluant les fenêtres à carreaux);
- les caractéristiques de la salle du treuil, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le toit en appentis, les fondations en béton, le parement en papier brique, les éléments architecturaux en bois peint, les ouvertures laissant passer les câbles ainsi que les larges fenêtres à carreaux des murs latéraux et arrière;
- les caractéristiques de la réserve à minerai, dont le plan rectangulaire, le toit à lanterneau, la structure autoportante en béton, la couverture en papier brique rouge, les deux grandes portes ainsi que les contreforts;
- les caractéristiques du laboratoire, dont le plan en « L », l'élévation d'un étage, le toit en appentis, les fondations en béton, les éléments architecturaux en bois, les larges fenêtres à carreaux ainsi que les portes (certaines à vitrage);
- les caractéristiques du bureau principal, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit plat, l'annexe de plan carré à deux étages, les fausses façades, le parement en papier brique, les fenêtres rectangulaires (certaines jumelées), les fenêtres carrées, la corniche surbaissée, les bandeaux et les planches cornières;
- la présence des vestiges de l'usine de traitement, du château d'eau ainsi que d'autres bâtiments secondaires.

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Informations historiques

Le site patrimonial de l'Ancienne-Mine-Lamaque est aménagé dans une région difficilement accessible jusqu'à la construction du chemin de fer, vers 1911. En 1923, le prospecteur Robert C. Clark, accompagné du guide algonquin Gabriel Commandant (1891-1967), découvre une veine d'or dans le canton de Bourlamaque et jalonne une propriété de 600 acres. En 1924, le New-Yorkais William A. Read acquiert la propriété minière. Différentes veines aurifères sont mises au jour. En 1928, Read forme avec Hector Authier (1881-1971), homme d'affaires et député d'Abitibi depuis 1923, la Read-Authier Mines Limited, qui entreprend un programme de forage en 1929. La crise économique entraîne la suspension des travaux l'année suivante.

En 1932, la Read-Authier Mines, à la recherche de capitaux, s'associe à la Teck-Hughes Gold Mines Limited pour constituer la Lamaque Gold Mines Limited. Les nouveaux forages d'exploration sont concluants et la mise en valeur du gisement s'amorce. L'aménagement du site débute en 1934, alors que la valeur du métal jaune bondit et que le développement minier s'accélère dans la vallée de l'Or (secteur des sources de la rivière Harricana), qui voit quinze mines s'ouvrir en quelques années. À la mine Lamaque sont notamment érigés, de 1934 à 1938, la sécherie, les chevalements des puits 6 et 7, la salle du treuil, la réserve à minerai, le laboratoire d'analyse, le bureau principal, l'usine de traitement et le château d'eau. La compagnie crée, de plus, la première municipalité de La Vallée-de-l'Or. Le village de Bourlamaque, destiné à loger les cadres, les techniciens et une partie des ouvriers, est en effet constitué le 20 avril 1934. À côté naît Val-d'Or, dont l'origine et le développement rapide sont aussi liés à la croissance de la mine.

Entrée en production en avril 1935, l'exploitation devient dès 1938 la plus riche mine aurifère de l'Abitibi-Témiscamingue. En 1941, elle emploie 700 travailleurs.

Durant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), la pénurie de main-d'oeuvre se fait sentir et la production diminue. La reprise s'amorce en 1947, notamment grâce à l'arrivée de travailleurs immigrants. La stagnation du prix de l'or et la hausse des coûts de production forcent toutefois la fermeture de plusieurs mines de la région. La Lamaque survit grâce à la richesse de ses gisements et à l'aide financière accordée par le gouvernement fédéral à partir de 1948.

À compter de la décennie 1970, la question de la fermeture de la mine Lamaque se pose régulièrement. La recherche de nouveau minerai cesse presque complètement, réduisant drastiquement les réserves. La hausse phénoménale du prix de l'or permet néanmoins de maintenir certaines activités comme le traitement du minerai, provenant en partie d'autres mines de la région.

En 1979, le village minier de Bourlamaque est classé. Les diverses installations de la mine, encore en exploitation, sont exclues du périmètre protégé.

En 1985, l'entreprise annonce la fin des activités de traitement du minerai. Quatre ans plus tard, la fermeture complète est officielle. En 1990, les galeries sont inondées. Plusieurs bâtiments sont démantelés en 1993, dont l'usine de traitement et le château d'eau. Le milieu se mobilise alors pour protéger ce qui subsiste. La Ville de Val-d'Or acquiert les bâtiments et les équipements et les cède à la Corporation du Village minier de Bourlamaque, qui entreprend l'aménagement de la Cité de l'Or, un vaste lieu d'interprétation sur le thème des mines aurifères.

Le 3 mars 1995, pendant des travaux de soudage, un incendie éclate et détruit le parement du chevalement du puits 6. La structure métallique résiste et est peinte en jaune. Le lieu d'interprétation est inauguré officiellement à l'automne de la même année. La Cité de l'Or est constituée site du patrimoine en 2008. Elle est devenue un site patrimonial cité en 2012.

Le site patrimonial de l'Ancienne-Mine-Lamaque est classé en 2010.

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Emplacement

Region administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

MRC :

  • La Vallée-de-l'Or

Municipalité :

  • Val-d'Or

Adresse :

  • 90, avenue Perrault

Latitude :

  • 48° 5' 38.2"

Longitude :

  • -77° 45' 54.5"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 297 873

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Documents

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CHABOT, Denys. Histoire de Val-d'Or, des origines à 1995. Val-d'Or, Société d'histoire de Val-d'or, 1995. 709 p.
  • CHABOT, Denys. Le Village minier de Bourlamaque. Québec, Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, 2009. 44 p.
  • GOURD, Benoît-Beaudry. La mine Lamaque et le village minier de Bourlamaque. Une histoire de mine. Rouyn, Collège de l'Abitibi-Témiscamingue, 1983. 117 p.
  • TARDIF, Frédéric. Site historique du village minier de Bourlamaque : étude de caractérisation. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2005. 65 p.

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