Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Jean-Boudreau

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Deschambault
  • Maison Jean-Boudreault
  • Manoir Boudreault

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Deschambault-Grondines

Date :

  • vers 1790 – (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Personnes associées (1)

Carte

Description

La maison Jean-Boudreau est une résidence d'influence urbaine et néoclassique construite vers 1790. Le bâtiment en pierre de plan rectangulaire, à un étage et demi et à soubassement surhaussé, est coiffé d'un toit à deux versants droits encadré de murs coupe-feu et surmonté d'une large souche de cheminée centrale. Une annexe en bois de plan rectangulaire à un étage et demi, perpendiculaire au corps de logis principal, s'élève à l'arrière. La maison Jean-Boudreau est implantée en retrait de l'ancien chemin du Roy, dans le secteur Deschambault de la municipalité de Deschambault-Grondines.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment ainsi qu'au vaste terrain paysager.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Deschambault-Grondines) 2005-07-11
 

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Valeur patrimoniale

La maison Jean-Boudreau présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Elle constitue un exemple représentatif des maisons en pierre construites au tournant du XIXe siècle en milieu rural. À cette époque, plusieurs résidences sont encore inspirées par les modèles et les savoir-faire français. La maison Jean-Boudreau en témoigne, notamment par son toit aigu à deux versants droits couvert de bardeaux de bois et la souche de cheminée centrale. Cette dernière caractéristique se rencontre fréquemment à Québec et dans les régions avoisinantes, au cours du XVIIIe siècle. Les murs coupe-feu encadrant la résidence constituent des éléments tirés des modèles architecturaux urbains élaborés durant le Régime français. Destinés à prévenir la propagation d'incendie en milieu densément construit, les murs coupe-feu perdent leur fonction en milieu rural. Ils témoignent toutefois de la volonté de l'élite rurale de reproduire le caractère esthétique et symbolique de l'architecture urbaine. Les propriétaires affichent ainsi leur statut social privilégié. Par ailleurs, la disposition régulière des ouvertures, le rez-de-chaussée légèrement surélevé et certains détails ornementaux tels que les chaînes d'angle montrent plutôt l'influence des principes néoclassiques sur l'architecture domestique québécoise au tournant du XIXe siècle. La maison Jean-Boudreau rappelle donc la modification progressive des modèles du Régime français à la suite de l'introduction de nouveaux styles par les architectes et les entrepreneurs britanniques.

La maison présente aussi un intérêt pour sa valeur historique reposant sur la notoriété de son premier propriétaire. Jean Boudreau (1748-1827) est né en Acadie, probablement à Port-Royal. En 1755, la famille fuit la déportation des Acadiens et s'établit à Québec, puis à Deschambault, vers 1763. En 1775, Boudreau acquiert une partie du domaine seigneurial de Deschambault. L'année suivante, il y construit une première résidence en bois. C'est un homme fortuné et apparenté par sa soeur à la famille seigneuriale de la Gorgendière ainsi que par son fils aux familles Viger et Papineau. Jean Boudreau exerce le métier de navigateur et obtient le titre de lieutenant dans la milice. Vers 1790, il fait construire la vaste résidence en pierre témoignant de son appartenance à l'élite locale. Sa position se trouve renforcée par son élection comme député du comté de Hampshire, en 1792. La maison rappelle donc l'importance de Boudreau dans l'histoire locale.

La maison présente également un intérêt pour sa valeur historique reposant sur son lien avec la station de recherche agricole de Deschambault. En 1918, le gouvernement du Québec acquiert une part importante de l'ancien domaine seigneurial de Deschambault pour y établir la Pépinière provinciale. Au début des années 1930, celle-ci devient une ferme-école. Alors en ruine, la maison Jean-Boudreau est acquise en 1936 par le gouvernement, restaurée et agrandie d'une annexe arrière en bois. Elle sert jusqu'en 1982 de résidence à la famille du régisseur de la ferme-école, devenue station de recherche agricole. Elle constitue un témoin important de l'activité intense animant ce secteur de la municipalité depuis la première moitié du XXe siècle.

La maison présente en outre un intérêt pour ses valeurs historique et paysagère liée à son implantation. La résidence est construite en aval du village, dans un secteur autrefois fréquemment inondé lors des débâcles printanières. Elle se trouve implantée en retrait de l'ancien chemin du Roy. La majorité des demeures anciennes, au contraire, bordent habituellement cette voie publique. Le vaste terrain entourant la demeure est probablement aménagé vers 1936 par Wilfrid-Henri Perron (1897-1977), grainetier, pépiniériste et décorateur-paysagiste de renom. L'aménagement paysager de grande qualité et l'implantation isolée de la maison soulignent son caractère prestigieux.

