Desjardins, Alphonse
Type :
Personne (Homme)
Autre(s) nom(s) :
- Desjardins, Gabriel-Alphonse
Date :
- 1854‑11‑05 – 1920‑10‑31
Occupation :
- Banquier
- Enseignant / professeur
- Fonctionnaire
- Journaliste
- Militaire / Paramilitaire
- Éditeur
Patrimoine immobilier associé (3)
-
Maison Alphonse-Desjardins
-
Site du patrimoine du noyau paroissial de Saint-André
- Construction
- Monument Alphonse-et-Dorimène-Desjardins - Représentation iconographique
Patrimoine mobilier associé (1)
- Fonds Alphonse-Desjardins - Production
Plaques commémoratives associées (1)
- Plaque d'Alphonse Desjardins - Mention
Événements associés (1)
- Fondation de la Caisse populaire de Lévis (1900) - Participation importante
Groupes associés (1)
Personnes associées (1)
Statuts
| Statut | Catégorie | Autorité | Date |
|---|---|---|---|
| Inventorié | -- | ||
Synthèse
Né le 5 novembre 1854 à Lévis, Alphonse Desjardins (baptisé Gabriel-Alphonse) est le fils de François Roy dit Desjardins, cultivateur et journalier, et de Clarisse Miville dit Deschênes.
Desjardins fréquente le collège de Lévis où il suit les quatre classes du cours commercial de 1864 à 1870. Enrôlé dans le 17e bataillon d'infanterie de milice volontaire de Lévis en 1869, Desjardins est mobilisé l'année suivante pour repousser d'éventuels raids fenians. En 1870, il complète une formation à l'école militaire de Québec, puis il est promu au grade de sergent-major en 1871. Cette année-là, il prend part à une campagne menée contre les fenians à la rivière Rouge, au Manitoba. De retour au Québec en 1872, il se retire de l'armée.
À partir de 1872, Desjardins est journaliste à L'Écho de Lévis. Après la fermeture du journal en 1876, il se joint au quotidien Le Canadien pour lequel il rapporte les débats de l'Assemblée législative de la province de Québec. Il quitte son emploi de rédacteur en 1879 pour se consacrer à l'édition des débats pour le compte du gouvernement provincial jusqu'en 1889. Avec son frère Louis-Georges, Alphonse Desjardins milite au sein du parti conservateur. En 1889, pour limiter l'influence conservatrice, Honoré Mercier, premier ministre libéral, met fin à la subvention de la publication des débats. En 1891, Desjardins fonde à Lévis un journal conservateur qui paraît durant trois mois, L'Union canadienne. De 1892 à 1917, il est sténographe à la Chambre des communes à Ottawa. En parallèle, il enseigne la sténographie au collège de Lévis de 1893 à 1900.
Les débats à la Chambre des communes sur la difficulté d'obtenir un crédit pour les petits emprunteurs et la pratique de taux usuraires amènent Desjardins à concevoir un modèle de caisse populaire. Il est influencé par les caisses d'épargnes et de crédit populaire d'Europe et des États-Unis, mais aussi par le catholicisme social. Il devient membre de la Société canadienne d'économie sociale de Montréal en 1899. Le 6 décembre 1900, il fonde la Caisse populaire de Lévis. Considérée comme la première coopérative d'épargne et de crédit en Amérique du Nord, la nouvelle caisse facilite l'accès au crédit et permet aux petits emprunteurs de développer des habitudes de prévoyance et d'épargne. Le soutien de l'Église favorise le développement rapide du réseau des caisses populaires.
Afin de faire reconnaître juridiquement les caisses populaires, Desjardins prépare un projet de loi (Loi concernant les syndicats coopératifs) qui est adopté par l'Assemblée législative en 1906. Forte de sa nouvelle assise légale, la coopérative connaît un succès grandissant : de 1907 à 1915, 136 caisses sont fondées au Canada et une dizaine ouvrent aux États-Unis. À la fin de sa vie, il milite pour créer une fédération des caisses populaires qui permettrait de gérer les surplus et de les administrer à des caisses en ayant besoin. Ce projet se réalisera après sa mort.
Son épouse Dorimène Roy-Desjardins joue un rôle clé dans la gestion des caisses populaires, assurant la comptabilité et participant à l'élaboration des règlements dès leur création. Son implication, exceptionnelle pour une femme de son époque, se poursuit après la mort de son mari. Elle est d'emblée une figure respectée des caisses et contribue à leur développement.
Desjardins est membre de plusieurs organisations consacrées au développement économique local. Il préside l'Institut canadien-français de Lévis (1882) et siège notamment au conseil d'administration de la Chambre de commerce de Lévis (1880-1893) ainsi qu'au bureau de direction de la Société de construction permanente de Lévis (1892-1895).
Il est l'auteur de Mémoire sur l'organisation de l'agriculture dans la province de Québec (publié à titre posthume en 1950).
Il est décédé à Lévis le 31 octobre 1920. Il avait épousé à Sorel, en 1879, Dorimène Roy-Desjardins, fille de Joseph Roy-Desjardins, capitaine de bateau à vapeur, et de Rosalie Mailhot.
Références
Notices bibliographiques :
- BÉLANGER, Guy. Alphonse Desjardins, 1854-1920. Québec, Septentrion, 2012. 688 p.
- BÉLANGER, Guy et Pierre POULIN. « Desjardins, Alphonse ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
- GOULET, Pierre. Desjardins, l'argent au service des gens. Lévis, Desjardins: Éditions Dorimène, 2006. 46 p.
- LAMARCHE, Jacques. Alphonse Desjardins, un homme au service des gens. Montréal, Éditions du jour, 1977. 173 p.
- ST-PIERRE, Majella. Alphonse Desjardins entrepreneur. Montréal, Éditions Transcontinental, 2001. 193 p.
