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Les Bozos

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Synthèse

Les Bozos sont un collectif de chansonniers fondé à Montréal en 1959. La formation initiale regroupe Clémence DesRochers, Hervé Brousseau, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée et Raymond Lévesque.

Les Bozos s'inscrivent dans le mouvement des chansonniers qui apparaît au Québec au milieu des années 1950. Marchant dans les pas de Félix Leclerc, ces artistes préconisent une chanson québécoise d'expression poétique qui soit originale, émancipée et assumée, ainsi qu'une présentation sans artifice dans une atmosphère intimiste. Ils considèrent d'ailleurs la chanson comme un art à part entière, et non pas comme un simple divertissement.

À la suite de la grève des réalisateurs du réseau francophone de Radio-Canada qui a lieu du 29 décembre 1958 au 7 mars 1959, et de la tournée organisée au profit des grévistes, Jean-Pierre Ferland et Hervé Brousseau ont l'idée de s'associer pour se produire dans un établissement dédié uniquement à la chanson. Ils convainquent Claude Léveillée, puis Clémence Desrochers et Raymond Lévesque de se joindre à eux.

Le collectif est nommé Les Bozos, en hommage à Félix Leclerc et à sa célèbre chanson. Il loue l'étage du restaurant Lutèce de Raymond Gaechter, au 1208, rue Crescent. Nommée Chez Bozo, la salle de 90 places est aménagée et décorée par les artistes eux-mêmes, qui achètent le mobilier et un piano droit. Sur la suggestion de Brousseau, ils engagent le pianiste André Gagnon comme accompagnateur.

Les Bozos se produisent en avant-première pour les médias, le 14 mai 1959. Ils donnent leur premier véritable spectacle le lendemain. Le succès est immédiat et la critique est généreuse. Chez Bozo attire autant la jeunesse que la colonie artistique de Montréal. Des vedettes françaises franchissent aussi le seuil de la porte de la petite salle, dont Edith Piaf.

Malgré l'engouement, des différends financiers avec le propriétaire de la salle amènent les Bozos à quitter leur domicile à la fin de juin 1959. Le groupe se produit par la suite au Théâtre Français, au Baril d'Huitres de Québec, puis au théâtre de la Poudrière de l'île Sainte-Hélène. Hervé Brousseau est alors remplacé par Jacques Blanchet.

À l'automne de 1959, les Bozos ouvrent la saison Chez son père, et reprennent l'affiche Chez Bozo à la fin du mois d'octobre. Ils accueillent un nouveau pianiste-accompagnateur, Pierre Brabant. Le lieu attire d'autres visiteurs illustres, dont Yves Montand et Simone Signoret en décembre 1959.

Au début de l'année 1960, les Bozos sont toujours en spectacle au deuxième étage du restaurant Lutèce. Paul de Margerie est désormais le pianiste-accompagnateur du groupe. Les Bozos se produisent par la suite au Café André. Jacques Desrosiers remplace alors Raymond Lévesque et Jean-Claude Deret s'ajoute au groupe sur une base temporaire.

Au cours de l'été, les Bozos font la tournée des boîtes à chanson, dont la Butte à Mathieu, à Val-David, qui deviendra la plus célèbre du Québec. Son fondateur, Gilles Mathieu, avait assisté précédemment à un spectacle Chez Bozo. Fasciné, il avait choisi d'en importer le modèle au nord de Montréal.

À compter de l'automne 1960, les Bozos se consacrent progressivement à leurs carrières respectives. Ils se reforment une dernière fois à la demande de Radio-Canada pour animer une série d'émissions estivales en 1962.

Lorsque les Bozos se séparent officiellement, à la fin de cette tournée, le Québec est en pleine ébullition culturelle. Sous l'effet des Bozos, le chansonnier s'impose désormais comme la figure dominante de la scène musicale québécoise et les boîtes à chanson se multiplient partout au Québec.

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Références

Notices bibliographiques :

  • BERNIER, Marc-François. Jean-Pierre Ferland: un peu plus haut, un peu plus loin. Montréal, Éditions de l'Homme, 2012. 456 p.
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  • GIRARD, Mario. Clémence : encore une fois. Montréal, La Presse, 2023. 312 p.
  • L'HERBIER, Benoît. La chanson québécoise. Montréal, Éditions de l'Homme, 1974. 190 p.
  • MICHAUD, Marie-Josée. Claude Léveillée, tome 1. Montréal, Art global, 2004. 383 p.
  • PERRON, Gilles. « La chanson québécoise. De Félix Leclerc à Robert Charlebois (1948-1968 ». Québec francais. No 144 (2007), p. 54-56.
  • ROY, Bruno. « Chanter au Québec, une nécessité ». L'action nationale. Vol. 70, no 7 (1981), p. 547-566.
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  • TÉZINE, Anne-Marie. « Du Québec à la France : Georges Dor, Jacques Canetti et le défi d'une carrière à Paris ». Revue interdisciplinaire des études canadiennes en France. Vol. 93 (2002), p. 59-77.
  • TROTTIER, Danick. « L'évocation mémorielle des boîtes à chansons au Québec: quand le canon se fait complice de la nostalgie ». La revue des musiques populaires. Vol. 11, no 1 (2014), p. 99-113.

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