Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Peinture (La Descente du Saint-Esprit)

Images

Description

Dans le cénacle - peint ici comme une vaste pièce en pierre, semblable à l'intérieur d'un temple avec ses pilastres ioniques - prennent place une vingtaine de personnages aux attitudes diversifiées. À l'avant-plan, assis ou agenouillés, des hommes lèvent les bras ou joignent leurs mains en prière, dirigeant leur regard vers le centre la composition. À cet endroit, la Vierge, surélevée sur une tribune, est accoudée à une petite table. Habillée d'une chemise blanche ainsi que d'un long drapé bleu, elle agenouillée et porte ses mains sur son coeur. Tête tournée de trois quarts et légèrement penchée vers la gauche, elle regarde vers le haut. En contraste avec l'obscurité qui règne dans la scène, elle est illuminée d'une lumière surnaturelle surgissant d'une nuée au-dessus d'elle, sous une draperie d'un vert très foncé qui descend du plafond. Également à genoux, des saintes femmes entourent Marie. Celle-ci, de même que deux femmes à droite, et un apôtre à gauche, ont des langues de feux disposées au-dessus de leur front, symbole du Saint-Esprit.

D'autres personnages stupéfaits sont placés à droite et à gauche, derrière la scène. Dans le fond, une ouverture nous laisse voir un ciel nuageux et un bâtiment à la toiture rouge. Dans cette oeuvre, seul un homme dirige son regard vers le spectateur. Situé à gauche, il s'agit de l'artiste Charles Le Brun, auteur de la composition.

La peinture a été restaurée en 2010 par madame Anita Henry, grâce à une aide financière du Conseil du patrimoine religieux du Québec.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 2002.0244

Lieu de production :

  • Europe > France > Paris

Dimensions :

  • Hauteur : 111,9 centimètre(s)
  • Largeur : 73,5 centimètre(s)

Médium :

  • Huile

Support :

  • Toile

Représentation iconographique :

  • Charles Lebrun
  • Pentecôte
  • Scène religieuse (histoire)

Signature :

  • non signé

Sujet :

  • Religion

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

L'origine et l'auteur de ce tableau demeurent énigmatiques. Peut-être arrivée au Canada dès l'époque de la Nouvelle-France, il s'agit d'une oeuvre dont la composition est associée de près à l'histoire de M. Jean-Jacques Olier (1608-1657), fondateur et supérieur du séminaire de Saint-Sulpice à Paris. En 1654, il commande à Charles Le Brun (1619-1690) le tableau de La Descente du Saint-Esprit. L'oeuvre, destinée à orner le maître-autel de la chapelle du séminaire, est achevé en 1657. L'élève de Le Brun, Claude Nivelon, auteur d'une biographie sur le maître français, nous rappelle les circonstances particulières de la présentation du tableau à M. Olier :

« tout fini qu'il paraît, [le tableau] fut peint, en terme de peintre, au premier coup, à cause que le principal de cette maison souhaitait avec passion de le voir étant au lit de la mort.

Ce personnage, qui avait la réputation d'être le modèle parfait d'une vie très religieuse et grand dévot envers la Vierge, entra insensiblement dans le sujet en le voyant comme un des spectateurs ou assistants,et presque semblable aux apôtres qui y furent illuminés et enflammés du feu céleste, son âme fut saisie d'une joie spirituelle que l'on remarque par le silence que l'admiration lui fit observer quelque temps. Enfin il le rompit en étendant ses bras vers l'objet qui le tenait en suspension, proférant ces mots en regardant fixement la Vierge : « hélas, si on la peint ici-bas dans une si parfaite beauté, que n'est-ce point dans le Ciel ! ». Il tomba au même temps dans une faiblesse qui se peut nommer une extase affective, puisqu'une si belle cause, transportant son âme hors d'elle même, fit une suspension générale et assez grande de tous ses esprits pour lui causer le plus doux et le plus heureux moment, passant en même temps de cette vie mortelle à la béatitude.

Cela arriva en 1657 en la personne de Messire Jean-Jacques Olier. »

La même année, la colonie française en Amérique voit les premiers Sulpiciens s'établir à Montréal. Peut-être est-ce en rappel de la mort de leur saint fondateur et de l'oeuvre présente à Paris - qui constitue d'ailleurs l'une des premières scènes religieuses de Le Brun à obtenir un franc succès auprès des communautés et des cercles dévots -, que les Sulpiciens de Ville-Marie tiennent à posséder un tableau similaire ?

Tenue au XIXe siècle pour une esquisse de la main de Le Brun, voire une oeuvre préparatoire au tableau présenté à M. Olier en 1657, la peinture pourrait être plus vraisemblablement une réplique d'atelier. À cet égard, dans sa vie sur le fondateur de Saint-Sulpice, l'historien et prêtre sulpicien Étienne-Michel Faillon (1799-1870) rappelait que « Non content d'avoir donné tous ses soins à ce tableau, Le Brun en fit faire, par ses meilleurs élèves, plusieurs copies correctes que lui-même retoucha. ». De fait, en France, différents tableaux du même sujet, et attribués soit à Le Brun ou à ses élèves, ont été recensés lors des confiscations révolutionnaires.

Auteur : Pierre-Olivier Ouellet, 2014

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Références

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Univers culturel de Saint-Sulpice

Contributeur de données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • DES ROCHERS, Jacques. Un héritage méconnu: les tableaux de l'ancienne église Notre-Dame de Montréal. Mémoire et histoire. Montréal, Éditions de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal, 2009. 53 p.
  • FAILLON, Étienne-Michel. Vie de M. Olier: fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice. Vol. III. Paris, Wattelier, 1873. s.p.
  • MONTAGU, Jennifer et Jacques THUILLIER. Charles Le Brun (1619-1690). Peintre et dessinateur. Versailles, Musée du château de Versailles, 1963. 452 p.
  • NIVELON, Claude. Vie de Charles Le Brun et description détaillée de ses ouvrages. Genève, Librairie Droz, 2004. 600 p.
  • SIMARD, Jean. Une iconographie du clergé français au XVIIe siècle : les dévotions de l'école française et les sources de l'imagerie religieuse en France et au Québec. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1976. 264 p.

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