Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Construction du premier palais de l'Intendant

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Synthèse

Après la fermeture de la Brasserie du Roy en 1675, l'imposant bâtiment n'est jamais complètement désaffecté. Le roi de France le loue, par exemple, à partir de 1677 pour y entreposer diverses marchandises et biens utilitaires comme de la poudre à canon. De plus, les administrateurs de la colonie suggèrent en 1679 de convertir l'édifice en hôpital ou en manufacture de textiles. L'intendant Jacques de Meulles scelle néanmoins le sort de l'ancienne brasserie en y installant en 1684 ses logements et l'intendance de la colonie. En effet, avant l'arrivée de ce dernier, les intendants habitent une luxueuse résidence dans la côte de la Montagne située entre la basse et la haute-ville de Québec. Au moment où il met les pieds en Nouvelle-France, de Meulles apprend néanmoins la vente de cette dernière à un dénommé Provost. Chassé par un incendie de son logis temporaire de Québec, de Meulles doit exercer ses fonctions à partir d'une résidence de campagne. Percevant le potentiel de l'ancienne brasserie, il s'y installe en 1684 avant d'en obtenir le rachat par le roi en juin 1686. Si le gouverneur trouve la nouvelle intendance trop éloignée de la haute-ville, la proximité de la rivière Saint-Charles et les possibilités de développement des terres environnantes convainquent du bien-fondé de la décision de l'intendant.

Suivant son achat, le roi y ordonne une série de rénovations consacrant ses nouvelles fonctions. Au terme des travaux effectués par l'intendant Jean Bochart de Champigny, « […] l'ancienne brasserie maintenant transformée en un palais pour l'intendant loge ses appartements, une salle de rassemblement pour le Conseil souverain, les magasins du roi, une prison et des ateliers. Un jardin à la française est également aménagé à l'ouest du palais et une enceinte de pieux est érigée, prolongeant le rempart de la haute-ville. » On ajoute notamment un nouveau pavillon à l'est du bâtiment portant sa longueur à environ 67 mètres ainsi qu'un clocheton sur son toit. L'aspect monumental et symétrique apporté au palais par les rénovations de Champigny exprime d'ailleurs la noblesse de son occupant principal, l'intendant de la Nouvelle-France. Enfin, un bassin à bateaux aurait été aménagé dans l'enceinte du palais comme on peut le voir sur un plan de Québec dessiné en 1692 par l'ingénieur Robert de Villeneuve. Des navires de marchandises y auraient été accueillis et un chantier naval aurait pu y être aménagé. Les archéologues, n'ayant jamais pu prouver ses dimensions et son emplacement exact, suggèrent toutefois qu'il pourrait être situé sous ou au nord-ouest du second palais de l'Intendant.

En Nouvelle-France, le palais de l'intendant occupe plusieurs rôles. Il héberge tout d'abord jusqu'en 1759 onze des quinze intendants de la colonie et leur famille. L'intendant, troisième figure en importance dans la colonie après le gouverneur et l'évêque, s'y occupe de la justice, de l'ordre public et des finances. Le palais accueille ensuite les réunions du Conseil souverain, organe de l'administration coloniale créée en 1663 jouant principalement un rôle de tribunal d'appel civil et criminel. Les audiences de la Prévôté de Québec, premier palier de justice dans la colonie, sont aussi tenues au palais par son responsable, le lieutenant-général. Enfin, plusieurs cachots où sont détenus les prisonniers en attente de leur sentence ou purgeant ces dernières, sont aménagés dans la portion est de l'édifice. La justice coloniale est pour ainsi dire centralisée au palais de l'intendant. En y ajoutant les magasins du roi et toute l'activité économique impliquée, le site du palais dépasse largement sa fonction résidentielle et devient « […] l'outil par lequel l'intendant exerce son pouvoir et réalise les dessins qu'il a pour la colonie. » Particulièrement vulnérable au feu, le palais de l'intendant est presque complètement détruit par un incendie le 5 janvier 1713. On ordonne aussitôt la construction d'un nouveau palais au nord-ouest des ruines.

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Références

Notices bibliographiques :

  • MOUSSETTE, Marcel. Le site du Palais de l'Intendant à Québec : Genèse et structuration d'un lieu urbain. Nouveaux cahiers du CELAT, 10. Québec, Septentrion, 1994. 229 p.
  • MOUSSETTE, Marcel. « Québec 1713 : Le palais de l’intendant brûle ». Les Cahiers des dix. No 63 (2009), p. 69-100.
  • OUELLET, Marie-Eve. « Le Conseil souverain : l'écho de la justice royale ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 10-14.

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