Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Forges du Saint-Maurice

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Trois-Rivières

Date :

  • 1980 – 1990 (Construction)
  • 1983 – (Construction)
  • 1730 – 1883 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation des minéraux et fabrication de produits finis (Forges)

Éléments associés

Personnes associées (1)

Inventaires associés (1)

Images

Description

Le site des Forges du Saint-Maurice, reconnu lieu historique national du Canada en 1973, est un lieu d'interprétation historique et archéologique aménagé en plusieurs phases dans les années 1980. D'une superficie de près de 60 hectares, il comprend plusieurs vestiges d'habitations, de forges et de structures industrielles diverses, un complexe de facture contemporaine construit en 1983 et un vaste bâtiment en pierre reconstruit de 1988 à 1989 d'après les plans d'origine de l'édifice datant du XVIIIe siècle. Le complexe du Haut Fourneau présente une volumétrie expressive composée de structures métalliques, d'une grande roue et de parties en béton et en verre recouvrant partiellement les vestiges d'un ancien fourneau. Située sur un promontoire naturel, la « grande maison » est une habitation rectangulaire de deux étages coiffée d'un toit à deux versants percé de lucarnes. Elle est prolongée par une annexe latérale perpendiculaire et ses murs sont recouverts de crépi. Le bâtiment loge des salles d'expositions ainsi que l'accueil du site. Les différentes composantes du lieu bordent un ruisseau dévalant un ravin et se jetant dans la rivière Saint-Maurice, qui coule à l'ouest du site. L'ensemble est implanté sur un terrain au relief très accusé et partiellement planté d'arbres, à 15 kilomètres au nord du centre-ville de Trois-Rivières.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1919-01-01
 

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Informations historiques

Le site des Forges du Saint-Maurice et ses minerais de fer de qualité sont reconnus et inventoriés dès le milieu du XVIIe siècle par les autorités coloniales de la Nouvelle-France. Toutefois, le développement de cette industrie débute véritablement en 1730 lorsque le roi de France accorde un brevet d'exploitation des forges à François Poulin de Francheville, seigneur de Saint-Maurice. Malgré l'embauche d'ouvriers spécialisés venus de France, les premières années sont marquées par des difficultés résultant d'une mauvaise planification. L'entreprise, en déficit, est cédée au roi en 1741.

Après la Conquête (1760), les forges sont gérées par le gouvernement britannique. C'est au XIXe siècle que le site prend un essor considérable jusqu'à devenir un village industriel où sont logés et nourris plus d'une centaine d'ouvriers et leur famille. À son apogée en 1845, le village compte environ 425 personnes, dont des travailleurs saisonniers. Cette époque de stabilité et de prospérité a lieu sous la gouvernance de Mathew Bell (1769-1849), qui administre la compagnie durant plus de 50 ans, soit de 1793 à 1846. Sous sa direction, l'entreprise diversifie sa production et commercialise des produits qui seront très demandés, tels que les poêles en fonte. Cette période a marqué l'imaginaire collectif de la région; les forges ainsi que le personnage de Mathew Bell sont en effet à l'origine de légendes.

En 1846, les Forges du Saint-Maurice redeviennent une compagnie privée et continuent leur production jusqu'en 1883. Cette année-là, l'entreprise se voit obligée de fermer, à cause du contexte concurrentiel et des hauts coûts d'exploitation. Ce site est alors abandonné pendant plusieurs années.

À partir de 1920, les forges suscitent un intérêt grandissant auprès des amateurs d'histoire, des gouvernements provincial et fédéral et du public. L'historien Benjamin Sulte publie cette année-là une histoire des Forges du Saint-Maurice, tout en recommandant à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada la désignation du site comme lieu historique national. Le gouvernement du Québec prend possession du site en 1962, puis des fouilles et certains travaux de restauration ont lieu entre 1966 et 1972.

En 1973, le site passe sous la juridiction du gouvernement canadien et est officiellement désigné lieu historique national. Depuis, il est géré par Parcs Canada. D'autres campagnes de fouilles archéologiques sont menées entre 1973 et 1984, des bâtiments sont reconstruits et le site est aménagé à des fins touristiques dans les années 1980. Il accueille notamment des salles d'exposition, un complexe d'interprétation des mécanismes et des procédés de l'industrie sidérurgique et un parcours historique ponctué de panneaux d'interprétation.

