Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Barry, Robertine

Type :

Personne

Date :

  • 1863‑02‑26 – 1910‑01‑07

Occupation :

  • Journaliste

Images

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Personnage historique Ministre de la Culture et des Communications 2021-03-08
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Robertine Barry est née à L'Isle-Verte le 26 février 1863. Elle est la fille de John Edmond Barry et d'Aglaé Rouleau.

Elle grandit dans une famille aisée, sa mère étant la fille d'un marchand de bois de L'Isle-Verte et son père le directeur d'une scierie qui fut également maire, juge de paix et marguillier. De 1880 à 1882, elle est pensionnaire au couvent des Ursulines de Québec, où elle fait ses premières armes au journal étudiant L'Écho du cloître. Dès cette époque, elle rêve d'écrire. De retour dans le Bas-du-Fleuve à la sortie du couvent, elle soumet des textes à des éditeurs de journaux sans succès.

En 1891, elle publie ses premiers textes, sous le pseudonyme de Françoise, dans le quotidien montréalais La Patrie, journal libéral dirigé par Honoré Beaugrand (1848-1906). Celui-ci lui offre ensuite d'écrire une chronique hebdomadaire, intitulée « Chronique du lundi ».Signée Françoise, cette rubrique très personnelle de paraît durant neuf ans, du 21 septembre 1891 au 5 mars 1900. Robertine est alors la première femme à faire partie de l'équipe de rédaction du journal. Elle participe aussi chaque semaine à la page féminine du journal, « Le coin de Fanchette », où elle répond aux questions de ses lecteurs, animant ainsi le premier courrier du cœur au Québec. Ces succès permettent à Robertine Barry de vivre de sa plume, ce qui ferait d'elle la première femme à vivre du métier de journaliste au Québec.

Au moment où Robertine Barry fait ses débuts dans la presse montréalaise, son père décède et elle déménage à Montréal avec plusieurs membres de sa famille. Durant ses années à La Patrie, Robertine Barry écrit à l'occasion dans d'autres publications, dont la revue féminine Le coin du feu, fondée et dirigée par son amie Joséphine Marchand (1861-1925). En 1895, elle publie le recueil de nouvelles Fleurs champêtres, qui récolte un succès critique immédiat. Elle subit toutefois les foudres du directeur du journal La Vérité Jules Paul Tardivel, qui lui reproche de ne pas parler assez de religion et d'être en proie à la mauvaise influence de ses collègues de La Patrie. Robertine Barry ose en effet défier le conservatisme de son temps et réclamer plus de droits pour les femmes, dont celui de s'instruire et de participer à la vie civique. Bonne oratrice, elle est fréquemment sollicitée pour donner des conférences au profit d'œuvres de charité; en 1899, elle est la première femme conférencière invitée à l'Institut canadien de Québec.

En 1900, Robertine Barry est nommée représentante des Canadiennes à l'Exposition universelle de Paris et participe au Congrès international des femmes. En 1902, elle fonde Le journal de Françoise, une revue bimensuelle qui présente des rubriques variées s'adressant à tous, bien que les femmes soient particulièrement visées. La revue paraît du 29 mars 1902 au 15 avril 1909 et publie des auteurs et personnalités de divers horizons.

En 1904, Robertine Barry reçoit le titre d' « Officier d'Académie » décerné par la France. La même année, elle se rend à la Foire universelle de Saint-Louis en compagnie de quinze autres journalistes canadiennes. Elles fondent ensemble le Canadian Women's Press Club, dont Robertine Barry est élue vice-présidente. Elle préside également l'Association des femmes journalistes canadiennes-françaises. En 1907, Robertine Barry fait partie du comité de fondation de la première association féministe canadienne-française, la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, dont Marie Gérin-Lajoie est la présidente. En 1909, le premier ministre du Québec, Lomer Gouin, lui offre un poste d'inspectrice du travail féminin dans les manufactures, possiblement en reconnaissance de ses dénonciations envers les mauvaises conditions de travail dans les usines.

Elle est décédée à Montréal le 7 janvier 1910. Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

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Intérêt patrimonial

Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:

« Figure de proue du féminisme du tournant du XXe siècle, Robertine Barry est réputée pour être la première femme à vivre du métier de journaliste au Québec. Elle fait ses premières armes dans ce domaine en collaborant au journal étudiant du couvent des Ursulines de Québec. Après avoir publié quelques articles et contes dans les pages du journal libéral La Patrie, elle est engagée en 1891 par le directeur Honoré Beaugrand pour rédiger une chronique hebdomadaire. Signée sous le pseudonyme de Françoise, cette « Chronique du lundi » paraît du 21 septembre 1891 au 5 mars 1900. Robertine Barry connaît beaucoup de succès grâce à ses chroniques et à ses autres articles. Devenue une personnalité en vue, elle est fréquemment sollicitée pour donner des conférences. En 1899, elle est d'ailleurs la première femme conférencière invitée de l'Institut canadien de Québec. L'année suivante, elle est nommée représentante des Canadiennes à l'Exposition universelle de Paris et participe alors au Congrès international des femmes. Elle collabore activement à la création de la Canadian Women's Press Club en 1904 et à la fondation de la première association féministe canadienne-française, la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, en 1907. Elle est aussi la fondatrice du Journal de Françoise, une revue bimensuelle publiée de 1902 à 1909. Défiant les idées reçues, elle a entre autres réclamé, pendant toute sa vie, davantage de droits pour les femmes, dont celui de s'instruire et de participer à la vie civique, et de meilleures conditions de vie et de travail pour les moins nantis de la société. De 1984 à 2000, l'Institut canadien de recherches sur les femmes a décerné chaque année le prix Robertine-Barry pour récompenser le meilleur article portant sur la condition féminine. »

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Références

Notices bibliographiques :

  • CARRIER, Anne. « Barry, Robertine, dite Françoise ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/barry_robertine_13F.html
  • DESJARDINS, Sergine. « Robertine Barry (Françoise) ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/robertine-barry-francoise

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