Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Pont Heppell

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Pont couvert Heppell

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Causapscal

Date :

  • 1908 – 1909 (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Ponts couverts)

Éléments associés

Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le pont Heppell est un ouvrage de génie civil construit en 1908 et 1909. Ce pont en bois d'une seule travée mesure 39,6 mètres de long. Sa structure de type Town québécois est composée de fermes à treillis ainsi que de poteaux verticaux placés entre les cordes simples supérieure et inférieure. Elle est couverte d'un lambris en planches horizontales peint en rouge et elle est coiffée d'un toit à deux versants droits. Le pont Heppell permet d'enjamber la rivière Matapédia, dans un secteur rural de la ville de Causapscal.

Ce bien est cité immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Rectangulaire

Groupement :

Détaché

Élévations :

  • Toutes les façades : Bois (Planche horizontale)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle profilée

Éléments architecturaux :

  • Chambranle
  • Planche cornière

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Causapscal) 2009-09-08
 

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Valeur patrimoniale

Le pont Heppell présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur sa représentativité comme pont couvert. Au Québec, du début du XIXe siècle à la fin des années 1950, environ 1500 ouvrages de ce genre ont été bâtis. Un pont couvert est une construction en bois permettant la circulation des personnes ou des véhicules au-dessus d'un obstacle, dotée d'un toit et dont les fermes constituent les éléments porteurs de l'ensemble de la structure. Lieux de passage, les ponts couverts donnent accès aux terres de colonisation et permettent notamment la mise en marché des produits agricoles et forestiers. Ils sont donc indissociables de l'histoire du Québec. Ce pont-ci a été érigé à l'initiative des membres de la famille Heppell, l'une des familles pionnières du secteur. Désirant avoir accès aux terres de la rive ouest de la rivière Matapédia, ils utilisent d'abord des bacs déplacés grâce à un cheval et à un système de câbles et de poulies. Les Heppell font leurs premières demandes pour la construction d'un pont couvert, lien permanent entre les deux rives, vers 1908. Ils décident rapidement d'aller de l'avant, sans attendre l'aide du gouvernement. Au cours de l'hiver 1908-1909, ils profitent de la glace formée sur la rivière pour construire les culées du pont et poser les traverses. La structure du pont est complétée au cours de l'été 1909. Une partie des frais de construction est finalement payée par le gouvernement. De plus, les Heppell imposent un droit de passage aux voitures et aux piétons. Le pont couvert contribue largement au peuplement de la rive opposée au noyau d'habitations initial ainsi qu'au développement de diverses activités économiques. Aussitôt le pont terminé, une fromagerie est implantée sur la rive ouest. La structure permet aussi le commerce du bois et l'établissement d'un moulin à farine. Le pont Heppell témoigne donc des efforts de colonisation déployés au début du XXe siècle dans les environs de Causapscal. Il constitue en outre le plus ancien pont couvert subsistant dans la région du Bas-Saint-Laurent.

Le pont Heppell présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La structure reflète la popularité des ponts de type Town québécois, aussi appelé « Town élaboré », qui fait appel à une variante de la ferme brevetée en 1820 par l'architecte étatsunien Ithiel Town (1784-1844). Bien que le Québec ait connu plusieurs types de ponts couverts depuis le début du XIXe siècle, la plupart de ceux érigés pendant le XXe siècle appartiennent à ce dernier. La ferme Town est constituée de madriers placés en diagonale, formant un large treillis entre les cordes supérieure et inférieure, et attachés l'un à l'autre à chaque intersection par des chevilles de bois. Au Québec, cette structure, reconnue pour sa solidité et sa légèreté, est utilisée de façon presque systématique par les ingénieurs du ministère de la Colonisation. Des modifications lui sont toutefois apportées dès le début du XXe siècle : les dimensions des pièces de charpente sont réduites, des poteaux verticaux sont ajoutés afin de compenser la perte de résistance et des clous et des boulons remplacent le chevillage de bois plus complexe. Le type Town québécois, résultant de ces modifications, est encore plus économique, et sa simplicité permet l'emploi d'une main-d'oeuvre locale pour sa construction. Le pont Heppell constitue un exemple représentatif de ce type de structure. Il s'y rattache notamment par les poteaux verticaux solidifiant les fermes, les portiques à linteau à angles obliques, le parement en planches horizontales et les ouvertures latérales au milieu du lambris et sous la corde supérieure. Le lambris extérieur est peint en rouge comme celui de nombreux autres ponts couverts québécois, d'où l'appellation fréquente de « ponts rouges ». Ce pont rappelle donc la diffusion très large du type Town québécois au début du XXe siècle.

