Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Médaille (Médaille commémorant le centenaire de la seconde église Notre-Dame de Montréal)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Autre(s) nom(s) :

  • Médaille commémorative

Variante(s) du titre :

  • Centenaire de l'église Notre-Dame de Montréal
  • Centenaire de Notre-Dame de Montréal

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • 1929 (Production)

Période :

  • Le Québec moderne (1867 à 1960)

Thématique :

  • Patrimoine commémoratif
  • Patrimoine de la modernité
  • Patrimoine religieux (Mission civile)
  • Patrimoine religieux (Mission curiale)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet documentaire

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (4)

Patrimoine mobilier associé (1)

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Images

Description

La médaille commémorative du centenaire de l'église Notre-Dame de Montréal est une pièce ronde en bronze de 5,9 cm de diamètre. Son sujet principal, à l'avers, est une vue de face de l'église Notre-Dame de Montréal, reconnaissable à son élévation et à ses deux tours-clochers. Elle est encadrée, dans une reconstitution urbaine idéalisée, du mont Royal surmonté de sa croix et de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à gauche, et de l'hôtel de ville de Montréal, à droite. Le pourtour de l'avers est orné d'une inscription latine qui indique l'occasion de la frappe de cette médaille : AB ECCLESIA DOMINAE NOSTRAE MARIANOPOLITANAE BENEDICTA ANNO CENTESIMO, MCMXXIX (« Centième année depuis la bénédiction de l'église Notre-Dame, 1929 ») ; et l'artiste a signé son nom au pied de l'édifice principal. Au revers, sur un lit mélangé de feuilles d'érable et de fleurs de lys, deux écus sont accotés. Le premier porte les armoiries de la Ville de Montréal de l'époque (dans le sens horaire : la rose, le trèfle, le castor et le chardon). Le second porte le monogramme sulpicien (AM pour « Auspice Maria », que l'on pourrait traduire par « Sous la protection de la Vierge Marie »).

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 2018.1058.2

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec > Montréal > Montréal

Dimensions :

  • Diamètre extérieur (Mesurée / intégral) : 5,9 centimètre(s)
  • Épaisseur (Mesurée / intégral) : 0,4 centimètre(s)

Matériaux :

  • Métal (Bronze)

Type de fabrication :

Semi-industriel

Technique de fabrication :

  • Coulé
  • Frappé
  • Moulé

Représentation iconographique :

  • Architecture

Signature :

  • sur l'avers, en bas à droite : ALBERT HERBEMONT

Poinçon :

  • sur la tranche : BRONZE

Inscription :

avers, sur le pourtour : AB ECCLESIA DOMINAE NOSTRAE MARIANOPOLITANAE BENEDICTA ANNO CENTESIMO; en haut au centre : MCMXXIX

Sujet :

  • Architecture
  • Histoire
  • Religion

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Partie d'un ensemble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2021-08-19

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

La médaille du centenaire de Notre-Dame de Montréal est produite en 1929, dans le cadre des célébrations de l'anniversaire de l'inauguration de l'église. Le 7 mai 1929, le journal « La Patrie » annonce la tenue des célébrations des festivités :
« L'histoire de Notre-Dame est l'histoire même de Montréal, car la première église construite en 1672 ne faisait que remplacer la chapelle de l'Hôtel-Dieu ou celle du fort de Ville-Marie, ce qui nous ramène aux premiers jours de la colonisation, au temps de M. de Chomedey, de Mlle Mance et de M. de Queylus. L'histoire de Notre-Dame est aussi le témoignage de la munificence des Sulpiciens, seigneurs de Montréal. »
Cette médaille illustre en effet la continuité de l'implication des Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal dans la première paroisse depuis Ville-Marie. C'est à double titre de seigneur de l'île de Montréal et de religieux que François Dollier de Casson, supérieur du Séminaire, fait bâtir la première église Notre-Dame, sur la crête du Vieux-Montréal, en 1683. Ce premier édifice devient vite trop exigu pour la population croissante de la ville. Les Sulpiciens décident alors de construire une nouvelle église. Les principaux travaux débutent en 1824, et Notre-Dame est inaugurée en 1829. L'église peut recevoir jusqu'à 10 000 fidèles et fait la fierté de la ville. À la fois lieu religieux et civil, Notre-Dame de Montréal incarne le rôle majeur que les Prêtres de Saint-Sulpice ont joué dans la cité.

La vue de l'église présentée sur cette médaille n'est pourtant pas celle de 1829, lors de l'inauguration, mais bien une vue contemporaine de 1929. En effet, faute de moyens financiers, les deux tours ne seront construites qu'en 1843. Ce n'est donc qu'après cette date que Notre-Dame de Montréal adopte sa façade néogothique. La médaille du centenaire s'inscrit donc dans le cadre de célébrations d'une église à son état définitif, et bien active. L'année 1929 marque ainsi une période intense de festivités autour de ces 100 ans, orchestrées par le sulpicien Olivier Maurault. Cette célébration est l'occasion d'un vaste chantier de commandes artistiques : Maurault commande à Paris une série d'objets et de vêtements liturgiques encore conservés. Il fait remplacer les verres blancs du décor intérieur de l'édifice par 11 verrières historiques.

C'est dans ce contexte qu'il faut saisir la production de cette médaille. La diffusion de cet objet se comprend à la lecture de son programme politique et symbolique. L'avers montre ainsi une perspective urbaine fausse, réinventée et aux échelles inexactes, mais lourde de sens : on y voit, outre l'église dans son état achevé, la croix du mont Royal. Dessinée par le sulpicien Pierre Dupaigne cinq ans auparavant, en 1924, elle suffit à elle seule à évoquer Montréal. Devant elle se dresse la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, où siège l'évêque de Montréal depuis 1894, une autorité incontournable dans le paysage montréalais. Le pouvoir civil est quant à lui représenté par l'hôtel de ville, achevé en 1878 plus à l'est de la rue Notre-Dame. Le revers de cette médaille donne lui aussi une place à chacun des pouvoirs à l'oeuvre dans et autour de l'église : le Canada et le Québec sont représentés respectivement par l'érable et le lys. Par-dessus eux, le médaillon aux armes de la Ville de Montréal adopté en 1833 durant le mandat de Jacques Viger : le castor pour les racines françaises, la rose anglaise, le chardon pour l'apport des citoyens écossais et le trèfle pour les Irlandais. Ce symbole est joint au monogramme sulpicien, qui rappelle les efforts de la Compagnie dans la construction de la ville et de son lieu historique et religieux. Souvenir destiné à être largement diffusé aux citoyens, cette médaille offre une image idéale qui unit tout ce qui, dans le Québec de 1929, joue un rôle incontournable. Plus qu'une simple célébration, elle nous apparaît comme un véritable lieu d'expression du pouvoir.

Auteur: Jean Rey-Regazzi, 2019

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Références

Mention de droits d'auteurs :

Pascale Bergeron © Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • MAURAULT, Olivier. La Paroisse : histoire de l'Église Notre-Dame de Montréal. Montréal, Thérien Frères Limitée, 1957. 240 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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