Source : Municipalité de Deschambault-Grondines, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Jean-Boudreau liés à ses valeurs architectuirale, historique et paysagère comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le soubassement surhaussé ainsi que le toit aigu à deux versants droits encadré de murs coupe-feu;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre équarrie, la couverture de bardeaux de bois ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois et en pierre de taille;
- les ouvertures, dont leur disposition symétrique en façade, les dimensions réduites des ouvertures des registres supérieurs des murs pignons, la porte en bois à panneaux (surmontée d'une imposte à ouvertures cintrées), les fenêtres rectangulaires à battants et à petits carreaux, les lucarnes à pignon, les soupiraux rectangulaires à petits carreaux et l'accès latéral à la cave;
- l'ornementation, dont les corbeaux des murs coupe-feu, les chambranles, le fronton cintré et les chaînes d'angle;
- la souche de cheminée centrale en pierre;
- l'annexe disposée perpendiculairement au corps de logis principal, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi plus basse que celle du corps de logis principal, le parement de planches verticales à couvre-joints, la couverture de bardeaux de bois, les fenêtres rectangulaires à carreaux et les lucarnes à pignon;
- sa situation en retrait de l'ancien chemin du Roy, dans l'axe d'une allée, sur une ancienne terre agricole, dans le secteur Deschambault;
- l'aménagement paysager de qualité, dont les murets en pierre, le boisé, le terre-plein et les aménagements floraux.

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Informations historiques

La maison Jean-Boudreau est construite sur les terres de l'ancien domaine seigneurial de Deschambault. Le domaine est d'abord concédé en 1640 à François Chavigny de Berchereau (vers 1615-1651) et son épouse Éléonore de Grandmaison (vers 1620-1692). La seigneurie prend le nom de Deschambault lorsqu'elle passe aux mains de Marguerite de Chavigny de Berchereau et de son époux Jacques-Alexis de Fleury D'Eschambault (vers 1642-1715), en 1683. Une partie du domaine seigneurial est vendue près d'un siècle plus tard par le seigneur de La Gorgendière à Jean Boudreau (1748-1827). Ce dernier est né en Acadie, probablement à Port-Royal. Sa famille fuit la déportation des Acadiens (1755) et s'établit à Québec, puis à Deschambault, vers 1763. En 1776, soit l'année suivant l'acquisition d'une partie du domaine seigneurial, Boudreau construit une première résidence en bois. Il est apparenté par sa soeur à la famille seigneuriale de la Gorgendière ainsi que par son fils aux familles Viger et Papineau. Jean Boudreau exerce le métier de navigateur et obtient le titre de lieutenant dans la milice. Vers 1790, il fait construire la maison en pierre qui remplace depuis celle en bois. Boudreau est ensuite élu député du comté de Hampshire en 1792, fonction qu'il occupe jusqu'en 1796.

En 1828, Josephte Germain, la veuve de Boudreau, se voit contrainte de louer la résidence à Charles Audet dit Lapointe, qui exploite les terres agricoles environnantes. Vers la fin du XIXe siècle, la résidence passe aux mains de Thomas Grantham (mort vers 1935), qui l'occupe jusqu'à son décès. En 1918, une part importante de l'ancien domaine seigneurial de Deschambault est acquise par le gouvernement du Québec, qui y implante la Pépinière provinciale. Au début des années 1930, celle-ci devient une ferme-école. Alors menacée de ruine, la maison Jean-Boudreau est acquise en 1936 par le gouvernement, restaurée et agrandie d'une annexe arrière en bois. La demeure est ainsi occupée jusqu'en 1982 par la famille du régisseur de la ferme-école, devenue station de recherche agricole. Abandonnée durant quelques années, la résidence est transformée en auberge en 1987.

La maison Jean-Boudreau est citée en 2005.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Portneuf

Municipalité :

  • Deschambault-Grondines

Adresse :

  • 128, chemin du Roy

Lieux-dits :

  • Deschambault

Latitude :

  • 46° 40' 17.0"

Longitude :

  • -71° 55' 21.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Portneuf Paroisse de Deschambault Absent 12-P

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • PAULETTE, Claude. Deschambault et son patrimoine. Deschambault, Société du vieux presbytère de Deschambault, 1990. s.p.
  • PAULETTE, Claude. Deschambault sur le fil du temps. Deschambault, Association du patrimoine de Deschambault / Éditions Va bene, 2002. s.p.
  • PROVENCHER, Jean. La station de recherche de Deschambault. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2006. 59 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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