Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Château Logue

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Centre d'interprétation de l'historique de la protection de la forêt contre le feu
  • Maison Ernest-Nault

Région administrative :

  • Outaouais

Municipalité :

  • Maniwaki

Date :

  • 1887 – (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Personnes associées (3)

Images

Carte

Description

Le château Logue est une résidence bourgeoise d'influence Second Empire construite en 1887. Le bâtiment en pierre, de plan rectangulaire à trois étages, est coiffé d'un toit mansardé et doté d'une annexe arrière. Le château Logue est situé en retrait de la voie publique, sur un terrain au relief peu accusé et planté d'arbres matures. Il se trouve à proximité d'une place publique et de la rivière Gatineau, dans la ville de Maniwaki.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Maniwaki) 2008-10-20
 

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Valeur patrimoniale

Le château Logue présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Construite en 1887, cette demeure s'inscrit dans le courant de l'architecture Second Empire. Ce style, élaboré en France sous le règne de Napoléon III, se veut une synthèse de l'architecture de la Renaissance et du classicisme français. Il connaît une grande vogue au Québec dans le dernier quart du XIXe siècle où il est fréquemment employé dans l'architecture publique, institutionnelle et résidentielle. Son trait architectural le plus répandu est le toit brisé ou mansardé, qui offre plus d'espace habitable au niveau des combles. Le château Logue, érigé en 1887, est représentatif de cette architecture par son toit mansardé à quatre versants, ses lucarnes cintrées, ses fenêtres à arc surbaissé et sa corniche à consoles. Il s'agit d'un des rares exemples de l'influence de ce style dans la région de Maniwaki. Par ailleurs, il compte parmi les plus anciens édifices subsistant dans la ville.

Le château Logue présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec deux familles ayant marqué l'histoire locale, les Logue et les Nault. Charles Logue (1846-1900), d'origine irlandaise, arrive au Québec vers 1850 et se dirige aussitôt vers la région de la Gatineau. Après avoir vraisemblablement travaillé dans des chantiers et avoir été commis pour un entrepreneur forestier, il se lance dans le commerce. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, il possède trois magasins généraux. Il fait construire sa résidence à côté de l'un d'eux. L'allure monumentale de la demeure lui vaut d'être surnommée « château Logue » par les habitants de la région. Logue occupe aussi les fonctions d'agent des Indiens, de propriétaire d'hôtel, d'exploitant forestier, de marchand de fourrures et de maître de poste. À sa mort, ses activités commerciales sont reprises par son plus jeune fils, Charles Edward, qui acquiert également la résidence avec ses trois soeurs. En 1923, un violent incendie détruit le bâtiment. Seuls les murs en pierre et les fondations sont épargnés. Charles Edward Logue fait aussitôt reconstruire la maison en lui redonnant vraisemblablement son aspect d'origine. La résidence demeure la propriété de la famille jusqu'en 1933, moment auquel elle est vendue à Ernest Nault (1895-1980), maire de Montcerf et propriétaire de deux commerces à Maniwaki. Au cours des décennies suivantes, Nault occupe également les rôles de président de la commission scolaire et de conseiller à la Ville de Maniwaki. Le bâtiment demeure en sa possession jusqu'en 1971. Le château Logue rappelle donc la présence des familles Logue et Nault, qui ont joué un rôle important dans le développement de Maniwaki.

Source : Ville de Maniwaki, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du château Logue liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de trois étages, le toit mansardé à quatre versants et l'escalier central;
- l'annexe arrière, dont son plan rectangulaire, son élévation de deux étages et demi et son toit brisé;
- les matériaux, dont la maçonnerie de pierre équarrie et de pierre à bossage, la couverture en tôle, ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en pierre;
- les ouvertures, dont leur disposition symétrique en façade, la porte principale surmontée d'une imposte à arc surbaissé, les fenêtres à arc surbaissé et les lucarnes cintrées;
- l'ornementation, dont la corniche à consoles, les chaînes d'angle, les arcs, les clés et les appuis;
- les souches de cheminée en maçonnerie de pierre;- sa position en retrait de la voie publique, à proximité de la rivière Gatineau, dans la ville de Maniwaki.

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Informations historiques

Le château Logue est l'un des plus anciens bâtiments subsistant à Maniwaki. L'occupation du territoire de Maniwaki remonte aux années 1820, alors que des chantiers d'exploitation forestière y sont ouverts et que des ouvriers s'installent peu à peu dans le secteur. Vers 1826, la Compagnie de la Baie d'Hudson gère un poste de traite de fourrure, également magasin général, au confluent des rivières Désert et Gatineau. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, cette compagnie détient le monopole du commerce en Haute-Gatineau. Toutefois, cette situation change à partir de 1850, puisque le développement de l'industrie forestière attire de nombreux colons, ainsi que des nouveaux commerçants. Parmi ceux-ci figure Charles Logue (1846-1900) qui s'installe dans la région comme plusieurs autres de ses compatriotes d'origine irlandaise.

Après avoir vraisemblablement travaillé dans les chantiers de la Gatineau et avoir été commis pour un entrepreneur forestier, Charles Logue se lance dans le commerce en 1867 en ouvrant un magasin général, avec ses frères. Il s'installe alors à proximité de la traverse de la Gatineau où un noyau villageois prend forme depuis quelques années. En 1887, il fait ériger sa résidence à côté du commerce. Les habitants de la région, frappés par son allure monumentale, la baptisent aussitôt « château Logue ».

Charles Logue habite dans sa demeure jusqu'à sa mort. Son plus jeune fils, Charles Edward, ainsi que ses trois filles, deviennent propriétaires de l'immeuble. En 1923, le bâtiment est la proie des flammes. Seuls les murs en pierre et les fondations sortent intacts de l'incendie. Charles Edward Logue fait aussitôt reconstruire la maison en lui redonnant vraisemblablement son aspect d'origine. Cependant, la galerie couverte, qui courait sur deux façades du bâtiment au début du XXe siècle, n'est probablement pas reconstruite.

Le château Logue demeure la propriété de la famille Logue jusqu'en 1933, moment auquel il est vendu à Ernest Nault (1895-1980), maire de Montcerf et propriétaire de deux commerces à Maniwaki. Au cours des décennies suivantes, Nault occupe également les rôles de président de la commission scolaire et de conseiller à la Ville de Maniwaki. Il habite le château Logue avec sa famille jusque dans les années 1960 puis transforme la demeure en logements. Le bâtiment demeure sa propriété jusqu'à sa prise de possession par la Société d'aménagement de l'Outaouais en 1971. En 1986, la Ville de Maniwaki reprend l'édifice et le restaure entièrement. Le bâtiment accueille la bibliothèque municipale en 1989 puis, en 1992, le Centre d'interprétation de l'historique de la protection de la forêt contre le feu.

Le château Logue est cité en 2008.

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Emplacement

Region administrative :

  • Outaouais

MRC :

  • La Vallée-de-la-Gatineau

Municipalité :

  • Maniwaki

Adresse :

  • 8, rue Comeau

Latitude :

  • 46° 22' 56.0"

Longitude :

  • -75° 58' 1.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 982 687

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BOUCHARD, Georges et Anastase ROY. Maniwaki et la vallée de la Gatineau. Ottawa, Imprimerie du Droit, 1933. 259 p.
  • HUBERT, Louis-André. Une rivière qui vient du Nord : histoire de Maniwaki et du pays de la Gatineau. s.l. 2001. 260 p.

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