Source : Ville de Causapscal, 2010.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du pont Heppell liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en milieu rural, sur la rivière Matapédia;
- son volume, dont la travée unique de 39,6 mètres de long ainsi que le toit à deux versants droits;
- les caractéristiques de la structure de type Town québécois, dont les fermes à treillis constituées de madriers s'entrecroisant et reliés par des clous, les poteaux verticaux ainsi que les jambes de force;
- la charpente du toit, dont les chevrons, les pièces de contreventement et les pannes;
- les cordes simples supérieure et inférieure;
- les matériaux, dont le lambris en planches horizontales peint en rouge, le revêtement du tablier en madriers longitudinaux, les culées à structure en bois remplie de pierre ainsi que la couverture en tôle;
- les ouvertures, dont les portiques à linteau à angles obliques et à jambage droit, les longues ouvertures latérales au milieu du lambris et sous la corde supérieure;
- les éléments ornementaux, dont les garnitures peintes en blanc.

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Informations historiques

Le pont Heppell permet de franchir la rivière Matapédia, dans l'actuelle ville de Causapscal. La colonisation de la région commence véritablement vers 1867, par l'aménagement du chemin Matapédia. Quelques familles, dont les Heppell et les Plante, s'établissent alors au sud de Causapscal et à l'est de la rivière. À mesure que la population augmente, la nécessité de s'établir sur la rive ouest de la Matapédia se fait de plus en plus pressante. Les terres de l'endroit sont toutefois difficilement accessibles. Les autres ponts des environs ne peuvent être empruntés sans faire de longs détours.

Pour traverser la rivière, les Heppell utilisent d'abord des bacs déplacés grâce à un cheval et à un système de câbles et de poulies. Cette famille fait ses premières demandes pour la construction d'un pont couvert, lien permanent entre les deux rives, vers 1908. À la même époque, la famille Plante désire aussi faire construire un pont, plus près de ses terres. La rivalité s'installe entre les deux familles, et le conseil municipal favorise le projet des Plante.

Les Heppell décident donc d'aller de l'avant sans attendre l'aide du gouvernement. Au cours de l'hiver 1908-1909, ils profitent de la glace formée sur la rivière pour construire les culées du pont et poser les traverses. La structure du pont est complétée au cours de l'été 1909.

Le pont est érigé selon le type Town québécois, aussi appelé « Town élaboré ». Il s'agit d'un modèle inspiré de la ferme Town, brevetée en 1820 par l'architecte étatsunien Ithiel Town (1784-1844), et modifié au Québec à partir du début du XXe siècle par les ingénieurs du ministère de la Colonisation. La construction du pont Heppell coûte environ 1 800 $. Une partie de ce montant est payée par le gouvernement. De plus, les Heppell imposent un droit de passage aux voitures et aux piétons. Le pont est béni par Mgr Albert Blais (1842-1919) en 1910, à l'occasion de sa visite pastorale.

Le pont Heppell contribue largement au peuplement de la rive opposée au noyau d'habitations initial ainsi qu'au développement de diverses activités économiques. Aussitôt le pont terminé, les Heppell établissent une fromagerie sur la rive ouest. La structure permet aussi le commerce du bois et l'aménagement d'un moulin à farine.

En 1963, une lettre adressée au premier ministre Jean Lesage (1912-1980) réclame le remplacement du pont Heppell, supposé dangereux, par un pont en béton. L'ingénieur envoyé sur les lieux recommande plutôt la réparation du pont couvert.

Le pont Heppell est cité en 2009. Il est toujours en usage.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • La Matapédia

Municipalité :

  • Causapscal

Localisation informelle :

Pont situé sur la route Heppell et enjambant la rivière Matapédia.

Latitude :

  • 48° 18' 43.2"

Longitude :

  • -67° 14' 27.4"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Matapédia Canton de Casupscull Rang 1 31P
Matapédia Canton de Matalik Rang B 24AP

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Références

Notices bibliographiques :

  • ARBOUR, Gérald, Fernand CARON et Jean LEFRANÇOIS. Les ponts couverts au Québec. Québec, Les Publications du Québec, 2005. 216 p.
  • HOUDE, Georges-Henri. Centenaire du pont couvert Heppell. s.l. s. n., 2009. 31 p.
  • THIBAULT, Henri-Paul. Les ponts couverts du Québec : évaluation patrimoniale. Québec, Ministère de la Culture, 1993. s.p.

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