Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Ciboire

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • 1689 – 1690 (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Arts décoratifs > Orfèvrerie
  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Objet religieux > Objet lié à l'Eucharistie

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Description

Ce ciboire a été réalisé en 1689-1690 par les orfèvres parisiens François (maître 1638) et Guillaume Jacob (1648-1720). Il s'agit d'une pièce d'orfèvrerie religieuse associée au rituel pratiqué par l'Église catholique. L'objet, en argent massif, est une réserve eucharistique utilisée pour conserver les hosties consacrées et les distribuer aux fidèles lors de la communion. Seules trois pièces d'orfèvrerie, liées à la liturgie catholique, sont considérées comme sacrées parce qu'elles sont en contact avec les saintes espèces : le calice, la patène et le ciboire. Notons que les parties directement en contact avec les espèces consacrées (l'intérieur des coupes, des patènes et des couvercles) doivent être en métal précieux soit en or ou en argent doré. Le ciboire des Sulpiciens répond à cette exigence avec l'intérieur de sa coupe et de son couvercle en argent doré.

Le vase sacré est une coupe sur pied mesurant 21,0 cm de haut sur une largeur extérieure de 13,7 cm. Il est composé de quatre parties indépendantes : le pied, la tige, la coupe et le couvercle. C'est un jeu de moulures qui caractérise ce ciboire dont le métal lisse et uni est mis en valeur. Le pied circulaire à ressaut présente une gorge qui s'achève en une moulure sur laquelle est soudé le dessus plat du pied où la tige, plutôt courte, est vissée. Celle-ci est ornée de deux collerettes et d'un noeud piriforme. Le couvercle surmonté d'une croix de Malte s'emboîte sur une coupe assez large.

Le couvercle du ciboire a été façonné par François Jacob tandis que le pied, la tige et la coupe ont été réalisés par son fils Guillaume.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 2002.0035

Lieu de production :

  • Europe > France > Paris

Dimensions :

  • Diamètre extérieur : 13,7 centimètre(s)
  • Hauteur : 21 centimètre(s)
  • Poids : 570 gramme(s)

Matériaux :

  • Métal (Argent)

Poinçon :

  • maison commune de Paris 1689-1690: la lettre V couronnée
  • poinçon de charge de Paris 1687-1691: la lettre A couronnée
  • poinçon de décharge de Paris 1687-1691: deux A croisés, l'un dans l'autre surmontés d'une fleur de lys
  • sur le couvercle, poinçon de maître (François Jacob) : fleur de lys couronnée, deux grains, un coq entre les lettres F et J
  • sur le vase, poinçon de maître (Guillaume Jacob) : fleur de lys couronnée, deux grains, un coq entre les lettres G et J

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2020-08-20
 
Inventorié --
 

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Informations historiques

Ce ciboire a été réalisé dans l'atelier des maîtres orfèvres parisiens François Jacob (maître 1638) et de son fils Guillaume (1648-1720). Peu de choses sont connues de la carrière de François dont seule une écuelle couverte, conservée au Musée du Louvre, a été repérée, si l'on exclut le couvercle de ce ciboire. Quant à son fils Guillaume, sa spécialité en orfèvrerie religieuse lui a valu des commandes royales occasionnelles même s'il n'était pas un orfèvre attitré du roi. Sa renommée était telle que le primat de l'Église de Pologne lui a commandé en 1700 une châsse de près de 50 kg, aujourd'hui disparue, ainsi qu'une chapelle complète dont 7 pièces, incluant deux bustes grandeur nature de saint Pierre et saint Paul, ont été sauvegardés. Bien que Guillaume Jacob semble avoir eu une grande production, variée et créative, il ne reste que 25 oeuvres de celle-ci, dont trois au Québec.

En fait, environ 500 pièces d'orfèvrerie parisiennes du XVIIe siècle subsistent dans le monde, dont un peu plus du cinquième est conservé au Québec. Cette rareté s'explique par les deux grandes fontes décrétées par Louis XIV, en 1689 et en 1709, pour financer les guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la succession d'Espagne. Si nous ajoutons à cela les pertes subies lors de la Révolution française de 1789 et les habituelles fontes pour récupérer la valeur du métal ou réutiliser le matériau pour rajeunir les modèles, on comprendra que toutes les pièces d'orfèvrerie française de cette période sont exceptionnelles.

Jusqu'au début des années 2000, le ciboire a été en usage à l'église d'Oka, érigée sur le site de la mission sulpicienne du Lac des Deux-Montagnes. C'est en 1718 que Louis XV a concédé la seigneurie du Lac des Deux-Montagnes aux Sulpiciens afin qu'ils y déménagent leur mission amérindienne jusqu'alors située au Sault-au-Récollet.

Auteur : Joanne Chagnon, 2014.

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Références

Gestionnaires des données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Contributeur de données :

Univers culturel de Saint-Sulpice

Notices bibliographiques :

  • BIMBENET-PRIVAT, Michèle. Les orfèvres et l'orfèvrerie de Paris au XVIIe siècle. Vol. 1. Paris, Commission des travaux historiques de la ville de Paris, 2002. 568 p.
  • CHAGNON, Joanne. « L'orfèvrerie des Messieurs de Saint-Sulpice ». LACROIX, Laurier. Les arts en Nouvelle-France. Collection Arts du Québec. Québec, Musée national des beaux-arts du Québec : Publications du Québec, 2012, p. 186-187.
  • MORISSET, Gérard. « Le trésor de la mission d'Oka ». La Patrie (Montréal), 13 novembre 1949, p. 18.
  • TRUDEL, Jean. L'orfèvrerie en Nouvelle-France. Ottawa, Galerie nationale du Canada pour la Corporation des Musées nationaux du Canada, 1974. 239 p.

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