Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial du Moulin-de-Beaumont

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site du Moulin-de-Beaumont

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Beaumont

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Personnes associées (10)

Images

Carte

Description

Le site patrimonial du Moulin-de-Beaumont est un ensemble préindustriel aménagé à partir de 1744 sur un vaste terrain paysager. Il est composé d'un moulin à eau datant de 1821, d'un barrage, d'un réservoir et de son canal de dérivation, d'une maison du meunier, d'un site archéologique comprenant des vestiges du moulin Péan (datant du XVIIIe siècle) et d'un chemin d'accès menant à ce dernier. Il comprend en outre des aménagements récents, soit une reconstitution de la cage à eau du moulin Péan, un escalier menant à celui-ci, une boulangerie et deux fours à pain extérieurs. Le moulin de plan rectangulaire, à quatre niveaux, est coiffé d'un toit mansardé à deux versants. La maison du meunier de plan rectangulaire, d'un étage et demi, est surmontée d'un toit à deux versants retroussés. Le site patrimonial du Moulin-de-Beaumont présente un relief varié, dont un plateau surélevé où coule un ruisseau, une falaise abrupte traversée par une chute et, sur sa partie ouest, une pente carrossable menant à la rive. Il est implanté au confluent du ruisseau Beaumont et du fleuve Saint-Laurent, dans la partie est de la municipalité de Beaumont.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique aux terrains et à l'enveloppe extérieure des constructions qui s'y élèvent.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Beaumont) 2008-12-01

Statuts antérieurs

  • Citation, 2007-12-03
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Moulin-de-Beaumont présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique reposant sur sa représentativité en tant qu'ensemble préindustriel. Au XIXe siècle, la plupart des seigneuries sont équipées de ces ensembles préindustriels qui exploitent la force hydraulique des nombreux cours d'eau coulant sur leurs territoires et qui comprennent habituellement des installations pour moudre le grain, couper le bois ou carder la laine. Ainsi, il se trouve déjà sur le site, au bas de la falaise, un ensemble de bâtiments comprenant un moulin à farine et à scie quand John Belcher et Ambroise Gendron construisent un nouveau moulin, en 1821. Celui-ci sert d'abord à carder la laine. Par la suite, il sert à moudre le grain ainsi qu'à scier du bois. Bâti sur le plateau, dans le ravin où coule le ruisseau duquel il tire sa force motrice, le moulin de Beaumont fait le pont entre les deux rives. En amont, un barrage a été érigé afin de créer un bassin de rétention, l'eau étant redirigée par un canal de dérivation vers la roue du moulin. Cette roue à auges fait près de cinq mètres de diamètre sur un mètre cinquante d'épaisseur. La présence du meunier est nécessaire afin de veiller au fonctionnement des installations. Celui-ci loge donc sur les lieux, soit dans un logement aménagé dans le moulin, soit dans une maison distincte, généralement construite à proximité. Le site patrimonial du Moulin-de-Beaumont présente ces deux cas de figure.

Le site présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le moulin est représentatif des moulins à eau du XIXe siècle. Ceux-ci se caractérisent généralement par leurs grandes dimensions, leur plan rectangulaire, leurs trois ou quatre niveaux et leur toit percé de plusieurs lucarnes. Ils sont implantés à proximité de leur source d'énergie, rivière ou ruisseau, qui est endiguée pour créer un réservoir, ou encore au pied d'une chute ou d'un torrent. Le moulin de Beaumont est caractéristique de ces bâtiments, entre autres par son implantation, son plan, ses dimensions, ses quatre niveaux et son fenêtrage. Il se caractérise toutefois par son toit mansardé dont seul le terrasson nord est droit alors que le terrasson sud et les brisis sont légèrement retroussés. Les fondations, la « cage à roue » occupant une partie du premier niveau et le foyer sont construits en pierre. Tout le reste du moulin est en bois et lambrissé, de planches verticales pour le carré, et de bardeaux pour les pignons. Par son volume de plan rectangulaire d'un étage et demi et son toit à deux versants légèrement retroussés, la maison du meunier est, quant à elle, représentative de la maison québécoise d'inspiration néoclassique, ce type dominant le paysage rural au XIXe siècle.

