Ministère de la Culture et des Communications
Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Roback, Léa

Type :

Personne

Date :

  • 1903‑11‑03 – 2000‑08‑28

Occupation :

  • Militant pour les droits des femmes
  • Syndicaliste

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Statuts

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Inventorié --
 

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Synthèse

Née le 3 novembre 1903 à Montréal, Léa Roback est la fille de Moses Roback, tailleur et commerçant, et Fanny Roback, tous deux immigrants juifs polonais. Après avoir passé son enfance à Beauport dans la région de Québec, Léa Roback et sa famille reviennent à Montréal en 1919. Elle y occupe son premier emploi à la teinturerie British American Dyeworks où les conditions de travail sont difficiles. De 1925 à 1927, grâce à son salaire d'ouvrière, elle poursuit des études en littérature en France.

En 1929, Léa Roback rejoint son frère aîné à Berlin, alors qu'il étudie la médecine. Durant ce séjour, elle fréquente l'université et s'initie au militantisme. Elle se joint au Parti communiste et participe à plusieurs manifestations. Face à la montée du nazisme en Allemagne, elle revient à Montréal en 1932. De retour au pays, Léa Roback poursuit son activisme politique. Elle adhère au Parti communiste du Canada, organisation illégale entre 1931 et 1936. Elle désavouera son affiliation à ce parti en 1958 lorsque sera révélé l'autoritarisme du régime stalinien en URSS.

En 1935, à l'ouverture de la première librairie marxiste de Montréal, le Modern Bookshop, Léa Roback s'en voit confier la direction. L'endroit est connu pour être un lieu de rencontre et d'échanges d'idées. Elle fait partie de l'équipe du communiste Fred Rose lorsqu'il est élu député au parlement fédéral en 1943.

En 1936, la vie de militante de Léa Roback prend un tournant syndicaliste lorsqu'elle est recrutée comme organisatrice par l'Union internationale des ouvriers du vêtement pour dame, syndicat new-yorkais qui souhaite s'implanter à Montréal. Sa maîtrise du français, du yiddish et de l'anglais, est un atout de taille qui lui permet de rassembler et de s'adresser à la fois aux travailleuses canadiennes-françaises et juives, ces dernières étant très nombreuses dans l'industrie du textile montréalaise. Aux côtés de Rose Pesotta, de la centrale new-yorkaise et d'Yvette Charpentier, Léa Roback fait partie des leaders de la grève des ouvrières de la robe (aussi appelée grève des midinettes). Tenue entre avril et mai 1937, elle se solde par des gains importants pour les travailleuses. Les progrès réalisés durant cette grève aident à consolider la présence des syndicats laïcs internationaux au Québec. À cette époque, les syndicats catholiques sont alors mieux implantés, notamment en raison du soutien que leur donne le clergé.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Léa Roback travaille pour la Radio Corporation of America (RCA Victor) du quartier Saint-Henri de Montréal où elle participe à nouveau à la formation d'un syndicat. Malgré ses succès, elle préférera rester dans les rangs ouvriers, convaincue que sa place est avec les travailleurs et travailleuses.

À partir des années 1930, Léa Roback multiplie les implications dans les causes féministes. Elle rejoint Thérèse Casgrain et Idola Saint-Jean dans la lutte pour le droit de vote des femmes, puis elle milite pour la légalisation de l'avortement, l'équité salariale et l'accès à des soins de santé. Vers 1960, elle rejoint l'organisme La Voix des femmes, dirigé par Thérèse Casgrain, Simonne Monet-Chartrand et Madeleine Parent, son amie et collaboratrice de longue date. Le groupe manifeste notamment pour la paix au Vietnam et le désarmement nucléaire. Par la suite, ses engagements se multiplient en faveur de l'environnement et pour la fin de l'apartheid en Afrique du Sud.

Reconnue de son vivant pour son implication exceptionnelle, Léa Roback est nommée en 1985 à l'Institut canadien de recherche sur les femmes comme membre honoraire. Au cours de la décennie 1990, une fondation pour la promotion de l'accès à l'éducation pour les femmes et un édifice qui héberge des organismes féministes sont également nommés en son honneur. Elle est faite chevalière de l'Ordre national du Québec en 2000.

Léa Roback est décédée le 28 août 2000 à Montréal. Elle est inhumée au cimetière Kehal Israël à Dollard-des-Ormeaux.

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Références

Notices bibliographiques :

  • ANCTIL, Pierre et Judith WOODSWORTH. History of the Jews in Quebec. Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, 2021. 461 p.
  • COMEAU, Robert et Bernard DIONNE. Le droit de se taire : histoire des communistes au Québec, de la Première Guerre mondiale à la Révolution tranquille. Études québécoises. Montréal, VLB éditeur, 1989. 545 p.
  • Conseil du statut de la femme et YWCA. Hommage aux femmes sur la ligne du temps à Québec: 400 ans, 400 femmes. [En Ligne]. https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/hommage-aux-femmes-sur-la-ligne-du-temps-a-quebec-400-ans-400-femmes.pdf
  • Fondation Léa-Roback. Fondation Léa-Roback [En Ligne]. https://www.fondationlearoback.org/
  • LACELLE, Nicole. Entretiens avec Madeleine Parent et Léa Roback. Montréal, Les éditions du remue-ménage, 1988. 181 p.
  • LAMBERT, Maude-Emmanuelle et Michel RIOUX. « Léa Roback ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/roback-lea

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