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Évaluation d'inventaire

  • Inventaire du patrimoine bâti de Trois-Rivières (2009 - 2010)
    Ville de Trois-Rivières


  • La valeur patrimoniale du site des Forges du Saint-Maurice repose notamment sur son intérêt historique et sur son ancienneté. Il s'agit à la fois de la première usine sidérurgique et de la première communauté industrielle fondées au Canada. Le site et ses minerais de qualité sont reconnus et inventoriés dès le milieu du XVIIe siècle par les autorités coloniales. Toutefois, le développement de cette industrie débute véritablement en 1730 lorsque le roi de France accorde un brevet d'exploitation des forges à François Poulin de Francheville, seigneur de Saint-Maurice. Malgré l'embauche d'ouvriers spécialisés venus de France, les premières années sont marquées par des difficultés résultant d'une mauvaise planification. L'entreprise, en déficit, est cédée au roi en 1741. Après la Conquête (1760), les forges sont gérées par le gouvernement britannique. C'est au XIXe siècle que le site prend un essor considérable jusqu'à devenir un village industriel où sont logés et nourris plus d'une centaine d'ouvriers et leur famille. En 1846, les Forges du Saint-Maurice redeviennent une compagnie privée en service jusqu'en 1883. Cette année-là, l'entreprise se voit obligée de fermer, à cause du contexte concurrentiel et des hauts coûts d'exploitation. Pendant plus de 150 ans, l'activité industrielle du site a eu une influence déterminante sur l'économie de la région.

    La valeur patrimoniale du site des Forges du Saint-Maurice tient également à son intérêt didactique. Des campagnes de fouilles archéologiques menées entre 1973 et 1984 ont dévoilé des artéfacts et des vestiges qui sont maintenant mis en valeur et interprétés sur les lieux. La reconstruction de bâtiments et l'aménagement du site à des fins touristiques, dans les années 1980, permettent aujourd'hui d'instruire le public sur l'histoire de son occupation. Les visiteurs et les classes d'écoliers peuvent emprunter un parcours historique ponctué de panneaux d'interprétation à travers les vestiges et les diverses composantes du site. Le bâtiment nommé la « grande maison » abrite des salles d'expositions qui renseignent sur l'histoire des forges, tandis que le complexe du Haut Fourneau interprète les mécanismes et les procédés de l'industrie sidérurgique. Géré par Parcs Canada depuis sa reconnaissance comme lieu historique national en 1973, le site des Forges du Saint-Maurice est à la fois un lieu de commémoration et d'apprentissage.

    La valeur patrimoniale du site des Forges du Saint-Maurice réside aussi dans l'intérêt de son implantation. L'ensemble s'inscrit dans un paysage naturel enchanteur, à proximité de la rivière Saint-Maurice qui coule à l'ouest de son emplacement. Le terrain, au relief fortement accusé, comporte un promontoire naturel sur lequel est construite la « grande maison ». Les composantes bâties du site sont distribuées en bordure d'un ruisseau sinueux dévalant un ravin et se jetant dans la rivière. Une partie du site est boisée, tandis qu'un dégagement caractérise la zone des vestiges archéologiques. En outre, ce paysage naturel est facilement accessible à partir de Trois-Rivières, dont le centre-ville est situé à 15 kilomètres au sud.
    Source : Municipalité de Trois-Rivières, 2010.

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    Emplacement

    Region administrative :

    • Mauricie

    MRC :

    • Trois-Rivières

    Municipalité :

    • Trois-Rivières

    Adresse :

    • 10000, boulevard des Forges

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    Références

    Notices bibliographiques :

    • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
    • DESFOSSÉS-LE PAGE, Carmen. « Mise en valeur des Forges du Saint-Maurice ». Le Coteillage. Vol. 4, no 1 (1986), p. 16-17.
    • LANDRY, Marie-Thérèse. « Ainsi parlait le sol des forges ». Continuité. No 77 (1998), p. 35-37.
    • MARCHAND, Mario. Trois-Rivières: l'histoire par le bâti. Trois-Rivières, Société de conservation et d'animation du patrimoine, 1989. 61 p.

    Multimédias disponibles en ligne :

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