Le site présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'exploitation du cours d'eau qui le traverse remonte à 1744 à la suite de la construction du moulin de Jacques-Hugues Péan de Livaudière (1682-1747), propriétaire du fief Saint-Michel contigu à la seigneurie de Beaumont. Ce premier moulin est alors situé en bas de la chute, tout près du fleuve Saint-Laurent. Devenu la propriété du fils du seigneur Péan, Michel-Jean-Hugues (1723-1774), qui est associé aux affaires de l'intendant François Bigot (1703-1778), ce moulin à farine avec les hangars qui le voisinent va jouer un rôle considérable dans les malversations qui entachent la fin du Régime français. Après la Conquête, l'ancien moulin Péan devient moulin seigneurial. Les vestiges de ce moulin et le chemin qui y mène font partie de l'ensemble. Le moulin de Beaumont est, quant à lui, bâti en 1821. Ses constructeurs obtiennent alors le droit d'ériger et de faire fonctionner un moulin à carder sur le ruisseau, alimentant déjà l'ancien moulin Péan. Le site du Moulin-de-Beaumont est également l'un des premiers exemples, au XXe siècle, de la mise en valeur d'un moulin traditionnel au Québec.

Source : Municipalité de Beaumont, 2008

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Moulin-de-Beaumont liés à ses valeurs ethnologique, historique et architecturale comprennent, notamment :
- les éléments architecturaux traduisant la double fonction industrielle et résidentielle de ces installations, dont le moulin à eau et la maison du meunier;
- les éléments des installations techniques nécessaires au moulin, dont le barrage, le bassin de rétention d'eau et le canal d'amenée;
- les vestiges archéologiques du moulin Péan;
- les aménagements récents, dont la boulangerie et les fours à pain;
- les caractéristiques du moulin de Beaumont, notamment le volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de quatre niveaux, le toit mansardé, les matériaux, dont la maçonnerie en pierre des fondations et de la cage à roue, le parement de planches verticales des murs gouttereaux, le parement en bardeaux de bois des murs pignons, le bois des détails architecturaux, ainsi que les ouvertures, dont les portes à vitrage, les fenêtres à petits carreaux (certaines à guillotine, d'autres à deux battants), les lucarnes à pignons, les chambranles de facture simple;
- les caractéristiques de la maison du meunier, notamment le volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants légèrement retroussés, ainsi que les matériaux, dont le bois des parements, des avant-toits et des ouvertures;
- l'implantation du site en bordure du fleuve Saint-Laurent sur un vaste terrain traversé par un ruisseau et comportant plusieurs arbres matures;
- sa topographie, soit une partie haute et une falaise au dénivelé d'une trentaine de mètres faisant cascader le ruisseau;
- l'ancien chemin, abrité sous les grands arbres, menant aux vestiges archéologiques;
- les vestiges d'un moulin datant du XVIIIe siècle.

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Informations historiques

Au début des années 1740, le seigneur de Saint-Michel et de Livaudière, Hugues-Charles Péan (1682-1747) acquiert des droits sur le ruisseau qui coule sur la seigneurie de Beaumont. En 1744, Péan fait construire un moulin à eau près du fleuve, au pied de la chute à Maillou. Le fils de Péan, Michel-Jean-Hugues (1723-1774) rend le moulin tristement célèbre. Ayant un sens aigu des affaires, Péan est associé à l'intendant François Bigot (1703-1778) dans l'approvisionnement des postes de l'Ouest. En 1750, il obtient le contrat de fourniture des farines à l'État et son moulin fait alors des affaires d'or. C'est en effet dans le moulin de Péan qu'est moulue toute la farine et dans ses hangars que celle-ci est blutée. De là, elle est aussi parfois embarquée sur les bateaux qui la transportent aux Antilles alors qu'en Nouvelle-France, les blés réquisitionnés par l'Intendant sont interdits de commerce. Péan fait partie du groupe d'entrepreneurs connu sous le nom de la Grande société qui va monopoliser le commerce en Nouvelle-France à partir de 1756. Après la défaite, il s'établit en France et de tous ceux qui sont accusés de malversations dans l'administration des affaires du Canada, Péan est celui qui s'en tire le mieux.

