Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Fauteuil à la reine

Images

Description

Réalisés entre 1741 entre 1743, ces huit fauteuils de style Louis XV présentent des courbes harmonieuses. Convenant aux décors intérieurs des mieux nantis de l'époque, ils ont été conçus pour être adossés aux murs. La finesse de la réalisation se remarque par les multiples détails sculptés. Les pattes et les montants des accoudoirs sont de forme galbée et ornés de feuilles d'acanthe. La ceinture de l'assise et le haut du dossier sont chantournés et décorés, au centre, d'une grenade entourée de feuillages.

La recherche du confort y est également palpable. L'assise, les manchettes et le dossier sont rembourrés et recouverts d'un tissu. De même, l'assise étendue et les accoudoirs reculés devaient permettre aux dames du XVIIIe siècle, vêtues de robes aux larges paniers, de s'y asseoir en toute aise.

L'estampille au dos de la traverse arrière, « I NADAL [N inversé] », indique que ces pièces proviennent de l'atelier de Jean Nadal (act. vers 1730-1756) établi sur la rue de Cléry, à Paris. Reçu maître aux alentours de 1730, celui-ci fut le fondateur d'une importante famille de menuisiers de sièges.

Encore en usage dans la communauté au début du XXIe siècle, ces fauteuils ont fait l'objet de plusieurs restaurations, dont une en 2006, grâce à une aide financière du Conseil du patrimoine religieux du Québec. Ils sont aujourd'hui recouverts d'un velours rouge gaufré convenant bien à l'époque.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 2002.0963.1-8

Lieu de production :

  • Europe > France > Paris

Dimensions :

  • Hauteur : 96 centimètre(s)
  • Largeur : 53,5 centimètre(s)
  • Profondeur : 52,5 centimètre(s)

Matériaux :

  • Bois
  • Fibre

Type de fabrication :

Artisanal

Technique de fabrication :

  • Assemblé
  • Cloué
  • Sculpté
  • Taillé
  • Tissé

Représentation iconographique :

  • Motif décoratif (volute)
  • Motif floral (pivoine)
  • Motif floral (tulipe)
  • Motif végétal (feuillage)
  • Motif végétal (feuille d'acanthe)
  • Motif végétal (pomme grenade)

Signature :

  • estampillé au dos de la traverse arrière : I NADAL [N inversé]

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

Haut de la page

Informations historiques

En 1759, après la défaite de Québec devant les forces britanniques, Mgr de Pontbriand trouve refuge chez les Sulpiciens de Montréal. Il emporte avec lui différents biens et meubles de valeur qui se trouvaient au palais épiscopal, lourdement touché par les tirs de l'artillerie ennemie au cours du siège de la capitale. L'année suivante, tandis que la colonie française connaît ses dernières heures, l'évêque rend l'âme le 8 juin 1760 après avoir reçu les derniers sacrements du supérieur des Sulpiciens, Étienne Montgolfier (1712-1791). Il lègue alors la plupart de ses biens aux Prêtres de Saint-Sulpice qui l'avaient accueilli, comme en rend compte son testament rédigé le 1er mai 1760 :

« comme je suis au séminaire de sulpice qui prend de moy un soin particulier et dont je suis Extremement reconnaissant et que (je) nay aucune convention avec eux je lui abbandonne tous Les effets, tous les meubles, toutes les provisions que Jy ay apporte et qui sont et pouroient venir de france, toute mon argenterie meme deglise montre, pendule, couvert, linge, tout Largent que je pourois avoir d(e) quelque espece quil soit. »

Parmi ces objets et meubles conservés jusqu'à nos jours, les huit fauteuils « à la reine » de la collection évoquent ce séjour de Mgr de Pontbriand dans la communauté. Plus encore, ces pièces de mobilier, souriant d'une élégance incontestable, témoignent d'un art de vivre faste dans la colonie française.

Quoi que les circonstances de l'arrivée des fauteuils en Nouvelle-France nous échappent encore - l'hypothèse la plus probable voulant qu'ils aient fait partie des biens transportés dans la colonie par Mgr de Pontbriand lui-même en 1741 -, ces derniers présentent aujourd'hui une valeur artistique indiscutable, constituant un ensemble unique au Québec.

Auteur : Pierre-Olivier Ouellet, 2014

Haut de la page

Références

Gestionnaires des données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Contributeur de données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • LAVALLÉE, Jean-Guy. « Dubreil de Pontbriand, Henri-Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/dubreil_de_pontbriand_henri_marie_3F.html
  • PALLOT, Bill G. B. L'art du siège au XVIIIe siècle en France. Paris, ACR-Gismondi Éditeurs, 1987. 332 p.
  • « Testament et inventaire des biens (1760) de Mgr de Pontbriand, dernier évêque de Québec sous le régime français », Rapport de l'archiviste de la province de Québec pour 1957-1958 et 1958-1959, Québec, Redempti Paradis, 1959, p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013