Site institutionnel de l'église de Sainte-Hénédine
Type :
Patrimoine immobilier
Région administrative :
- Chaudière-Appalaches
Municipalité :
- Sainte-Hénédine
Date :
- après 1852 – (Aménagement)
Thématique :
- Patrimoine religieux
Tradition religieuse :
- Christianisme (Catholicisme (rite latin))
Usage :
- Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)
Patrimoine immobilier associé (8)
Description
Le site institutionnel de l'église de Sainte-Hénédine est un noyau paroissial de tradition catholique aménagé en plusieurs phases à partir du milieu du XIXe siècle. Il comprend une église (1910-1912), un presbytère (1940), un hangar à dîme (début du XXe siècle), un cimetière (1885), des monuments religieux, ainsi que leurs terrains. L'église en pierre présente un plan en croix latine doté de bras de transept peu saillants et d'une abside plus étroite en hémicycle. Une sacristie est greffée perpendiculairement à l'abside. La façade du lieu de culte présente un avant-corps central coiffé d'un fronton et est flanquée de deux tours-clochers. La croisée du transept est surmontée d'un pseudo-dôme octogonal. Le presbytère présente un plan rectangulaire et une élévation de deux étages. Il est doté d'un parement en brique et est coiffé d'un toit à croupes doté d'une couverture en tôle. Une galerie ceinture le bâtiment sur trois côtés. Le hangar à dîme possède une structure en bois posée sur des fondations peu exhaussées. Le bâtiment présente un plan rectangulaire coiffé d'un toit à croupes. Il est doté d'un parement en bardeaux de bois et d'une couverture en tôle à la canadienne. Le hangar est percé de trois portes à double vantail. Le cimetière est implanté à droite de l'église sur un vaste terrain rectangulaire gazonné doté d'une allée centrale. Son entrée est marquée par un portail en fer forgé. Le lieu de sépultures comprend un charnier en brique (1898) et un calvaire. Un monument au Sacré-Cœur (1921) est érigé devant l'église alors qu'un monument à la Vierge (1958) est situé devant le presbytère.
Le site institutionnel de l'église de Sainte-Hénédine est implanté en retrait de la voie publique au centre du noyau villageois de Sainte-Hénédine. Une vaste place est aménagée devant le lieu de culte et permet d'accéder à l'ensemble.
Le site institutionnel de l'église de Sainte-Hénédine est cité site patrimonial. Le charnier, l'église, le presbytère et le hangar à dîme sont également cités immeubles patrimoniaux.
Statuts
| Statut | Catégorie | Autorité | Date |
|---|---|---|---|
| Citation | Site patrimonial | Municipalité (Sainte-Hénédine) | 2017-09-11 |
| Proposition de statut national non retenue | Site patrimonial | 2026-01-20 | |
Statuts antérieurs
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Éléments caractéristiques
« L'église de 1912 et ses éléments présentés au "Mémorial Église Sainte-Hénédine du sous-sol au grenier" de 2010 sont des éléments caractéristiques à conserver
Le presbytère de 1940 avec sa brique extérieure, ses murs et plafonds de bois intérieur sur les 2 étages sont des éléments à conserver
La hangar à dîme avec son revêtement extérieur, sa toiture de tôle et son intérieur en bois sont des éléments à conserver
Enfin, le charnier de 1898 avec sa brique d'Écosse et son intérieur en bois et le portail d'entrée en fer du cimetière sont des éléments à conserver.
Pour les terrains et les bâtiments, leurs situations au centre du périmètre urbain, le volume de ces bâtiments, leurs styles, les aménagements extérieurs sont des éléments à conserver. »
Source : Municipalité de la Paroisse de Sainte-Hénédine, septembre 2017
Informations historiques
Le site institutionnel de l'église de Sainte-Hénédine est situé sur le territoire de l'ancienne seigneurie de Jolliet, concédée le 30 avril 1697. Le peuplement de cette seigneurie s'amorce véritablement dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle alors que Gabriel-Elzéar Taschereau (1745-1809) s'en porte acquéreur. En 1798, les premières concessions sur le territoire de ce qui deviendra Sainte-Hénédine sont effectuées. Au début des années 1830, les colons établis à l'intérieur des terres de la seigneurie souhaitent avoir leur propre paroisse. Les habitants de la concession Sainte-Thérèse revendiquent l'emplacement de la future église, mais c'est plutôt un secteur plus au sud (haut de la Grande Ligne) qui est choisi. La paroisse Sainte-Marguerite est ainsi créée en 1831.
