Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Manoir Rioux-Belzile

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Rioux-Belzile

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Neiges

Date :

  • vers 1810 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (4)

Images

Carte

Description

Le manoir Rioux-Belzile est une résidence en bois construite en 1790 et probablement agrandie vers 1835. La maison présente un plan rectangulaire à un étage et demi et est coiffée d'un toit à deux versants à larmiers retroussés. Le manoir Rioux-Belzile est situé sur le chemin de la Grève-Rioux, à proximité du fleuve Saint-Laurent, dans la municipalité de Notre-Dame-des-Neiges.

Ce bien est visé par un avis d'intention de classement. Il est aussi cité immeuble patrimonial.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Avis d'intention de classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2021-03-09

Statuts antérieurs

  • Proposition de statut national, 2012-06-20
 
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Notre-Dame-des-Neiges) 2007-08-13
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Notre-Dame-des-Neiges) 2011-01-10
 
Avis d'intention de classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2021-03-09
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le manoir Rioux-Belzile et son site présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur historique. Ils témoignent de l'occupation et du développement de la seigneurie de Trois Pistoles par les seigneurs Rioux à compter de la fin du XVIIe siècle. Le site correspond à une partie de la terre que concède en 1784 le seigneur Étienne Rioux à son frère Jean Baptiste Rioux, père d'Ignace Rioux. Vers 1810, ce dernier y fait construire une maison de ferme, aujourd'hui connue sous le nom de manoir Rioux-Belzile. La maison demeure la propriété de la famille Rioux jusqu'en 1919. Elle sera acquise par la famille Belzile en 1949. Au XXe siècle, elle est régulièrement offerte en location à des estivants. Parmi ceux-ci, le journaliste Olivar Asselin, qui y séjourne périodiquement entre 1901 et 1930, ainsi que les religieuses de Jésus-Marie, qui y retournent pendant plusieurs années. Vers 1916, le réputé architecte Jean-Omer Marchand se fait construire, à proximité de la maison, un chalet qu'il occupe jusqu'en 1930. Par ailleurs, en raison de l'ancienneté de son occupation et de sa situation en bordure du fleuve Saint Laurent, le site possède un potentiel archéologique.

Le manoir Rioux-Belzile et son site présentent aussi un intérêt patrimonial pour leur valeur architecturale et ethnologique. Le manoir constitue un exemple représentatif de l'architecture résidentielle québécoise de la première moitié du XIXe siècle. Plusieurs de ses caractéristiques illustrent la persistance des méthodes de construction et des modèles élaborés au XVIIIe siècle. C'est le cas notamment de sa charpente équarrie à la hache et assemblée à tenons et mortaises, de ses fondations en pierre peu dégagées du sol et de la disposition asymétrique de ses ouvertures. La maison présente par ailleurs des éléments popularisés au XIXe siècle, comme son toit à deux versants à larmiers cintrés et ses deux fausses cheminées en bois, aux extrémités du faîte, qui rappellent la recherche de symétrie propre à l'architecture d'inspiration classique. L'aménagement intérieur de la maison, qui conserve plusieurs éléments d'origine, évoque le mode de vie rural du XIXe siècle. Le chalet est pour sa part composé d'un corps de logis rectangulaire, d'un solarium et d'un appentis. Sa conception témoigne d'une manière d'habiter adaptée au phénomène de la villégiature.

Le site patrimonial du Manoir-Rioux-Belzile présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Les bâtiments sont implantés sur un grand terrain dégagé et peu aménagé qui est situé en bordure du fleuve Saint-Laurent. Le caractère paysager du site a contribué à son appréciation par les villégiateurs.

Haut de la page

Informations historiques

Le manoir Rioux-Belzile est implanté sur un territoire dont l'occupation permanente remonte à la fin du XVIIe siècle, lors de l'établissement du seigneur Jean Rioux (1652-1710). En 1696, Rioux échange sa terre de l'île d'Orléans contre la seigneurie de Trois-Pistoles, qui appartient à Charles Denys de Vitré (1645-1703). Rioux est le premier seigneur à occuper le territoire de cette seigneurie et à tenter de la mettre en valeur. Son fils aîné, Nicolas (1680-1756), prend la relève à son décès.

Le domaine seigneurial est situé à l'anse Rioux, en bordure du fleuve Saint-Laurent. En 1723, il comprend un manoir en bois, une grange, une étable, une écurie, un moulin à farine ainsi qu'une chapelle. La seigneurie ne compte alors aucun censitaire. Le peuplement se fait graduellement au cours des décennies suivantes. En 1790, le premier noyau de peuplement compte 200 habitants qui sont répartis sur la zone littorale. La colonisation s'accélère au début du XIXe siècle. L'augmentation démographique des paroisses situées à l'ouest entraîne l'installation de nombreux habitants dans le secteur. La seigneurie de Trois-Pistoles connaît alors un essor remarquable, atteignant 1 700 habitants en 1831. Les nouvelles familles s'établissent plutôt sur le plateau sud, qui domine la rive accidentée du fleuve. La requête demandant la construction d'une nouvelle église est acceptée en 1842. L'année suivante, un nouveau chemin est tracé sur le plateau. Un noyau villageois s'y forme et plusieurs habitations riveraines sont déplacées.

Au milieu du XIXe siècle, Ignace Rioux (1782-1864), rentier, habite le manoir de l'anse Rioux avec son fils aîné, Joseph (1817-vers 1905), coseigneur de l'endroit. Après l'abolition du régime seigneurial, les possessions sont partagées entre les nombreux héritiers. Benjamin Rioux (1833-1915), cultivateur, hérite du manoir paternel en 1887. Il y habite avec frère Joseph et son fils Élisée. Ce dernier hérite à son tour du manoir et vend la propriété en 1919. Elle passe aux mains des familles Bélanger et Belzile de Trois-Pistoles.

Pendant les premières décennies du XXe siècle, la maison est occupée pendant la saison estivale par le journaliste Olivar Asselin (1874-1937).

Le manoir Rioux-Belzile est cité en 2007. Il est compris dans un site patrimonial cité depuis 2011.

Le manoir et le site sont visés par un avis d'intention de classement en 2021.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Les Basques

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Neiges

Adresse :

  • 18, chemin de la Grève-Rioux

Lieux-dits :

  • Trois-Pistoles

Latitude :

  • 48° 7' 21.0"

Longitude :

  • -69° 12' 8.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 545 906

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • FORTIN, Jean-Charles, dir. Histoire du Bas-Saint-Laurent. Institut québécois de recherche sur la culture. Montmagny, Éditions Marquis, 1993. 860 p.
  • LABERGE, Alain, dir. et Jacques MATHIEU, dir. L'occupation des terres dans la vallée du Saint-Laurent. Les aveux et dénombrements 1723-1745. Sillery, Septentrion, 1991. 418 p.
  • LARIN, Robert et Marie-Joëlle LARIN-LAMPRON. Le Manoir Rioux-Belzile. Maison ancestrale et site patrimonial. Montréal, Éditions de la Sarracénie, 2021. 72 p.
  • RIOUX, Emmanuel. Histoire de Trois-Pistoles, 1697-1997. Trois-Pistoles, Centre d'édition des Basques / Société historique de Trois-Pistoles, 1997. 694 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013