Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Moulin Legendre

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Stornoway

Date :

  • 1883 – (Construction)

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Moulins à farine)

Éléments associés

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

Le moulin Legendre est un ancien moulin hydraulique à farine construit en 1883. Le bâtiment d'inspiration néogrec présente un plan rectangulaire d'un étage et demi. Revêtu de planches posées à clins peintes en rouge, il est coiffé d'un toit à deux versants droits. Les ouvertures sont disposées symétriquement sur la façade aménagée sur un mur pignon. Le moulin Legendre se trouve en bordure de la rivière du même nom, à proximité de la voie publique. Il est situé à l'écart du noyau villageois de la municipalité de Stornoway.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Stornoway) 2008-05-05
 

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Valeur patrimoniale

Le moulin Legendre présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Ce bâtiment constitue un exemple représentatif du style néogrec tel qu'il est développé aux États-Unis et appliqué à l'architecture vernaculaire. Ce courant est particulièrement populaire en Nouvelle-Angleterre dans les années 1830 et 1840. Il traverse ensuite les frontières, apparaissant d'abord dans les Cantons de l'Est, puis dans d'autres régions du Québec. Le style néogrec se caractérise principalement par la façade aménagée sur le mur pignon et les retours de corniche évoquant un fronton ainsi que la présence de planches cornières. Le moulin Legendre, construit en 1883, correspond à ce type architectural notamment par l'élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants droits avec retours de corniche, la symétrie évoquée par la disposition des ouvertures et des souches de cheminées, les chambranles ainsi que son oculus. L'influence étatsunienne du moulin à eau s'observe également par les types d'ouvertures, dont les fenêtres à guillotine et l'imposte formées de petits carreaux, ainsi que par son parement de planches posées à clins peintes en rouge. Cette couleur est répandue en Nouvelle-Angleterre et dans les Cantons de l'Est en raison du faible coût de sa pigmentation. Par ailleurs, le bâtiment se distingue des moulins hydrauliques par sa roue à aubes située à l'intérieur pour contrer le gel en saison froide. Le moulin Legendre témoigne de l'influence étatsunienne sur l'architecture de la région.

Le moulin Legendre présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il est un témoin privilégié des pratiques de transformation artisanale des aliments employées en milieu rural jusqu'au milieu du XXe siècle. Composante essentielle des villages, le moulin sert à la production de biens d'usage courant, comme la farine, la laine et le bois. Par conséquent, la proximité de ces installations s'avère indispensable. Les terres ne permettent pas une culture à grande échelle à Stornoway. Les résidents cultivent tout de même des céréales pour leurs besoins. Le moulin Legendre est destiné à moudre ces récoltes. Les activités déclinent, au moment où les aliments deviennent plus accessibles et moins coûteux. Puis, elles cessent définitivement au cours des années 1940. Par la suite, la municipalité de Stornoway utilise l'image du bâtiment comme emblème. Le moulin Legendre illustre donc l'importance des infrastructures nécessaires à l'économie de subsistance dans les milieux ruraux.

Source : Municipalité de Stornoway, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du moulin Legendre liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- sa situation en bordure de la rivière Legendre, à proximité de la voie publique et à l'écart du noyau villageois;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants droits, la façade aménagée sur le mur pignon et les fondations dégagées du côté de la rivière;
- les matériaux, dont le parement de planches à clins (dont trois murs peints en rouge), les fondations en pierre ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois;
- les ouvertures, dont les fenêtres à guillotine à petits carreaux, la porte centrale à double vantail et à panneaux surmontée d'une imposte à petits carreaux, les soupiraux ainsi que l'oculus à motif de roue;
- l'ornementation sobre, dont la corniche, les retours de corniche, les planches cornières, les chambranles ainsi que l'avant-toit;
- les souches de cheminée (une en brique et l'autre couverte de tôle).

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Informations historiques

Le moulin Legendre se trouve dans la municipalité de Stornoway, dans le canton de Winslow. Il est le second moulin à farine appartenant à la famille Legendre. Le secteur s'est développé au début des années 1850. L'accessibilité à des lots gratuits, offerts par le gouvernement du Bas-Canada, puis l'ouverture de chemins favorisent son développement. Une population d'immigrants écossais de langue gaélique et de confession presbytérienne cohabite avec des Canadiens français. Ces derniers viennent principalement de la Beauce. Les premiers fondent Stornoway au sud du canton. Les seconds s'installent au nord, dans l'actuelle municipalité de Saint-Romain. La famille Legendre, probablement la première de langue française à habiter Stornoway, s'y installe vers 1853. Originaires de Sainte-Croix-de-Lotbinière, les six frères Legendre font construire, entre autres, des moulins à carde, à foulon, à farine, à scie et à bardeaux ainsi qu'une manufacture de portes et fenêtres. Ceux-ci sont implantés à proximité de la rivière Legendre, autrefois appelée Felton, avantagée par ses nombreuses chutes. La famille étend son entreprise au-delà de Stornoway. Au moins, un des frères Legendre, Télesphore, possède également un moulin à farine à Stratford et une scierie dans la région du lac Mégantic. Le village croît rapidement et offre des services à plusieurs hameaux des environs, notamment avec son hôtel et son magasin général. Le déclin de l'agglomération s'amorce au tournant des années 1880, car le chemin de fer ne dessert pas Stornoway. Le développement des localités situées le long de son tracé est ainsi favorisé. En 1883, le feu détruit les moulins à carde, à foulon et à farine ainsi que la maison familiale des Legendre.

La même année, l'actuel moulin Legendre est reconstruit ainsi que l'ensemble des bâtiments de la famille, détruits par l'incendie. Actionné par l'eau, il sert à moudre le grain. Ses activités se limitent à la transformation des récoltes céréalières destinées aux besoins des habitants des environs. Le moulin assure ainsi leur autonomie alimentaire. Les terres du canton produisent peu compte tenu de leur qualité inégale, de leurs petites dimensions et de l'emplacement du village en altitude. Le moulin continue à servir la population locale jusqu'aux années 1940. À ce moment, les habitudes changent, puisqu'il devient plus facile d'acheter la farine que de la produire. Le moulin Legendre subsiste, contrairement au bâtiment abritant le moulin à foulon et à carde démoli en 1950. Il rappelle les nombreuses entreprises de la famille à Stornoway. Au fil des ans, ce bâtiment devient l'emblème de la municipalité.

Le moulin Legendre est cité en 2008.

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Le Granit

Municipalité :

  • Stornoway

Adresse :

  • route 161 Nord

Latitude :

  • 45° 43' 4.0"

Longitude :

  • -71° 10' 16.4"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 190 202

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Références

Notices bibliographiques :

  • BRUNELLE-LAVOIE, Louise. Des moulins et des hommes. Sherbrooke, Société d'histoire de Sherbrooke, 1990. 19 p.
  • CAUCHON, Michel et Pierre LAHOUD. Répertoire des moulins à eau du Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1978. 112 p.
  • FARFAN, Matthew. « On The Trail Of The Scots ». Quebec Heritage News. Vol. 4, no 8 (2008), p. 17-20.
  • GROUPE CULTURE ET VILLE. Promenades estriennes. Montréal, Boréal, 2001. 306 p.
  • KESTEMAN, Jean-Pierre. Les Écossais de langue gaélique des Cantons de l'Est : Ross, Oscar Dhu, Morrison et les autres. Sherbrooke, GGC Éditions, 2000. 88 p.
  • s.a. Stornoway: 1850-1983. Sherbrooke, Les Albums souvenirs québécois, 1983. 199 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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