Insatisfaits de la situation, les résidents du rang Sainte-Thérèse insistent auprès de l'archevêque de Québec qui finit par céder à leur demande. La paroisse Saint-Hénédine est ainsi érigée canoniquement le 20 mars 1852. Elle prend le nom de Sainte-Hénédine en hommage à Catherine Hénédine Dionne (1819-1870), veuve du seigneur Pierre-Elzéar Taschereau (1805-1845). Une première église en bois et un presbytère sont rapidement érigés sur un terrain à l'intersection des chemins Sainte-Thérèse et de la Grande Ligne.
En 1907, le prêtre Louis-Napoléon Fiset (1868-1933) est nommé curé de la paroisse Sainte-Hénédine. Dès son arrivée, il projette la construction d'un nouveau lieu de culte pour remplacer l'église devenue vétuste. Il retient les services des architectes David Ouellet (1844-1915) et Pierre Lévesque (1880-1955). En 1909, l'archevêque de Québec donne finalement son autorisation pour faire construire une nouvelle église. Les plans finaux de l'église sont réalisés en mars 1910. L'entrepreneur Joseph Giroux (1864-1917) de Saint-Casimir de Portneuf est retenu pour réaliser les travaux. Fridolin Fortier (1861-1927), un agriculteur et maçon de Sainte-Hénédine, est engagé comme tailleur de pierre et contremaître pour la construction de l'église. Le bâtiment est fait de pierre locale et les ouvertures sont soulignées de pierre plus pâle provenant de Saint-Marc-des-Carrières.
Le décor intérieur de l'église est également conçu par les architectes Ouellet et Lévesque qui réalisent des plans à cet effet en 1911. Le sculpteur Henri Angers (1870-1963) exécute plusieurs pièces du décor selon ces plans. L'église est aussi dotée de vitraux réalisés par la compagnie de Bernard Leonard (1841-1924) et de six toiles exécutées par le peintre Antonio Masselotte (1887-1983). L'église est bénie le 29 septembre 1912.
Dans les décennies suivantes, le site de l'église connaît d'autres modifications. En 1921, une statue du Sacré-Cœur, réalisée par l'Union artistique internationale de Vaucouleurs, est installée devant l'église. À la fin des années 1930, le presbytère est jugé désuet et un projet de remplacement est mis en branle. Une nouvelle maison curiale est ainsi érigée en 1940 sous la direction d'Alphonse Cloutier, propriétaire d'une scierie et d'une manufacture de portes et fenêtres à Sainte-Hénédine. En 1958, une statue de la Vierge (probablement une Assomption) est érigée sur l'emplacement de l'ancien presbytère.
En 1999, la fondation de la corporation du révérend Louis-Napoléon Fiset est créée afin d'assurer la conservation et la mise en valeur du patrimoine de la paroisse. L'organisme aménage un centre d'interprétation dans le presbytère. De 2008 à 2010, la corporation effectue la restauration du hangar à dîme.
En 2018, plusieurs paroisses en Beauce, dont celle de Sainte-Hénédine, sont fusionnées pour créer la paroisse Sainte-Mère-de-Jésus.
En 2022, la corporation effectue la réfection de la couverture du presbytère. Le bardeau d'asphalte est alors remplacé par une couverture en tôle. Le centre d'interprétation ferme en 2023. Deux ans plus tard, la municipalité acquiert le presbytère et la grange à dîme, ainsi que le terrain situé devant l'église.
Emplacement
Region administrative :
- Chaudière-Appalaches
MRC :
- La Nouvelle-Beauce
Municipalité :
- Sainte-Hénédine
Adresse :
- rue Principale
Désignation cadastrale :
- Lot 6 118 753
- Lot 6 118 755
- Lot 6 667 373
- Lot 6 667 374
Références
Notices bibliographiques :
- FECTEAU, Normand et Nicole LEFEBVRE. Mémorial : église Sainte-Hénédine, du sous-so au grenier. s.l. Corporation Révérend Louis-Napoléon Fiset, 2010. 43 p.
- GÉLINAS, Cyrille. Histoire de Sainte-Hénédine. Sainte-Hénédine, C. Gélinas, 1995. 533 p.
- GÉLINAS, Cyrille. Sainte-Hénédine : 1852-2002. Sherbrooke, Éditions Louis Bilodeau & Fils, 2002. 647 p.
- s.a. Sainte-Hénédine (Dorchester) : album souvenir 1852-1977. s.l. 1977. 106 p.
- TANGUAY, Sylvie. David Ouellet (1844-1915), architecte: Exploration de la pratique architecturale relative à l'architecture religieuse en milieu rural, à la fin du XIXe siècle. Université Laval, 1989. s.p.

Inscrit au Registre du patrimoine culturel