Sous le Régime anglais, le moulin Péan devient le moulin banal de la seigneurie de Beaumont. Il est vendu à un particulier en 1862. Au cours des ans, un moulin à scier lui est annexé et un quai, des hangars et des écuries sont construits sur cet emplacement. Le moulin fonctionne jusqu'en 1888 alors que son nouveau propriétaire le délaisse bientôt pour concentrer ses opérations dans le moulin construit en haut de la falaise, moulin qui est connu aujourd'hui sous le nom de « moulin de Beaumont ».

En 1821, les menuisiers et constructeurs de moulins à carde, John Belcher et Ambroise Gendron, du Sault Montmorency, obtiennent le droit d'ériger et de faire fonctionner un moulin à carde sur le ruisseau, au-dessus de la chute au pied de laquelle est situé le moulin à farine de la seigneurie de Beaumont. L'année suivante, Belcher rachète la part de Gendron. Il fait fonctionner le moulin pendant 11 ans et le revend à Patrick Ryan, de Berthier. Celui-ci exploite le moulin pendant 43 ans. La vente du moulin par la veuve Ryan à Damase Bélanger nous apprend que le moulin est alors à carde et aussi à farine. Bélanger en est propriétaire de 1876 à 1887, année où le moulin est racheté par Onésime Poulin. L'année suivante, Poulin se porte acquéreur du moulin Péan, dont l'activité semble péricliter. Si ce dernier ne moud plus beaucoup de farine, il sert encore de moulin à scie et comporte alors un monte-charge actionné par la roue du moulin de Beaumont. Poulin délaisse bientôt les installations du bas de la chute pour concentrer ses opérations dans le moulin d'en haut. Ce moulin reste dans les mains de la famille Poulin durant 46 ans avant d'être acheté, en 1933, par Adjutor Breton. Le moulin sert alors à scier du bois et à préparer de la moulée pour nourrir le bétail.

Le 28 mai 1947, le moulin est acquis par Arthur Labrie (1905-2003). Fils de meunier et lui-même né dans un moulin à Saint-Charles-de-Bellechasse, ce visionnaire insuffle une nouvelle vie au moulin de Beaumont. Consterné par la disparition du patrimoine québécois, il met une vingtaine d'années à restaurer le moulin et à mettre son site en valeur, le tout à ses frais. Il devient ainsi l'un des premiers moulins anciens au Québec à acquérir une vocation récréotouristique. Ouvert au public durant la période estivale depuis 1967, le moulin possède encore des mécanismes anciens et produit de la farine, ce qui permet aux visiteurs de se familiariser avec la technologie d'autrefois.

Le site du Moulin-de-Beaumont, comprenant la maison du meunier, les vestiges du moulin Péan et le chemin qui y conduit, est constitué site du patrimoine en 2007. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Bellechasse

Municipalité :

  • Beaumont

Latitude :

  • 46° 51' 17.0"

Longitude :

  • -70° 57' 3.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 042 275 Ptie
  • Lot 3 042 285

Code Borden

CfEr-4      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • ADAM-VILLENEUVE, Francine et Cyrille FELTEAU. Les moulins à eau de la vallée du Saint-Laurent. Montréal, Les Éditions de L'Homme, 1978. 476 p.
  • BEAUDET, Pierre. Robert Lamontagne, artisan de Beaumont. Québec, Les Éditions GID, 2010. 144 p.
  • LABRIE, Arthur. Le moulin de Beaumont. Québec, A. Labrie éd., 1970. 51 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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