Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Gobelet

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • 1684 – 1685 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Éléments associés

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Images

Description

Ce gobelet est une pièce d'orfèvrerie civile façonnée en 1684-1685 par l'orfèvre parisien Denis Patu (1643-1712). L'objet, en argent massif, est un récipient à boire destiné à un usage personnel. On désigne comme étant un gobelet un contenant cylindrique parfois légèrement évasé dont la hauteur varie entre 7 et 15 cm, ce qui correspond bien à la forme et à la hauteur de cette pièce qui mesure 9,3 cm.

Une bande de métal uni rapportée et soudée au gobelet assure une base stable à l'objet tandis que le décor amati obtenu à partir de fins guillochis, délimité par deux filets, permet une bonne prise de celui-ci. La partie supérieure du récipient à boire a cependant été laissée unie afin de procurer un usage agréable à son utilisateur.

Les armoiries du propriétaire original, le prêtre sulpicien François-Saturnin Lascaris d'Urfé, comte de Baugé (1641-1701), sont gravées sous le fond du gobelet. On y reconnaît un écu composé de vair au chef de gueules à l'intérieur d'une couronne d'épines surmontée d'une couronne de marquis.

Ce gobelet a été restauré en 2007 par Nadine Saint-Pierre, sous la direction d'Estelle Richard au Musée des beaux-arts de Montréal.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 1976.0571

Lieu de production :

  • Europe > France > Paris

Dimensions :

  • Diamètre extérieur : 8,3 centimètre(s)
  • Hauteur : 9,3 centimètre(s)
  • Poids : 134 gramme(s)

Matériaux :

  • Métal (Argent)

Poinçon :

  • maison commune de Paris 1684-1685 : la lettre P couronnée
  • maître : une couronne, deux grains encadrant une fleur de lys, les lettres D, un point, P, la lettre T
  • poinçon de charge de Paris 1684-1687 : la lettre A avec fleur de lys, 2 croissants de lune et une étoile, une partie à gauche est effacée
  • poinçon de décharge de Paris 1684-1687 : une couronne avec fleur de lys

Inscription :

sous l'objet : Armoiries de François Saturnin Lascaris d'Urfé, marquis d'Urfé et de Baugé.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

Ce gobelet est issu de l'atelier du maître orfèvre parisien Denis Patu (1643-1712) qui semble avoir été spécialisé dans la fabrication de gobelets. En fait, il ne reste que sept gobelets, tant en France qu'au Québec, pour témoigner de son activité. Il faut dire qu'environ seulement 500 pièces d'orfèvrerie parisienne du XVIIe siècle subsistent dans le monde, dont un peu plus du cinquième est conservé au Québec. Cette rareté s'explique par les deux grandes fontes décrétées par Louis XIV, en 1689 et en 1709, pour financer les guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la succession d'Espagne. Si nous ajoutons à cela les pertes subies lors de la Révolution française de 1789 et les habituelles fontes pour récupérer la valeur du métal ou réutiliser le matériau pour rajeunir les modèles, on comprendra que toutes les pièces d'orfèvrerie française de cette période sont exceptionnelles.

Les armoiries gravées sur le fond du gobelet indiquent que le sulpicien François-Saturnin Lascaris d'Urfé, comte de Baugé (1641-1701), a été le premier propriétaire de celui-ci. Il l'a acquis entre le mois de juillet 1685 et le mois de juillet 1686, dates où ce poinçon de la ville de Paris a été en usage. L'abbé d'Urfé est venu à deux reprises en Nouvelle-France où il débarque pour la première fois à l'automne 1668. Durant ce premier séjour de six années, il est, entre autres, affecté à Kenté (Quinte), une mission volante implantée par les Sulpiciens au nord du lac Ontario, en pays iroquois. L'abbé d'Urfé y sert en compagnie de son cousin, le sulpicien François de Salignac de La Mothe-Fénélon (1641-1679). Ce dernier doit finalement quitter la colonie à l'automne 1674, après avoir eu des démêlés avec Frontenac. L'abbé d'Urfé l'accompagne, car en voulant défendre son cousin il s'est aussi attiré les foudres du gouverneur et il part plaider sa cause auprès de Louis XIV.

Bien que chaudement recommandé par le roi, l'abbé d'Urfé n'est de retour en Nouvelle-France qu'à l'automne 1685 après avoir été nommé guide et conseiller du nouvel évêque de Québec, Mgr de Saint-Vallier. C'est donc lors de ce second séjour que le sulpicien arrive avec son gobelet d'argent. En 1686, il devient le premier curé résidant de la paroisse Saint-Louis (Baie-D'Urfé) située sur les rives du lac du même nom. À l'automne de 1687, une attaque des Iroquois décime la petite communauté et l'abbé D'Urfé quitte définitivement la colonie après avoir été rappelé en France pour régler des affaires de famille. Il décède dans le château familial en 1701.

En 1911, à la création de la municipalité de Baie-D'Urfé, située dans l'ouest de l'île de Montréal, on décide de lui donner le nom de son premier curé résidant. La ville a adopté les armoiries de l'abbé D'Urfé pour la représenter alors qu'elle fêtait, en 1961, le 275e anniversaire de la fondation de la paroisse Saint-Louis.

Auteur : Joanne Chagnon, 2014

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Références

Gestionnaires des données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Contributeur de données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • BIMBENET-PRIVAT, Michèle. Les orfèvres et l'orfèvrerie de Paris au XVIIe siècle. Vol. 1. Paris, Commission des travaux historiques de la ville de Paris, 2002. 568 p.
  • BIMBENET-PRIVAT, Michèle. Les orfèvres et l'orfèvrerie de Paris au XVIIe siècle. Vol. 2. Paris, Commission des travaux historiques de la ville de Paris, 2002. 568 p.
  • CHAGNON, Joanne. « L'orfèvrerie des Messieurs de Saint-Sulpice ». LACROIX, Laurier. Les arts en Nouvelle-France. Collection Arts du Québec. Québec, Musée national des beaux-arts du Québec : Publications du Québec, 2012, p. 186-187.
  • TRAQUAIR, Ramsay. The old silver of Quebec. Toronto, Macmillan of Canada, 1940. 168 p.
  • TRUDEL, Jean. L'orfèvrerie en Nouvelle-France. Ottawa, Galerie nationale du Canada pour la Corporation des Musées nationaux du Canada, 1974. 239 p.
  • YON, Armand. « Lascaris d'Urfé, François-Saturnin ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=886&interval=15&&PHPSESSID=uaam3ma8nh0m3rlv4b9utcrui5

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